2 BO recommandées

(n°1130)

Bandes Originales Recommandées

  

The Mandalorian Chapter 1 et Chapter 2 – Ludwig Göransson

Les aventures d’un chasseur de primes galactique, tel est ce que réserve The Mandalorian, Disney mélangeant Star Wars et Western. L’affiche de la série va dans ce sens tout comme la partition de Ludwig Göransson qui a retrouvé en ce spin-off un sacré défi et l’a relevé avec espièglerie. Car il y a effectivement du Morricone dans ces rythmes galopants, cette guitare wave, ce marranzano et ce motif mélodique mystérieux rappelant Le Bon, La Brute et Le Truand. La BO est aussi fortement modulante au niveau de son intensité, alors inutile de régler le volume puisqu’on alterne naturellement entre une musique très intimiste et des séquences plus véhémentes ; le compositeur suédois y confronte également une orchestration symphonique, ponctuée de quelques cuivres pétaradants, à une grande variété de sons organo-électroniques audacieux, brutaux, nerveux, surpenants et dépaysants.

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°1125)

Bandes Originales Recommandées

Watchmen – Trent Reznor et Atticus Ross

Quelque chose de malsain se trame à Tulsa où des suprémacistes blancs intimident tant les policiers que leurs familles et c’est pour souligner au mieux ce contexte troublé et tendu que le tandem oscarisé Reznor/Ross a été appelé. À vrai dire les 2 compositeurs n’ont dégainé que très peu d’instruments acoustiques, par de grosses orchestrations symphoniques sur de courtes compos du style trailer (American Promo Story et Trigger Warning) et quelques interventions souvent mélancoliques au piano. Pour le reste c’est de l’Électro de haute facture, tout d’abord sombre et immersif du fait des habitudes de ce duo à excentrer les basses au maximum ; en parallèle les saturations sur les synthés, les guitares électriques et même les percussions vont crescendo, amplifiant un concept sonore caractériel, sale et morose même si quelques rythmes mordants peuvent, ma foi, faire opiner du chef.

Didier Bianay

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3 BO recommandées

(n°1121)

Bandes Originales Recommandées

  

Mon Chien Stupide – Brad Mehldau

Un père en pleine crise de la cinquantaine qui a envie de tout plaquer, ses enfants, sa femme et qui retrouve du réconfort chez un chien mal élevé. Drôle de point de départ pour une comédie, et pour réadapter le roman éponyme de John Fante, Yvan Attal a de nouveau fait équipe avec le pianiste de Jazz Brad Mehldau, les 2 hommes ayant collaboré sur Ma Femme Est Une Actrice et sur Ils Se Marièrent et Eurent Beaucoup D’Enfants, il y 15 ans et plus. Déjà. Le temps passe si vite… C’est d’ailleurs la thématique de ce film et de la musique qu’on devine en référence avec le for intérieur d’un écrivain sur le déclin. D’une contrebasse un temps moribonde on débouche sur une nostalgie incessante au piano, l’instrument dominant d’une instrumentation modeste, au ton intimiste. Pourtant mélodieuse, la bande-son ne s’illuminera jamais vraiment, trahissant l’insatisfaction, la quête tenace d’une gloire lointaine.

Charlie’s Angels – Artistes variés (Album)

Ça commence en fanfare avec les cuivres énergiques du morceau How It’s Done et son instru funky, avant qu’Ariana Grande ne prenne le relais pour signer 4 chansons originales sur les 8 de l’album, visiblement très inspirée par les nouvelles aventures de la franchise et ces équipes de femmes fortes disséminées de par le monde. Le style de l’album est dans le droit fil de la mentalité de ce reboot avec une musique girly, audacieuse et très moderne, enchaînant des références rétro au Funk, Reggae, House, Hip-Hop, Soul revisitées avec des beats plus actuels et un mixage percutant. Enfin, mention spéciale à Gigamesh qui propose un remix échevelé du classique de Donna Summer, Bad Girls, sans oublier Black Caviar et sa reprise tout aussi dansante du main theme de la série des années 70, un clin d’oeil au passé et une liaison avec le présent qui résume l’optique de cet album plein de spontanéïté.

