Première Écoute : La BO de « Mary and the Witch’s Flower »

(n°773)

Première Écoute

Takatsugu Muramatsu a pleinement fait honneur au prometteur Mary and the Witch’s Flower en proposant une bande-son mélodieuse au concept sonore affirmé. Une vraie réussite !

Musicalité brillante

Lorsque l’on commence à écouter la BO de ce film d’animation c’est la première chose qui frappe, la richesse musicale. En effet Muramatsu avait préparé en amont des thèmes très mélodiques et les a magnifié tout au long de sa partition. Il est même allé plus loin en les détournant occasionnellement pour leur donner des couleurs différentes ou même les rendre méconnaissables ; le témoignage d’une grande maîtrise technique pour notre plus grand plaisir. Car « plaisir » est bien le mot à employer pour cette BO enchanteresse qui se passerait de l’Image pour être écoutée comme un album. Et elle ne manquera pas de plaire à un public occidental par un style harmonique familier. En même temps cela va de pair avec la configuration des instruments qu’il a choisi.

Orchestration éclairée

Et le choix a été d’opter pour un panel d’instruments purement occidentaux et symphoniques, mais sa manière de les utiliser a été judicieuse puisqu’il a donné plus ou moins la parole à une grande quantité d’instruments. Voulant orienter son concept musical vers une ambiance lumineuse et féérique pour ce dessin animé fantastique, le compositeur a choisi de mettre en exergue le célesta, le marimba, la harpe et surtout le hammered dulcimer joué par le talentueux Joshua Messick. Le piano est le plus souvent orienté médium et aigu et apporte une tendresse à chaque apparition. Les cordes apportent lyrisme et rythme aventurier mais ont un rôle légèrement moins prédominant. Ce qui est intéressant est aussi l’utilisation minimale des chœurs et cuivres, pourtant 2 des familles de l’orchestre réputées les plus puissantes. Mais Muramatsu garde très souvent les voix en fond pour amplifier l’aspect féérique et feutrer les harmonies, tandis que les cuivres se font entendre par touches ou pour renforcer en sourdine les passages les plus intenses. Enfin la faible présence des percus graves confirme une volonté explicite chez Muramatsu de ne pas verser dans le Big Sound mais plutôt de garder de bout en bout un caractère modéré ou intimiste.

Par son orchestration bien définie et intelligente Takatsugu Muramatsu a imprimé un style sonore identifiable au film d’animation, le pilier d’une bande-son. Il a agrémenté ces fondations musicales par des encadrements harmoniques magiques et une chapente mélodique mémorable pour signer sans conteste l’une des toutes meilleures BO de l’année.

Didier Bianay

bianaydidier.com

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