4 BO recommandées

(n°1106)

Bandes Originales Recommandées

  

  

Didier Bianay

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2 BO recommandées

(n°1087)

Bandes Originales Recommandées

  

Les Baronnes – Bryce Dessner

La reprise du titre The Chain (Fletwood Mac) placée en tête de la BO et signée The Highwomen, semble aux antipodes du reste, pourtant elle ne l’est point, car outre l’interprétation déterminée des 4 chanteuses on y trouve cette même percussivité et ces mêmes coups de guitares Folk-Rock plus tempérés. Ainsi, sur fond de violons et de synthés souvent discrets, Bryce Dessner s’est tout d’abord appuyé sur un set de percussions sourd et qui résonne comme les pulsations haletantes de 3 femmes s’étant plongées dans le grand banditisme à la place de leurs mafieux de maris ; ce groupe d’instruments trouve sa contrepartie dans des mélodies posées à la guitare électronique, que l’on attendrait pas pour un univers si violent, et qui soulignent le sentimentalisme latent des héroïnes tout autant que cette bande-son fait écho à leur for intérieur.

Remember Me – Pascal Gaigne

Pour cette romance du troisième âge, Pascal Gaigne a opté pour une instrumentation purement symphonique et une orchestration très variée où beaucoup d’instruments se font entendre au premier plan à un moment ou à un autre, un piano aux résonnances douces se percevant le plus souvent ainsi que les cordes et la harpe. Les pizzicati et notes marquées propres aux accents comiques vont de paire avec l’utilisation copieuse du vibraphone, donnant un aspect positif à cette intrigue qui tourne pourtant autour d’une maladie grave, l’incurable Alzheimer. D’ailleurs, c’est à partir du coeur de la bande-son qu’est ressentie une réalité moins réjouissante, quand l’écriture des arrangements et les interprétations des instrumentistes se font plus mélancoliques et redonnent à d’excellents thèmes un nouveau souffle, une autre couleur.

Didier Bianay

BO recommandée

(n°1081)

Bandes Originales Recommandées

After The WeddingMychael Danna

Une bande-son mélangeant 2 univers musicaux différents, l’un très atmosphérique, moderne voire futuriste aux harmonies sophistiquées, l’autre plus guindé et plus dramatique mettant en exergue un violoncelle grinçant et morose, des violons tourmentés et un piano mélancolique. Navigant entre ces 2 styles, Mychael Danna rappelle combien il sait être versatile, trouvant systématiquement les bonnes textures sonores pour donner de la poigne à ses compositions. À son travail s’ajoutent enfin 2 chansons originales, l’entraînant rock Tatterred And Torn de The Counterfits et la ballade Know You For A Moment, mélancolique, planante, qui se rapproche du concept du score tout en dévoilant les talents de chanteuse de l’actrice Abby Quinn.

Didier Bianay

BO recommandée

(n°980)

Bandes Originales Recommandées

The Nun – Abel Korzeniowski

D’une légèreté immaculée à une noiceur robuste. En clair la BO de The Nun est dans la même veine que sa pochette… Mais pour ce film d’Horreur c’est l’obscurité et le frisson qui domine ; ainsi le perçoit-on d’abord sur les choeurs féminins, brièvement lumineux, souvent tourmentés par des accords dissonnants et des glissandos descendants. Les timbres graves, voire gutturaux, des interprètes masculins en imposent et constituent aussi une des clés de voûte de ce score inspiré du chant écclésiastique. Cependant, Korzeniowski n’en a pas oublié les figures imposées de la musique d’Horreur, invoquant nombre de bourdonnements de cordes et sursauts orchestraux imprévisibles pour réveiller des accalmies au large éventail de sonorités lugubres. Un dernier plus est à dénicher du côté des respirations lyriques, rares pour le genre, où une écriture musicale d’une grande qualité et d’une noblesse appréciable réhausse l’émotionnalité de l’intrigue.