Why We HateLaura Karpman

Laura Karpman aime mettre la tête là où la majorité des artistes ne mettent les pieds. Ceux qui la connaissent se le voient rappeler dès l’entame de la BO par une collection d’accords enrichis dans les graves, écriture que l’on déconseille aux compositeurs débutants. Mais son doctorat de musique accroché au mur, contrairement à Dr Dre, Karpman sait ce qu’elle fait, et à propos, car cette audace apporte quelques expressions baveuses à une série documentaire menant une réflexion autour de la haine. En 65 minutes d’une bande-son gangrénée d’harmonies sophistiquées, les cordes ne cessent de grincer, souvent grossièrement, quant peuvent nous hérisser certaines vocalises très dissonantes ou exhalations sauvages. En prolongement de mélodies sinistres, la compositrice nous immerge d’un prolifique travail sur l’interprétation, forçant à la maladresse tout un orchestre symphonique et conférant aux instruments des tons si appropriés, car si inappropriés…

Didier Bianay

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3 BO recommandées

(n°1120)

Bandes Originales Recommandées

  

Modern Love – Artistes variées

L’Amour, le sentiment ayant le plus inspiré les artistes des siècles durant et dont Amazon a voulu faire l’éloge en huit intrigues variées, entre humour, drame et tendresse. On retrouve effectivement ses 3 sentiments dans cette BO Pop-Folk de 43 minutes comportant une écrasante majorité de chansons originales, le texan Gary Clark étant l’artiste qui murmure le plus souvent à nos oreilles avec 4 titres dont le contagieux Human Love. De son côté Anne Hathaway flirte avec la comédie musicale sur Bipolar Girl d’un entrain amusant quant Nerina Pallot ou encore le tandem Lora Lynn/Thomass Dydahl nous emporte par leurs voix suaves et leurs compositions nostalgiques (Circus, Days Aren’t Long Enough). On trouve sur l’album peu de noms connus, certes, mais beaucoup de talent chez de jeunes artistes visiblement consciencieux, d’une même génération, sur la même longueur d’onde.

Cecchi Gori, Una Famiglia Italiana – Max Di Carlo

Je ne saurais vous montrer comment se prononce exactement le titre de ce documentaire italien consacré à la dynastie Cecchi Gori, une famille ayant enfanté et developpé ce qui est devenu le plus grand groupe audiovisuel italien. Tout d’abord assez entraînante, limite festive, pour dépeindre l’âge d’or du groupe dans les années 80 et 90, la bande-son prend rapidement une tournure mélancolique. On troque alors la Dance pour l’Électro-symphonique avec l’arrivée de cordes et d’un piano sensible en vue d’une musique obsessionnelle et assombrie, bien que des rythmes marqués et des fonds d’accompagnement trépidants maintiennent un brin de vivacité. En rajoutant une guitare acoustique et une guitare électrique souvent enrichie d’effets sonores, Max Di Carlo propose l’instrumentation-type pour dépeindre émotionalité et modernisme, mais la réhausse d’une orchestration qui l’exploite au mieux et d’arrangements assez parlants.

Un Monde Plus Grand – Valentin Hadjadj

L’intrigue du film est inspirée d’une histoire vraie, celle de Corine Sombrun qui a complètement changé de vie à la suite d’un drame, passant de la rationalité du monde occidental, à l’irrationalité des croyances chamaniques mongoles. La bande-son aussi opère rapidement un revirement après le mélancolique thème romantique qui l’initie, laissant apparaître des instruments qui invoquent exotisme et spiritualité tels une flûte et des bols chantants. On remarque dès lors, au niveau des textures sonores, une teinte plus sombre et voilée, et au niveau de l’écriture, des arrangements plus planants et nombres d’harmonies étranges. Ayant désiré souligner la notion des opposés, la réalisatrice Fabienne Berthaud a vu sa vision amplifiée par cette dualité musicale entre Orient et Occident, d’une certaine sobriété de ton qui révèle une aventure intimiste, un voyage davantage intérieur que géographique.

