2 BO recommandées

(n°1255)

Bandes Originales Recommandées

  

Perry Mason (Chapter 1)Terence Blanchard

Contrairement à l’autre reboot Perry Mason qui sentait bon les 80’s, ici c’est un pur retour aux sources, dans le Los Angeles des années 30, une société en apparence enviable où le jeune détective Perry Mason fait ses premières armes . À travers les cordes frottées et le piano se perçoivent d’abord l’introspection interne du personnage puis, sans s’éloigner de cette torpeur, ce sont des instruments propres au Jazz qui se mettent subtilement en évidence (contrebasse, saxo, trompette, batterie Jazz), Terence Blanchard se faisant même plaisir sur la piste End Credits. Cette même piste est intéressante car elle fait davantage ressortir le second genre musical présent dans cette BO, l’Électro, les synthés, Bass synth et percussions électroniques évoquant les polars actuels. Donner un fond moderne à une série d’époque sans décrocher du décor était un exercice délicat, mais le résultat, bien que sombre, s’avère intéressant à écouter tout comme les reprises d’It Don’t Mean A Thing et de Dancing In The Dark, 2 standards du Jazz purement contemporains.

The American Runestone – Henrik Åström

L’acteur suédois Peter Stormare parcourt le Minnesota, afin de découvrir les racines de l’Amérique moderne. Ce détour dans l’Amérique profonde est accompagné d’une musique on ne peut plus représentative. Entre Folk et Country, le compositeur … suédois nous sort toute la panoplie en terme d’instrumentation, guitare sèche, guitare folk, guitare wave, banjo, fiddle, harmonica etc., pour une musique qui n’est que peu conductrice, car à travers ses pérégrinations l’acteur rencontrera érudits, sceptiques et sensationnalistes, qui ont chacun leurs propres vérités… Le travail d’Åström et les méthodes de mixage transpirent tant l’authenticité qu’on en oublierait les cordes, les synthés et cette voix féminine qui soutiennent les instruments acoustiques, évoquant un recul contemporain qui ne manque de sentiment. Une partition toute en nuance qui conserve élan et relative sérénité. De quoi fermer les yeux et rêver d’Amérique…

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°1245)

Bandes Originales Recommandées

The King of Staten Island – Michael Andrews

The King of Staten Island ou l’histoire de Scott, un ado attardé de 24 ans qui se demande s’il est le roi ou le roi des losers. Derrière cette comédie, il y a quelque chose de plus sérieux que les sourires ou le bon temps passé avec ses amis laissent paraître, soit la mort lointaine d’un père que Scott n’a jamais acceptée. Pour dépeindre la subtilité d’un personnage qui se protège à travers un monde imaginaire, Michael Andrews propose une BO courte mais assez éclectique. Parfois planante et méditative, parfois penchant vers un Hip-Hop qui évoque la proximité de New York et une apparence de dur à cuire, elle laisse surtout entrevoir des sonorités dirty et une certaine nostalgie d’un homme qui doit tourner la page et accepter d’écrire un nouveau chapitre de sa vie.

Didier Bianay

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2 BO recommandées

(n°1220)

Bandes Originales Recommandées

  

Bad Education – Michael Abels

Bad Education, ou l’histoire vraie d’un surintendant d’une école à succès qui a détourné l’argent public pour embellir son quotidien. En ce qui concerne la musique, Michael Abels confirme qu’il est de la bonne école, proposant ici une bande-son assez guindée où Classique et Baroque occupent les premiers rangs, en référence au personnage principal qui apprécie autant ces styles musicaux que les beaux vêtements. L’orchestration a un fort penchant pour les cordes et les bois et en appelle très rarement aux cuivres. Ces derniers sont en quelque sorte remplacés par un choeur féminin lumineux allant jusqu’à offrir des amplitudes dramatiques saisissantes sur les pistes How The Mighty Have Fallen ou encore The Downfall. Harmonieuse et d’un sentimentalisme très prononcé, la BO évoque ainsi l’opéra, apportant une touche comique à la décadence d’un personnage particulièrement cupide.

