Première Écoute : La BO de « Solo: A Star Wars Story »

(n°922)

Première Écoute

Pour le 2ème spin-off de la saga Star Wars, John Powell a magistralement réussi sa mission, malgré un contexte de travail qui aurait pu s’avérer inhibant.

L’héritage de John Williams

Que ce soit en écoutant la BO ou en lisant ses interviews, on perçoit que la vrai question existentielle de John Powell aurait pu être d’exister. Il y a d’abord eu ce nouveau thème d’Han Solo que Williams a composé et qui devait servir de socle au compositeur pour tout le reste. Finalement placé en début de bande-son cette magnifique contribution trahissait le passé trépidant d’Han et l’exigence musicale de la production… La barre était placée haut d’emblée mais Powell a avoué à billboard.com que cela ne l’a pas gêné de devoir marcher dans les pas de John Williams ; au contraire il a profité de son héritage à mesure que les aventures d’Han se faisaient de moins en moins personnelles et de plus connectées à la saga. En clair le thème de Star Wars revient de plus en plus souvent et de manière de plus en plus explicite, alors que le furtif air du Millenium Falcon est délicatement introduit sur Is This Seat Taken ou L3 And Millennium Falcon avant d’être greffé à d’autres thèmes sous forme de points d’orgues (Ex: Reminiscence Therapy, Into the Maw, Dice And Roll). On remarque aussi un rapprochement de Powell vers le style d’écriture de Williams, dans la même optique.

La richesse technique de Powell

Mais John Powell a aussi clairement affiché sa personnalité dans cette BO et ce dès la 2ème piste (Meet Han) par une écriture plus lourde, une orchestration plus exacerbée que le thème principal, et ces petites percussions qui reviendront inlassablement dans les moments les plus haletants rappelant son travail pour Dragons 2. Le britannique a aussi montré toute l’étendue de son génie sur Corelia Chase, Train Heist, Marauders Arrive où ses turbulences orchestrales impressionnent par ces cordes surexcitées et ces cuivres vivaces et ronflantes ; il en va de même pour Mine MissionBreak Out, Reminiscence Therapy, Into The Maw, bref, à chaque épreuve il a déployé l’artillerie lourde… On notera aussi la grande respiration que constitue le milieu de l’album. Le Smooth Jazz aliéné de Chiken In The Pot surprend après qu’on ait reconnu le lyrisme planant et lumineux du compositeur sur Flying With Chewie, où il expose par la même occasion le thème inédit de l’amitié entre Han et Chewbaka. La mélodie de la romance entre Han et Qi’ra est particulièrement mise en valeur dans le somptueux Lando’s Closet puis se ternit sur Good Thing You Were Listening et Testing Allegiance, quand les doutes sur Qi’ra s’épaississent. Malheureusement, le motif militarisé de L3 s’avère loin d’être autant discernable que celui d’Enfys Nest, particulièrement accrocheur lorsque des chœurs enfantins l’exaltent sur Marauders Arrive ou encore Savareen Stand Off.

Bien conseillé par un John Williams qu’il admire, John Powell a aussi bénéficié de beaucoup de temps pour élaborer sa partition, et ces plus de 70 minutes de très haut vol en sont le résultat logique. Technicité, créativité et audace auront donc été les maîtres-mots de celui dont le style a imprimé une nouvelle vision musicale autour de la saga. Une nécessité pour un spin-off.

Didier Bianay

bianaydidier.com

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s