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°1112)

Bandes Originales Recommandées


Donne-Moi Des Ailes – Armand Amar

Le film est déjà un franc succès en salle et sa BO parue dans la foulée en est la cerise sur le gâteau. Planante et très lumineuse, la musique d’Armand Amar cadre parfaitement avec cette intrigue où un scientifique et son fils tente de sauver une espèce d’oies en voie de disparition grâce à un ULM. Le compositeur était accompagné de quelques acolytes tels Mathieu Coupat, Laurent Coubier et Hugo Gonzalez Pioli autour d’un même concept sonore où dominent des cordes lentes, aériennes, ou encore un piano, un accordéon et des bois d’une douceur nostalgique, le tout relevé d’arrangements à la guitare acoustique. Bien qu’elle soit rarement exploitée à plein régime, l’instrumentation orchestrale s’avère assez variée, Armand Amar ayant pu s’en contenter, mais l’ajout d’arrangements vocaux mixtes par l’intermédiaire de chœurs ou de solistes a approfondi sa partition en y ajoutant un supplément d’âme et de tendresse. Parmi ces voix émerge celle d’Anne Sophie Versnaeyen, plus amplement employée sur You Are Not Alone, une inspirante chanson originale qui n’en oublie l’essence sonore et mélodique de la bande-son ; et il en va un peu de même de ce twist hypnotique vers la musique de Thriller moderne qui accompagne les situations plus problématiques de ce feel good movie. À moins que ce soit un road movie…

Didier Bianay

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2 BO recommandées

(n°1087)

Bandes Originales Recommandées

  

Les Baronnes – Bryce Dessner

La reprise du titre The Chain (Fletwood Mac) placée en tête de la BO et signée The Highwomen, semble aux antipodes du reste, pourtant elle ne l’est point, car outre l’interprétation déterminée des 4 chanteuses on y trouve cette même percussivité et ces mêmes coups de guitares Folk-Rock plus tempérés. Ainsi, sur fond de violons et de synthés souvent discrets, Bryce Dessner s’est tout d’abord appuyé sur un set de percussions sourd et qui résonne comme les pulsations haletantes de 3 femmes s’étant plongées dans le grand banditisme à la place de leurs mafieux de maris ; ce groupe d’instruments trouve sa contrepartie dans des mélodies posées à la guitare électronique, que l’on attendrait pas pour un univers si violent, et qui soulignent le sentimentalisme latent des héroïnes tout autant que cette bande-son fait écho à leur for intérieur.

Remember Me – Pascal Gaigne

Pour cette romance du troisième âge, Pascal Gaigne a opté pour une instrumentation purement symphonique et une orchestration très variée où beaucoup d’instruments se font entendre au premier plan à un moment ou à un autre, un piano aux résonnances douces se percevant le plus souvent ainsi que les cordes et la harpe. Les pizzicati et notes marquées propres aux accents comiques vont de paire avec l’utilisation copieuse du vibraphone, donnant un aspect positif à cette intrigue qui tourne pourtant autour d’une maladie grave, l’incurable Alzheimer. D’ailleurs, c’est à partir du coeur de la bande-son qu’est ressentie une réalité moins réjouissante, quand l’écriture des arrangements et les interprétations des instrumentistes se font plus mélancoliques et redonnent à d’excellents thèmes un nouveau souffle, une autre couleur.

Didier Bianay

BO recommandée

(n°1081)

Bandes Originales Recommandées

After The WeddingMychael Danna

Une bande-son mélangeant 2 univers musicaux différents, l’un très atmosphérique, moderne voire futuriste aux harmonies sophistiquées, l’autre plus guindé et plus dramatique mettant en exergue un violoncelle grinçant et morose, des violons tourmentés et un piano mélancolique. Navigant entre ces 2 styles, Mychael Danna rappelle combien il sait être versatile, trouvant systématiquement les bonnes textures sonores pour donner de la poigne à ses compositions. À son travail s’ajoutent enfin 2 chansons originales, l’entraînant rock Tatterred And Torn de The Counterfits et la ballade Know You For A Moment, mélancolique, planante, qui se rapproche du concept du score tout en dévoilant les talents de chanteuse de l’actrice Abby Quinn.

