2 BO recommandées

(n°834)

Bandes Originales Recommandées

  

Justice League – Danny Elfman

Apres avoir co-composé avec Brian Tyler sur Avengers 2, Danny Elfman s’est fait Justice League lui-même et nous a préparé une généreuse bande-son, passant même par des fan moments lorsqu’il réutilisa le thème de Superman avec une teinte plus sombre ou donna à celui de Wonder Woman un aspect plus intimidant ; d’intelligents hommages à John Williams et Hans Zimmer qui plairont au grand public. De surcroît, le natif de Los Angeles a aussi exprimé sa personnalité en ramenant son mythique thème de Batman et en apportant du neuf par des leïtmotivs simples pour Flash, Cyborg et Aquaman, idem pour le thème principal (Hero Theme) et son motif en tierce mineure entêtant. Dominée par les altos et les violoncelles dans les moments sentimentaux cette sombre bande-son monte progressivement en puissance pour atteindre en son centre une teinte épique monstrueuse à grands renforts de cuivres, de chœur et de percussions pétaradantes, le tout par une maîtrise d’écriture et des arrangements impressionnants. Généreuse, la production l’a aussi été en incluant dans cette BO les versions longues des titres tourmentés The Tunnel Fight et The Final Battle, soit un rab de 11 minutes bien jouissif.

Paddington 2 – Dario Marianelli

3 ans après le premier volet le facétieux Paddington revient, toujours sous la houlette du réalisateur Paul King ; c’est au niveau de la conception de la musique que l’on trouve du changement puisque Nick Urata a été remplacé par Dario Marianelli qui avait brillé l’année dernière sur Kubo et L’armure Magique. Mais pour ce nouvel épisode il n’a pas été fait table rase de la partition passée puisque l’italien reprend certaines idées d’Urata comme ce que l’on peut qualifier de thème de la poursuite, ou encore cette rythmique haletante sous-jacente davantage usitée dans ce volet pour affirmer un concept musical sautillant. Dans le même ordre d’idée le compositeur fait la part belle à des marimba, célesta, flûtes, harpe ou cymbales pourvoyant une dose de ludicité à une intrigue rocambolesque et familiale. Le calypso, représenté par les interventions du groupe Tobago and d’Lime, finit d’apporter de la gaîté à une partition à la pétillance tenace et à l’instrumentation vorace.

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°831)

Bandes Originales Recommandées

Blue Planet II – Hans Zimmer, David Fleming et Jacob Shea

Pour ce retour de Blue Planet, 16 ans après le premier volet, la BBC tenait à engager l’un des meilleurs compositeurs de la Terre qui de son côté a amené 2 autres de ses poulains sur ce projet, Dave Fleming et Jacob Shea. Diffusé depuis peu à la Télévision anglaise et bientôt sur France Télévision, on se dirait follement que la série-documentaire rendrait terriblement bien au Cinéma vu sa musique à l’ampleur indéniable, ceci grâce au Synchron Stage Orchestra. Réputée aussi pour collectionner les grands ensembles, la plus importante société de diffusion au monde a donc montré beaucoup d’ambition musicale sur la forme, mais aussi sur le fond où chaque piste à une expression franche capable de magnifier chaque spectacle de la nature. Très mélodieux, Zimmer, Shea et Fleming prouvent une grande créativité par une instrumentation électro-symphonique qu’on peut qualifier de foisonnante tant la quantité de sonorités qui y fourmillent sans complexe est étonnante, à croire que ces compositeurs ont eu tous les droits… Des plages épiques aux moments de délicatesses, en passant par des raz-de-marées lyriques somptueux, cette BO s’avère particulièrement captivante et semble annoncer bien plus que de sympathiques documentaires.

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°826)

Bandes Originales Recommandées

Thor : Ragnarok – Mark Mothersbaugh

À voir l’affiche très flashy de ce troisième volet de Thor on se doutait que celui-ci serait différent, le facétieux Taika Waititi a remplacé Alan Taylor alors qu’en parallèle l’étrange Mark Mothersbaugh s’est substitué à Brian Tyler. Bien que son nom ne vienne pas à l’esprit pour ce type de film, Mothersbaugh n’en est pas à son premier essai lorsqu’il s’agit de concevoir orchestralement des intrigues d’aventure grandiloquentes, l’exemple le plus récent étant Lego Ninjago. Il montre sur cette bande-son qu’il connaît donc la recette en mettant en exergue des percussions brutales et des cuivres graves viriles pour un épisode dédié à la surpuissance où Thor et sa soeur se déïfient (vraiment), quant l’impitoyable Surtur a carrément la potentiel de détruire Ásgard… Du grand classique cette partition ? Non, car la patte de Mothersbaugh se fait surtout sentir sur les sonorités électroniques bizarroïdes qui le caractérisent si bien pour dépeindre une drôle de planète Sakaar, fait de trucs, de bidules et de machins. Très vivante et mélodieuse cette longue BO ne cesse de naviguer frénétiquement entre 2 mondes musicaux décrochant parfois quelques sourires ; de toute façon à entendre le nouveau thème de Thor l’on devine d’entrée que le compositeur laissera parler une personnalité musicale totalement décomplexée.

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°821)

Bandes Originales Recommandées

Le Musée Des Merveilles – Carter Burwell

Après Carol, Carter Burwell et Todd Haynes se sont retrouvés sur Le Musée des Merveilles, un film qui traitent des quêtes intimes de 2 enfants sur 2 époques différentes, 20’s et 70’s. Étant malentendants le réalisateur a préféré comme se placer de leurs points de vue avec un long-métrage maigre en dialogue et il va sans dire que la musique de Carter Burwell devait palier le manque à ce niveau ; une aubaine pour le compositeur qui propose une longue bande-son de 63 minutes. La difficulté, comme il a expliqué au webzine goldderby.com, fut de trouver le juste milieu entre une musique ni trop effacée, ni trop présente, ni trop typée 20’s, cette dernière caractéristique aurait d’ailleurs tranché avec les ajouts de quelques synthés ou guitares électriques représentant la vie du jeune garçon au cœur des 70’s. Non ici Carter Burwell propose plutôt une BO homogène pour préserver le lien mystérieux entre ces 2 destins, autour de 2 jolis thèmes principaux bien mis en valeur. Très mélancolique par de lents arrangements aux cordes épaulées d’un piano posé et de bois dans les mêmes optiques sentimentales, Burwell réhausse la ludicité de la musique avec des instruments qui parlent à l’enfance tels que le marimba ou le glockenspiel pour signer un score complet et mélodieux et dont l’évidente tendresse s’avère touchante.