La Famille Willoughby – Mark Mothersbaugh

Pour eux aussi il est question d’éducation, éducation vite avortée car leurs chers parents les ont abandonnés. Tout l’enjeu des 4 gamins Willoughby est d’adapter ces manières désuètes au monde moderne. Ainsi la bande-son s’en réfère parfois au Swing mais demeure majoritairement symphonique. L’instrumentation est particulièrement riche et le clavecin en est le fil conducteur, instrument qui symbolise les origines cossues des Willoughby. On pourrait même percevoir l’exotisme d’un ukulele, d’un lap-steel ou d’un banjo, avant que des sonorités électroniques délirantes s’immiscent ponctuellement à partir du milieu de la BO. La principale force de Mothersbaugh est le soin qu’il apporte à l’interprétation, allant jusqu’à la maladresse pour soutenir les aspects comique et ludique de cette série d’animation. La fin de la bande-son comporte beaucoup de séquences haletantes ou épiques, d’une ampleur cinématographique laissant deviner que des moyens conséquents ont été alloués au compositeur pour qu’il puisse faire valoir sa polyvalence et sa créativité débordante.

Didier Bianay

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BO recommandée (spoilers)

(n°1219)

Bandes Originales Recommandées

Si tu Vois ma MèrePhilippe Jakko

Sorti directement à la Télévision et actuellement diffusé sur Arte, Si tu Vois ma Mère propose une très sympathique et éclectique bande-son signée Philippe Jakko qui m’a récemment confié : « C’est une BO assez variée car le réalisateur avait plein de musiques en tête (il y en a eu pas mal d’ailleurs synchronisée par le music supervisor Stephane Junk), donc on a travaillé en relation étroite entre nous 3 pour trouver l’équilibre musical du film ». Ainsi se succèdent des invocations de folklore nippon (Le Rabbin), juif (Thème de Monique), ou de Rock afro (Vintage Afro Theme), encadrées par un orchestre symphonique, mais toujours demeure cette teinte sentimentale et un brin comique quand le compositeur choisit de jouer au piano maladroitement. Le même instrument prend des allures un peu fantastiques lorsque la pédale forte est actionnée, les interventions du célesta soulignant plus explicitement le mysticisme d’une intrigue loufoque.

Philippe Jakko et le réalisateur Nathanaël Guedj avaient aussi à coeur de dépeindre musicalement la métamorphose mentale du personnage central (Max), pris entre sa copine psychothérapeute Ohiana et le fantôme de Monique, sa mère adorée, dont l’attachant thème mélodique résonne à travers lui. « Pour ma part je devais rester léger parfois et plus dramatique aussi, c’est le film qui veut ça. Le plus dramatique moment est celui de l’enterrement, avec le thème de Monique qui a été voulu un peu décalé pour symboliser le décalage de personnalité de Max qui perd sa mère et la voit partout. Une variation de ce thème est fait à l’orchestre (Le Mariage) pour donner de l’émotion à cette fin du film où le deuil se fait et où Max passe à autre chose. Sinon le thème des guitares (Les Guitares) est aussi une variation du thème de Monique où Max et sa copine brûlent des affaires de la mère toujours dans la démarche de faire le deuil » . On trouve encore de l’émotion sur la piste La Maternité, « le symbole du bébé qui naît, la transmission », traduite de manière intimiste avec le piano et le violoncelle. En revanche les morceaux The Restaurant et At The Restaurant sont plus légers et évoque un peu des pianos-bars, entre Blues et Jazz ; ils enrichissent la palette musicale fournit par le compositeur, avant que le facétieux groupe Sweat Like An Ape! n’apporte sa touche rétro et lunaire à cette dramédie malicieuse.

