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ribbon-blackCoup de Coeur

Bear McCreary

Bear McCreary

Avec le film 10 Cloverfield Lane Bear McCreary rentre dans la cour des grands, se lançant pour la première fois dans les productions cinématographiques à gros budget. Et en guise de thème principal il sort une composition parfaitement efficace pour le contexte du film et ce grâce à 10 éléments :

  1. On commence par les plus évidents, les cordes haletantes qui sont un classique de la musique d’Action et qui sous-entendent le rythme élevé attendu sur certaines parties de l’intrigue
  2. Les cris strident de ses mêmes cordes aussi, qui en deviennent inquiétantes jouées en dissonances
  3. L’emploi du glockenspiel et du vibraphone qui ajoutent une atmosphère mystérieuse et irréelle au morceau
  4. À partir d’ici on parle cuivres avec l’emploi des cuivres graves. Bien en évidence elle font souvent sentir une menace pesante. Mais dans l’ensemble McCreary les utilise de manière assez musicale et ne les cantonne point à un rôle quasi percussif
  5. Des mitraillements de trompettes qui font penser à du John Williams et qui apportent dynamisme, légerté et élégance à chaque apparition
  6. Des passages lyriques assez agréables et offrant des alternatives émotionnelles sur la partition. C’est là que le natif de Fort Lauderdale montre une capacité à avoir une belle écriture, profitant pour mettre en exergue des instruments à faibles sonorités comme les bois, les harpe etc.
  7. Peu évident à distinguer mais les notes appuyées et graves du piano contribuent à une certaine noirceur mordante que les seules contrebasses ne suffiraient pas à donner
  8. La mise en action dès l’entame du morceau d’un instrument turque le yayli tambur captant l’attention de l’auditeur avant que le film commence. Il conclut aussi le morceau avec une réverbe donnant l’impression d’une solitude éloignée et plaintive
  9. L’utilisation du Blaster Beam qui fut si cher à Jerry Goldsmith dans Star Trek, Le Film et que l’on retrouve en plein milieu de ce thème (2:56 à 3:13)
  10. Le rôle de soutien des percussions. Elles apportent du rythme et occasionnellement marquent les temps forts. Vu la générosité de l’orchestration McCreary les a intelligemment mises en retrait pour ne pas alourdir ni les graves ni l’ensemble de l’œuvre.

Avec ce premier thème de grand film le compositeur a donc montré son potentiel, sa maîtrise et aussi son caractère studieux. Friand de sonorités originales comme à son habitude, on peut de même noter qu’il a su mélanger le vintage et le moderne, naturellement, ce qui ne pouvait pas déplaire au nostalgique J.J. Abrams, le producteur d’un film dont l’effet de surprise est désormais admis.

Mention très bien M. McCreary Bear

Didier Bianay

bianaydidier.com

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