Didier Bianay

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3 BO recommandées

(n°807)

Bandes Originales Recommandées

     

Rebel In The Rye – Bear McCreary

Pas habitué aux drames de cette nature mais touché, car fils d’une écrivaine, McCreary a envoyé nombre de démos au réalisateur Danny Strong pour le convaincre qu’il était le compositeur qu’il lui fallait pour ce biopic sur l’écrivain J.D. Salinger. Et le résultat est plutôt réussi avec pour entame un somptueux premier thème sur la jeunesse innocente de l’auteur autour duquel il tourne, avant de basculer sur un second thème plus mature représentant un homme rongé par la guerre et les drames intimes. Majoritairement symphonique sur des interventions pianistiques liquides, des synthés lugubres ou autres marteaux de machine à écrire, la BO laisse parfois place à des pistes Jazz originales et typées 40’s. Affichant une telle sensibilité d’écriture et un lyrisme envoûtant emprunté a son mentor Elmer Bernstein, on se demanderait pourquoi Bear McCreary ne s’était pas adonné au genre plus tôt tant il y est convaincant.

My Little Pony : Le Film – Daniel Ingram et artistes variés

Sur M-C-N on parle de la Musique de Film même pour très jeunes, hééé oui, nah !… Cela d’autant quand un album constitue une grosse surprise. Très cinématographiques, les premières pistes affichent les talents d’interprétations des acteurs et les arrangements orchestraux monstrueux d’un Daniel Ingram passant presque pour l’héritier d’Alan Menken. Bien habitué au ton léger et dynamique de l’univers d’Equestria depuis 7 ans, le canadien ainsi que Mark Nilan Jr et Paul Blair ont été un modèle pour d’autres jeunes artistes tels Sia, Lukas Graham, Rachel Platten, DNCE, Palmer Reed ; ces derniers ont visiblement pris ce dessin animé très au sérieux tant ils ont livré des compositions originales efficaces et travaillées. C’est ainsi qu’après l’oscarisable Open Up Your Eyes l’on bascule vers un style majoritairement Électro-pop toute aussi pétillant, avant que la nostalgique ballade country de Lukas Nelson ne clôture une BO qui peut séduire jeunes et jeunes parents.

Latifa, Le Cœur au Combat – Mike Kourtzer et Fabien Kourtzer

Il y a 20 ans les frères Kourtzer composaient pour le film Ma 6-T va crack-er et se retrouvent cette fois sur un documentaire proche de ce thème, mais avec une approche résolument plus positive. Mère d’une victime de Mohamed Mérah, Latifa rencontre des milliers de jeunes afin de leurs transmettre l’espoir ; ses pérégrinations sociales avaient donc besoin d’une musique faisant le lien entre elles et eux. Les 2 compositeurs ont alors opté pour un concept mélangeant la culture musicale orientale à des sonorités électro futurites dépeignant l’avenir de la jeunesse actuelle. Portée par un Électro-raï envoûté et signé Amel Wahby, cette mélancolique BO se signale surtout par la grande émotionnalité que les frères Kourtzer ont su dégager avec des outils électroniques. Ils confirment aussi que synthés, réverbe, ou delay peuvent transcender les instruments acoustiques, négociant parfaitement le virage actuel de la Musique de Film.

Didier Bianay

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2 BO recommandées

(n°785)

Bandes Originales Recommandées

  

Bigfoot Junior – Puggy

Album ou bande-son ? Plutôt une bande-son puisque, malgré une collection de chansons originales, le groupe belge réutilise certaines mélodies au long de l’œuvre, ainsi les pistes Simple Sentimental et Underground Sabotage sont des déclinaisons émotionnelles des chansons Simple Feelings et Underground. La BO, donc, se veut très dynamique et positive dans un style pop-électro rétro bien vitaminé pour faire des retrouvailles entre Adam et son Bigfoot de père une aventure excitante et trippante ; elle colle aussi au caractère jovial des personnages principaux tout en sachant les accompagner dans leurs moments les plus mélancoliques, mention spéciale à la formidable ballade Broken Heart. Contactés par le réalisateur Ben Stassen qui avait fait d’eux son premier choix les membres de Puggy ont relevé le défi d’écrire les musiques au fur et à mesure que les images leurs parvenaient, et ce en pleine tournée. Un sacré tour de force pour une bande à l’avenir prometteur.

Fargo Year 3Jeff Russo

Dès la première piste et l’interprétation profonde du thème de Fargo par un chœur on devine une grande ambition musicale autour de la 3ème saison de la série. Et la suite ne nous contredit point puisque le travail de Jeff Russo ressemble plus à de la bonne musique pour Cinéma, s’appuyant sur un gros orchestre et une mélodicité très présente, à l’opposé du style minimaliste souvent imputé au BO de séries ; question de temps, mais avec le producteur Noah Hawley, lui aussi musicien, Russo bénéficia d’une place de choix dans le process en y étant inclus très en amont. On sent de même l’émotion dépeinte avec une grande liberté orchestrale bien que menée par un violon sinistre et mélancolique, et des bois traînant qui adoucissent la sonorité d’ensemble. C’est le concept sonore principal de la BO tout comme cette retenue intimiste de la partition dont le volume général est faible, le plus parfait exemple est le timide morceau au piano For Nikki. À l’inverse des exaltations pour cordes et cuivres s’avèrent poignantes par leur ampleur et quelques fois amusantes par leurs charmes désuets.

Didier Bianay

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2 BO recommandées

(n°778)

Bandes Originales Recommandées

   

Valérian et la Cité des Mille Planètes – Alexandre Desplat et artistes variés

33 ans que l’Orchestre philarmonique de Radio France ne s’était frotté à la Musique de Film ; cela ne signifie pas que dans cet univers il ne valait rien mais juste que l’ensemble musical dirigé par Mikko Franck se focalise habituellement sur les activités pédagogiques et les concerts ; un honneur pour Desplat donc qui s’est attaché les services de 95 de ses musiciens afin d’offrir au spectateur une expérience auditive riche et prenante. En effet, l’orchestration du parisien est très créative et ne manque pas de laisser, dans les moments les plus calmes, la place à tout type de bois et aux synthés, une multitude de sonorités toujours appréciable sur une BO. De plus, outre le côté très mélodique voulu par Besson, le compositeur a gardé un fil conducteur bien audible selon lequel l’aventure s’accompagne de cuivres virils, de percussions nerveuses et de phrases aux cordes supraluminiques, des passages épiques réussis à l’impact indéniable. Pour sa première avec Desplat, Luc Besson a ainsi accordé une grande liberté au compositeur dont on perçoit la variété du langage musical que lui a insufflé ce film de science-fiction pure.

Enfin, on retrouve aussi dans ce coffret 2 volumes des emprunts à des artistes de divers horizons tel David Bowie, Wycleff Jean, Charles Bradley parmi lesquels les œuvres originales de Cara Delevingne (I Feel Everything), d’Alexiane (A Million On My Soul) et de Julien Rey (Bubble Dance) font plutôt bonnes figures.