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°1211)

Bandes Originales Recommandées


Le Bureau Des Légendes (Saison 5) – Rob

Rien ne va plus à la DGSE, et le Bureau des légendes s’enfonce davantage dans la crise après les révélations de l’éxécution de Paul Lefebvre des suites d’une collusion malsaine entre le service de renseignements français et la CIA. Doutes, suspicions n’ont jamais été aussi tenaces, la confiance aussi en berne. C’est pour le compte de cette morosité ambiante que le compositeur Rob a oeuvré dans un genre électro-symphonique qu’il maîtrise tant et ce n’est un secret pour les amateurs de BO. À travers des pistes aux titres énigmatiques se multiplient des sonorités électroniques souvent saturées ou étouffées lorsqu’en parallèle les cordes s’avèrent sinistres et chancelantes. La partition, assez modeste par le nombre d’instruments, est complétée d’un piano et de bois peu engageants et rendue intense par un empilement harmonique aussi conséquent que dissonant ; une oeuvre sombre et tourmentée pour des personnages principaux hantés par leurs propres limites.

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°1206)

Bandes Originales Recommandées


Freud – Stefan Will

C’est à force d’enquêter sur la face sombre de l’humanité que le jeune Sigmund Freud se retrouve lui-même menacé d’un obscur complot en compagnie d’une voyante. Pour ce thriller, Stefan Will propose un score électro-symphonique habile, le mélange étant délicat lorsqu’il s’agit d’une intrigue située vers la fin du 19ème siècle… Bien sûr, l’objectif était d’apporter un fond de modernité à cette toute récente série et de se reférer donc aux repères de la musique de Thriller actuelle où des synthés génèrent accords lugubres, ostinasti, leitmotivs et quantité de sonorités tranchantes et anxiogènes ; en parallèle le même travail fut effectué plus ostensiblement à travers des vocalises, des cordes, des percussions ou des bois, davantage grinçants ou grossiers. En somme vous sont réservées 50 minutes d’emprise d’une partition sombre qui ne laisse place qu’à de très rares éclaircies (Change The World) et à de timides mélodies aussi moroses que mystérieuses.

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°1201)

Bandes Originales Recommandées

Master – Anirudh Ravichander 

À seulement 29 ans, le compositeur Anirudh Ravichander fait partie des valeurs sûres du Cinéma indien. Pour le thriller d’action spectaculaire Master où un professeur prénommé Vaathi sauve toute une école, il fusionne la musique indienne traditionnelle avec des outils et techniques électroniques. La richesse des rythmes y est et ils s’avèrent percutants, voire nerveux ou frénétiques ; une grande variété d’instruments typiquement indiens sont entendus (shehnai, dholak etc.), couplés à des instruments plus occidentaux ainsi que des synthés, ces derniers conférant une teinte aérienne. À l’inverse basse et synth-bass renvoient à des émotions plus terre-à-terre, sombres et dirt et sont surtout mis en valeur dans les déchaînements musicaux que constituent Vaathi Coming, Vaathi Raid, Polakattum Para Para, compositions dévoluent au héros et à l’antagoniste. Et bien sûr mention spéciale aux nombreux chanteurs invités et à leurs interprétations lyriques qui avivent cet album en tanglish (tamoul-anglais) qui a de quoi faire bouger, s’évader, même confiné.

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°1191)

Bandes Originales Recommandées

On April 8th, I Lost My Mind – Elliot Joseph

Port du casque audio obligatoire, car pour ce court-métrage original qui rend hommage à la série La Quatrième Dimension, Elliot Joseph propose une bande-son en… 3 dimensions. C’est dès la 3ème piste (Dr Bailey, Dr Daily) qu’interviennent des bruits plus ou moins lointains semblant émaner des infrastructures de cet hôpital où le protagoniste et ses acolytes, qui en savent trop, demeurent piégés ; s’y rajoute l’aiguille indiscrète d’une d’horloge symbolisant le temps, la 4ème dimension. Au niveau instrumentation, ce sont surtout les sonorités électroniques qui s’avèrent assez spatialisées, certains synth-bass moroses enveloppant même d’un sentiment d’oppression. Elles sont le lien avec le reste de l’orchestration et ses cordes sinistres, ses leïtmotifs mystérieux au piano, ses saisissants coups de cuivres, et ses roulements de caisses claires rappelant la profession militaire du Capitaine Carter. Bref, 27 minutes de score binaural, immersif tant dans la dimension de l’expression que dans l’expression de la dimension.

