2 BO recommandées

(n°1341)

Bandes Originales Recommandées

 

Oxygène – Rob

La pire hantise de l’Homme version sci-fi, dans ce film d’Alexandre Aja où une femme se réveille dans une unité cryogénique de la taille d’un cercueil et dans laquelle elle est bloquée. Pour ne rien arranger, l’oxygène se raréfie et elle n’a aucun souvenir de ce qu’elle est ni de la manière dont elle est arriver là. Bonjour l’angoisse… Justement l’angoisse est bien ce qui transparaît majoritairement dans la BO de ce thriller tout autant que la notion d’urgence avec l’utilisation abondante d’harmonies dissonantes, d’ostinati cycliques et de sonorités électroniques saturées. Ces mêmes sonorités électroniques peuvent aussi se référer à l’interface sophistiqué de la cabine qui pourrait aider la jeune femme à recoller les morceaux de sa mémoire. Alors intervient l’autre facette sonore de la BO et ses réverbes et delays à foison donnant un son… aéré. Un paradoxe ? Non, car il faudra toujours plus s’évader mentalement avant de pouvoir prétendre s’évader physiquement. Des précieux souvenirs doux ou amers mais une bonne pointe de nostalgie soulignés par ces nombreux arrangements mélancoliques voire moroses, ou ces voix féminines errantes, qui procurent une juste dose de musicalité à la BO, car ni trop présents ni trop absents.

Warrior (Saison 2) – Reza Safinia et H. Scott Salinas

Lui aussi est enfermé, mais dans un contexte très violent. Venu de Chine vers le Chinatown de San Francisco pour sa soeur qui la finalement rejeté, Ah Sahm s’est retourné vers un autre type de famille, un clan. Au lendemain de la guerre de Sécession et dans une Amérique qui peine à s’en remettre, la justice se fait dans la rue et la criminalité est omniprésente. Une première audace s’impose dès la piste 2 (Fung Hai Suite) qui consiste en rythmes hip-hop très modernes, anachroniques certes mais renforçant le côté ghetto, un sous-entendu assez sporadique qui ne revient pleinement que sur les 3 chansons originales placées à la fin de la BO (R.E.C., Terra Prometida, Warrior). Dans l’ensemble la musique du tandem Safinia/Salinas n’est que noirceur, qu’elle soit mélancolique ou agressive, et n’a que peu de lien avec le folklore asiatique. En effet, mises à part quelques percus ou une flûte exotiques sur Father Jun Leaves, ce sont plutôt des guitares électriques saturées qui dominent avec quelques coups de trompettes, de cordes, d’harmonica ou de piano bastringue au « son saloon », prouvant que le concept musical est particulièrement occidental, je dirais même Western… comme pour signifier que les immigrés de Chinatown ne regardaient pas derrière eux à cette époque, mais étaient partis pour rester sur cette terre d’opportunité, quoi qu’il en coûte…

Didier Bianay (Mr Reyd)


N’oublie pas de t’inscrire pour être averti de chaque nouvel article

Derniere compo : Capitol

BO recommandée

(n°1334)

Bandes Originales Recommandées

When Forever Dies – Artistes variés

Sans doute le sentiment le plus ressenti, le plus raconté ou le plus chanté depuis la nuit des temps, je veux parler de l’amour. Ici dans Forever When Dies il ne s’agit pas d’un film mais de 100 films formant un patchwork précisément sur le thème de l’amour qui se fane, voire se gâte sérieusement… La BO du long-métrage se veut elle aussi atemporelle, musique épique, électronique, Disco, Rock, Opéra, Valse musette ou encore Ambient futuriste etc., comme pour dire que siècle après siècle l’histoire d’amour se répète, entre ombre et lumière, attachement et haine, quelque soit la culture. Titre phare du trailer, The Siren’s Call détone avec… lui-même, étant l’oeuvre du talentueux Man After Midnight (Peet Gelderblom) qui est aussi à la réalisation du film, et permettant d’affirmer haut et fort le style fortement hétéroclite du score ; ce concept en lui-même aurait pour influence les 3 titres empruntés, Mousefort, Pentimento et Kirsten (de Kettel et Sacede) qui se fondent aisément avec le reste de la BO. À l’inverse, il est évident que Kettel fut tout aussi inspiré par Gelderblom lorsqu’il lui composa le titre original I Dreamt You Came To Kill Me qui se rapproche de la plupart des dernières pistes de l’album où un piano navigue entre romantisme, mélancolie et lyrisme.