Rappel

The Monkey King 2 – Christopher Young (Le vétéran Young sur NEW-GEN)

« Pour le dernier cité il a, on peut le dire, renoué avec la Musique de Film old school car sa partition a été d’une expressivité permanente qui fait plus penser aux anciennes BO même pour le genre Aventure. Nouant avec les éléments de la culture musicale chinoise il les a incorporés au style occidental par touches pour infuser une saveur asiatique à la partition sans tomber dans la caricature ou donner l’impression d’un mélange forcé. Un exemple de métissage musical qui démontre la profondeur du travail de documentation du compositeur et réaffirme sa capacité d’adaptation. »

Didier Bianay

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2 BO recommandées

(n°768)

Bandes Originales Recommandées

  

Les Aventures de Capitaine Superslip – Theodore Shapiro

Un super-orchestre, c’est ce que Dreamworks a confié à Shapiro pour sa mission, voilà qui semble trancher avec un film d’animation comique qui arrive sur la pointe des pieds en période de blockbusters. Grâce à cette formation symphonique conséquente Theodore Shapiro affiche une qualité d’écriture que peu lui connaissaient contrairement à sa capacité à jongler avec des styles musicaux plus modernes, chose qu’il fait à merveille sur cette BO, la rendant imprévisible et ludique. Du son 8 bits à des érections puissantes de l’orchestre sur un dynamisme mordant et aventureux, la Big BO de ce film d’animation multiplie les sautes d’humeurs sans avoir à envier celles de programmes super-héroïques plus sérieux. Mais ce que vous retiendrez le plus est ce thème principal particulièrement réussi et qui est si bien exalté pendant ses 55 minutes de haut vol.

Down The Deep, Dark Web – Frank Ilfman

Il y avait une volonté chez le réalisateur et journaliste Yuval Orr de montrer un regard plutôt équilibré sur le Dark Web, entre ombre et lumiere, entre inquiétude et espoir. Et ça se sent sur la bande-son du très talentueux Frank Ilfman qui ne verse pas dans le lugubre comme on pouvait si attendre bien qu’elle conserve une teinte noirâtre de bout en bout. Amoureux de la symphonie pure Ilfman a bien su reprendre les codes de la musique électro typique de ce genre de programme souvent caractérisée par des arpèges harcelants ; mais ceux d’Ilfman sont particulièrement difficiles à cerner comme le portrait moral d’un réseau émaillé de hackers et de crypto-anarchistes en tout genre. Enfin, les harmonies feutrées massivement utilisées par le compositeur ajoutent un mystère troublant à cette quête philosophico-digitale où le Mal tutoie le Bien.

Didier Bianay

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3 BO recommandées

(n°757)

Bandes Originales Recommandées

     
Un Profil Pour Deux – Vladimir Cosma

Un coup de tampon sur la pochette, « Vladimir Cosma – bandes originales » comme une certification, un label de qualité pour l’un des plus grands compositeurs du Cinéma français. Et sur le film de Stéphane Robelin, Vladimir Cosma n’a pas dérogé à la règle, jouant subtilement la carte de la valse modernisée dans un premier temps avant de faire référence à ces anciennes œuvres. Niveau instrumentation se sont les nostalgiques harmonica et cymbalum qui vont dans le sens d’une sonorité d’ensemble voulue très lumineuse et positive. Enfin cette BO c’est surtout des thèmes mémorisables et habilement développés qui vous resteront dans la tête, une obsession chez le mélodiste Cosma.

Les Gardiens de la Galaxie 2 – Tyler Bates

Lorsqu’on parle de la musique du 2ème volet des Gardiens de la Galaxie on parle souvent de l’Awesome Mix Vol.2, mais la bande-son de Tyler Bates vaut aussi largement le détour ! Épique à souhait elle reprend le concept de la musique du 1 avec plus de maîtrise et de puissance, et par puissance j’entends un orchestre très imposant et des cuivres survitaminés qui intensifient considérablement les scènes d’action. Quant aux chœurs leurs multiples utilisations les rend tour à tour puissants, célestes, apeurants, lugubres. Ce travail sur les formations vocales est le symbole d’une musicalité approfondie sur cette BO où le compositeur laisse place à des tendresses lyriques très touchantes, voire magiques, constituant un contrepoids détonant.

Pirates des Caraïbes 5 : La Vengeance de SalazarGeoff Zanelli

La BO a beau monter en puissance elle ne se départie pas de sa noirceur. En effet les premières piste laissent planer une menace bien palpable et l’entêtant thème de Salazar appuie cette impression. Puis viennent ces morceaux sombrement épiques de longue durée et là priorité est donnée à des cuivres graves, écrasantes et intimidantes, complices avec des percussions impulsives et déchaînées ; on notera la texture sonore très boisée des cordes grâce à une interprétation zélée des instrumentistes. Malgré quelques pauses lyriques ou burlesques cette frénésie persistante et foisonnante prévaut jusqu’au remix Dance de He’s A Pirate qui se trouve être une réutilisation bien moins subtile que celles de Zanelli de ce thème iconique.

Didier Bianay

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3 BO recommandées

(n°746)

Bandes Originales Recommandées

     

Bitter Harvest – Benjamin Wallfisch

Cette romance dramatique où les principaux personnages tentent de se défaire de l’oppression stalinienne et de son effroyable Holodomor a été une aubaine pour le très lyrique et pro-mélodique Benjamin Wallfisch. Sur 1h14 de musique il a pu exprimer sa personnalité et composer une bande-son profondément émotionnelle avec des thèmes mélodiques bien plus développés que de simples leïtmotifs. Principalement accaparée par des cordes aux multiples effets sonores maîtrisés et capables de lyrismes puissants, la BO laisse place à de rares ponctuations de cuivres et distille le folklore musical ukrainien par des solos et choeurs déchirants et dénonciateurs.

La Sonata Del Silencio – Cesar Benito

Dans cette série à succès nous plongeant dans le Madrid des années 40 et produit par la chaine espagnol RTVE la bande-son n’a pas été négligée, comme c’est souvent le cas pour ce format télévisuel. Mais ne vous fiez pas au titre on ne trouve dans cette imposante BO aucune sonate aux humeurs traditionnellement changeantes, mais des morceaux plutôt linéaires émotionnellement. Pourvue d’une teinte noirâtre, mélancolique et de thèmes somptueux, la bande-son nous expose une orchestration bien variée où c’est surtout le piano qui nous reste à l’esprit tant sa partition est habile, mettant si bien en valeur la noblesse de cet instrument. ¡ Salve Cesar !