Didier Bianay

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2 BO recommandées

(n°1186)

Bandes Originales Recommandées

  

WendyDan Romer et Benh Zeitlin

Wendy et d’autres enfants se retrouvent perdus sur une île mystérieuse où le temps n’a pas de prise sur eux. Vous reconnaîtrez ici l’univers de Peter Pan et ses bambins qui veulent défier chaque seconde qui passe. Pourtant à travers les premières pistes de la BO l’on sent que le temps presse et que l’aventure est de mise, cordes haletantes, percussions acidulées et cycliques donnent un tempo plus ou moins affirmés à l’ensemble. Utilisés avec parcimonie et délicatesse, les cuivres s’expriment avec un ton qui correspond aux personnages principaux, étant à la fois épiques et enfantins. Mais c’est pour dépeindre ce monde mystérieux que le tandem Zeitlin/Romer s’est montré inspiré et inspirant. Sur un fond de synthés et de cordes un brin dramatiques s’étale une riche instrumentation parfois surprenante avec xylophone, bols tibétains, steeldrum, célesta, harpe etc… et plus dépaysant encore sont les profonds effets de réverbe-delay qui génèrent des sonorités lunaires particulièrement saisissantes.

Miss Fisher and the Crypt of Tears – Greg J. Walker

Mister Greg J. Walker ayant été jadis le compositeur attitré de la série Miss Fischer Enquête (2012-2015), c’est tout logiquement que le réalisateur Tony Tilse l’ai rappelé pour ce long métrage consacré à l’enquêtrice coquette des 20’s et dont les nouvelles aventures se déroulent au Moyen-Orient. Le contagieux morceau All Of You commence à dévoiler le concept de la BO en mélangeant swing, jazz et sonorités orientales et il ne faut attendre bien longtemps avant qu’un choeur féminin cristallin ou un santur ne soulignent mystère et fantastique. On retrouve évidemment d’autres d’instruments propres au Moyen-Orient, flûte ney, oud ou saz, joués par des instrumentistes originaires du cru si authentiques lorsqu’ils se laissent aller à de fervents solos… L’autre bonne surprise vient des cordes, désuettes, décontractées ou haletantes, elles évoquent en tout point la Musique de Film d’antan lorsqu’elles s’enveloppent d’élégantes harmonies, appuyant une ambition musicale aussi rigoureuse que payante.

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°1181)

Bandes Originales Recommandées


L’Appel de la Forêt – John Powell

Arraché de sa vie paisible en Californie et emmené de force dans les contrées sauvages et froides du Yukon, on ne peut dire que le chien Buck ait répondu à un quelconque appel ; du moins au début mais l’oeuvre de Jack London visait son évolution, d’animal domestique gâté à bête coriace, et ce défi auquel il prendra goût. D’ailleurs on le sent à travers la musique, qui n’est pas dramatique, bien que parfois mélancolique avec un soliste en exergue. Teintée d’instruments typiques de la folk et de la country pour aller de paire avec des paysages nord-américains grandioses (guitare acoustique, harmonica, banjo, fiddle), la partition de John Powell met surtout en avant la voix ample d’un vaste orchestre où les cordes sont tantôt lyriques, tantôt haletantes et où les cuivres prennent des accents épiques pour signifier la bravoure d’un chien qui ne s’apitoie guère sur son sort. En guise de pépite, on notera l’aspect mystico-spirituel des choeurs féminins ou masculins qu’on eût souhaité davantage présents dans cette bande-son appelant l’imaginaire à une grande et touchante aventure.