Didier Bianay (Mr Reyd)


N’oublie pas de t’inscrire pour être averti de chaque nouvel article

BO recommandée

(n°1325)

Bandes Originales Recommandées

Genre : Thriller

Synopsis : Une femme troublée au bord du divorce rentre chez sa jeune soeur après des années de séparation. Mais lorsque sa soeur et son beau-frère trahissent sa confiance, elle se lance dans une vicieuse croisade de vengeance.

Durée de la BO : 19 minutes

Didier Bianay

2 BO recommandées

(n°1317)

Bandes Originales Recommandées

 

Eagle Wings – Chuck Okudo

On commence avec le gros gâteau, un plat de résistance, 1h46 de musique pour ce film nigerian où un pilote de chasse se retrouve en pleine insurrection et tout ce qu’elle comporte de terreur, de tragédie, de violence, de sacrifice, d’envie de liberté ou de désir paix. La musique du compositeur nigérian Chuck Okudo a cet aspect patriotique à travers certains phrasés de trompettes, et aérien quand les fortes dissonances des cuivres graves sont enveloppées d’une réverbe occasionnellement ample. Hormis la légère domination des cuivres et leurs quelques envolées épiques aussi étonnantes que sombres, les percussions tribales ou africaines (talking drums) ont de quoi emballer régulièrement, car différents rythmes africanisants marqués jalonnent la BO et sont amplifiés par les arrangements complices de l’orchestre symphonique. Plutôt équilibrée la bande-son n’est pas seulement puissance et agitation car il arrive assez souvent que la musique de ce thriller se fasse plus calme, contemplative, méditative avec une orchestration intimiste où peuvent s’exprimer sentimentalement une grande variété d’instruments tels les cordes, le synth bass, le piano, le basson, les flûtes, le marimba, le contrebasson etc., la liste est longue tant Okudo profite de ce grand projet musical pour jouir pleinement d’une instrumentation très variée et métissée, et naviguer entre influences africaines et langage musical hollywoodien avec grande aisance. Enfin il faut signaler tout de même les 2 titres originaux Freedom et Soar qui en plus de se fondre dans la BO par leurs arrangements symphoniques, mettent en surbrillance par leurs paroles la vision émotionnelle du réalisateur sur les conflits armés.

Sophia Loren, Une Destinée Particulière – Laetitia Pansanel-Garric

Et on finit avec la cerise, le petit score de 15 minutes du documentaire sur Sophia Loren et sa carrière inespérée dans le Cinéma. Inespérée, mais pas désespérée, car si La Fille de Naples n’avait physiquement rien du sex-symbol féminin des 50’s elle a su forcer son destin pour devenir une figure de proue de l’âge d’or du Cinéma italien. Après 2 compositions exotiques conduites par des sifflements empreints de légèreté (mambo italiano ?) le reste de la bande-son laisse une grande part à un piano très lyrique et à des harmonies élégantes. Dans le prolongement de désir d’orchestration sans cesse minimaliste guitares acoustiques, mandolines et violon reprennent le discours du piano avec davantage d’intimisme et on aurait du mal à croire de prime abord que l’on dépeigne musicalement la carrière d’une actrice à la renommée internationale ayant son étoile sur Hollywood Boulevard ; mais il s’agissait d’appuyer uniquement sur la source de toute cette florissante réussite, une identité et un caractère forts qui lui ont permit de casser les codes de son époque et qui n’appartiendront à jamais qu’à elle seule.