Gangsterdam – Robin Coudert

C’est sans doute ce qui est arrivé de mieux à ce film : sa musique. Outre le fait de mettre dans la BO des hits qui parlent à plusieurs générations, le réalisateur Romain Lévy a eu l’étonnante idée de s’inspirer du travail d’Ennio Morricone pour les polars français et italiens des années 70 et de les mélanger au style électro de Robin Coudert. Et le surnommé Rob a fait ce qu’il sait faire de mieux, en proposant de l’électro-symphonie épanoui, viril, sombre, postmoderne, frisant parfois le post-apocalyptique… Une BO qui s’avère plutôt sérieuse pour cette comédie d’ado, et où l’intéraction entre sonorités futuristes et rétro est maligne, car non caricaturale et fusionnelle.

Didier Bianay

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2 BO recommandées

(n°718)

Bandes Originales Recommandées

  

Gold – Daniel Pemberton

Ça ressemble parfois à de l’U.N.C.L.E mais c’est pas de l’U.N.C.L.E. En effet ces fréquents rythmes funky accompagnés de flûte de pan exotiques et turbulentes peuvent faire penser au travail du compositeur sur le film d’espionnage rétro sorti en 2015, mais trouvent mieux leur place dans Gold où l’intrigue mouvementée se déroule en partie dans la jungle indonésienne. Toutefois la BO de ce drame est surtout accaparée par un usage musical et très créatif de fins sons métalliques et de sons de cloches (en référence au Stock Exchange Bell) qui, selon les dires du compositeur, furent le tronc de sa réflexion et son symbole du capitalisme new-yorkais. Et c’est le même son de cloche pour les pistes plus posées, et tout aussi efficaces, qu’elles soient planantes, nostalgiques, rêveuses ou inquiétantes, avec pour résultat 49 minutes de cohérence musicale. Un bon investissement…

Le Cœur En Braille – Philippe Jakko

Dès le départ le ton est donné. Le thème de Marie, fait irruption en même temps que la protagoniste au début du film, et tout comme le thème de sa relation avec Victor il a un naturel plutôt sautillant, innocent, joyeux et plein de vie. Ils sont le symbole d’une BO qui se veut dédramatisante et opposent un peu de gaîté et de romance à de touchantes compositions lyriques, bien que l’état de l’adolescente n’ira qu’en s’empirant. Auteur d’interprétations délicates au piano et accompagné par l’orchestre philarmonique de Bruxelles, dont l’effectif a été réduit à 35 pour une sonorité plus intimiste, Philippe Jakko était dans sa zone de confort, à cheval entre le Classique et le Baroque. L’écriture de la partition est donc rigoureuse, maîtrisée, avec en fil rouge le son du violoncelle, l’instrument au centre de la vie de la jeune fille.

Didier Bianay

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4 BO recommandées

(n°694)

Bandes Originales Recommandées

        

La La Land Justin Hurwitz et artistes variés

La La Land par-ci, La La Land par-là, ah là là… ce film est en train de faire un malheur en enchaînant nominations et prix et il en va de même avec sa musique composée par celui à qui on doit la BO de Whiplash, Justin Hurwitz. Pour cette histoire d’un couple d’artistes modestes rêvant de gloire à Hollywood, lui et les producteurs ont opté pour un jazz teinté de swing et d’un peu de symphonie, rejoignant occasionnellement le style Broadway et exprimant une ambiance assez dynamique, enjouée, parfois poétique. Les chansons sont contagieuses et sont majoritairement chantées par Emma Stone et/ou Ryan Gosling qui font un travail d’interprétation sentimental et naïf, et dont les quelques imperfections vocales se fonderaient bien au film, évitant « l’effet playlist ».

Les Figures De L’ombre Artistes variés

Pharrell Williams s’est pris d’amour pour la Musique de Film et on l’a bien perçu ces dernières années. Là il revient avec un travail assez conséquent puisqu’il a pourvu une superbe collection de chansons originales, étant rejoint par les taulières du R’N’B Mary J. Blige et Alicia Keys, ainsi que Lalah Hathaway, Kim Burrell et la jeune Janelle Monáe qui tient un des rôles principaux dans ce biopic. En 33 minutes on découvre un album soul très blacky et décomplexé, musicalement fier, presqu’exhubérant. Une manière de souligner que de la fierté il en fallait bien à ces 3 femmes noires afin de se faire entendre et d’aider la première mission spatiale réussie, dans l’Amérique des années 60… Cet album vient donc en complément de la BO d’Hans Zimmer et de Benjamin Wallfisch, prévue le mois prochain ; un complément sacrément groovy !

Rappel

Rogue One : A Star Wars Story – Michael Giacchino (Giacchino sur le prochain Jurassic World)

« Le compositeur oscarisé en 2010 (pour la BO de Là-Haut) n’a pas manqué donc de rendre un hommage à la musique de Williams apposant quelques arrangements typiques des partitions de Star Wars, comme ses mitraillements de cuivres, et en utilisant le Rebel Fanfare, les célèbres thèmes de la Force, de Dark Vador et à la toute fin celui de Star Wars. Toutefois, il a procédé de manière intelligente, se connectant au travail de Williams seulement sur des parties de l’intrigue qui rejoignent le plus celle de la saga, pour le reste c’est du Giacchino, du bon Giacchino. »

Jour Polaire – Nathaniel Méchaly (On reverra Méchaly sur See You Tomorrow)

« Pour ce thriller se déroulant dans une commune suédoise du cercle polaire, Nathaniel Méchaly est majoritairement partit sur une ambiance planante, inquiétante, peu sombre et plutôt moderne avec une large instrumentation où des instruments acoustiques côtoient un généreux panel de sonorités électroniques finement travaillées. On retrouve aussi sur cette BO de 65 minutes une petite collection de savoureuses chansons originales, certaines lorgnant vers la culture musicale locale avec interprètes et techniques de chant nordiques. Le tout donne une bande-son étonnamment soignée et prolifique pour un format série et pourrait bien valoir une invitation au compositeur pour une hypothétique saison 2. »

Didier Bianay

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4 BO recommandées

(n°688)

Bandes Originales Recommandées

        

Tu Ne Tueras Point – Rupert Gregson-Williams

Le compositeur a avoué trouver le film de guerre de Mel Gibson assez subtile car le héros, un médecin objecteur de conscience, devait voir refléter en musique sa compassion, sa spiritualité, sa douceur et son héroïsme. Ainsi sur les premières pistes sont exposés d’excellents thèmes principaux, dont un à l’accent grégorien, avec beaucoup de noblesse lyrique et de tendresse. Cependant dans cette bande-son on note toujours en filigrane une teinte sinistre qui se complémentarise aussi avec l’arrivée de séquences bien plus tumultueuses et héroïques sur la 2ème partie de la BO ; une BO électro-symphonique accusant une montée en puissance et une apogée finale assez remarquables.

