3 BO recommandées

(n°746)

Bandes Originales Recommandées

     

Bitter Harvest – Benjamin Wallfisch

Cette romance dramatique où les principaux personnages tentent de se défaire de l’oppression stalinienne et de son effroyable Holodomor a été une aubaine pour le très lyrique et pro-mélodique Benjamin Wallfisch. Sur 1h14 de musique il a pu exprimer sa personnalité et composer une bande-son profondément émotionnelle avec des thèmes mélodiques bien plus développés que de simples leïtmotifs. Principalement accaparée par des cordes aux multiples effets sonores maîtrisés et capables de lyrismes puissants, la BO laisse place à de rares ponctuations de cuivres et distille le folklore musical ukrainien par des solos et choeurs déchirants et dénonciateurs.

La Sonata Del Silencio – Cesar Benito

Dans cette série à succès nous plongeant dans le Madrid des années 40 et produit par la chaine espagnol RTVE la bande-son n’a pas été négligée, comme c’est souvent le cas pour ce format télévisuel. Mais ne vous fiez pas au titre on ne trouve dans cette imposante BO aucune sonate aux humeurs traditionnellement changeantes, mais des morceaux plutôt linéaires émotionnellement. Pourvue d’une teinte noirâtre, mélancolique et de thèmes somptueux, la bande-son nous expose une orchestration bien variée où c’est surtout le piano qui nous reste à l’esprit tant sa partition est habile, mettant si bien en valeur la noblesse de cet instrument. ¡ Salve Cesar !

Gangsterdam – Robin Coudert

C’est sans doute ce qui est arrivé de mieux à ce film : sa musique. Outre le fait de mettre dans la BO des hits qui parlent à plusieurs générations, le réalisateur Romain Lévy a eu l’étonnante idée de s’inspirer du travail d’Ennio Morricone pour les polars français et italiens des années 70 et de les mélanger au style électro de Robin Coudert. Et le surnommé Rob a fait ce qu’il sait faire de mieux, en proposant de l’électro-symphonie épanoui, viril, sombre, postmoderne, frisant parfois le post-apocalyptique… Une BO qui s’avère plutôt sérieuse pour cette comédie d’ado, et où l’intéraction entre sonorités futuristes et rétro est maligne, car non caricaturale et fusionnelle.

Didier Bianay

bianaydidier.com

2 BO recommandées

(n°718)

Bandes Originales Recommandées

  

Gold – Daniel Pemberton

Ça ressemble parfois à de l’U.N.C.L.E mais c’est pas de l’U.N.C.L.E. En effet ces fréquents rythmes funky accompagnés de flûte de pan exotiques et turbulentes peuvent faire penser au travail du compositeur sur le film d’espionnage rétro sorti en 2015, mais trouvent mieux leur place dans Gold où l’intrigue mouvementée se déroule en partie dans la jungle indonésienne. Toutefois la BO de ce drame est surtout accaparée par un usage musical et très créatif de fins sons métalliques et de sons de cloches (en référence au Stock Exchange Bell) qui, selon les dires du compositeur, furent le tronc de sa réflexion et son symbole du capitalisme new-yorkais. Et c’est le même son de cloche pour les pistes plus posées, et tout aussi efficaces, qu’elles soient planantes, nostalgiques, rêveuses ou inquiétantes, avec pour résultat 49 minutes de cohérence musicale. Un bon investissement…

Le Cœur En Braille – Philippe Jakko

Dès le départ le ton est donné. Le thème de Marie, fait irruption en même temps que la protagoniste au début du film, et tout comme le thème de sa relation avec Victor il a un naturel plutôt sautillant, innocent, joyeux et plein de vie. Ils sont le symbole d’une BO qui se veut dédramatisante et opposent un peu de gaîté et de romance à de touchantes compositions lyriques, bien que l’état de l’adolescente n’ira qu’en s’empirant. Auteur d’interprétations délicates au piano et accompagné par l’orchestre philarmonique de Bruxelles, dont l’effectif a été réduit à 35 pour une sonorité plus intimiste, Philippe Jakko était dans sa zone de confort, à cheval entre le Classique et le Baroque. L’écriture de la partition est donc rigoureuse, maîtrisée, avec en fil rouge le son du violoncelle, l’instrument au centre de la vie de la jeune fille.

Didier Bianay

bianaydidier.com

4 BO recommandées

(n°694)

Bandes Originales Recommandées

        

La La Land Justin Hurwitz et artistes variés

La La Land par-ci, La La Land par-là, ah là là… ce film est en train de faire un malheur en enchaînant nominations et prix et il en va de même avec sa musique composée par celui à qui on doit la BO de Whiplash, Justin Hurwitz. Pour cette histoire d’un couple d’artistes modestes rêvant de gloire à Hollywood, lui et les producteurs ont opté pour un jazz teinté de swing et d’un peu de symphonie, rejoignant occasionnellement le style Broadway et exprimant une ambiance assez dynamique, enjouée, parfois poétique. Les chansons sont contagieuses et sont majoritairement chantées par Emma Stone et/ou Ryan Gosling qui font un travail d’interprétation sentimental et naïf, et dont les quelques imperfections vocales se fonderaient bien au film, évitant « l’effet playlist ».

Les Figures De L’ombre Artistes variés

Pharrell Williams s’est pris d’amour pour la Musique de Film et on l’a bien perçu ces dernières années. Là il revient avec un travail assez conséquent puisqu’il a pourvu une superbe collection de chansons originales, étant rejoint par les taulières du R’N’B Mary J. Blige et Alicia Keys, ainsi que Lalah Hathaway, Kim Burrell et la jeune Janelle Monáe qui tient un des rôles principaux dans ce biopic. En 33 minutes on découvre un album soul très blacky et décomplexé, musicalement fier, presqu’exhubérant. Une manière de souligner que de la fierté il en fallait bien à ces 3 femmes noires afin de se faire entendre et d’aider la première mission spatiale réussie, dans l’Amérique des années 60… Cet album vient donc en complément de la BO d’Hans Zimmer et de Benjamin Wallfisch, prévue le mois prochain ; un complément sacrément groovy !