Didier Bianay

BO recommandée

(n°980)

Bandes Originales Recommandées

The Nun – Abel Korzeniowski

D’une légèreté immaculée à une noiceur robuste. En clair la BO de The Nun est dans la même veine que sa pochette… Mais pour ce film d’Horreur c’est l’obscurité et le frisson qui domine ; ainsi le perçoit-on d’abord sur les choeurs féminins, brièvement lumineux, souvent tourmentés par des accords dissonnants et des glissandos descendants. Les timbres graves, voire gutturaux, des interprètes masculins en imposent et constituent aussi une des clés de voûte de ce score inspiré du chant écclésiastique. Cependant, Korzeniowski n’en a pas oublié les figures imposées de la musique d’Horreur, invoquant nombre de bourdonnements de cordes et sursauts orchestraux imprévisibles pour réveiller des accalmies au large éventail de sonorités lugubres. Un dernier plus est à dénicher du côté des respirations lyriques, rares pour le genre, où une écriture musicale d’une grande qualité et d’une noblesse appréciable réhausse l’émotionnalité de l’intrigue.

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°970)

Bandes Originales Recommandées

Harlots (Saison 2) – Rael Jones

L’univers de la prostitution londonienne au 18ème siècle sur du Rock et des influences musicales celtes. On se demanderait comment Rael Jones arrive à nous faire avaler la pillule… En vrai tout est dans la couleur et le tempérament de la bande-son dont l’entame, et son interprète, laissent entrevoir des personnages de caractère. Mais autre chose s’y dégage, comme dans nombre de pistes de la BO, c’est un aspect très dépouillé de la musique, matérialisé par des orchestrations évidées où parfois des voix féminines expriment pleinement leurs soupirs. Rien n’est lumineux, ni parfaitement propre dans cette bande-son griffée soit de rythmes légèrement gauches, soit d’instruments aux timbres dirt et grinçants tels les violons, le hurdy gurdy et les percussions. Aussi peu séduite à l’idée de dépenser une fortune pour un orchestre symphonique, la production a donc voulu donner un coup de jeune à cette série d’époque et souligner le ressenti des protagonistes à travers une musique moins intéressée par les décors que par leurs âmes tourmentées.

Didier Bianay

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2 BO recommandées

(n°944)

Bandes Originales Recommandées

  

L’Homme Qui Tua Don QuichotteRoque Baños

Lorsque l’on parle d’une grande aventure se déroulant dans les contrées espagnoles de Murcie, musicalement on voit le topo. Et si on rajoute que le compositeur est originaire de cette même région, on se dit que le régional de l’étape ne devrait pas se rater. Les coups de guitares passionnés et ensoleillés et les traits de flûte arabisants ne manquent donc pas de dépayser quand bien même Roque Baños utilise aussi les mêmes instruments à des fins plus mystiques, tout comme ses partitions de chœur tout droit sorties des pages sombres du Moyen-Âge. Pour ce qui est de dépeindre l’aventure, l’ancien étudiant de Berklee a été assez conventionnel, exploitant un orchestre de taille moyenne où des percussions lourdes et des cordes haletantes s’échangent les beaux rôles avec des cuivres vitaminés. Mais s’avèrent finalement majoritaires les moments plus calmes, lyriques, remarquables d’élégance et mélodieux surtout lorsqu’il s’agit de développer un thème principal naturellement efficace. Si Baños avait précédemment fait chou blanc avec le drame américain The Miracle Season, c’est sur ce retour aux sources qu’il rappelle pourquoi il est l’un des tout meilleurs au pays de Cervantès.