Bilal – Atli Örvarsson

On reste dans le biopic et on reste un peu dans la foi ma foi, avec la partition du film d’animation Bilal, du prénom du serviteur de Mahomet qui a traversé drames et persécutions. Ici évidemment le compositeur islandais a incorporé des éléments orientaux que ce soit dans son instrumentation, les rythmes ou les harmonies. Mais globalement on a affaire à une bande-son plutôt occidentale qui reprend bien les codes de la Musique de Film hollywoodienne. Avec un énorme orchestre à sa disposition Atli Örvarsson nous dévoile 45 minutes de musique d’aventure mélodieuse tour à tour délicate, ample ou percutante, s’étalant d’un héroïsme magnifié à une noirceur intimidante.

La Tortue Rouge – Laurent Perez Del Mar

Le compositeur français a joué un rôle non négligeable dans le film d’animation en prenant l’initiative sur l’ajout de musiques ou bien sur l’instrumentation qu’il a voulue variée et, à l’occasion, organique et immersive. Globalement, malgré quelques bourrasques orchestrales ou encore quelques envolées lyriques déchirantes saupoudrées d’une lumineuse soprano, la bande-son est plutôt posée et semble très narrative, vivante, parfois coquette, et grouillante de petits arrangements musicaux pour compenser une intrigue désertée de dialogue. Un travail foisonnant non accaparent et exprimant si bien le contact étroit d’une famille à la Nature, entre isolement et enchaînement de surprises, bonnes ou mauvaises…

Rappel

The Boy – Hauschka (Hauschka, une question de préparation)

« L’identité multiple qu’il s’est forgé lui a d’ailleurs bien servi sur la BO du thriller The Boy (2015) où il s’en est servi pour multiplier les sonorités acoustiques notamment par des notes de piano trafiqué mais aussi par des touches de violons, de violoncelles, et toutes sortes d’objets qui lui sont tombés sous la main, le tout enrobé d’une couverture électronique glauque. Peu mélodique mais grouillant de sonorités intimidantes par leur imprévisibilité, la BO de The Boy fut un pari risqué et assez réussi, pourvu d’une vrai personnalité, sauvage, sombre, étrange et lugubre. »

Didier Bianay

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5 BO recommandées

(n°655)

BO recommandées

           

Kubo et L’armure Magique – Dario Marianelli

Dario Marianelli a boku bossé, c’est le sentiment que l’on a après l’écoute de cette juteuse bande-son, mais toutefois demeure en tête des thèmes facilement mémorisables. D’une grande modulation sonore, la partition de Marianelli passe de moments très posés à des fulgurances turbulentes, intenses et puissantes. En plus de suivre une orchestration avec beaucoup de relief, l’imposant orchestre en action laisse place au Shamisen (guitare japonaise), un des éléments centraux du film, accompagnée occasionnellement d’un jeu de percussions et de gammes musicales partageant les mêmes origines. Et c’est l’intégration intelligente de ces éléments exotiques qui évitent au natif de Pise de pencher vers la caricature, quant ses quelques séquences lyriques finissent de donner de la noblesse à une BO déjà dynamique, séduisante et dépaysante.

Cézanne Et MoiÉric Neveux

On aurait voulu que ça dure plus longtemps, mais les 32 minutes que nous proposent Éric Neveux sont si agréables… D’entrée le compositeur impose un joli thème qu’il va sublimement décliné dans un style symphonique assez contemporain bien que l’intrigue de ce biopic sur Paul Cézanne se déroule au 19ème siècle ; un souhait de la réalisatrice Danièle Thompson voulant une musique moins fidèle à l’époque qu’aux sentiments. Éric Neveux a alors pensé à la légèreté, à l’intimité des flûtes et s’est surtout entouré d’instruments à cordes (violons, violoncelles, piano, guitare etc.) très pratiques pour transmettre musicalement une bonne palette d’émotions. Cependant cette dernière, allant de la mélancolie intimiste ou expressive à la jovialité, ne verse jamais dans la noirceur en y préférant un regard positif, même lorsque l’amitié des 2 hommes est mise à mal. Une réussite.

Sully – Christian Jacob et Tierney Sutton

Pourquoi une BO si calme pour un film catastrophe avec tant de rebondissements ? Et là je ne parle pas seulement de l’amerrissage forcé du vol 1549 sur l’Hudson mais de tous les événements qui ont suivis et qui sont relatés dans le film. À vrai dire le réalisateur Clint Eastwood a préféré dépeindre les sentiments intérieurs des protagonistes en commençant par composer le thème très noble de Chesley Sullenberger, un des 4 thèmes présents dans la BO, avant de donner cette direction artistique inattendue au Tierney Sutton Band dont il est lui-même l’un des plus grand fans. Orientée Jazz et appuyée d’un orchestre symphonique, la bande-son mélange déclinaisons de thèmes et improvisations sans affolement et toujours avec émotivité, grâce à la voix enveloppante de Tierney Sutton et à un piano exprimant autant le calme que les doutes d’un héros moderne dans une spirale juridique indécente.

Rappel

Abulele – Frank Ilfman (Frank Ilfman, le compositeur né)

Cette année il s’est encore signalé avec la partition pour le film jeunesse Abulele, dotée d’un style symphonique et bien traditionnel, car elle garde de bout en bout cette teinte 90’s que ce soit dans les passages sautillants, sombres ou haletants ; loin d’être fâcheuse cette généreuse BO comme celles d’antan arrive à sans cesse capter l’attention et témoigne d’un effort et d’un pouvoir créatifs impressionnants chez le désormais israélo-germano-américain.

Uncharted 4 – Henry Jackman  (Henry Jackman sur « Kong: Skull Island »)

Tantôt haletante, tantôt mystérieuse, tantôt tribale, pour ce jeu d’aventure la partition du britannique ne se départ jamais de son style sombre et peu rassurant. Jackman y fait du Jackman en ressortant à l’occasion ces bruits de tuyau qu’il avait utilisé pour Captain Phillips, mais surtout en ces phases nerveuses, agitées et si musclées qui le caractérisent tant et donnent un aspect entrainant et musical à la bande-son. Habitué à ajouter de l’impact aux films d’aventure il n’a donc pas été dépaysé par Uncharted 4 et ça se perçoit tout au long de ces 70 minutes de musique qui, ma foi, donne bien envie de plonger dans les dernières aventures de Nathan Drake.