Rappel

Rogue One : A Star Wars Story – Michael Giacchino (Giacchino sur le prochain Jurassic World)

« Le compositeur oscarisé en 2010 (pour la BO de Là-Haut) n’a pas manqué donc de rendre un hommage à la musique de Williams apposant quelques arrangements typiques des partitions de Star Wars, comme ses mitraillements de cuivres, et en utilisant le Rebel Fanfare, les célèbres thèmes de la Force, de Dark Vador et à la toute fin celui de Star Wars. Toutefois, il a procédé de manière intelligente, se connectant au travail de Williams seulement sur des parties de l’intrigue qui rejoignent le plus celle de la saga, pour le reste c’est du Giacchino, du bon Giacchino. »

Jour Polaire – Nathaniel Méchaly (On reverra Méchaly sur See You Tomorrow)

« Pour ce thriller se déroulant dans une commune suédoise du cercle polaire, Nathaniel Méchaly est majoritairement partit sur une ambiance planante, inquiétante, peu sombre et plutôt moderne avec une large instrumentation où des instruments acoustiques côtoient un généreux panel de sonorités électroniques finement travaillées. On retrouve aussi sur cette BO de 65 minutes une petite collection de savoureuses chansons originales, certaines lorgnant vers la culture musicale locale avec interprètes et techniques de chant nordiques. Le tout donne une bande-son étonnamment soignée et prolifique pour un format série et pourrait bien valoir une invitation au compositeur pour une hypothétique saison 2. »

Didier Bianay

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4 BO recommandées

(n°688)

Bandes Originales Recommandées

        

Tu Ne Tueras Point – Rupert Gregson-Williams

Le compositeur a avoué trouver le film de guerre de Mel Gibson assez subtile car le héros, un médecin objecteur de conscience, devait voir refléter en musique sa compassion, sa spiritualité, sa douceur et son héroïsme. Ainsi sur les premières pistes sont exposés d’excellents thèmes principaux, dont un à l’accent grégorien, avec beaucoup de noblesse lyrique et de tendresse. Cependant dans cette bande-son on note toujours en filigrane une teinte sinistre qui se complémentarise aussi avec l’arrivée de séquences bien plus tumultueuses et héroïques sur la 2ème partie de la BO ; une BO électro-symphonique accusant une montée en puissance et une apogée finale assez remarquables.

Bilal – Atli Örvarsson

On reste dans le biopic et on reste un peu dans la foi ma foi, avec la partition du film d’animation Bilal, du prénom du serviteur de Mahomet qui a traversé drames et persécutions. Ici évidemment le compositeur islandais a incorporé des éléments orientaux que ce soit dans son instrumentation, les rythmes ou les harmonies. Mais globalement on a affaire à une bande-son plutôt occidentale qui reprend bien les codes de la Musique de Film hollywoodienne. Avec un énorme orchestre à sa disposition Atli Örvarsson nous dévoile 45 minutes de musique d’aventure mélodieuse tour à tour délicate, ample ou percutante, s’étalant d’un héroïsme magnifié à une noirceur intimidante.

La Tortue Rouge – Laurent Perez Del Mar

Le compositeur français a joué un rôle non négligeable dans le film d’animation en prenant l’initiative sur l’ajout de musiques ou bien sur l’instrumentation qu’il a voulue variée et, à l’occasion, organique et immersive. Globalement, malgré quelques bourrasques orchestrales ou encore quelques envolées lyriques déchirantes saupoudrées d’une lumineuse soprano, la bande-son est plutôt posée et semble très narrative, vivante, parfois coquette, et grouillante de petits arrangements musicaux pour compenser une intrigue désertée de dialogue. Un travail foisonnant non accaparent et exprimant si bien le contact étroit d’une famille à la Nature, entre isolement et enchaînement de surprises, bonnes ou mauvaises…

Rappel

The Boy – Hauschka (Hauschka, une question de préparation)

« L’identité multiple qu’il s’est forgé lui a d’ailleurs bien servi sur la BO du thriller The Boy (2015) où il s’en est servi pour multiplier les sonorités acoustiques notamment par des notes de piano trafiqué mais aussi par des touches de violons, de violoncelles, et toutes sortes d’objets qui lui sont tombés sous la main, le tout enrobé d’une couverture électronique glauque. Peu mélodique mais grouillant de sonorités intimidantes par leur imprévisibilité, la BO de The Boy fut un pari risqué et assez réussi, pourvu d’une vrai personnalité, sauvage, sombre, étrange et lugubre. »

Didier Bianay

bianaydidier.com

5 BO recommandées

(n°655)

BO recommandées

           

Kubo et L’armure Magique – Dario Marianelli

Dario Marianelli a boku bossé, c’est le sentiment que l’on a après l’écoute de cette juteuse bande-son, mais toutefois demeure en tête des thèmes facilement mémorisables. D’une grande modulation sonore, la partition de Marianelli passe de moments très posés à des fulgurances turbulentes, intenses et puissantes. En plus de suivre une orchestration avec beaucoup de relief, l’imposant orchestre en action laisse place au Shamisen (guitare japonaise), un des éléments centraux du film, accompagnée occasionnellement d’un jeu de percussions et de gammes musicales partageant les mêmes origines. Et c’est l’intégration intelligente de ces éléments exotiques qui évitent au natif de Pise de pencher vers la caricature, quant ses quelques séquences lyriques finissent de donner de la noblesse à une BO déjà dynamique, séduisante et dépaysante.