Rappel

M.F.A. – Sonya Belousova et Giona Ostinelli (Ostinelli/Belousova l’inépuisable tandem)

« Ce fut le cas pour le film de Natalia Leite M.F.A où ils ont exploité en sampling des bruits de souffles et les répliques du personnage principal, produisant une bande-son au concept central assez innovant. L’ajout très musical d’incalculables matériaux sonores, et d’un minimum mélodique laissent à penser que c’est sans doute sur ce thriller que le groupe a définitement apposé son style, tout en donnant la preuve que les outils électroniques peuvent développer une véritable âme… »

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°937)

Bandes originales recommandées

Au Service de la France – Nicolas Godin

Au service de la nostalgie, Nicolas Godin nous propose une bande-son rétro, qui se laisse écouter car très mélodieuse. Bien entendu, il fallait en amont une idée de la production sur l’objectif artistique qui était de rendre hommage aux musiques de séries d’espionnage des années 60 (Lalo Schifrin, John Barry, François de Roubaix etc.). Une grande latitude a aussi été laissée au compositeur qui alterne entre Jazz, Bossa Nova, Funk, Musette avec parfois quelques soupçons harmoniques orientaux, mais toujours sous un tempérament mesuré et élégant. Dans ce périple musical audacieux, le membre du groupe Air a été méticuleux sur le choix des musiciens, ayant invité des artistes issus du Jazz et partageant cette même amour pour les BO d’antan ; en complément, quelques cordes, cors et autres instruments plus symboliques comme le cymbalum ou l’accordéon élargissent l’instrumentation et apportent de la variété sonore. Jusqu’au-boutiste, Nicolas Godin a même désiré reproduire les conditions d’enregistrement de l’époque, en prise direct dans une pièce unique ; certes le rendu s’avère moins limpide que les productions actuelles mais la couleur du son est on ne peut plus authentique et si appropriée. Dépaysement auditif garanti.

Didier Bianay

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Benjamin Wallfisch sur King Of Thieves

(n°935)

News

Benjamin Wallfisch

Benjamin Wallfisch a récemment terminé la bande-son de King Of Thieves. Le thriller est réalisé par James Marsh et enregistre dans son casting les présences de Michael Caine, Tom Courtenay, Ray Winstone, Jim Broadbent, Charlie Cox, Paul Whitehouse, Michael Gambon et Francesca Annis. Inspirée de faits réels, l’intrigue suit de vétérants escrocs, auteurs du retentissant pillage de la Hatton Garden Safe Deposit Company. King Of Thieves sortira en septembre prochain.

Présenté jadis sur ce blog comme un grand espoir de la Musique de Film, Wallfisch s’est désormais installé dans cet industrie, et à une place de choix. En effet, 2017 a été une grande année pour le londonien, d’abord avec la nomination de la BO des Figures De L’Ombre aux Golden Globes, honneur qu’il a partagé avec Hans Zimmer. On a ensuite retrouvé les 2 hommes sur la partition de Dunkerque puis Blade Runner 2049 (21 nominations pour 2 récompenses). Seul, Wallfish a notamment signé la bande-son de Ça, le film d’horreur adapté du roman éponyme de Stephen King, et dont la musique thème a fait son petit effet l’automne dernier (video ci-dessous).

Bien occupé le compositeur se fera entendre prochainement sur le très attendu thriller Serenity ainsi que sur The Darkest Minds et Keepers. L’année prochaine son nom sera attaché à un reboot à gros budget, Hellboy.

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°921)

Bandes Originales Recommandées

Cobra Kai – Zach Robinson et Leo Birenberg

Pour évoquer Karaté Kid, film culte des années 80, il est évident que la musique de sa suite se voudrait rétro. Zach Robinson et Leo Birenberg ont confié à flickeringmyth.com avoir mis en parallèle 3 styles, du Pop-Rock aux guitares saturées et aux synthés kitsch représentant Johnny, au Hard Rock aux sonorités électro modernes reflétant ses élèves, en passant par le symphonique japonisé faisant référence au héros Daniel, et par extension, à la BO de Bill Conti. Si les séquences avec l’orchestre de 70 musiciens et les chœurs sont tout aussi cinématographiques que l’oeuvre de Conti, le duo a réservé flûte et harpe pour quelques clins d’oeil, préférant les nombreuses humeurs nostalgiques des cordes et la vaillance des cuivres. On n’oublie pas non plus la mélancolie de la guitare électrique sur certaines plages, idéale pour apporter du relief à un ensemble plutôt tendu. Assez varié le score prouve une rare ambition musicale pour un format de fiction où le timing est souvent un frein. Cette expérience constituerait même un coup d’accélérateur supplémentaire pour les carrières de 2 compositeurs connaissant depuis peu une ascension sensible.