Didier Bianay

3 BO recommandées

(n°1313)

Bandes Originales Recommandées

Genre : Documentaire

Synopsis : Le psychologue Timothy Leary suscite de nombreuses controverses quand il promeut les bienfaits thérapeutiques et spirituels du LSD dans les années 60, avant de sombrer dans le narco-trafic la décennie suivante… Il est aussi question dans ce documentaire de sa relation amoureuse avec Joanna Harcourt-Smith.

Durée de la BO : 1 h 23 minutes (34 titres)

***

Genre : Comédie

Synopsis : Le nouveau roi du Zamunda, Akeem, et son confident Semmi se lancent dans des aventures à travers le monde qui les ramèneront au quartier du Queens à New-York.

Durée de l’album : 34 minutes (12 titres dont 8 originaux)

***

Genre : Drame

Synopsis : La relation entre Elliott et Sam change lorsqu’elle part étudier dans une université à l’étranger. Le couple doit alors apprendre à gérer la séparation.

Durée de la BO : 14 minutes (11 titres)

Didier Bianay

BO recommandée

(n°1303)

Bandes Originales Recommandées

Le Traqueur de la Nuit : Chasse à l’Homme en Californie – Brooke et Will Blair

1985, Los Angeles, l’époque et le lieu où sévissait le tristement célèbre tueur en série Richard Ramirez ; la BO du docu-fiction sur sa traque est judicieusement inaugurée par Under The Skin (Moa), une chanson originale hypnotique dont l’innocence initiale se délite sensiblement… Idéal pour une suite n’appartenant qu’à eux, encore eux, les frères Blair qui, après l’excellente bande-son de No Man’s Land, nous reviennent avec cette partition glauque laissant la part belle à des cordes frottées (violons, altos, violoncelles, contrebasses) grinçantes, strictes, brusques voire brutales, quant piano et halldorophone expriment leur musicalité souvent grossièrement. Davantage mis en avant en deuxième partie de BO, synthés et sound design apportent une légère variation dans le concept sonore tout en partageant le même penchant pour l’inélégance, de leurs timbres rauques, râpeux et abîmés ; plus discrètes sont les quelques effluves de musique 80’s, avant qu’elles ne prennent leur revanche sur We Got Ourselves A Serial Killer, un titre conclusif qui se révèle un brin headbanger.

Didier Bianay

3 BO recommandées

(n°1299)

Bandes Originales Recommandées

     

No Man’s Land – Brooke & Will Blair

Avec pour cadre évocateur une zone frontalière américano-mexicaine traversée par le Rio Grande, No Man’s Land est une histoire de prise de responsabilités, celle d’un père qui s’accuse du meurtre accidentel perpétré par son fils et celle d’un jeune homme qui passe la frontière pour implorer le pardon du père du défunt immigré. Ce Western moderne aux décisions fortes est accompagné d’une partition déjà référence pour le très actif tandem des frères Blair, avec principalement 2 guitares acoustiques dont les rythmiques alternent subtilement entre country et musique latine, et un banjo détourné de son timbre naturellement gai vers une tristesse mordante. En parallèle, cordes frottées, choeur, piano, guitare électrique ou quelques synthés apportent lyrisme, mélancolie ou noirceur, avec une parcimonie qui préserve cette sonorité d’ensemble voulue sèche, brute et pourtant touchante.