Cézanne Et MoiÉric Neveux

On aurait voulu que ça dure plus longtemps, mais les 32 minutes que nous proposent Éric Neveux sont si agréables… D’entrée le compositeur impose un joli thème qu’il va sublimement décliné dans un style symphonique assez contemporain bien que l’intrigue de ce biopic sur Paul Cézanne se déroule au 19ème siècle ; un souhait de la réalisatrice Danièle Thompson voulant une musique moins fidèle à l’époque qu’aux sentiments. Éric Neveux a alors pensé à la légèreté, à l’intimité des flûtes et s’est surtout entouré d’instruments à cordes (violons, violoncelles, piano, guitare etc.) très pratiques pour transmettre musicalement une bonne palette d’émotions. Cependant cette dernière, allant de la mélancolie intimiste ou expressive à la jovialité, ne verse jamais dans la noirceur en y préférant un regard positif, même lorsque l’amitié des 2 hommes est mise à mal. Une réussite.

Sully – Christian Jacob et Tierney Sutton

Pourquoi une BO si calme pour un film catastrophe avec tant de rebondissements ? Et là je ne parle pas seulement de l’amerrissage forcé du vol 1549 sur l’Hudson mais de tous les événements qui ont suivis et qui sont relatés dans le film. À vrai dire le réalisateur Clint Eastwood a préféré dépeindre les sentiments intérieurs des protagonistes en commençant par composer le thème très noble de Chesley Sullenberger, un des 4 thèmes présents dans la BO, avant de donner cette direction artistique inattendue au Tierney Sutton Band dont il est lui-même l’un des plus grand fans. Orientée Jazz et appuyée d’un orchestre symphonique, la bande-son mélange déclinaisons de thèmes et improvisations sans affolement et toujours avec émotivité, grâce à la voix enveloppante de Tierney Sutton et à un piano exprimant autant le calme que les doutes d’un héros moderne dans une spirale juridique indécente.

Rappel

Abulele – Frank Ilfman (Frank Ilfman, le compositeur né)

Cette année il s’est encore signalé avec la partition pour le film jeunesse Abulele, dotée d’un style symphonique et bien traditionnel, car elle garde de bout en bout cette teinte 90’s que ce soit dans les passages sautillants, sombres ou haletants ; loin d’être fâcheuse cette généreuse BO comme celles d’antan arrive à sans cesse capter l’attention et témoigne d’un effort et d’un pouvoir créatifs impressionnants chez le désormais israélo-germano-américain.

Uncharted 4 – Henry Jackman  (Henry Jackman sur « Kong: Skull Island »)

Tantôt haletante, tantôt mystérieuse, tantôt tribale, pour ce jeu d’aventure la partition du britannique ne se départ jamais de son style sombre et peu rassurant. Jackman y fait du Jackman en ressortant à l’occasion ces bruits de tuyau qu’il avait utilisé pour Captain Phillips, mais surtout en ces phases nerveuses, agitées et si musclées qui le caractérisent tant et donnent un aspect entrainant et musical à la bande-son. Habitué à ajouter de l’impact aux films d’aventure il n’a donc pas été dépaysé par Uncharted 4 et ça se perçoit tout au long de ces 70 minutes de musique qui, ma foi, donne bien envie de plonger dans les dernières aventures de Nathan Drake.

Didier Bianay

bianaydidier.com

5 BO recommandées

(n°627)

Bandes Originales Recommandées

           

Dans Les Forêts de Sibérie – Ibrahim Maalouf

Les échos de trompettes résonnant dans les vastes contrées glacées de Sibérie, telle est l’image que je retiens après avoir écouté cette agréable BO. À juste propos Ibrahim Maalouf se sert de cet instrument connu pour son ampleur et sa puissance sonore afin de magnifier des paysages grandioses. Mais le compositeur sait aussi changer son fusil d’épaule lorsqu’il s’agit d’exprimer le caractère intimiste de cette aventure entre 2 hommes rencontrés fortuitement ; c’est ainsi qu’à certains moments il privilégie la prédominance d’une trompette  dramatique ou apaisée, de tendres piano et guitare ou de longues tenues de notes au milieu de la bande-son. Pour un compositeur qui aime scénariser ses morceaux le Cinéma était une suite logique, et avec cette partition Maalouf montre un net potentiel dans le domaine.

Insaisissables 2 – Brian Tyler

Brian Tyler nous revient avec la suite des aventures de brillants illusionistes braqueurs et le compositeur reprend ici les mêmes ingrédients avec une majesté orchestrale, beaucoup de dynamisme et une pointe de mystère pour couronner le tout, soit dit en passant d’excellents ingrédients pour un bon tour d’illusion. Si la musique du premier volet avait brillé par sa variété styliste, celle du deuxième brille par la qualité d’écriture du compositeur auteur d’une partition excitante et très prolifique au niveau de l’orchestration et de l’instrumentation. Alternant selon les dires de Tyler entre musique fantasy, spy ou groovy à la 70’s, la BO d’Insaisissables 2 se veut une évolution de la partition originelle grâce à un nouveau réalisateur, Jon Chu, assez mélomane ; Tyler en a donc profité pour se libérer et c’est pas passé inaperçu…

Saucisse PartyChristopher Lennertz et Alan Menken

Pour cette comédie parodique pour adulte les réalisateurs Conrad Vernon et Greg Tiernan tenaient à pousser la parodie jusqu’à la bande-son en réclamant les services de 2 chefs : Christopher Lennertz, un habitué des comédies et Alan Menken un habitué des… programmes jeunesse. La chanson originale The Great Beyond donne d’ailleurs le ton en mélangeant sauce musicale Disney et lyrics bien crus… Ce qui suit s’avère être un vrai patchwork et un good work des 2 compositeurs qui ont été impressionnants tant dans leur versatilité que dans leurs techniques d’écriture, imitant notamment les styles Star Wars, Seigneur Des Anneaux ou encore Braveheart d’une manière épique à souhait. Dans la même veine des tubes rétros finissent d’ajouter du piment à une carte sonore amusante, gourmande et malicieusement assaisonnée.