Didier Bianay

bianaydidier.com

BO recommandée

(n°970)

Bandes Originales Recommandées

Harlots (Saison 2) – Rael Jones

L’univers de la prostitution londonienne au 18ème siècle sur du Rock et des influences musicales celtes. On se demanderait comment Rael Jones arrive à nous faire avaler la pillule… En vrai tout est dans la couleur et le tempérament de la bande-son dont l’entame, et son interprète, laissent entrevoir des personnages de caractère. Mais autre chose s’y dégage, comme dans nombre de pistes de la BO, c’est un aspect très dépouillé de la musique, matérialisé par des orchestrations évidées où parfois des voix féminines expriment pleinement leurs soupirs. Rien n’est lumineux, ni parfaitement propre dans cette bande-son griffée soit de rythmes légèrement gauches, soit d’instruments aux timbres dirt et grinçants tels les violons, le hurdy gurdy et les percussions. Aussi peu séduite à l’idée de dépenser une fortune pour un orchestre symphonique, la production a donc voulu donner un coup de jeune à cette série d’époque et souligner le ressenti des protagonistes à travers une musique moins intéressée par les décors que par leurs âmes tourmentées.

Didier Bianay

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2 BO recommandées

(n°944)

Bandes Originales Recommandées

  

L’Homme Qui Tua Don QuichotteRoque Baños

Lorsque l’on parle d’une grande aventure se déroulant dans les contrées espagnoles de Murcie, musicalement on voit le topo. Et si on rajoute que le compositeur est originaire de cette même région, on se dit que le régional de l’étape ne devrait pas se rater. Les coups de guitares passionnés et ensoleillés et les traits de flûte arabisants ne manquent donc pas de dépayser quand bien même Roque Baños utilise aussi les mêmes instruments à des fins plus mystiques, tout comme ses partitions de chœur tout droit sorties des pages sombres du Moyen-Âge. Pour ce qui est de dépeindre l’aventure, l’ancien étudiant de Berklee a été assez conventionnel, exploitant un orchestre de taille moyenne où des percussions lourdes et des cordes haletantes s’échangent les beaux rôles avec des cuivres vitaminés. Mais s’avèrent finalement majoritaires les moments plus calmes, lyriques, remarquables d’élégance et mélodieux surtout lorsqu’il s’agit de développer un thème principal naturellement efficace. Si Baños avait précédemment fait chou blanc avec le drame américain The Miracle Season, c’est sur ce retour aux sources qu’il rappelle pourquoi il est l’un des tout meilleurs au pays de Cervantès.

Rappel

M.F.A. – Sonya Belousova et Giona Ostinelli (Ostinelli/Belousova l’inépuisable tandem)

« Ce fut le cas pour le film de Natalia Leite M.F.A où ils ont exploité en sampling des bruits de souffles et les répliques du personnage principal, produisant une bande-son au concept central assez innovant. L’ajout très musical d’incalculables matériaux sonores, et d’un minimum mélodique laissent à penser que c’est sans doute sur ce thriller que le groupe a définitement apposé son style, tout en donnant la preuve que les outils électroniques peuvent développer une véritable âme… »

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°937)

Bandes originales recommandées

Au Service de la France – Nicolas Godin

Au service de la nostalgie, Nicolas Godin nous propose une bande-son rétro, qui se laisse écouter car très mélodieuse. Bien entendu, il fallait en amont une idée de la production sur l’objectif artistique qui était de rendre hommage aux musiques de séries d’espionnage des années 60 (Lalo Schifrin, John Barry, François de Roubaix etc.). Une grande latitude a aussi été laissée au compositeur qui alterne entre Jazz, Bossa Nova, Funk, Musette avec parfois quelques soupçons harmoniques orientaux, mais toujours sous un tempérament mesuré et élégant. Dans ce périple musical audacieux, le membre du groupe Air a été méticuleux sur le choix des musiciens, ayant invité des artistes issus du Jazz et partageant cette même amour pour les BO d’antan ; en complément, quelques cordes, cors et autres instruments plus symboliques comme le cymbalum ou l’accordéon élargissent l’instrumentation et apportent de la variété sonore. Jusqu’au-boutiste, Nicolas Godin a même désiré reproduire les conditions d’enregistrement de l’époque, en prise direct dans une pièce unique ; certes le rendu s’avère moins limpide que les productions actuelles mais la couleur du son est on ne peut plus authentique et si appropriée. Dépaysement auditif garanti.

