Première Écoute : La BO de « Spider-Man : Far From Home »

(n°1068)

Première Écoute

Un vrai régal que cette BO de Spider-Man : Far From Home. Michael Giacchino nous propose ici une partition juteuse sans toutefois se départir d’un concept clairement identifiable.

Une base de thèmes solide

En comparant la BO de Homecoming et Far From Home une chose saute aux yeux : les thèmes du second volet ressortent davantage. Ainsi Michael Giacchino a beau détourner le thème romantique, celui de Nick Fury, et surtout celui de Mysterio qu’ils gardent une résonnance mélodique qui avantage la bande-son. Composé d’une phrase naturellement engageante et d’une autre naturellement mystérieuse et inquiétante, le thème de Mysterio était parfait pour faire ressortir l’imposture grandiloquente du personnage sans donner l’impression de se répéter. D’autre part, le thème romantique rejaillit aussi en insufflant un sentimentalisme très palpable, étant originellement porteur d’un bagage mélodique et harmonique riche (It’s Perfect, Personal Hijinks, Bridge And Love’s Burning). Et bien-sûr à ceux-là s’ajoute le thème de Spider-Man, lui aussi assez efficace et qui se détachait déjà nettement des autres thèmes dans Homecoming.

Les brass brassent

On connaissait l’amour de Giacchino pour les cuivres, là encore il n’a pas dérogé à ses habitudes, cors, trombones, trompettes et tubas dominant la BO et s’avérant parfois particulièrement bavards (Gloom And Doom, High And Flighty, An Internal Battle, Tower Of Cower, Swinging Set). L’expertise de Giacchino sur les ressources de ces instruments se voit de même des arrangements pétaradants accompagnant les exploits de Spiderman et les prétendues prouesses de Mysterio, à des bourdonnements inécrivables (Prague Rocket, The Magical Mysterio Tour), en passant par des ronflements morbides. Par sa prédominance constante ce groupe d’instruments contribue à donner à la BO une teinte éclatante et punchy réhaussée par des percussions orchestrales nerveuses. Les cordes abattent aussi un travail conséquent, reléguées au second plan par l’éclat des cuivres mais n’ayant pas leur pareil pour les séquences sentimentales ou pour sous-entendre une notion d’urgence dans les scènes d’action par des accompagnements véloces et rythmés.

Une modernité plus affirmée

On entend très souvent une batterie rock imprégner du rythme tout au long de la BO rendant même certaines compositions catchy (Power To The People, Happy Landing). Avec la guitare elle entretient une cohérence qui manquait dans la BO de Homecoming, ces instruments modernes y étant aussi présents mais avec parcimonie. L’utilisation constante des sonorités électroniques sert le même but, elles qui sont plutôt dévolues aux actes de Mysterio, implicitement, dénonçant l’illusion holographique et ce bien avant que la supercherie soit démasquée (World’s Worst Water Feature, Multiple Realities, Mr One Hundred And One). Enfin à titre esthétique ont citera l’utilisation d’autres sonorités électroniques limpides et du delay pour soutenir des instruments ou apporter des ambiances plus aériennes et lumineuses (Bridge And Love’s Burning, Swinging Set, Personnal Hijinks).

Avec la BO de Far From Home Michael Giacchino a donc canalisé son imagination débordante, et celà ne l’a empêché d’être très prolifique, gravitant autour de thèmes de bonnes factures et d’un concept sonore fort pour une partition cohérente et détonante.

Didier Bianay

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s