Shadow Of The Wolf – Sandro Di Stefano

« L’Homme est un loup pour l’homme », et le violent policier Nico commence à se demander s’il n’en est pas un, littéralement, surtout que des crimes particulièrement bestiaux se multiplient dans la forêt proche de sa commune natale depuis qu’il y est venu voir sa mère malade. Ce qui frappe d’entrée dans cette BO c’est que Sandro di Stephano maîtrise les codes musicaux du mystère et de l’horreur ; un célesta et des cordes partageant des gammes dissonantes et peu reluisantes avec des interprétations tantôt dissimulables, tantôt grossières, grognantes, haletantes ou criardes, quant des cymbales, des percussions ou des sonorités métalliques ténues signifient que quelque chose de lugubre couve très profondément. Ce n’est qu’après la piste sauvage Metamorphosis que la BO changera d’aspect progressivement pour un final plus sentimental et affirmé, l’idée que Nico trouve une certaine stabilité grâce une meilleure connaissance de soi.

Shadow In The Cloud – Mahula Bridgman-Cooper

#GirlPower. Shadow In The Cloud a beau se dérouler dans les années 40, la musique électroniquement sophistiquée de Mahula Bridgam-Cooper n’évoque point l’époque où les femmes ne devaient pas s’aventurer trop loin de leur cuisine. Maude Garrett est l’une des premières à se frotter au monde ultra masculin de l’aviation de combat pendant la seconde Guerre Mondiale pour transporter un document top secret via un vol… mouvementé car une créature étrange et des aviateurs adverses vont s’y inviter. Anachronique, la bande-son s’avère aussi très nerveuse, intense, haletante, un brin immersive car criblée de sons saturés et agressifs, de souffles féminins angoissés, de rythmes enlevés et de synthés évoquant les grondements d’anciens avions militaires à hélice ; un riche matériel sonore laissant entrevoir un conflit déchaîné entre une adversité féroce et une héroïne avant-gardiste bien décidée à ne pas passer à la casserole…

Didier Bianay

BO recommandée

(n°1293)

Bandes Originales Recommandées

Blithe Spirit – Artistes variés

Un écrivain en manque d’inspiration consulte avec sa femme une voyante pour trouver son blocage ; le souci est que la médium établit accidentellement le contact avec son ex décédée, ce qui risque de ne pas plaire à son épouse jalouse. Autant dire que le gars risque de connaître des jours compliqués… Mais avec la BO vous risquez de passer une bonne demi-heure, car l’album du film est plaisant à écouter surtout quand l’on sait qu’il ne contient pratiquement que des chansons originales, des titres Swing et Jazz aux mélodies entraînantes que l’on doit à divers artistes tels Michael Ball, Alfie Boe, Shaun Escoffrey, et surtout Barney Kingswell & The Dandies (3 titres) et Thea Gilmore (2 titres). Le plus connu d’entre eux est évidemment Gregory Porter, artiste Soul en plein boom signant le morceau le plus tendre et sérieux de l’album Out Of My Control, quand l’inconnue Elvira propose un superbe cover au piano à la fois rétro et moderne de la chanson Always d’Alfie Boe. Dans l’ensemble ça sent bon les années folles, époque où se déroule l’intrigue, avec une certaine légèreté musicale faite de rythmes souvent syncopés et de paroles admiratives ou emplies de second degré pour une comédie romantique que l’on peut prédire pimentée.

Didier Bianay

2 BO recommandées

(n°1286)

Bandes Originales Recommandées

  

Minuit Dans L’Univers – Alexandre Desplat

Il n’y a pas beaucoup de lumière dans ce score d’une intrigue où un scientifique basé en Arctique essaie de convaincre la capitaine d’un vaisseau spatial de ne carrément plus revenir sur Terre ; c’est dire qu’ici bas l’affaire est grave…. Grave est donc la tonalité de la musique d’Alexandre Desplat, qui malgré le mystère latent, ne laisse pourtant pas de place au doute. Souvent lyrique, la BO est essentiellement hantée par des cordes mélancoliques voire moroses, parfois stridentes, et un piano intimiste qui exprime bien l’angoisse et la gamberge d’un homme et d’une fillette qui luttent pour leur survie. Lorsqu’il devient plus pressant, le danger est d’ailleurs souvent accompagné de la saturation d’un synthé, de la brutalité des percussions, des ronflements des cors, des trombones ou d’une synth bass, ou encore de l’empressement des trompettes. Mais le principal et subtil fil conducteur de Desplat est sans doute harmonique tant la partition est littéralement criblée d’accords très dissonants qui font ressentir incessamment ambiguïté, instabilité et inquiétude, tout en ajoutant une coloration sonore futuriste à ce drame post-apocalyptique.