Didier Bianay

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Benjamin Wallfisch sur King Of Thieves

(n°935)

News

Benjamin Wallfisch

Benjamin Wallfisch a récemment terminé la bande-son de King Of Thieves. Le thriller est réalisé par James Marsh et enregistre dans son casting les présences de Michael Caine, Tom Courtenay, Ray Winstone, Jim Broadbent, Charlie Cox, Paul Whitehouse, Michael Gambon et Francesca Annis. Inspirée de faits réels, l’intrigue suit de vétérants escrocs, auteurs du retentissant pillage de la Hatton Garden Safe Deposit Company. King Of Thieves sortira en septembre prochain.

Présenté jadis sur ce blog comme un grand espoir de la Musique de Film, Wallfisch s’est désormais installé dans cet industrie, et à une place de choix. En effet, 2017 a été une grande année pour le londonien, d’abord avec la nomination de la BO des Figures De L’Ombre aux Golden Globes, honneur qu’il a partagé avec Hans Zimmer. On a ensuite retrouvé les 2 hommes sur la partition de Dunkerque puis Blade Runner 2049 (21 nominations pour 2 récompenses). Seul, Wallfish a notamment signé la bande-son de Ça, le film d’horreur adapté du roman éponyme de Stephen King, et dont la musique thème a fait son petit effet l’automne dernier (video ci-dessous).

Bien occupé le compositeur se fera entendre prochainement sur le très attendu thriller Serenity ainsi que sur The Darkest Minds et Keepers. L’année prochaine son nom sera attaché à un reboot à gros budget, Hellboy.

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°921)

Bandes Originales Recommandées

Cobra Kai – Zach Robinson et Leo Birenberg

Pour évoquer Karaté Kid, film culte des années 80, il est évident que la musique de sa suite se voudrait rétro. Zach Robinson et Leo Birenberg ont confié à flickeringmyth.com avoir mis en parallèle 3 styles, du Pop-Rock aux guitares saturées et aux synthés kitsch représentant Johnny, au Hard Rock aux sonorités électro modernes reflétant ses élèves, en passant par le symphonique japonisé faisant référence au héros Daniel, et par extension, à la BO de Bill Conti. Si les séquences avec l’orchestre de 70 musiciens et les chœurs sont tout aussi cinématographiques que l’oeuvre de Conti, le duo a réservé flûte et harpe pour quelques clins d’oeil, préférant les nombreuses humeurs nostalgiques des cordes et la vaillance des cuivres. On n’oublie pas non plus la mélancolie de la guitare électrique sur certaines plages, idéale pour apporter du relief à un ensemble plutôt tendu. Assez varié le score prouve une rare ambition musicale pour un format de fiction où le timing est souvent un frein. Cette expérience constituerait même un coup d’accélérateur supplémentaire pour les carrières de 2 compositeurs connaissant depuis peu une ascension sensible.

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°916)

Bandes Originales Recommandées

Comme Des Garçons – Vladimir Cosma

Au football on appelle çà un caviar, la passe qui met dans la situation parfaite pour scorer ; et cette intrigue autour de la renaissance du foot féminin à la fin des années 60 fut idéale pour le taulier Vladimir Cosma. Le compositeur ne pouvant que jouer son jeu, on reconnaît son style de bout en bout lorsqu’il varie de mélodieux thèmes sous formes de ballade, slow-rock, soul, jazz, jazz manouche ou valse. Concernant l’orchestration la teinte rétro est dépeinte d’emblée par la mise en avant de l’accordéon et de la clarinette, avant que le dynamisme et les sonorités des guitares électriques ou acoustiques appuient à la fois la musicalité de la bande-son et une authenticité 60’s ; on notera aussi d’excellents arrangements symphoniques, souvent utilisés pour amplifier une humeur dans certaines compositions. Pour son premier film le réalisateur Julien Hallard aura donc tiré parti de la polyvalence et de la technicité hors-pair de Vladimir Cosma tout comme il aura pu profiter de cette tendresse amusée que le compositeur a su insuffler à cette positive comédie.