Didier Bianay

bianaydidier.com

5 BO recommandées

(n°627)

Bandes Originales Recommandées

           

Dans Les Forêts de Sibérie – Ibrahim Maalouf

Les échos de trompettes résonnant dans les vastes contrées glacées de Sibérie, telle est l’image que je retiens après avoir écouté cette agréable BO. À juste propos Ibrahim Maalouf se sert de cet instrument connu pour son ampleur et sa puissance sonore afin de magnifier des paysages grandioses. Mais le compositeur sait aussi changer son fusil d’épaule lorsqu’il s’agit d’exprimer le caractère intimiste de cette aventure entre 2 hommes rencontrés fortuitement ; c’est ainsi qu’à certains moments il privilégie la prédominance d’une trompette  dramatique ou apaisée, de tendres piano et guitare ou de longues tenues de notes au milieu de la bande-son. Pour un compositeur qui aime scénariser ses morceaux le Cinéma était une suite logique, et avec cette partition Maalouf montre un net potentiel dans le domaine.

Insaisissables 2 – Brian Tyler

Brian Tyler nous revient avec la suite des aventures de brillants illusionistes braqueurs et le compositeur reprend ici les mêmes ingrédients avec une majesté orchestrale, beaucoup de dynamisme et une pointe de mystère pour couronner le tout, soit dit en passant d’excellents ingrédients pour un bon tour d’illusion. Si la musique du premier volet avait brillé par sa variété styliste, celle du deuxième brille par la qualité d’écriture du compositeur auteur d’une partition excitante et très prolifique au niveau de l’orchestration et de l’instrumentation. Alternant selon les dires de Tyler entre musique fantasy, spy ou groovy à la 70’s, la BO d’Insaisissables 2 se veut une évolution de la partition originelle grâce à un nouveau réalisateur, Jon Chu, assez mélomane ; Tyler en a donc profité pour se libérer et c’est pas passé inaperçu…

Saucisse PartyChristopher Lennertz et Alan Menken

Pour cette comédie parodique pour adulte les réalisateurs Conrad Vernon et Greg Tiernan tenaient à pousser la parodie jusqu’à la bande-son en réclamant les services de 2 chefs : Christopher Lennertz, un habitué des comédies et Alan Menken un habitué des… programmes jeunesse. La chanson originale The Great Beyond donne d’ailleurs le ton en mélangeant sauce musicale Disney et lyrics bien crus… Ce qui suit s’avère être un vrai patchwork et un good work des 2 compositeurs qui ont été impressionnants tant dans leur versatilité que dans leurs techniques d’écriture, imitant notamment les styles Star Wars, Seigneur Des Anneaux ou encore Braveheart d’une manière épique à souhait. Dans la même veine des tubes rétros finissent d’ajouter du piment à une carte sonore amusante, gourmande et malicieusement assaisonnée.

Rappel

Creed – Ludwig Göransson (Göransson à la porte)

« Mais c’est sans doute sur la BO de Creed qu’il a frappé un très grand coup l’année dernière. Alors que personne ne l’attendait à ce niveau le natif de Linköping a proposé un travail impressionnant de créativité par une partition qui confronte jazz, symphonie, électro, ballade, hip-hop, passant d’une influence à l’autre avec une fluidité remarquable, un jam musical dans l’air du temps comme l’avait fait Bill Conti à son époque. Mais en filigrane on retrouve ce ton guerrier et quelques thèmes incontournables, ingrédients types de la franchise repris là de manières subtiles. »

Justice League : Throne Of Atlantis Frederik Wiedmann (Un Frederik Wiedmann à taguer)

« Et ce n’est pas sa récente BO pour Justice League : Throne Of Atlantis qui le démentira tant son travail est intéressant. De séquences très enflammées et déchaînées à d’autres profondément mystérieuses et solennelles, Frederik Wiedmann montre sa créativité en proposant à nos oreilles quantité de sonorités et d’arrangements particulièrement mélodiques, toujours sur fond assez sombre. »

Didier Bianay

bianaydidier.com

5 BO recommandées

Bandes originales recommandées

           

Les Malheurs De Sophie – Alex Beaupain

Un classique de la comtesse de Ségur dont le réalisateur Christophe Honoré s’est chargé de faire une réadaptation et par la même occasion de réfléchir à la musique avec son fidèle collaborateur Alex Beaupain. Et leur concept final est particulièrement visible. En effet, la bande-son du film reprend minoritairement des éléments d’époque tels le clavecin, les cordes, ou occasionnellement des styles Classique ou Baroque tout en sonnant somme toute assez moderne avec un thème principal pop et pas mal de sonorités électroniques assez rigolotes ; car il s’agissait bien aussi de garder un coté ludique à la musique d’où l’apport de quelques mélodies sautillantes et naïves. Bien sûr on retrouve aussi un bon fond de tristesse et de nostalgie dans cette partition, mais cette dernière demeure malgré tout dédramatisante.

Last Days in the Desert – Danny Bensi et Saunder Jurriaans

Accompagner le Christ dans ses méditations solitaires à travers le désert telle était la mission du duo en pente ascendante Danny Bensi et Saunder Jurriaans. On retrouve le coté austère du personnage sur les sonorités des cordes assez rêches et dépouillées et dans celles des autres instruments qui assurent un accompagnement brut. L’orchestration, elle, reste de bout en bout assez modeste et contribue bien à évoquer la notion de solitude. On serait dans la musique d’ambiance et l’effet de style pures si les 2 compositeurs n’avaient pas eu l’idée d’inclure des mélodies mémorisables apportant de la musicalité, mais aussi amenant suffisament de mélancolie et de gravité pour soutenir les sentiments internes du Christ dans cette expérience psychologique et spirituelle.

Warcraft : Le Commencement – Ramin Djawadi

« Bienvenue chez les bourrins » c’est ce que semble dire le thème principal de Warcraft avec des cuivres graves qui évoquent un peu la bande-son du compositeur pour Pacific Rim. Il va sans dire que pour ce film de fantasy épique cette famille d’instruments joue un rôle clé tout comme les différentes flûtes et percussions apportant une ambiance tribale. Mais là où Ramin Djawadi évite la caricature c’est d’abord dans l’exploitation plutôt répandue du chant guttural qui finit de donner un teinte très sauvage à certains morceaux et ensuite dans la multiplication de sonorités et d’interprétations vocales et instrumentales peu communes. Épique, mélodique la BO laisse entrevoir la polyvalence de Djawadi lorsqu’il se montre tout aussi convaincant sur de touchantes pistes lyriques. Finalement, sur près d’une heure de musique cette pure partition d’aventure s’avère constamment inspirée et inspirante.