Pour L’amour de Sylvie – Fabrice Lecomte

Ambiance plus détendue et plus rétro avec cette intrigue à cheval sur les 50’s et 60’s où deux âmes qui s’aiment sont séparées par la vie puis se retrouvent quelques années plus tard, leur amour toujours intact. Robert le saxophoniste en herbe voit son instrument fétiche être abondamment utilisé dans les 4 titres Jazz originaux que contient la BO ainsi que sur les reprises de 2 morceaux en vogue à l’époque à savoir Quizás, quizás, quizás et Waltz For Debbie. Pour le reste, point de saxo, la passion pour le Jazz est plutôt induite dans le score par des harmonies typiques de ce style musical et l’accent a plutôt été mis sur le romantisme, ce qu’il a de plus beau et de plus fort, d’où de nombreux et magnifiques arrangements aux cordes qui font regretter la brièveté de certaines pistes. L’esthétique a aussi été visée dans l’orchestration des bois où la clarinette, instrument phare du Jazz, s’est vue préférée la délicatesse d’une flûte ou la mélancolie d’un cor anglais pour rajouter légèreté et sentimentalisme à une BO mélodieuse et souvent enchanteresse.

Didier Bianay

2 BO recommandées

(n°1271)

Bandes Originales Recommandées

    

Alors J’ai Préféré La Nuit – Yvan Ackermann

Les portraits d’hommes et de femmes dans un bar, un soir de réveillon, pour qui le ciel n’est pas bleu et la vie point rose, entre désillusion, séduction et consolation. On devine alors que ce film inspiré de l’oeuvre de Mamadou Mahmoud N’Dongo Il y a Ceux qui Veulent Mourir un Jour de Pluie joue beaucoup sur la nuance sentimentale et l’intime. La musique d’Yvan Ackermann est dans la même veine alternant des ingrédients dramatiques et dédramatisants, piano et cordes frottées pouvant être tout aussi moroses que légers, sautillants et rythmés pour souligner l’envie de rebondir des protagonistes ou simplement d’ironiser sur leurs problèmes voire tomber dans le cynisme. L’intimisme quant à lui se ressent plutôt dans l’utilisation parcimonieuse d’instruments diversifiés parmi lesquels il ne faudrait oublier ces hammered dulcimer, célesta, cloche ou encore windchime, féériques mais discrets, car Noël semble désormais secondaire pour ces esprits en crise.

La Famille Claus – Anne-Kathrin Dern

Ici par contre Noël n’est pas secondaire, mais primordial. Il faut sauver Noël et tout repose dans les mains d’un garçon… qui n’aime pas les fêtes, enfin jusqu’à ce qu’il découvre ses origines. La compositrice Anne-Kathrin Dern propose ici une partition savoureuse qui mélange mélancolie, tendresse, émerveillement et féérie. Ici on retrouve nombre d’instruments que l’on attribue aux ambiances de Noël, cloches, harpe, windchimes et ce célesta qui occupe une bel place dans cette BO de 53 minutes tout comme ce choeur féminin qui donne parfois une ampleur réconfortante aux arrangements et s’avère carrément magique sur la piste Have A Merry Christmas Time. Le piano et les cordes frottées sont très majoritaires et font valoir leur fibre sentimentale quant le cor résonne comme un appel impérieux. Il demeure toutefois rare d’entendre d’autres cuivres dans cette bande-son empreinte d’harmonies mystérieuses, laissant entrevoir le long voyage initiatique et fantastique d’un héros qui prend progressivement la mesure de son héritage.