Didier Bianay

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2 BO recommandées

(n°906)

Bandes Originales Recommandées

  

The City and the City – Dominik Scherrer

Dur, dur de faire la bande-son d’un concept labellisé « infilmable ». Car l’adaptation du roman éponyme fait le distinguo entre 2 villes postmodernes complètement différentes mais imbriquées l’une dans l’autre, avec au centre de l’intrigue un mystérieux meurtre. Dès les 2 premières pistes le compositeur donne les indices de son approche générale faisant succéder au son électro dirty d’Ul Qoma une valse moderne aussi guindée que nostalgique pour Besźel. C’est ensuite que la voix mystique de Charlotte Hug suggère l’influence d’une 3ème ville, disparue depuis. Même si l’ensemble est plutôt dominé par le style d’Ul Qoma, par lequel Scherrer expose une grande quantité de textures sonores et des harmonies étranges, les références à Beszel et Orciny subsistent respectivement par un piano ou une guitare abimés et des chœurs célestes ; une nécessité, l’enquête chevauchant 2 villes issues d’Orciny. Pour sa 4ème collaboration avec Tom Shankland, Scherrer nous offre ainsi 41 minutes d’une ambiance sombre et bizarre, très marquée, dans le droit fil de celle que China Miéville avait dépeint dans sa « weird fiction » éditée en 2009.

Secret Of The Nile – Amin Bouhafa

Il aura fallu attendre 2 ans pour que la BO de Secret Of The Nile (Grand Hotel) sorte et pourtant elle valait le coup ! Pour cette production Netflix où un homme intègre le personnel d’un hôtel de luxe à la suite de la disparition de sa sœur qui y travaillait, c’est le talent d’Amin Bouhafa qui a été sollicité. Bien que d’origine tunisienne et sur une intrigue fixée en Égypte, le compositeur n’a pas versé dans la musique orientale, qu’il maîtrise déjà sacrément. Non la bande-son est plutôt occidentale et accaparée par les cordes quant un piano, une harpe, un accordéon et une flûte apportent deci delà un peu de brillance ou de fragilité. Après un départ au lyrisme fiévreux on atteint assez rapidement le mystère sans toutefois quitter cette teinte sombre, élégante et romantique qui est le socle d’une BO plutôt lente. Avec cette partition impeccable le jeune Bouhafa prouve encore une énorme technique d’écriture ; déjà césarisé, on ne peut plus dire que ses aptitudes sont un secret, il vit déjà à l’heure de la confirmation.

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°893)

Bandes Originales Recommandées

Gangsta – Hannes De Maeyer

Pour son troisième film avec les réalisateurs Adil El Arbi et Bilall Fallah, Hannes De Maeyer se plonge dans le monde du crime organisé avec Gangsta où des dealers en herbe déclenchent une guerre de vrais gangs qui finit par les dépasser. Le compositeur belge, réputé versatile, propose sur cette bande-son ce qui fait penser à du Rob, à savoir des synthés et du sound design crasseux accompagnés de sonorités très pures qui peuvent procurer successivement et simultanément noirceur et lumière. L’autre intérêt se retrouve dans ces percus assez 80’s exécutant des beats pop de la même décennie et qui donnent à l’ensemble une teinte faussement rétro et catchy ; même sur les ambiances plus mesurées la BO ne perd pas de vue ce côté haletant et dynamique puisque des leitmotivs rapides et des percus plus modernes suffisent à maintenir son élan. Enfin, le plus mémorisable reste l’efficace thème principal bien développé tout au long d’un score étonemment audacieux pour le genre Action et qui peut s’apprécier aisément sans la moindre image.