Rappel

Creed – Ludwig Göransson (Göransson à la porte)

« Mais c’est sans doute sur la BO de Creed qu’il a frappé un très grand coup l’année dernière. Alors que personne ne l’attendait à ce niveau le natif de Linköping a proposé un travail impressionnant de créativité par une partition qui confronte jazz, symphonie, électro, ballade, hip-hop, passant d’une influence à l’autre avec une fluidité remarquable, un jam musical dans l’air du temps comme l’avait fait Bill Conti à son époque. Mais en filigrane on retrouve ce ton guerrier et quelques thèmes incontournables, ingrédients types de la franchise repris là de manières subtiles. »

Justice League : Throne Of Atlantis Frederik Wiedmann (Un Frederik Wiedmann à taguer)

« Et ce n’est pas sa récente BO pour Justice League : Throne Of Atlantis qui le démentira tant son travail est intéressant. De séquences très enflammées et déchaînées à d’autres profondément mystérieuses et solennelles, Frederik Wiedmann montre sa créativité en proposant à nos oreilles quantité de sonorités et d’arrangements particulièrement mélodiques, toujours sur fond assez sombre. »

Didier Bianay

bianaydidier.com

5 BO recommandées

Bandes originales recommandées

           

Les Malheurs De Sophie – Alex Beaupain

Un classique de la comtesse de Ségur dont le réalisateur Christophe Honoré s’est chargé de faire une réadaptation et par la même occasion de réfléchir à la musique avec son fidèle collaborateur Alex Beaupain. Et leur concept final est particulièrement visible. En effet, la bande-son du film reprend minoritairement des éléments d’époque tels le clavecin, les cordes, ou occasionnellement des styles Classique ou Baroque tout en sonnant somme toute assez moderne avec un thème principal pop et pas mal de sonorités électroniques assez rigolotes ; car il s’agissait bien aussi de garder un coté ludique à la musique d’où l’apport de quelques mélodies sautillantes et naïves. Bien sûr on retrouve aussi un bon fond de tristesse et de nostalgie dans cette partition, mais cette dernière demeure malgré tout dédramatisante.

Last Days in the Desert – Danny Bensi et Saunder Jurriaans

Accompagner le Christ dans ses méditations solitaires à travers le désert telle était la mission du duo en pente ascendante Danny Bensi et Saunder Jurriaans. On retrouve le coté austère du personnage sur les sonorités des cordes assez rêches et dépouillées et dans celles des autres instruments qui assurent un accompagnement brut. L’orchestration, elle, reste de bout en bout assez modeste et contribue bien à évoquer la notion de solitude. On serait dans la musique d’ambiance et l’effet de style pures si les 2 compositeurs n’avaient pas eu l’idée d’inclure des mélodies mémorisables apportant de la musicalité, mais aussi amenant suffisament de mélancolie et de gravité pour soutenir les sentiments internes du Christ dans cette expérience psychologique et spirituelle.

Warcraft : Le Commencement – Ramin Djawadi

« Bienvenue chez les bourrins » c’est ce que semble dire le thème principal de Warcraft avec des cuivres graves qui évoquent un peu la bande-son du compositeur pour Pacific Rim. Il va sans dire que pour ce film de fantasy épique cette famille d’instruments joue un rôle clé tout comme les différentes flûtes et percussions apportant une ambiance tribale. Mais là où Ramin Djawadi évite la caricature c’est d’abord dans l’exploitation plutôt répandue du chant guttural qui finit de donner un teinte très sauvage à certains morceaux et ensuite dans la multiplication de sonorités et d’interprétations vocales et instrumentales peu communes. Épique, mélodique la BO laisse entrevoir la polyvalence de Djawadi lorsqu’il se montre tout aussi convaincant sur de touchantes pistes lyriques. Finalement, sur près d’une heure de musique cette pure partition d’aventure s’avère constamment inspirée et inspirante.

Rappel

Made In France – Robin Coudert (Rob, inclassable et made in France)

« On rappelle aussi que l’artiste vient tout juste de sortir la bande-son de Made In France, un film ayant pour cadre le terrorisme ; son intelligence d’écriture y a été notable avec cette fois-ci un style très électro quelque peu désuet mais qui imprime par son caractère sombre et ses dissonances harmoniques tout la malsanité de l’ambiance du film. Le tout est parfois cadencé par une rythmique sur plusieurs niveaux qui ajoute à l’effet hypnotique de l’ensemble. »

Gamba – Benjamin Wallfisch (Benjamin Wallfisch tire fort sur la corde)

« Benjamin Wallfisch, très mélodieux par nature a encore franchi un nouveau palier en terme qualitatif et cela s’est vu sur la BO de Gamba, un film d’animation japonais. Très occidentale et plutôt noble finalement, la partition de Benjamin Wallfisch aurait été conventionnelle si ce dernier n’avait pas montré son exceptionnel sens de la mélodie et du contre-chant et une orchestration très créative, qualité d’écriture qui parfois prend des airs de John Powell et qui maintient l’attention, voire émerveille sur pas mal de passages. »

Didier Bianay

bianaydidier.com

5 BO recommandées

Bandes originales recommandées

           

Angry Indian Goddesses – Cyril Morin

Que la première plage qui ressemble un peu à un certaine musique de Kill Bill ne vous trompe pas, le reste de la BO est à l’opposé avec une ambiance majoritairement calme, mélancolique, parfois inquiétante. Il faut dire qu’Angry Indian Goddesses est une comédie dramatique qui, sur le fond, s’attaque à un sujet sérieux, celui de la libération de la femme dans la société indienne. Film certifié « anti-bollywood », exit les rythmes endiablés, là la musique dépeint la tendresse et l’amitié liant huit femmes qui rêvent de changer les mentalités. Habitué aux films indépendants et aussi aux ambiances d’ailleurs, Cyril Morin a su réaliser une BO métissée entre influences européennes modernes et influences indiennes avec des choix d’instruments particulièrement authentiques ; le tout sans cliché exotique et avec beaucoup de subtilité.