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°1169)

Bandes Originales Recommandées

Babylon Berlin Vol.2Johnny Klimek, Tom Tykwer et artistes variés

Si vous avez pris Allemand en LV2 ou mieux en LV1 vous devriez apprécier cet album… Non trêve de plaisanterie pour une intrigue située durant l’Allemagne de l’entre-deux-guerres où l’inspecteur Gereon Rath et son assistante Charlotte Ripper enquêtent sur la mort d’une star de cinéma. On trouve un peu de tout au niveau des titres, entre chanson vraiment issue des 20’s (Raus mit den Männern), des instrumentaux plus récents au style 20’s (du Bryan Ferry Orchestra) ou encore des chansons originales de Johnny Klimek et Tom Tykwer qui elles aussi nous ramènent 90 ans en arrière. Majoritaire, le score s’approche de la musique de Thriller car leitmotivs, rythmes haletants, cordes dramatiques et notes de piano lapidaires, mystérieuses ou froides sont de sortie avec, en prime, une habileté des compositeurs à infuser naturellement des éléments jazzy à chaque détour de cette entêtante bande-son, créant du liant avec les chansons et l’époque de l’intrigue. Du coup, on en oublierait même les quelques sonorités électroniques qui épousent cette noirceur, cette incertitude et le modernisme affirmé de la réalisation.

Didier Bianay

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4 BO recommandées

(n°1156)

Bandes Originales Recommandées

 
 

On se retrouve le mardi 07 Janvier 2020 pour d’autres actus BO dont un petit compte-rendu sur les compositeurs vainqueurs aux Golden Globes.

En attendant je vous invite à découvrir ma dernière compo « Ron » qui alterne entre gaité, romantisme mélancolie et… angoisse. A +.

Didier Bianay

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2 BO recommandées

(n°1152)

Bandes Originales Recommandées

  

Mr. Robot (Vol.7) – Mac Quayle 

Mac Quayle, Sam Esmail, et Mr Robot, une connivence artistique qui fait mouche depuis 4 ans car c’était déjà pour une composition de la bande-son de la saison 1 que le compositeur avait décroché un Emmy en septembre 2016. Avec le volume 7 qui reprend des compositions des 6 premiers épisodes de la saison 4, Mac Quayle propose à nouveau une BO électronique sombre et mystérieuse un poil lugubre, parfois cristalline. De la vrai musique de Thriller agrémentée d’un impressionnant panel de sonorités électroniques, souvent saturées et d’une certaine rondeur qui laisse à penser qu’il tient là le meilleur volume des 7 sortis jusqu’alors, surtout par l’amélioration de la qualité sonore et un mixage plus atmosphérique. Mac Quayle montre donc qu’il ne s’endort pas sur sa statuette et qu’il reste un grand manitou de l’électro, capable qu’il est de donner une âme à ses sonorités électroniques sans donner l’impression de forcer, mais avec une plus profonde réflexion autour de leurs caractères.

Dr. Stone Original Soundtrack 2 – Tatsuya Katō, Hiroaki Tsutsumi et Yuki Kanesaka 

Un trio de compositeurs chanceux, très chanceux, pour une intrigue ou peu de personnages ont survécu à une apocalypse de pétrification, car grand intérêt à été porté à la musique à en juger par la quantité fournie sur ce volume 2 qui propose près de 2 heures de musique, après les 1h15 du volume 1 pour cette même première saison… Et pas de quoi s’ennuyer puisqu’une grande diversité de sonorités est proposée avec, en plus des instruments de l’orchestre symphonique, une belle collection d’instruments et de percussions issus des quatre coins du monde tout comme des genres musicaux variés, Pop, Jazz, Rap ou même Reggae etc.. L’usage parcimonieux de l’instrumentation représente l’isolement des personnages et est réhaussé par une certaine positivité que met en exergue les arrangements du score et des chansons originales engageantes et inspirantes. À cette partition plutôt lumineuse et poétique, vu le concept, s’ajoutent tout de même de convaincantes séquences épiques ou inquiétantes surtout à la toute fin de la BO, trahissant les nouveaux défis d’un nouveau monde.