Rappel

Made In France – Robin Coudert (Rob, inclassable et made in France)

« On rappelle aussi que l’artiste vient tout juste de sortir la bande-son de Made In France, un film ayant pour cadre le terrorisme ; son intelligence d’écriture y a été notable avec cette fois-ci un style très électro quelque peu désuet mais qui imprime par son caractère sombre et ses dissonances harmoniques tout la malsanité de l’ambiance du film. Le tout est parfois cadencé par une rythmique sur plusieurs niveaux qui ajoute à l’effet hypnotique de l’ensemble. »

Gamba – Benjamin Wallfisch (Benjamin Wallfisch tire fort sur la corde)

« Benjamin Wallfisch, très mélodieux par nature a encore franchi un nouveau palier en terme qualitatif et cela s’est vu sur la BO de Gamba, un film d’animation japonais. Très occidentale et plutôt noble finalement, la partition de Benjamin Wallfisch aurait été conventionnelle si ce dernier n’avait pas montré son exceptionnel sens de la mélodie et du contre-chant et une orchestration très créative, qualité d’écriture qui parfois prend des airs de John Powell et qui maintient l’attention, voire émerveille sur pas mal de passages. »

Didier Bianay

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5 BO recommandées

Bandes originales recommandées

           

Angry Indian Goddesses – Cyril Morin

Que la première plage qui ressemble un peu à un certaine musique de Kill Bill ne vous trompe pas, le reste de la BO est à l’opposé avec une ambiance majoritairement calme, mélancolique, parfois inquiétante. Il faut dire qu’Angry Indian Goddesses est une comédie dramatique qui, sur le fond, s’attaque à un sujet sérieux, celui de la libération de la femme dans la société indienne. Film certifié « anti-bollywood », exit les rythmes endiablés, là la musique dépeint la tendresse et l’amitié liant huit femmes qui rêvent de changer les mentalités. Habitué aux films indépendants et aussi aux ambiances d’ailleurs, Cyril Morin a su réaliser une BO métissée entre influences européennes modernes et influences indiennes avec des choix d’instruments particulièrement authentiques ; le tout sans cliché exotique et avec beaucoup de subtilité.

High Rise – Clint Mansell

Pour comprendre l’œuvre électro-symphonique de Clint Mansell il faut se mettre dans le concept de cette adaptation du roman éponyme de J.G.Ballard. High Rise dépeint un microcosme de la société humaine dans un immeuble qui se suffit à lui-meme, avec tous commerces et services et surtout une population divisée en 3 classes (pauvre, moyenne, aristocratique) qui vont vite se marcher dessus, sur fond de débauche et de folie… Dans cette BO Mansell retranscrit bien cette ambiance malsaine avec des mélodies aliénées, des harmonies dissonantes ou atonales, les dernières donnant d’ailleurs un côté futuriste. Pendant 42 minutes on entend aussi, occasionnellement, quelques sifflements froids, sinistres et beaucoup de leïtmotifs qui se répètent inlassablement, comme pour dépeindre un certain dérangement psychologique et obsessionnel. S’appuyant sur une instrumentation variée qui se greffe autour d’un concept musical fortement identifiable, le compositeur signe une étrange et belle surprise.

La Dream Team – Alexandre Azaria  

Dès le coup d’envoi on se demande ce qui peut bien justifier un choix musical si épique, si triomphant, sur l’histoire d’un footballeur en convalescence parti au vert quelques jours chez un père avec qui il est en froid. C’est en fait une prise de risque partagée entre le compositeur et le réalisateur Thomas Sorriaux qui, au lieu de cantonner le style épique à 2 pistes de la BO, l’ont étendu sur une bonne partie de celle-ci afin de dépeindre implicitement la mentalité de guerrier qui anime des ados footeux qui voient chaque match comme une bataille. Et puis évidemment entrent dans la composition de cette eclectique bande son des séquences musicales tendres, dynamiques et joyeuses pour illustrer explicitement le sentimentalisme et la positivité de ce feel-good movie. Mais quelque soit l’ambiance et le style musical choisi Alexandre Azaria montre une impressionnante technique et une justesse orchestrale qui maintiennent un niveau de qualité musical élevé de la première à la dernière seconde. Un gros score.

Rappel

Jessabelle – Anton Sanko (Anton Sanko a sorti les griffes)

« Pour ce dernier j’ai trouvé la BO vraiment intéressante au niveau de l’approche. Même si on alterne entre séquences mélodiques et passages sonores très flippants, on est dans la musique d’ambiance dans l’ensemble et une seule constante prédomine : c’est le travail des sonorités, tout d’abord avec des interprétations vocales primitives, sacrément étonnantes et diaboliques, puis un sound design particulièrement généreux, sur une palette allant de la clarté fragile à une noirceur bien massive ; bref, un travail visiblement abouti qui donne la chair de poule… »

Siddharth – Andrew Lockington (Andrew Lockington, lentement mais sûrement)

« Et force est de constater que c’est plutôt une bonne chose puisque cette BO réserve quelques perles que je qualifierais d’exotiques. Car, étonnamment, c’est bien dans le registre de la musique indienne que Lockington fait forte impression, plus que dans ses symphonies davantage proches de sa culture occidentale, une surprenante maîtrise qui montre qu’il connaissait bien son sujet. »

Didier Bianay

bianaydidier.com

5 BO recommandées

Bandes Originales Recommandées

 

Demain – Fredrika Stahl

Bande son ou album ? C’est vrai il y a tant de chansons qu’on se poserait la question, mais rassurez-vous ce sont toutes des chansons originales, la preuve d’un gros effort créatif de Fredrika Stahl pendant 9 mois en collaboration avec le réalisateur Cyril Dion. Malgré 2 méthodes de travail différentes selon lesquelles les chansons ont été composées en amont ou en aval de l’Image, la symbiose est parfaite dans ce documentaire à succès où la musique de Stahl et l’ambiance narrative deviennent de plus en plus lumineuses et positives au fur et à mesure que s’écoulent les minutes. L’ensemble qui oscille entre Jazz et Pop est rafraîchissant, avec des compositions entêtantes parfois même assez catchy.

13 Hours : The Secret Soldiers Of Benghazi – Lorne Balfe

Une bande son à 2 facettes bien distinctes. Le thème principal surprend dès le départ par son caractère calme. Il pose les premiers jalons d’une BO plus sensible que la moyenne dans le genre film d’action. Interviennent alors pendant une bonne partie de la partition de Lorne Balfe des ambiances mélancoliques amenées par des harmonies tristes et relevées par des solistes, souvent au violoncelle électrique ou au piano, qui soulignent le sentiment de solitude et d’abandon. Mais, action oblige, la BO laisse aussi la place, parfois brutalement, à des atmosphères beaucoup plus rythmées, déchaînées, musclées et déchirantes mais toujours en gardant le même concept : celui d’un style électro-symphonique au sound design recherché et très moderne.

Rappel

Recommandées dans de précédents articles :
 

The Hunt – Steven Price (Que devient Steven Price ?)