High Rise – Clint Mansell

Pour comprendre l’œuvre électro-symphonique de Clint Mansell il faut se mettre dans le concept de cette adaptation du roman éponyme de J.G.Ballard. High Rise dépeint un microcosme de la société humaine dans un immeuble qui se suffit à lui-meme, avec tous commerces et services et surtout une population divisée en 3 classes (pauvre, moyenne, aristocratique) qui vont vite se marcher dessus, sur fond de débauche et de folie… Dans cette BO Mansell retranscrit bien cette ambiance malsaine avec des mélodies aliénées, des harmonies dissonantes ou atonales, les dernières donnant d’ailleurs un côté futuriste. Pendant 42 minutes on entend aussi, occasionnellement, quelques sifflements froids, sinistres et beaucoup de leïtmotifs qui se répètent inlassablement, comme pour dépeindre un certain dérangement psychologique et obsessionnel. S’appuyant sur une instrumentation variée qui se greffe autour d’un concept musical fortement identifiable, le compositeur signe une étrange et belle surprise.

La Dream Team – Alexandre Azaria  

Dès le coup d’envoi on se demande ce qui peut bien justifier un choix musical si épique, si triomphant, sur l’histoire d’un footballeur en convalescence parti au vert quelques jours chez un père avec qui il est en froid. C’est en fait une prise de risque partagée entre le compositeur et le réalisateur Thomas Sorriaux qui, au lieu de cantonner le style épique à 2 pistes de la BO, l’ont étendu sur une bonne partie de celle-ci afin de dépeindre implicitement la mentalité de guerrier qui anime des ados footeux qui voient chaque match comme une bataille. Et puis évidemment entrent dans la composition de cette eclectique bande son des séquences musicales tendres, dynamiques et joyeuses pour illustrer explicitement le sentimentalisme et la positivité de ce feel-good movie. Mais quelque soit l’ambiance et le style musical choisi Alexandre Azaria montre une impressionnante technique et une justesse orchestrale qui maintiennent un niveau de qualité musical élevé de la première à la dernière seconde. Un gros score.

Rappel

Jessabelle – Anton Sanko (Anton Sanko a sorti les griffes)

« Pour ce dernier j’ai trouvé la BO vraiment intéressante au niveau de l’approche. Même si on alterne entre séquences mélodiques et passages sonores très flippants, on est dans la musique d’ambiance dans l’ensemble et une seule constante prédomine : c’est le travail des sonorités, tout d’abord avec des interprétations vocales primitives, sacrément étonnantes et diaboliques, puis un sound design particulièrement généreux, sur une palette allant de la clarté fragile à une noirceur bien massive ; bref, un travail visiblement abouti qui donne la chair de poule… »

Siddharth – Andrew Lockington (Andrew Lockington, lentement mais sûrement)

« Et force est de constater que c’est plutôt une bonne chose puisque cette BO réserve quelques perles que je qualifierais d’exotiques. Car, étonnamment, c’est bien dans le registre de la musique indienne que Lockington fait forte impression, plus que dans ses symphonies davantage proches de sa culture occidentale, une surprenante maîtrise qui montre qu’il connaissait bien son sujet. »

Didier Bianay

bianaydidier.com

5 BO recommandées

Bandes Originales Recommandées

 

Demain – Fredrika Stahl

Bande son ou album ? C’est vrai il y a tant de chansons qu’on se poserait la question, mais rassurez-vous ce sont toutes des chansons originales, la preuve d’un gros effort créatif de Fredrika Stahl pendant 9 mois en collaboration avec le réalisateur Cyril Dion. Malgré 2 méthodes de travail différentes selon lesquelles les chansons ont été composées en amont ou en aval de l’Image, la symbiose est parfaite dans ce documentaire à succès où la musique de Stahl et l’ambiance narrative deviennent de plus en plus lumineuses et positives au fur et à mesure que s’écoulent les minutes. L’ensemble qui oscille entre Jazz et Pop est rafraîchissant, avec des compositions entêtantes parfois même assez catchy.

13 Hours : The Secret Soldiers Of Benghazi – Lorne Balfe

Une bande son à 2 facettes bien distinctes. Le thème principal surprend dès le départ par son caractère calme. Il pose les premiers jalons d’une BO plus sensible que la moyenne dans le genre film d’action. Interviennent alors pendant une bonne partie de la partition de Lorne Balfe des ambiances mélancoliques amenées par des harmonies tristes et relevées par des solistes, souvent au violoncelle électrique ou au piano, qui soulignent le sentiment de solitude et d’abandon. Mais, action oblige, la BO laisse aussi la place, parfois brutalement, à des atmosphères beaucoup plus rythmées, déchaînées, musclées et déchirantes mais toujours en gardant le même concept : celui d’un style électro-symphonique au sound design recherché et très moderne.

Rappel

Recommandées dans de précédents articles :
 

The Hunt – Steven Price (Que devient Steven Price ?)