Didier Bianay

BO recommandée

(n°1259)

Bandes Originales Recommandées


Prodigal Son (Season 1) – Nathaniel Blume

Prodigal Son est La série événement que la France a découvert il y a quelques semaines, et beaucoup se sont intéressés au personnage de Malcolm Bright, fils d’un tueur en série et profileur hors pair pour le compte de la police de New-York. À l’image de la photographie blême du programme, la BO n’est point radieuse. Alliant les codes musicaux du Thriller, du Drame et de l’Horreur, elle est souvent conduite par des arrangements aux cordes sinistres, tristes, et un piano intimiste qui tourne souvent autour du thème principal. En parallèle il est à noter le riche travail électronique délivré par le compositeur, des sonorités tressaillantes à des kicks particulièrement brutaux et déchirés, en passant par une large variété de sons de synthés. Des percussions électroniques impriment aussi un rythme discret et sous-jacent, l’idée d’une course contre la montre face à des individus obsédés qui tuent à mesure que les heures passent ; mais il faudra encore davantage prêter l’oreille pour parfois percevoir ces cris de femmes lointains ou étouffés, ou encore ces grognements primitifs quasi bestiaux. En somme, si vous cherchez un album pour danser en plein coeur de l’été hé ben… c’est pas celui-là.

Didier Bianay

bianaydidier.com


N’oublie pas de t’inscrire pour être averti de chaque nouvel article

Dernier single (Le Corsaire) :

2 BO recommandées

(n°1255)

Bandes Originales Recommandées

  

Perry Mason (Chapter 1)Terence Blanchard

Contrairement à l’autre reboot Perry Mason qui sentait bon les 80’s, ici c’est un pur retour aux sources, dans le Los Angeles des années 30, une société en apparence enviable où le jeune détective Perry Mason fait ses premières armes . À travers les cordes frottées et le piano se perçoivent d’abord l’introspection interne du personnage puis, sans s’éloigner de cette torpeur, ce sont des instruments propres au Jazz qui se mettent subtilement en évidence (contrebasse, saxo, trompette, batterie Jazz), Terence Blanchard se faisant même plaisir sur la piste End Credits. Cette même piste est intéressante car elle fait davantage ressortir le second genre musical présent dans cette BO, l’Électro, les synthés, Bass synth et percussions électroniques évoquant les polars actuels. Donner un fond moderne à une série d’époque sans décrocher du décor était un exercice délicat, mais le résultat, bien que sombre, s’avère intéressant à écouter tout comme les reprises d’It Don’t Mean A Thing et de Dancing In The Dark, 2 standards du Jazz purement contemporains.

The American Runestone – Henrik Åström

L’acteur suédois Peter Stormare parcourt le Minnesota, afin de découvrir les racines de l’Amérique moderne. Ce détour dans l’Amérique profonde est accompagné d’une musique on ne peut plus représentative. Entre Folk et Country, le compositeur … suédois nous sort toute la panoplie en terme d’instrumentation, guitare sèche, guitare folk, guitare wave, banjo, fiddle, harmonica etc., pour une musique qui n’est que peu conductrice, car à travers ses pérégrinations l’acteur rencontrera érudits, sceptiques et sensationnalistes, qui ont chacun leurs propres vérités… Le travail d’Åström et les méthodes de mixage transpirent tant l’authenticité qu’on en oublierait les cordes, les synthés et cette voix féminine qui soutiennent les instruments acoustiques, évoquant un recul contemporain qui ne manque de sentiment. Une partition toute en nuance qui conserve élan et relative sérénité. De quoi fermer les yeux et rêver d’Amérique…

Didier Bianay

bianaydidier.com

BO recommandée

(n°1245)