« Pour le documentaire animalier The Hunt (en mini-série), il a aussi surpris en composant comme pour un film. Ici point de style minimaliste, de boucles, beaucoup moins de sound design mais une nette domination des instruments acoustiques, je dirais que la BO de The Hunt est digne d’un drame, avec nombres de passages symphoniques lyriques, tendres, évasifs, agités et même épiques. Une bande son plus ambitieuse que la norme en accord avec un documentaire, lui aussi plus ambitieux qui s’attarde davantage sur les relations entre prédateurs et proies. Bref, le programme et sa captivante musique ont fait le choix du sentimentalisme plus que celui de la dure loi de la jungle. »

Les 8 Salopards – Ennio Morricone (Morricone et Smith, la victoire aux 2 visages)

« Au final les contributions de Morricone sur l’album se sont avérées rétro, aigres, hypnotiques, tantôt dérangées, tantôt posées et penchent plutôt vers la musique d’ambiance, autour d’un thème principal curieux et un poil obsédant. Le compositeur a donc fait le choix d’une musique tourmentée pour accompagner des personnages qui le sont aussi, et ça lui a bien réussit. »

Snoopy Et Les Peanuts Christophe Beck (Beck se tirera les cheveux sur Trolls)

« Beck : « Bien sûr, il y a une musique iconique associée aux personnages par Vince Guaraldi, et il a été amusant de trouver des endroits pour incorporer non uniquement des pièces de Guaraldi, mais aussi des manières de rendre hommage à son héritage avec ce style Jazz-Pop dans ma BO » (collider.com). Dès le thème au piano le compositeur a aussi annoncé qu’il ne comptait pas faire dans la caricature musicale. Oscillant entre Jazz, Pop et Symphonie, Beck affiche avec la BO de Snoopy un travail hétérogène et sérieux, et continue de justifier pourquoi Jerry Goldsmith en personne l’a recommandé à ses débuts. »  

Didier Bianay

bianaydidier.com

2 BO recommandées

Bandes Originales Recommandées

2 histoires de générations et 2 BO générées par 2 compositeurs qui n’ont point paru gênés. Voici 2 récentes bandes sons à écouter sans modération :

pan soundtrackPan – John Powell

John Powell nous revient en pleine forme avec une partition bien vitaminée et bien juteuse. Pour un film d’aventure la BO se trouve à la hauteur en réservant des exaltations orchestrales massivement lyriques, voire épiques, avec une certaine place pour des rythmes catchy peu communs et bien audibles tout comme les références à la musique balkanique ou celtes. Pour ce film à gros budget John Powell a eu son gros orchestre et l’a bien fait bosser en l’amenant à exécuter nombres de parties sacrément complexes qui, comme le thème principal, ont bien besoin de plusieurs écoutes pour être bien assimilées… Bref, Powell montre encore qu’il fait ce qu’il veut, avec qui il veut, témoin son travail créatif sur les chœurs : féériques, aériens, grégoriens ou bien volontairement bordéliques grâce aux imperfections vocales des membres du casting qu’il a mis à contribution pour une reprise diabolique de Smell Like Teen Spirit. Sur l’ensemble cette BO est donc amusante, prenante du début à la fin, et cache pas mal d’autres surprises sonores aussi excitantes que le mythique comte de Peter Pan.

premiers crusPremiers crus – Jean-Claude Petit

Avec une bonne tenue dans l’oreille cette partition nous laisse un peu sur notre faim car un peu courte. Oui, il aurait été préférable d’entendre plus tant le concept musical de Jean-Claude Petit est rafraîchissant. À l’instar de la contribution de Pascal Lafa dans la BO (One Love) il instaure globalement une teinte jazzy avec des harmonies plus ou moins feutrées qui s’immiscent même dans les pièces les plus dramatiques. Pour dépeindre l’esprit de ce film qui traite du travail de la terre, le compositeur n’a pas hésité à faire une comparaison avec Jean de Florette. Mais pour éviter les clichés il surprend dans son instrumentation avec l’emploi d’une flûte… bulgare. Pour le reste guitare et piano font une grande concurrence aux cordes qui, elles, apportent lyrisme, nostalgie et romantisme. Par contre, la valse marquée qui sert de thème principal n’est point là pour souligner un quelqueconque romantisme mais plutôt, au dires du compositeur, représenter l’aspect cyclique de la viticulture, tout comme les ostinati qui viennent rythmer cette bande son lumineuse, moderne et optimiste. 

Didier Bianay

2 BO recommandées

(400ème article)

Bandes Originales Recommandées

Aujourd’hui je vous propose 2 agréables BO qui vous feront voyager dans le temps, avec l’art et les bonnes manières… :

que d'amour2Que D’amour – Philippe Jakko

Dès les premiers instants on s’imaginerait presque en pleine Renaissance… Pour l’adaptation moderne de la comédie Le Jeu De L’Amour Et Du Hasard (Marivaux-1730), Philippe Jakko a opté pour un style néo-baroque, sachant que la musique baroque domina jusqu’au milieu du 18ème siècle. Grâce à sa formation musicale au conservatoire, il répond bien au codes exigeants de ce style musical avec, entres autres, une harmonie et un contrepoint maîtrisés et des ornements typiques sur les mélodies. L’instrumentation est elle aussi d’époque, tant dans sa composition qu’au niveau de sa taille modeste. Intimiste, lyrique, romantique, élégante, parfois dramatique, parfois comique, les adjectifs sont nombreux pour qualifier cette BO d’un Philippe Jakko qui a distillé quelques éléments de modernité comme ce clin d’œil au style Delerue et quelques morceaux contemporains réinterprétés. Le tout, très mélodieux, se laisse écouter et s’apprécie avec ou sans images.

royal night outA Royal Night Out – Paul Englishby

Le très versatile Englishby a frappé fort sur cette comédie british et ce sur 2 genres différents, le Jazz et la musique symphonique ; 2 styles musicaux bien distincts qu’il Mary dans cette bande son accompagnant la virée nocturne rocambolesque des princesses Margaret et Elizabeth. Tout d’abord les courtes pistes de Jazz en tous genres font ressentir le côté festif, excitant et frivole de cette nuit de liesse historique. Impeccable dans le choix de ses instruments, le compositeur leur donne une liberté adéquate et place dans ses Swings des coups de cuivres bien sentis. En revanche, les parties symphoniques suggèrent, par un lyrisme limpide, l’autre facette de cette aventure, entre mélancolie et romantisme sur fond d’élégance. En prime, Paul Englishby livre aussi dans cette BO quelques reprises de classiques du Jazz signés Erskine Hawkins, Bill Johnson, Glenn Miller, Joe Garland, Andy Razaf et Duke Ellington ; des références qui s’incrustent tout aussi bien dans l’ambiance du film. Well done Sir !

Didier Bianay