« Pour le documentaire animalier The Hunt (en mini-série), il a aussi surpris en composant comme pour un film. Ici point de style minimaliste, de boucles, beaucoup moins de sound design mais une nette domination des instruments acoustiques, je dirais que la BO de The Hunt est digne d’un drame, avec nombres de passages symphoniques lyriques, tendres, évasifs, agités et même épiques. Une bande son plus ambitieuse que la norme en accord avec un documentaire, lui aussi plus ambitieux qui s’attarde davantage sur les relations entre prédateurs et proies. Bref, le programme et sa captivante musique ont fait le choix du sentimentalisme plus que celui de la dure loi de la jungle. »

Les 8 Salopards – Ennio Morricone (Morricone et Smith, la victoire aux 2 visages)

« Au final les contributions de Morricone sur l’album se sont avérées rétro, aigres, hypnotiques, tantôt dérangées, tantôt posées et penchent plutôt vers la musique d’ambiance, autour d’un thème principal curieux et un poil obsédant. Le compositeur a donc fait le choix d’une musique tourmentée pour accompagner des personnages qui le sont aussi, et ça lui a bien réussit. »

Snoopy Et Les Peanuts Christophe Beck (Beck se tirera les cheveux sur Trolls)

« Beck : « Bien sûr, il y a une musique iconique associée aux personnages par Vince Guaraldi, et il a été amusant de trouver des endroits pour incorporer non uniquement des pièces de Guaraldi, mais aussi des manières de rendre hommage à son héritage avec ce style Jazz-Pop dans ma BO » (collider.com). Dès le thème au piano le compositeur a aussi annoncé qu’il ne comptait pas faire dans la caricature musicale. Oscillant entre Jazz, Pop et Symphonie, Beck affiche avec la BO de Snoopy un travail hétérogène et sérieux, et continue de justifier pourquoi Jerry Goldsmith en personne l’a recommandé à ses débuts. »  

Didier Bianay

bianaydidier.com

2 BO recommandées

Bandes Originales Recommandées

2 histoires de générations et 2 BO générées par 2 compositeurs qui n’ont point paru gênés. Voici 2 récentes bandes sons à écouter sans modération :

pan soundtrackPan – John Powell

John Powell nous revient en pleine forme avec une partition bien vitaminée et bien juteuse. Pour un film d’aventure la BO se trouve à la hauteur en réservant des exaltations orchestrales massivement lyriques, voire épiques, avec une certaine place pour des rythmes catchy peu communs et bien audibles tout comme les références à la musique balkanique ou celtes. Pour ce film à gros budget John Powell a eu son gros orchestre et l’a bien fait bosser en l’amenant à exécuter nombres de parties sacrément complexes qui, comme le thème principal, ont bien besoin de plusieurs écoutes pour être bien assimilées… Bref, Powell montre encore qu’il fait ce qu’il veut, avec qui il veut, témoin son travail créatif sur les chœurs : féériques, aériens, grégoriens ou bien volontairement bordéliques grâce aux imperfections vocales des membres du casting qu’il a mis à contribution pour une reprise diabolique de Smell Like Teen Spirit. Sur l’ensemble cette BO est donc amusante, prenante du début à la fin, et cache pas mal d’autres surprises sonores aussi excitantes que le mythique comte de Peter Pan.

premiers crusPremiers crus – Jean-Claude Petit

Avec une bonne tenue dans l’oreille cette partition nous laisse un peu sur notre faim car un peu courte. Oui, il aurait été préférable d’entendre plus tant le concept musical de Jean-Claude Petit est rafraîchissant. À l’instar de la contribution de Pascal Lafa dans la BO (One Love) il instaure globalement une teinte jazzy avec des harmonies plus ou moins feutrées qui s’immiscent même dans les pièces les plus dramatiques. Pour dépeindre l’esprit de ce film qui traite du travail de la terre, le compositeur n’a pas hésité à faire une comparaison avec Jean de Florette. Mais pour éviter les clichés il surprend dans son instrumentation avec l’emploi d’une flûte… bulgare. Pour le reste guitare et piano font une grande concurrence aux cordes qui, elles, apportent lyrisme, nostalgie et romantisme. Par contre, la valse marquée qui sert de thème principal n’est point là pour souligner un quelqueconque romantisme mais plutôt, au dires du compositeur, représenter l’aspect cyclique de la viticulture, tout comme les ostinati qui viennent rythmer cette bande son lumineuse, moderne et optimiste. 

Didier Bianay

2 BO recommandées

(400ème article)

Bandes Originales Recommandées

Aujourd’hui je vous propose 2 agréables BO qui vous feront voyager dans le temps, avec l’art et les bonnes manières… :

que d'amour2Que D’amour – Philippe Jakko

Dès les premiers instants on s’imaginerait presque en pleine Renaissance… Pour l’adaptation moderne de la comédie Le Jeu De L’Amour Et Du Hasard (Marivaux-1730), Philippe Jakko a opté pour un style néo-baroque, sachant que la musique baroque domina jusqu’au milieu du 18ème siècle. Grâce à sa formation musicale au conservatoire, il répond bien au codes exigeants de ce style musical avec, entres autres, une harmonie et un contrepoint maîtrisés et des ornements typiques sur les mélodies. L’instrumentation est elle aussi d’époque, tant dans sa composition qu’au niveau de sa taille modeste. Intimiste, lyrique, romantique, élégante, parfois dramatique, parfois comique, les adjectifs sont nombreux pour qualifier cette BO d’un Philippe Jakko qui a distillé quelques éléments de modernité comme ce clin d’œil au style Delerue et quelques morceaux contemporains réinterprétés. Le tout, très mélodieux, se laisse écouter et s’apprécie avec ou sans images.

royal night outA Royal Night Out – Paul Englishby

Le très versatile Englishby a frappé fort sur cette comédie british et ce sur 2 genres différents, le Jazz et la musique symphonique ; 2 styles musicaux bien distincts qu’il Mary dans cette bande son accompagnant la virée nocturne rocambolesque des princesses Margaret et Elizabeth. Tout d’abord les courtes pistes de Jazz en tous genres font ressentir le côté festif, excitant et frivole de cette nuit de liesse historique. Impeccable dans le choix de ses instruments, le compositeur leur donne une liberté adéquate et place dans ses Swings des coups de cuivres bien sentis. En revanche, les parties symphoniques suggèrent, par un lyrisme limpide, l’autre facette de cette aventure, entre mélancolie et romantisme sur fond d’élégance. En prime, Paul Englishby livre aussi dans cette BO quelques reprises de classiques du Jazz signés Erskine Hawkins, Bill Johnson, Glenn Miller, Joe Garland, Andy Razaf et Duke Ellington ; des références qui s’incrustent tout aussi bien dans l’ambiance du film. Well done Sir !

