Première Écoute : La BO d’Ant-Man

Première Écoute

ant manPour Ant-Man, Christophe Beck réalise une partition puissante, excitante et subtile, avec une teinte rétro que les amateurs de musiques de films ne manqueront pas d’apprécier.

Une puissance indéniable

La puissance voilà ce qui ne tarde pas à se dégager de la BO d’Ant-Man, précisément sur le Main Theme. Dans un article j’avais parlé de son utilité en tant que contrepoint à l’image et en tant que descriptif de la force intérieure du héros. En fait, Christophe Beck amplifie tout d’abord une recette classique en s’équipant d’une forte section de cuivres graves qu’il couple avec des percussions symphoniques ou rock bien musclées. De manière générale, sur l’ensemble de la BO le mixage est aussi dédié à la puissante avec une compression audio poussée, mais sans excès, qui rend encore plus impressionnants les déchaînements d’un orchestre massif et apporte de la présence à des passages plus discrets. Enfin, des trompettes viennent apporter l’effet triomphant et brillant qui sied bien au coté héroïque du long métrage.

Un dynamisme rétro

Ce qui a mit la puce à l’oreille d’un Christophe Beck rompu aux comédies, c’est l’humour très palpable du film, une des qualités le distinguant des autres productions récentes des studios Marvel. C’est pour cet aspect que le compositeur réserve quelques pistes déjantées et mémorables tels Ant 247, et Tales Of Astonish. Scott Surfs On Ants est tout aussi loufoque mais se trouve plus au service de l’action. Malgré sa courte durée il intègre d’autres ingrédients dynamiques que l’on retrouve régulièrement dans cette bande son tels des cordes haletantes, des roulements de congas et la rapidité d’une grande variété de percussions, tout ceci nous projetant dans la musique d’hold-up ou d’ancien James Bond. Cette teinte générale ancienne, parfois funky, tranche avec des sonorités électroniques plus futuristes et très minoritaires ; bien éloignée du concept original que le compositeur a avoué purement électronique.

Un lyrisme subtil

Bien que la BO soit menée tambours battants, Beck se devait de décrire la double relation père-fille que l’on trouve dans le film, 2 familles à recomposer, avec ce que leurs histoires impliquent comme tristesse, nostalgie et tendresse. Dans ce registre non plus il n’a pas failli et propose tout au long de sa partition quelques belles ponctuations lyriques disséminées ça et là et surtout dans le cafardeux Your Mom Died Hero. L’orchestration fourmillante de Tiny Telepathy et la piste Small Sacrifice viennent accompagner des scènes pas évidentes à mettre en musique, mais c’est pourtant à ces moments que Beck créé une alchimie particulièrement magique entre la musique de l’image.

Malgré les multiples facettes de la BO d’Ant-Man, on constate donc une certaine cohérence due à une domination de la puissance et à une volonté d’opérer une rotation significative et judicieuse dans une instrumentation vaste et typée. Une bonne recette pour ne pas égarer et lasser l’oreille, avec l’efficacité mélodique et harmonique en prime pour la combler.

Didier Bianay

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