Première Écoute : La BO de « 50 Nuances De Grey »

Première Écoute

50 nuances de grey 2Pour la BO de 50 Nuances De Grey, Danny Elfman séduit en la jouant sexy, et ténébreux. Analyse :

Le choix d’un concept moderne…

La fidélité c’est important lorsqu’il s’agit de marier les images d’un film à sa bande son, autrement dit : lorsqu’un compositeur part sur un concept il doit s’y tenir jusqu’au bout. Alors pour cette romance à l’érotisme exacerbé Danny Elfman a préféré partir sur de la musique d’ambiance, romantique et moderne. Il confère le premier rôle à un piano mélodiquement limité, souvent accompagné de cordes symphoniques et autres guitares et synthés. Voulant à la base un score plutôt sombre, il donne aussi sa part à la basse ainsi qu’à un sound design intéressant et un mixage orienté vers le médium grave. Mais pour faire avaler la pilule, le compositeur se devait de travailler au-delà d’une instrumentation très occidentale et assez attachée aux romances contemporaines de ces dernières années. Et c’est par l’utilisation de ces instruments qu’il réussit à proposer une BO qui interpelle tout en murmurant ses subtilités.

… sophistiqué, sensuel et sombre

Le thème principal Shades Of Grey est l’une des compos les plus courtes mais se trouve être la meilleure (comme quoi la taille…). Mais outre sa qualité, elle donne le ton et l’on se demande de suite où serait l’efficacité de ce piano romantique et frivole sans le jeu complice des violons, ces derniers affichant des tenues magnifiques et des motifs hypnotiques, incisifs ou pénétrants. C’est un exemple que l’on peut étendre à tous les instruments, car il est amusant de constater pendant près d’une heure la simplicité des partitions de chaque instrument lorsqu’ils sont pris isolément et la sophistication harmonique qu’ils proposent lorsqu’ils se trouvent mélangés, voire brouillés, donnant une sensation d’envoutement plus ou moins affirmée. Cette technique d’orchestration dépeint bien aussi la confusion sentimentale que connaissent les protagonistes d’une romance troublante. Soutenue discrètement par une basse rampante et sensuelle, la partition se veut assez planante et aussi sombre, cachant subtilement son jeu comme le thème assez confus d’Ana dans Ana’s Theme. Mais loin d’être monotone elle s’épanouit régulièrement aussi, exhalant des bonnes envolées d’intensité parfois rehaussées d’un set de percussions élégant et raffiné.

Avec la BO de 50 Nuances De Grey, Danny Elfman propose donc une partition de musique d’ambiance moderne, évoquant sensualité, sobriété et noirceur. Mais le coup de maitre du compositeur réside dans une harmonie feutrée, et une orchestration nuancée et complexe qui nous plongent bien dans l’univers d’une romance chaudement tourmentée.

Didier Bianay

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