Bandes Originales Recommandées

The King of Staten Island – Michael Andrews

The King of Staten Island ou l’histoire de Scott, un ado attardé de 24 ans qui se demande s’il est le roi ou le roi des losers. Derrière cette comédie, il y a quelque chose de plus sérieux que les sourires ou le bon temps passé avec ses amis laissent paraître, soit la mort lointaine d’un père que Scott n’a jamais acceptée. Pour dépeindre la subtilité d’un personnage qui se protège à travers un monde imaginaire, Michael Andrews propose une BO courte mais assez éclectique. Parfois planante et méditative, parfois penchant vers un Hip-Hop qui évoque la proximité de New York et une apparence de dur à cuire, elle laisse surtout entrevoir des sonorités dirty et une certaine nostalgie d’un homme qui doit tourner la page et accepter d’écrire un nouveau chapitre de sa vie.

Didier Bianay

bianaydidier.com

2 BO recommandées

(n°1220)

Bandes Originales Recommandées

  

Bad Education – Michael Abels

Bad Education, ou l’histoire vraie d’un surintendant d’une école à succès qui a détourné l’argent public pour embellir son quotidien. En ce qui concerne la musique, Michael Abels confirme qu’il est de la bonne école, proposant ici une bande-son assez guindée où Classique et Baroque occupent les premiers rangs, en référence au personnage principal qui apprécie autant ces styles musicaux que les beaux vêtements. L’orchestration a un fort penchant pour les cordes et les bois et en appelle très rarement aux cuivres. Ces derniers sont en quelque sorte remplacés par un choeur féminin lumineux allant jusqu’à offrir des amplitudes dramatiques saisissantes sur les pistes How The Mighty Have Fallen ou encore The Downfall. Harmonieuse et d’un sentimentalisme très prononcé, la BO évoque ainsi l’opéra, apportant une touche comique à la décadence d’un personnage particulièrement cupide.

La Famille Willoughby – Mark Mothersbaugh

Pour eux aussi il est question d’éducation, éducation vite avortée car leurs chers parents les ont abandonnés. Tout l’enjeu des 4 gamins Willoughby est d’adapter ces manières désuètes au monde moderne. Ainsi la bande-son s’en réfère parfois au Swing mais demeure majoritairement symphonique. L’instrumentation est particulièrement riche et le clavecin en est le fil conducteur, instrument qui symbolise les origines cossues des Willoughby. On pourrait même percevoir l’exotisme d’un ukulele, d’un lap-steel ou d’un banjo, avant que des sonorités électroniques délirantes s’immiscent ponctuellement à partir du milieu de la BO. La principale force de Mothersbaugh est le soin qu’il apporte à l’interprétation, allant jusqu’à la maladresse pour soutenir les aspects comique et ludique de cette série d’animation. La fin de la bande-son comporte beaucoup de séquences haletantes ou épiques, d’une ampleur cinématographique laissant deviner que des moyens conséquents ont été alloués au compositeur pour qu’il puisse faire valoir sa polyvalence et sa créativité débordante.

Didier Bianay

bianaydidier.com

BO recommandée (spoilers)

(n°1219)

Bandes Originales Recommandées

Si tu Vois ma MèrePhilippe Jakko

Sorti directement à la Télévision et actuellement diffusé sur Arte, Si tu Vois ma Mère propose une très sympathique et éclectique bande-son signée Philippe Jakko qui m’a récemment confié : « C’est une BO assez variée car le réalisateur avait plein de musiques en tête (il y en a eu pas mal d’ailleurs synchronisée par le music supervisor Stephane Junk), donc on a travaillé en relation étroite entre nous 3 pour trouver l’équilibre musical du film ». Ainsi se succèdent des invocations de folklore nippon (Le Rabbin), juif (Thème de Monique), ou de Rock afro (Vintage Afro Theme), encadrées par un orchestre symphonique, mais toujours demeure cette teinte sentimentale et un brin comique quand le compositeur choisit de jouer au piano maladroitement. Le même instrument prend des allures un peu fantastiques lorsque la pédale forte est actionnée, les interventions du célesta soulignant plus explicitement le mysticisme d’une intrigue loufoque.