Didier Bianay

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3 BO recommandées

(n°868)

Bandes Originales Recommandées

     

Travelers – Adam Lastiwka

Le prolifique Adam Lastiwka a voulu faire quelque chose de futuriste, et c’est réussi. Prolifique, le canadien l’a été aussi sur les sonorités électroniques de cette bande-son qui en grouille littéralement. Mais pour dépeindre en musique les aventures de voyageurs temporels salvateurs Lastiwka garde tout de même un concept en surbrillance, l’emploi massif de la distortion même sur des instruments acoustiques, à tel point que ces derniers passeraient pour des synthés. Cela n’empêche pas au compositeur de mettre de la lisibilité dans son orchestration, posant des sonorités limpides pour contrebalancer des basses fréquences volontairement embrouillées et point contemporaines. Mais plus qu’un excellent sound design la BO de Travelers conserve une musicalité, discrète mais appréciable, quant certains morceaux par leurs rythmes haletants, affirmés ou non, nous maintiennent dans l’urgence ; car pour ces time travelers s’immiscer discrètement dans l’entourage d’un hôte demeure un combat de tous les instants.

Si Tu Voyais Son Cœur – Gabriel Yared

Cette BO symbolise quelque part le mal qui ronge le Cinéma français ces derniers temps, la musique originale y trouve de moins en moins sa place. Pourtant la réalisatrice Joan Chemla tenait en la personne de Gabriel Yared un excellent compositeur. Propulsé dans un projet taillé pour lui le franco-libanais a rappelé sur cette bande-son symphonique qu’il est un orchestrateur hors pair, tant l’orchestration de sa partition est limpide et pleine d’élégance. Un vrai régal qui est quelque peu modernisé par le choix d’une réverbe longue ajoutant une certaine intimité à la profondeur d’une flûte, à la fragilité du piano, et une certaine chaleur au mini-orchestre quand il se déploie mélancoliquement. Malheureusement, la BO est très courte, comptez 18 minutes, sur un film d’1 h 26… Dommage car la plume de Yared avait de quoi porter ce drame sentimental, psychologique, basé sur la rédemption, et jouer davantage avec la couleur de son contexte sombre.

Rappel

La Forme de L’eau – Alexandre Desplat (Golden Globes 2018 : les bonnes habitudes de Desplat, Pasek et Paul)

« …le français a réussi à se détacher en marquant les esprits par sa bande originale acidulée, nous emportant dans une féérie et un romantisme à toute épreuve… « Ce film traite de l’amour. Rien d’autre. Amour. Partage. Humanisme et respect. La musique devait transmettre cela », s’est-il exprimé après cette 75ème édition. C’est dans cette optique que ce flûtiste de formation a donné beaucoup de champ à différents timbres de bois, naturellement sensibles, sans même proposer un son imposant dans les scènes les plus brutales, l’absence de trompettes aidant. Ainsi l’idée de l’eau était autant présente à travers les mouvements incessants de la caméra que dans la puissance limitée d’un orchestre semblant constamment immergé, selon les dires du compositeur à billboard.com. »

Didier Bianay

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2 BO recommandées

(n°860)

Bandes Originales Recommandées

 

Tout L’argent du Monde – Daniel Pemberton

Si vous avez une dizaine d’euros à investir je vous conseillerais bien de les placer sur la BO de Tout L’argent du Monde, une partition assez fournie alternant entre 2 mondes musicaux assumés et maîtrisés par l’imprévisible Daniel Pemberton. Dès le départ c’est le Classique qui nous saute aux oreilles ; et écrit parfois avec une certaine grandiloquence il peut même virer à de la musique d’opéra, traduisant selon le compositeur le pouvoir et l’assurance de Getty, l’homme dont les ravisseurs ont enlevé le petit-fils. En revanche l’autre facette de la bande-son est radicalement distinct puisqu’émergent indifféremment des compos électro plus écorchées, limite sauvages, pour dépeindre le monde modeste et brutal d’où viennent les malfrats. Rythmées occasionnellement de percussions modérées, elles sont pourvues d’une légion de sons inimaginables agrémentant leurs style minimaliste moderne fait de leitmotivs. Des aller-retours déroutants donc entre 2 sphères musicales que tout oppose et 2 manières d’exprimer drame et tension.

