Charge utile

(n°1131)

Coup De Coeur

Anne-Sophie Versnaeyen

Je retiens la chanson You Are Not Alone pour aujourd’hui car, outre le fait que je l’adore, elle est l’exemple que la réduction d’une orchestration peut amplifier son discours. Analyse :

Tendre à l’intérieur

Je n’ai jamais trouvé le nom de la chanteuse, je l’avoue, mais une chose est sûre, elle a une voix à la fois puissante, profonde et réconfortante, qui ne renie la tendresse du film Donne-Moi Des Ailes. Sur cette chanson point de percus pour baliser les mesures et le tempo de manière terre-à-terre, l’ensemble semble fluide et planant et les instruments employés sont ceux souvent préférés pour le sentimentalisme : violons, altos, violoncelles, contrebasses et piano, on peut dire qu’il pleut des cordes. Mais c’est l’interprétation des instrumentistes qui est déterminante car faite d’attaques de notes calmes, cette douceur se maintenant même lors d’envolées lyriques aussi poignantes que sublimes (1:09 à 1:39 ; 2:19 à 2:39).

Minimum = Maximum

La taille ne compte pas… en tout cas pas en Musique. Ici Anne-Sophie Versnaeyen n’a pas eu besoin d’un orchestre conséquent ou de détours mélodiques compliqués pour arriver à ses fins. L’instrumentation est somme toute assez modeste et son utilisation minimaliste montre qu’une bonne partie de l’approche de la compositrice se basait sur l’harmonie et la réverbération. Cette dernière exprime toute sa largeur dès l’introduction au piano et l’entrée en lice de la chanteuse, normal, puisqu’elle se perçoit davantage à mesure que le nombre d’instruments diminue. C’est donc dans cette optique que les cordes sont très en retrait quand l’interprète chante, et vice versa, car cette volonté de limiter le nombre d’instruments mis en avant permet, via la réverbe, de garder une teinte aérienne et d’amplifier l’émotivité du jeu des instrumentistes ; c’est ainsi qu’en minimisant les moyens, l’objectif de Versnaeyen est devenu plus évident et plus effectif.

You Are Not Alone est l’un de ces nombreux morceaux qui montrent qu’un compositeur n’est point obligé de multiplier les instruments et noircir sa partition pour faire une œuvre parlante ; qu’importe le nombre de pistes, le niveau des décibels, la dynamic range ou autres considérations plus scientifiques qu’artistiques, tout n’est finalement qu’intention, expression et cohérence.

Didier Bianay

www.bianaydidier.com

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