Didier Bianay

2 BO recommandées

Bandes Originales Recommandées

en routeEn Route ! – Lorne Balfe

En route pour 40 minutes de musique de très bonne qualité ! Lorne Balfe a sorti l’artillerie lourde avec une partition très réussie et un concept bien défini. En effet, pour représenter la vision que l’extraterrestre Oh a du monde, Balfe a opté pour un choix d’instruments et des influences métissés. Outre l’orchestre symphonique, un sitar, un saz, un banjo ou encore un dulcimer s’affichent sans complexe. On y trouve aussi cette volonté affirmée de Lorne Balfe d’instaurer des percussions Rock et des rythmes catchy. Catchy l’orchestration l’est aussi, avec sa finesse et sa complexité, permettant à chaque instruments de trouver sa place au bon moment pour une illustration des émotions réussies, de l’excitation a la nostalgie. La cohérence mélodique des morceaux en font une BO très amusante, très écoutable, et sentant bon une aventure déjantée.

pourquoiPourquoi J’ai Pas Mangé Mon Père – Laurent Perez Del Mar

Pourquoi Perez n’a pas mangé sa partition ? Parce qu’il a su taper juste dans son concept et a fourni une bande son colossale et adaptée. Car on remarque vite l’intervention d’artistes beatbox qui symbolise bien un Âge où les instruments de musique n’existaient pas encore et on remarque aussi une certaine imperfection vocale qui renforce l’idée. Au niveau des arrangements, cette bande son de 1h20 laisse la part belle à des parties symphoniques lyriques et épiques très impressionnantes, surtout dans la première moitié de la BO et le finale. Dans l’ensemble, les thèmes principaux sont bien mis en évidence, l’art de l’harmonie savamment maîtrisée et souvent exécutée par des chœurs profonds. Avec sa belle palette d’émotions, cette BO imposante en quantité et en qualité est faite pour caler la faim musicale des béophiles mélomanes.

Didier Bianay

2 BO recommandées

Bandes Originales Recommandées

big heroBig Hero 6 – Henry Jackman

Pour cet hiver Henry Jackman a apporté de la fraîcheur avec sa BO de Big Hero 6. Idéalement lancée par le rock percutant de Fall Out Boy, Immortals, son exigeante partition symphonique fait justement appel à des sonorités rock ou encore électroniques. Le travail sur ces dernières est particulièrement intéressant tant elles sont bien abouties et se fondent au reste de l’orchestration, car participant à celle-ci au lieu d’être juste digitales. Mais dans cette bande-son agitée, fun et imprévisible, plus notables encore sont les parties héroïques que Jackman nous a réservé, avec à leurs têtes des cuivres lourdes et puissantes qui sonnent comme un Big Up à Alan Silvestri.

alliesAllies – Philippe Jakko

Autre ambiance, autres héros et autre concept musical. Cette fois-ci je parle de la BO de Allies, un film dont l’action se déroule pendant la 2nde guerre mondiale et sur lequel Philippe Jakko a laissé un peu de coté les cuivres et même la caisse militaire et plus travaillé sur les cordes. C’est par ces cordes qu’il déploie sa palette d’émotions, de la gravité des violoncelles aux tensions suraiguës des violons. Agrémentée aussi d’interventions au piano, cette tournure émotionnelle est encore plus mise en évidence par un thème principal poignant et un lyrisme lumineux et maîtrisé. Une approche intelligente donc et un bon résultat pour ce novice en matière de longs métrages qui se fera sans doute beaucoup d’alliés…

Didier Bianay

2 BO recommandées

 Bandes Originales Recommandées

Transformers 4 SoundtrackTransformers : Age of Extinction – Steve Jablonsky

À l’image de la majorité des morceaux qui la composent, la BO de Transformers : Age of Extinction monte en puissance au fil des minutes. Par elle Steve Jablonsky montre clairement que Zimmer demeure son mentor avec des cuivres graves et écrasantes sans oublier ces rythmes et ces percussions tribales très reconnaissables. Mais dans une BO qui sonne très Transformers Jablonsky n’oublie pas de jouer dans son domaine de prédilection offrant des sonorités électro soignées, originales et excitantes dont lui seul a le secret. Respectant bien les codes de la musique d’Action avec ce qu’elle comporte comme noirceur, intensité et brutalité, cette bande son ravira les fans du genre, à n’en pas douter. À noter aussi la participation du groupe Imagine Dragons qui apporte une contribution plus remarquée et remarquable sur l’antépénultième et l’avant-dernière piste, offrant un second souffle à la BO au meilleur moment.

tfios_soundtrack_coverNos Étoiles Contraires – Artistes Variés

Une autre BO pour une autre ambiance, celle plus grave et plus touchante du film Nos Étoiles Contraires. Pour accompagner la romance entre 2 adolescents atteints du cancer la place a été faite à de jeunes artistes Pop-Rock ou Folk tels Ed Sheeran, Jake Bugg, Birdy, Lykke Li ou Indians. Malgré leurs jeunes âges ils font montre d’une grande maturité artistique en proposant des compositions romantiques, mélancoliques, touchantes et sans artifice. Pour contrebalancer Grouplove et Charli XCX apportent leur pierres à l’édifice avec des morceaux plus dynamiques et gais (et non pas « gays »…). D’autres musiques ont été empruntées à divers artistes pour compléter cette bande son qui atteint incontestablement son but, nous laissant bien deviner l’ombre d’une romance poignante ponctuée de quelques bons moments intenses. Un film pour des adolescents qui se reconnaîtront dans ces jeunes artistes. Ces derniers forment une génération talentueuse apte à prendre dignement le relais de ses aînés sur la scène Pop-Rock.