Malaterra – Alexandre Lessertisseur

Même si 2 années se sont écoulée depuis la diffusion de la série, il fallait que la BO de Malaterra sorte car elle vaut le détour. Instrument parfait pour les ambiances dramatiques et sombres et donc parfait pour ce remake de Broadchurch, le violoncelle domine largement la bande-son avec une partition propre qui navigue beaucoup mélodiquement. On peut dire par extension que c’est toute la famille de cet instrument qui tient le concept de BO puisque les cordes par leurs jeux saccadés ou traînants donnent à des harmonies dissonantes un rythme haletant ou une intensité sensible. Mais Lessertisseur apporte aussi quelques modernités dans le piano en réverbe et les arpèges mystérieuses propres à cette nouvelle génération de polar, idem pour ces basses électroniques amples toujours soucieuses d’entretenir une certaine lourdeur. Surtout présentes pour soutenir l’orchestre, les sonorités électroniques s’y fondent aussi très bien, mettant au gout du jour une bande-son très émotive de la première à la dernière piste.

Didier Bianay

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2 BO recommandées

(n°839)

Bandes Originales Recommandées

the breadwinner  

 

Parvana, Une Enfance en Afghanistan Jeff et Mychael Danna

Les frères Danna ont beau avoir grandi au Canada ils excellent quand il s’agit de piocher dans des cultures musicales exotiques… Pour ce film d’animation sur le dur quotidien d’une fillette en Afghanistan ils ont logiquement pensé à des instruments du cru, et on devine une grande recherche musicale sur l’emploi de l’instrumentation indigène qu’ils révèlent au fur et à mesure, donnant une authenticité et une variation sonore instructive. Cette bande-son c’est aussi une savante utilisation de la technologie, de l’enregistrement des interprètes afghans en ligne, à un apport intelligent du sound design pour amplifier certains accents lyriques acoustiques ou pour dépeindre sobrement les rares moments les plus sombres. Dépaysante, bien qu’utilisant des instruments occidentaux en appoint, la partition ne verse jamais dans l’émerveillement ni dans la noirceur mais, à l’instar du thème principal, se veut majoritairement mélancholique et poétique.

La Mort De Staline – Christopher Willis

« À l’ancienne ». C’est l’expression qui me vient en tête pour caractériser la BO de cette comédie satirique autour de la mort de Staline. Faut dire que son compositeur – un musicologue nostalgique spécialisé dans la musique du 18ème – est très compétent lorsqu’il s’agit de reproduire du Classique contemporain, voire du Classique tout court, le britannique nous gratifiant même d’une superbe fugue sur le trépidant Back From The Gulags. On retrouve ainsi la noblesse de la musique symphonique soviétique des 50’s, mais aussi sa véhémence, annoncée sur le thème principal et disséminée sur le reste de la bande-son avec des interprétations incisives aux cordes et des montées de cuivres intimidantes. Cette vigueur, le compositeur l’agrémente bien d’interventions de bois et d’accompagnements sautillants qui allègent la noirceur d’une partition très mélodique. Avec ce film d’époque taillé pour lui Christopher Willis avait l’occasion de frapper un grand coup, et il ne s’est pas loupé…

Didier Bianay

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2 BO recommandées

(n°834)

Bandes Originales Recommandées

  

Justice League – Danny Elfman

Apres avoir co-composé avec Brian Tyler sur Avengers 2, Danny Elfman s’est fait Justice League lui-même et nous a préparé une généreuse bande-son, passant même par des fan moments lorsqu’il réutilisa le thème de Superman avec une teinte plus sombre ou donna à celui de Wonder Woman un aspect plus intimidant ; d’intelligents hommages à John Williams et Hans Zimmer qui plairont au grand public. De surcroît, le natif de Los Angeles a aussi exprimé sa personnalité en ramenant son mythique thème de Batman et en apportant du neuf par des leïtmotivs simples pour Flash, Cyborg et Aquaman, idem pour le thème principal (Hero Theme) et son motif en tierce mineure entêtant. Dominée par les altos et les violoncelles dans les moments sentimentaux cette sombre bande-son monte progressivement en puissance pour atteindre en son centre une teinte épique monstrueuse à grands renforts de cuivres, de chœur et de percussions pétaradantes, le tout par une maîtrise d’écriture et des arrangements impressionnants. Généreuse, la production l’a aussi été en incluant dans cette BO les versions longues des titres tourmentés The Tunnel Fight et The Final Battle, soit un rab de 11 minutes bien jouissif.