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°916)

Bandes Originales Recommandées

Comme Des Garçons – Vladimir Cosma

Au football on appelle çà un caviar, la passe qui met dans la situation parfaite pour scorer ; et cette intrigue autour de la renaissance du foot féminin à la fin des années 60 fut idéale pour le taulier Vladimir Cosma. Le compositeur ne pouvant que jouer son jeu, on reconnaît son style de bout en bout lorsqu’il varie de mélodieux thèmes sous formes de ballade, slow-rock, soul, jazz, jazz manouche ou valse. Concernant l’orchestration la teinte rétro est dépeinte d’emblée par la mise en avant de l’accordéon et de la clarinette, avant que le dynamisme et les sonorités des guitares électriques ou acoustiques appuient à la fois la musicalité de la bande-son et une authenticité 60’s ; on notera aussi d’excellents arrangements symphoniques, souvent utilisés pour amplifier une humeur dans certaines compositions. Pour son premier film le réalisateur Julien Hallard aura donc tiré parti de la polyvalence et de la technicité hors-pair de Vladimir Cosma tout comme il aura pu profiter de cette tendresse amusée que le compositeur a su insuffler à cette positive comédie.

Didier Bianay

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2 BO recommandées

(n°906)

Bandes Originales Recommandées

  

The City and the City – Dominik Scherrer

Dur, dur de faire la bande-son d’un concept labellisé « infilmable ». Car l’adaptation du roman éponyme fait le distinguo entre 2 villes postmodernes complètement différentes mais imbriquées l’une dans l’autre, avec au centre de l’intrigue un mystérieux meurtre. Dès les 2 premières pistes le compositeur donne les indices de son approche générale faisant succéder au son électro dirty d’Ul Qoma une valse moderne aussi guindée que nostalgique pour Besźel. C’est ensuite que la voix mystique de Charlotte Hug suggère l’influence d’une 3ème ville, disparue depuis. Même si l’ensemble est plutôt dominé par le style d’Ul Qoma, par lequel Scherrer expose une grande quantité de textures sonores et des harmonies étranges, les références à Beszel et Orciny subsistent respectivement par un piano ou une guitare abimés et des chœurs célestes ; une nécessité, l’enquête chevauchant 2 villes issues d’Orciny. Pour sa 4ème collaboration avec Tom Shankland, Scherrer nous offre ainsi 41 minutes d’une ambiance sombre et bizarre, très marquée, dans le droit fil de celle que China Miéville avait dépeint dans sa « weird fiction » éditée en 2009.

Secret Of The Nile – Amin Bouhafa

Il aura fallu attendre 2 ans pour que la BO de Secret Of The Nile (Grand Hotel) sorte et pourtant elle valait le coup ! Pour cette production Netflix où un homme intègre le personnel d’un hôtel de luxe à la suite de la disparition de sa sœur qui y travaillait, c’est le talent d’Amin Bouhafa qui a été sollicité. Bien que d’origine tunisienne et sur une intrigue fixée en Égypte, le compositeur n’a pas versé dans la musique orientale, qu’il maîtrise déjà sacrément. Non la bande-son est plutôt occidentale et accaparée par les cordes quant un piano, une harpe, un accordéon et une flûte apportent deci delà un peu de brillance ou de fragilité. Après un départ au lyrisme fiévreux on atteint assez rapidement le mystère sans toutefois quitter cette teinte sombre, élégante et romantique qui est le socle d’une BO plutôt lente. Avec cette partition impeccable le jeune Bouhafa prouve encore une énorme technique d’écriture ; déjà césarisé, on ne peut plus dire que ses aptitudes sont un secret, il vit déjà à l’heure de la confirmation.