Didier Bianay

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2 BO recommandées

Bandes Originales Recommandées

2 BO de blockbusters, voici le copieux menu du jour. Si Godzilla et The Amazing Spiderman 2 brillent par leurs gigantismes visuels, leurs BO brillent par leurs démesures sonores.

Godzilla_Original_Motion_Picture_SoundtrackGodzilla – Alexandre Desplat

Alexandre Desplat nous gratifie d’une BO aux arrangements orchestraux monstrueux, où harmonies et motifs mélodiques souvent rétro sont dominés par des cuivres autoritaires et de quelques instruments aux origines nippones. Ainsi si les percussions japonaises accaparent l’ensemble de la rythmique de la BO, il n’est pas rare d’entendre le son du Shakuhachi (flûte japonaise). Et question sons Alexandre Desplat nous en propose tout une palette étonnamment adaptée au film, entre violons plaintifs, gémissants ou paniqués, en passant par les clameurs des chœurs, des battements de cœur aux synthés, ou des cuivres qui semblent marcher lourdement ; un travail qui constitue la marque des grands compositeurs. On peut donc dire que pour Godzilla Alexandre Desplat à mis des petits plats dans des grands…

pochette spid 2The Amazing Spider Man 2 – Hans Zimmer, The Magnificent Six et artistes divers

L’ouverture d’esprit est souvent bénéfique en musique. Le sachant Hans Zimmer a tenu à former un collectif avec plusieurs artistes célèbres aux horizons musicaux différents tels Pharrell Williams (Pop), Junkie XL (Électro), Johnny Marr (Rock), Michael Einziger (Rock), et 2 fidèles lieutenants de Zimmer que sont Andrew Kawczynski et Steve Mazzaro. Une idée qui s’est avérée judicieuse tant l’alliage entre la musique symphonique, la Pop-Rock et l’Électro est maîtrisé, aboutissant à une BO au style hybride, original, affirmé et assumé. Outre la bande son du film, on retrouve quelques bonus tracks réalisées par divers artistes (Alicia Keys, Kendrick Lamar, Liz etc.) pour compléter un album généreux de près de 120 minutes qui nous rappelle bien que l’union fait la force.

Didier Bianay

reydarts.fr

3 BO recommandées

Bandes Originales Recommandées

3 ambiances pour 3 BO parmi les plus hot du moment, c’est ce que je vous propose dans ce 2ème volet de la Catégorie Bandes Originales Recommandées.

la belle et la beteLa Belle et la Bête – Pierre Adenot 

Du grand Pierre Adenot ! La BO de La Belle et la Bête bénéficie d’arrangements qui peuvent s’avérer extrêmement complexes et étonnement versatiles. Le style est plutôt sombre et dramatique et affiche des pointes de fééries magiques. Le tout est interprété par un orchestre massif et puissant que Pierre Adenot exploite à fond, conférant même à certains instruments des comportements et des sonorités surprenantes.

black sailsBlack Sails – Bear McCreary

Pour cette série sur la piraterie, Bear McCreary part à l’abordage de la musique celtique, et parfois même du rock-celtique, utilisant une large palette d’instruments issus de ces cultures musicales. Selon les souhaits du compositeur le jeu des instrumentistes y est imparfait, un peu désorganisé ou improvisé (comme une confrérie de pirates …), des défauts qui lui donnent un caractère rustique et authentique. Bien dans l’esprit de la série donc, cette BO fait la part belle aux percussions tantôt maigres, tantôt brutales accompagnant des mélodies qui prennent aux tripes.

divergentDivergent – Junkie XL

Junkie XL la musique électro c’est son dada et il le prouve avec un travail sérieux et appliqué pour ce film de Science Fiction. Futuriste et planante, la BO de Divergent verse plutôt dans le style musique d’ambiance ou descriptive, alternant entre le style froid de l’électro et le côté sentimentale d’harmonies propres à la Dance Pop. Junkie XL n’oublie pas non plus les cordes (violons, altos, violoncelles) et des percussions tribales puissantes plus conventionnelles aux scènes d’action. La voix d’Ellie Goulding finit par y rajouter de la sensibilité et de l’intimité.

Didier Bianay

reydarts.fr

3 BO recommandées (10/01/14)

Logo musicinewsBandes Originales À Écouter

J’inaugure une nouvelle catégorie. Chaque semaine je recommande 3 BO que j’ai appréciées et je vous dit pourquoi. Il suffit de cliquer sur le titre pour avoir accès à la playlist Youtube. Mais on le sait, les playlists sont assez éphémères sur ce site, alors profitez-en avant qu’elles ne disparaissent… De toute manière vous pouvez retrouver ces BO à la page « La BOutique« .

The Book Thief – John Williams

Une BO très tendre et une ambiance particulière. John Williams pose des mélodies touchantes sur des harmonies souvent froides. Un choix judicieux vu le contexte du film. Une partition colossale qui s’apprécie de plus en plus avec le temps.

Captain Phillips – Henry Jackman

Pour ce thriller Henry Jackman propose un savant mélange entre ambiance occidentale et africaine. Une BO haletante, percutante, grâce à un travail sur les percussions assez remarquable. Jackman s’est surpassé.

Arrow (Série TV) – Blake Neely

Une BO surprenante qui sent bon l’aventure. On oscille entre ambiances haletantes, angoissantes ou tendres. Le tout ponctué de sonorités et d’effets sonores électro qui confèrent un aspect moderne et urbain.

Didier Bianay

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