Paddington 2 – Dario Marianelli

3 ans après le premier volet le facétieux Paddington revient, toujours sous la houlette du réalisateur Paul King ; c’est au niveau de la conception de la musique que l’on trouve du changement puisque Nick Urata a été remplacé par Dario Marianelli qui avait brillé l’année dernière sur Kubo et L’armure Magique. Mais pour ce nouvel épisode il n’a pas été fait table rase de la partition passée puisque l’italien reprend certaines idées d’Urata comme ce que l’on peut qualifier de thème de la poursuite, ou encore cette rythmique haletante sous-jacente davantage usitée dans ce volet pour affirmer un concept musical sautillant. Dans le même ordre d’idée le compositeur fait la part belle à des marimba, célesta, flûtes, harpe ou cymbales pourvoyant une dose de ludicité à une intrigue rocambolesque et familiale. Le calypso, représenté par les interventions du groupe Tobago and d’Lime, finit d’apporter de la gaîté à une partition à la pétillance tenace et à l’instrumentation vorace.

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°831)

Bandes Originales Recommandées

Blue Planet II – Hans Zimmer, David Fleming et Jacob Shea

Pour ce retour de Blue Planet, 16 ans après le premier volet, la BBC tenait à engager l’un des meilleurs compositeurs de la Terre qui de son côté a amené 2 autres de ses poulains sur ce projet, Dave Fleming et Jacob Shea. Diffusé depuis peu à la Télévision anglaise et bientôt sur France Télévision, on se dirait follement que la série-documentaire rendrait terriblement bien au Cinéma vu sa musique à l’ampleur indéniable, ceci grâce au Synchron Stage Orchestra. Réputée aussi pour collectionner les grands ensembles, la plus importante société de diffusion au monde a donc montré beaucoup d’ambition musicale sur la forme, mais aussi sur le fond où chaque piste à une expression franche capable de magnifier chaque spectacle de la nature. Très mélodieux, Zimmer, Shea et Fleming prouvent une grande créativité par une instrumentation électro-symphonique qu’on peut qualifier de foisonnante tant la quantité de sonorités qui y fourmillent sans complexe est étonnante, à croire que ces compositeurs ont eu tous les droits… Des plages épiques aux moments de délicatesses, en passant par des raz-de-marées lyriques somptueux, cette BO s’avère particulièrement captivante et semble annoncer bien plus que de sympathiques documentaires.

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°826)

Bandes Originales Recommandées

Thor : Ragnarok – Mark Mothersbaugh

À voir l’affiche très flashy de ce troisième volet de Thor on se doutait que celui-ci serait différent, le facétieux Taika Waititi a remplacé Alan Taylor alors qu’en parallèle l’étrange Mark Mothersbaugh s’est substitué à Brian Tyler. Bien que son nom ne vienne pas à l’esprit pour ce type de film, Mothersbaugh n’en est pas à son premier essai lorsqu’il s’agit de concevoir orchestralement des intrigues d’aventure grandiloquentes, l’exemple le plus récent étant Lego Ninjago. Il montre sur cette bande-son qu’il connaît donc la recette en mettant en exergue des percussions brutales et des cuivres graves viriles pour un épisode dédié à la surpuissance où Thor et sa soeur se déïfient (vraiment), quant l’impitoyable Surtur a carrément la potentiel de détruire Ásgard… Du grand classique cette partition ? Non, car la patte de Mothersbaugh se fait surtout sentir sur les sonorités électroniques bizarroïdes qui le caractérisent si bien pour dépeindre une drôle de planète Sakaar, fait de trucs, de bidules et de machins. Très vivante et mélodieuse cette longue BO ne cesse de naviguer frénétiquement entre 2 mondes musicaux décrochant parfois quelques sourires ; de toute façon à entendre le nouveau thème de Thor l’on devine d’entrée que le compositeur laissera parler une personnalité musicale totalement décomplexée.

Didier Bianay

bianaydidier.com