Philippe Jakko et le réalisateur Nathanaël Guedj avaient aussi à coeur de dépeindre musicalement la métamorphose mentale du personnage central (Max), pris entre sa copine psychothérapeute Ohiana et le fantôme de Monique, sa mère adorée, dont l’attachant thème mélodique résonne à travers lui. « Pour ma part je devais rester léger parfois et plus dramatique aussi, c’est le film qui veut ça. Le plus dramatique moment est celui de l’enterrement, avec le thème de Monique qui a été voulu un peu décalé pour symboliser le décalage de personnalité de Max qui perd sa mère et la voit partout. Une variation de ce thème est fait à l’orchestre (Le Mariage) pour donner de l’émotion à cette fin du film où le deuil se fait et où Max passe à autre chose. Sinon le thème des guitares (Les Guitares) est aussi une variation du thème de Monique où Max et sa copine brûlent des affaires de la mère toujours dans la démarche de faire le deuil » . On trouve encore de l’émotion sur la piste La Maternité, « le symbole du bébé qui naît, la transmission », traduite de manière intimiste avec le piano et le violoncelle. En revanche les morceaux The Restaurant et At The Restaurant sont plus légers et évoque un peu des pianos-bars, entre Blues et Jazz ; ils enrichissent la palette musicale fournit par le compositeur, avant que le facétieux groupe Sweat Like An Ape! n’apporte sa touche rétro et lunaire à cette dramédie malicieuse.

Didier Bianay

bianaydidier.com

BO recommandée

(n°1211)

Bandes Originales Recommandées


Le Bureau Des Légendes (Saison 5) – Rob

Rien ne va plus à la DGSE, et le Bureau des légendes s’enfonce davantage dans la crise après les révélations de l’éxécution de Paul Lefebvre des suites d’une collusion malsaine entre le service de renseignements français et la CIA. Doutes, suspicions n’ont jamais été aussi tenaces, la confiance aussi en berne. C’est pour le compte de cette morosité ambiante que le compositeur Rob a oeuvré dans un genre électro-symphonique qu’il maîtrise tant et ce n’est un secret pour les amateurs de BO. À travers des pistes aux titres énigmatiques se multiplient des sonorités électroniques souvent saturées ou étouffées lorsqu’en parallèle les cordes s’avèrent sinistres et chancelantes. La partition, assez modeste par le nombre d’instruments, est complétée d’un piano et de bois peu engageants et rendue intense par un empilement harmonique aussi conséquent que dissonant ; une oeuvre sombre et tourmentée pour des personnages principaux hantés par leurs propres limites.

Didier Bianay

bianaydidier.com

BO recommandée

(n°1206)

Bandes Originales Recommandées


Freud – Stefan Will

C’est à force d’enquêter sur la face sombre de l’humanité que le jeune Sigmund Freud se retrouve lui-même menacé d’un obscur complot en compagnie d’une voyante. Pour ce thriller, Stefan Will propose un score électro-symphonique habile, le mélange étant délicat lorsqu’il s’agit d’une intrigue située vers la fin du 19ème siècle… Bien sûr, l’objectif était d’apporter un fond de modernité à cette toute récente série et de se reférer donc aux repères de la musique de Thriller actuelle où des synthés génèrent accords lugubres, ostinasti, leitmotivs et quantité de sonorités tranchantes et anxiogènes ; en parallèle le même travail fut effectué plus ostensiblement à travers des vocalises, des cordes, des percussions ou des bois, davantage grinçants ou grossiers. En somme vous sont réservées 50 minutes d’emprise d’une partition sombre qui ne laisse place qu’à de très rares éclaircies (Change The World) et à de timides mélodies aussi moroses que mystérieuses.

Didier Bianay

bianaydidier.com