Didier Bianay

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2 BO recommandées

(n°1148)

Bandes Originales Recommandées

  

The Song Of Names – Howard Shore

L’histoire d’une amitié entre 2 garçons d’origines juives, que ni la guerre, ni la distance n’ont pu briser. Pour dépeindre Dovidl, le prodigieux violoniste qui disparaît la veille du concert de sa vie et dont l’ami veut retrouver la trace, la bande-son est menée par un autre violoniste virtuose, l’australien Ray Chen et son jeu d’une grande sensibilité. Le concept musical est d’ailleurs dominé par les cordes, et parmi elles émergent beaucoup des altos aussi intéressants par l’effet rétro qu’ils génèrent sur la teinte sonore de la bande-son, que par la voilure de leur timbre qui se prête aux accents moroses ; leurs nombreux accords dissonants renforçant tout autant cette dernière impression. Outre Chen, on croise un autre grand invité sur cette bande-son en la personne de Daniel Mutlu, un chanteur lyrique israélien aux interprétations poignantes qui appuient la triste beauté d’une partition assez noble.

Just Mercy – Joel P. West

Autre ambiance, mais tout aussi dramatique, pour le biopic consacré à Bryan Stevenson, un avocat noir qui s’est attaqué aux penchants racistes de la justice américaine au cœur des 80’s. Joel P. West expose les ingrédients phares de la culture musicale afro-américaine par des instrus Jazz, Blues ou un chœur gospel, soutenus de cordes dramatiques ; s’y faufile parfois ce qui s’apparente à de la musique de thriller avec répétitions de motifs mélodiques ou de notes qui procurent une musicalité plus introvertie, moins narrative et souligne la menace et l’appréhension auxquelles font face Stevenson et Ansley devant toute une société hostile. Mais le meilleur est pour la fin où West, sans se départir de son concept, donne un léger twist plus lumineux porté par un chorus plus exalté à partir du magnifique et court morceau Church, une jurisprudence sur laquelle le travail harmonique du compositeur prend des couleurs jusqu’à en devenir surprenant.

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°1145)

Bandes Originales Recommandées

The Mandalorian (Chapter 4) – Ludwig Göransson

Si ce n’est déjà fait, je vous invite à lire l’article sur les 2 BO des 2 premiers épisodes que j’avais recommandées il y a quelques semaines ; car là pour la musique de l’épisode 4 il s’agit d’une extension du concept de départ par une instrumentation plus organique et une humeur parfois très sentimentale. Guitare acoustique et bois sont très audibles dans la première partie de cette courte BO de 21 minutes, pour un épisode dans lequel le chasseur de prime se retrouve dans un village forestier menacé. On notera aussi un peu de spiritualité à travers l’utilisation de bols, de gongs ou l’ajout de chants gutturaux, complétant le panel sonore inédit inhérent à cette aventure.

Didier Bianay

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2 BO recommandées

(n°1130)

Bandes Originales Recommandées

  

The Mandalorian Chapter 1 et Chapter 2 – Ludwig Göransson

Les aventures d’un chasseur de primes galactique, tel est ce que réserve The Mandalorian, Disney mélangeant Star Wars et Western. L’affiche de la série va dans ce sens tout comme la partition de Ludwig Göransson qui a retrouvé en ce spin-off un sacré défi et l’a relevé avec espièglerie. Car il y a effectivement du Morricone dans ces rythmes galopants, cette guitare wave, ce marranzano et ce motif mélodique mystérieux rappelant Le Bon, La Brute et Le Truand. La BO est aussi fortement modulante au niveau de son intensité, alors inutile de régler le volume puisqu’on alterne naturellement entre une musique très intimiste et des séquences plus véhémentes ; le compositeur suédois y confronte également une orchestration symphonique, ponctuée de quelques cuivres pétaradants, à une grande variété de sons organo-électroniques audacieux, brutaux, nerveux, surpenants et dépaysants.

Didier Bianay

www.bianaydidier.com