Première Écoute : La BO de « Dragons 2 »

Première Écoute

dragons 2Pour le deuxième volet de la saga Dragons, John Powell se surpasse pour composer une BO de feu. Un festival !

La théorie de l’évolution

« Please don’t temp it with the first music », telle fût la requête de John Powell à l’adresse du réalisateur Dean Deblois lors d’un dîner précédant la réalisation de Dragons 2. Comprenez par là que le compositeur ne souhaitait pas que le second volet soit fait en se calquant sur la musique du premier, bien que fait par Powell lui-même. Et à sa grande surprise Dean Deblois s’est abstenu. Une première bonne nouvelle pour un John Powell qui tenait à avoir du champ pour faire évoluer la bande son de la saga, tant au niveau de la modulation orchestrale qu’au niveau de l’identité sonore, et c’est bien ce qu’il fit. Car bien qu’il utilise une majorité de thèmes empruntés à la BO du premier épisode celle de la suite vole largement plus haut. Tout d’abord moins « cartoon », le travail musical de la saga a été porté à maturité comme le personnage principal de ce film d’animation. Plus grandiose, plus féérique par des incursions plus fréquentes des chœurs, elle gagne davantage en puissance par des cuivres plus grasses et autoritaires. Concernant le panel d’instruments, il est cette fois-ci plus large et utilisé de manière plus hétérogène, avec notamment des instruments celtes qui s’invitent plus régulièrement (flûtes, cornemuse, harpe). Un enrichissement et une réorganisation de l’instrumentation qui lui ouvrent d’autres possibilités, tout comme le délai de composition plutôt cool que lui ont accordé les studios Dreamworks. Un bon contexte qui permit à l’imagination fertile de John Powell de faire des ravages.

John’s Power

Souhaitant faire mieux que son travail sur le premier épisode, John Powell n’y est pas allé de main morte avec une partition virtuose et versatile. Du calme plat à des déploiements orchestraux phénoménaux, il livre là un travail d’écriture plus affiné et mieux maîtrisé, même lors de passages extrêmement complexes et virevoltants ou lors de fulgurances incroyables, à croire que l’ombre de John Williams planait au-dessus de l’Abbey Road Studios. Au niveau de la mélodie et de l’harmonie il est intéressant de constater des emprunts au mode dorien (avec modération) qui confère naturellement un style harmonique médiévale. Pour Powell « variation » est le maître mot et « ambition » y est souvent associé. C’est d’ailleurs le morceau d’ouverture Dragon Racing qui met en évidence tout se que je viens de citer avec quelques passages assez puissants, pareil pour Hiccup; the Chief, Toothless Lost, Toothless Found et surtout sur les feux d’artifices musicaux que constitue Two New Alphas et Battle of the Bewilderbeast . À l’inverse Together We Map the World, Valka’s Dragon Sanctuary, plus calmes, dégagent de fortes émotions féériques et nostalgiques alors que Meet Drago souffle l’inquiétude par son thème mélodique morbide. Au fil des pistes l’énorme talent de John Powell se montre avec sa capacité de varier les émotions et les arrangements avec les mêmes thèmes, ainsi le très triste Loosing Mom n’échappe pas à la règle mais échappe à notre soif de nouveauté. Et toujours dans l’optique de varier, John Powell s’est entouré de Jónsi  pour composer For the Dancing and Dreaming ; une chanson médiévale à but nostalgique par laquelle Stoick se rappelle aux bons souvenirs d’une femme qui l’a tant manqué, « une chanson qu’ils chantaient communément pendant leurs jeunesses », selon les dires de Powell.

C’est à croire donc que le compositeur britannique a pensé à tout, tant cette BO sentant bon l’aventure nous fait passer par toutes les émotions. Très complète, elle l’est aussi par une instrumentation variée qui multiplie la puissance émotive de l’orchestre quand elle ne multiplie pas la puissance sonore d’une BO stra-tos-phé-rique !

Didier Bianay

reydarts.fr

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2 commentaires sur “Première Écoute : La BO de « Dragons 2 »

  1. J’ai écouté un peu cette nouvelle partition, qui est effectivement exceptionnel. Mais j’attends d’avoir le cd entre les mains pour m’enfoncer un peu plus dans la découverte de ce score.
    Excellente chronique soit dit en passant 🙂

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