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°893)

Bandes Originales Recommandées

Gangsta – Hannes De Maeyer

Pour son troisième film avec les réalisateurs Adil El Arbi et Bilall Fallah, Hannes De Maeyer se plonge dans le monde du crime organisé avec Gangsta où des dealers en herbe déclenchent une guerre de vrais gangs qui finit par les dépasser. Le compositeur belge, réputé versatile, propose sur cette bande-son ce qui fait penser à du Rob, à savoir des synthés et du sound design crasseux accompagnés de sonorités très pures qui peuvent procurer successivement et simultanément noirceur et lumière. L’autre intérêt se retrouve dans ces percus assez 80’s exécutant des beats pop de la même décennie et qui donnent à l’ensemble une teinte faussement rétro et catchy ; même sur les ambiances plus mesurées la BO ne perd pas de vue ce côté haletant et dynamique puisque des leitmotivs rapides et des percus plus modernes suffisent à maintenir son élan. Enfin, le plus mémorisable reste l’efficace thème principal bien développé tout au long d’un score étonemment audacieux pour le genre Action et qui peut s’apprécier aisément sans la moindre image.

Didier Bianay

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3 BO recommandées

(n°868)

Bandes Originales Recommandées

     

Travelers – Adam Lastiwka

Le prolifique Adam Lastiwka a voulu faire quelque chose de futuriste, et c’est réussi. Prolifique, le canadien l’a été aussi sur les sonorités électroniques de cette bande-son qui en grouille littéralement. Mais pour dépeindre en musique les aventures de voyageurs temporels salvateurs Lastiwka garde tout de même un concept en surbrillance, l’emploi massif de la distortion même sur des instruments acoustiques, à tel point que ces derniers passeraient pour des synthés. Cela n’empêche pas au compositeur de mettre de la lisibilité dans son orchestration, posant des sonorités limpides pour contrebalancer des basses fréquences volontairement embrouillées et point contemporaines. Mais plus qu’un excellent sound design la BO de Travelers conserve une musicalité, discrète mais appréciable, quant certains morceaux par leurs rythmes haletants, affirmés ou non, nous maintiennent dans l’urgence ; car pour ces time travelers s’immiscer discrètement dans l’entourage d’un hôte demeure un combat de tous les instants.

Si Tu Voyais Son Cœur – Gabriel Yared

Cette BO symbolise quelque part le mal qui ronge le Cinéma français ces derniers temps, la musique originale y trouve de moins en moins sa place. Pourtant la réalisatrice Joan Chemla tenait en la personne de Gabriel Yared un excellent compositeur. Propulsé dans un projet taillé pour lui le franco-libanais a rappelé sur cette bande-son symphonique qu’il est un orchestrateur hors pair, tant l’orchestration de sa partition est limpide et pleine d’élégance. Un vrai régal qui est quelque peu modernisé par le choix d’une réverbe longue ajoutant une certaine intimité à la profondeur d’une flûte, à la fragilité du piano, et une certaine chaleur au mini-orchestre quand il se déploie mélancoliquement. Malheureusement, la BO est très courte, comptez 18 minutes, sur un film d’1 h 26… Dommage car la plume de Yared avait de quoi porter ce drame sentimental, psychologique, basé sur la rédemption, et jouer davantage avec la couleur de son contexte sombre.

Rappel

La Forme de L’eau – Alexandre Desplat (Golden Globes 2018 : les bonnes habitudes de Desplat, Pasek et Paul)

« …le français a réussi à se détacher en marquant les esprits par sa bande originale acidulée, nous emportant dans une féérie et un romantisme à toute épreuve… « Ce film traite de l’amour. Rien d’autre. Amour. Partage. Humanisme et respect. La musique devait transmettre cela », s’est-il exprimé après cette 75ème édition. C’est dans cette optique que ce flûtiste de formation a donné beaucoup de champ à différents timbres de bois, naturellement sensibles, sans même proposer un son imposant dans les scènes les plus brutales, l’absence de trompettes aidant. Ainsi l’idée de l’eau était autant présente à travers les mouvements incessants de la caméra que dans la puissance limitée d’un orchestre semblant constamment immergé, selon les dires du compositeur à billboard.com. »

Didier Bianay

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