BO recommandée

(n°1206)

Bandes Originales Recommandées


Freud – Stefan Will

C’est à force d’enquêter sur la face sombre de l’humanité que le jeune Sigmund Freud se retrouve lui-même menacé d’un obscur complot en compagnie d’une voyante. Pour ce thriller, Stefan Will propose un score électro-symphonique habile, le mélange étant délicat lorsqu’il s’agit d’une intrigue située vers la fin du 19ème siècle… Bien sûr, l’objectif était d’apporter un fond de modernité à cette toute récente série et de se reférer donc aux repères de la musique de Thriller actuelle où des synthés génèrent accords lugubres, ostinasti, leitmotivs et quantité de sonorités tranchantes et anxiogènes ; en parallèle le même travail fut effectué plus ostensiblement à travers des vocalises, des cordes, des percussions ou des bois, davantage grinçants ou grossiers. En somme vous sont réservées 50 minutes d’emprise d’une partition sombre qui ne laisse place qu’à de très rares éclaircies (Change The World) et à de timides mélodies aussi moroses que mystérieuses.

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°1201)

Bandes Originales Recommandées

Master – Anirudh Ravichander 

À seulement 29 ans, le compositeur Anirudh Ravichander fait partie des valeurs sûres du Cinéma indien. Pour le thriller d’action spectaculaire Master où un professeur prénommé Vaathi sauve toute une école, il fusionne la musique indienne traditionnelle avec des outils et techniques électroniques. La richesse des rythmes y est et ils s’avèrent percutants, voire nerveux ou frénétiques ; une grande variété d’instruments typiquement indiens sont entendus (shehnai, dholak etc.), couplés à des instruments plus occidentaux ainsi que des synthés, ces derniers conférant une teinte aérienne. À l’inverse basse et synth-bass renvoient à des émotions plus terre-à-terre, sombres et dirt et sont surtout mis en valeur dans les déchaînements musicaux que constituent Vaathi Coming, Vaathi Raid, Polakattum Para Para, compositions dévoluent au héros et à l’antagoniste. Et bien sûr mention spéciale aux nombreux chanteurs invités et à leurs interprétations lyriques qui avivent cet album en tanglish (tamoul-anglais) qui a de quoi faire bouger, s’évader, même confiné.

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°1191)

Bandes Originales Recommandées

On April 8th, I Lost My Mind – Elliot Joseph

Port du casque audio obligatoire, car pour ce court-métrage original qui rend hommage à la série La Quatrième Dimension, Elliot Joseph propose une bande-son en… 3 dimensions. C’est dès la 3ème piste (Dr Bailey, Dr Daily) qu’interviennent des bruits plus ou moins lointains semblant émaner des infrastructures de cet hôpital où le protagoniste et ses acolytes, qui en savent trop, demeurent piégés ; s’y rajoute l’aiguille indiscrète d’une d’horloge symbolisant le temps, la 4ème dimension. Au niveau instrumentation, ce sont surtout les sonorités électroniques qui s’avèrent assez spatialisées, certains synth-bass moroses enveloppant même d’un sentiment d’oppression. Elles sont le lien avec le reste de l’orchestration et ses cordes sinistres, ses leïtmotifs mystérieux au piano, ses saisissants coups de cuivres, et ses roulements de caisses claires rappelant la profession militaire du Capitaine Carter. Bref, 27 minutes de score binaural, immersif tant dans la dimension de l’expression que dans l’expression de la dimension.

Didier Bianay

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2 BO recommandées

(n°1186)

Bandes Originales Recommandées

  

WendyDan Romer et Benh Zeitlin

Wendy et d’autres enfants se retrouvent perdus sur une île mystérieuse où le temps n’a pas de prise sur eux. Vous reconnaîtrez ici l’univers de Peter Pan et ses bambins qui veulent défier chaque seconde qui passe. Pourtant à travers les premières pistes de la BO l’on sent que le temps presse et que l’aventure est de mise, cordes haletantes, percussions acidulées et cycliques donnent un tempo plus ou moins affirmés à l’ensemble. Utilisés avec parcimonie et délicatesse, les cuivres s’expriment avec un ton qui correspond aux personnages principaux, étant à la fois épiques et enfantins. Mais c’est pour dépeindre ce monde mystérieux que le tandem Zeitlin/Romer s’est montré inspiré et inspirant. Sur un fond de synthés et de cordes un brin dramatiques s’étale une riche instrumentation parfois surprenante avec xylophone, bols tibétains, steeldrum, célesta, harpe etc… et plus dépaysant encore sont les profonds effets de réverbe-delay qui génèrent des sonorités lunaires particulièrement saisissantes.

Miss Fisher and the Crypt of Tears – Greg J. Walker

Mister Greg J. Walker ayant été jadis le compositeur attitré de la série Miss Fischer Enquête (2012-2015), c’est tout logiquement que le réalisateur Tony Tilse l’ai rappelé pour ce long métrage consacré à l’enquêtrice coquette des 20’s et dont les nouvelles aventures se déroulent au Moyen-Orient. Le contagieux morceau All Of You commence à dévoiler le concept de la BO en mélangeant swing, jazz et sonorités orientales et il ne faut attendre bien longtemps avant qu’un choeur féminin cristallin ou un santur ne soulignent mystère et fantastique. On retrouve évidemment d’autres d’instruments propres au Moyen-Orient, flûte ney, oud ou saz, joués par des instrumentistes originaires du cru si authentiques lorsqu’ils se laissent aller à de fervents solos… L’autre bonne surprise vient des cordes, désuettes, décontractées ou haletantes, elles évoquent en tout point la Musique de Film d’antan lorsqu’elles s’enveloppent d’élégantes harmonies, appuyant une ambition musicale aussi rigoureuse que payante.

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°1181)

Bandes Originales Recommandées


L’Appel de la Forêt – John Powell

Arraché de sa vie paisible en Californie et emmené de force dans les contrées sauvages et froides du Yukon, on ne peut dire que le chien Buck ait répondu à un quelconque appel ; du moins au début mais l’oeuvre de Jack London visait son évolution, d’animal domestique gâté à bête coriace, et ce défi auquel il prendra goût. D’ailleurs on le sent à travers la musique, qui n’est pas dramatique, bien que parfois mélancolique avec un soliste en exergue. Teintée d’instruments typiques de la folk et de la country pour aller de paire avec des paysages nord-américains grandioses (guitare acoustique, harmonica, banjo, fiddle), la partition de John Powell met surtout en avant la voix ample d’un vaste orchestre où les cordes sont tantôt lyriques, tantôt haletantes et où les cuivres prennent des accents épiques pour signifier la bravoure d’un chien qui ne s’apitoie guère sur son sort. En guise de pépite, on notera l’aspect mystico-spirituel des choeurs féminins ou masculins qu’on eût souhaité davantage présents dans cette bande-son appelant l’imaginaire à une grande et touchante aventure.

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°1169)

Bandes Originales Recommandées

Babylon Berlin Vol.2Johnny Klimek, Tom Tykwer et artistes variés

Si vous avez pris Allemand en LV2 ou mieux en LV1 vous devriez apprécier cet album… Non trêve de plaisanterie pour une intrigue située durant l’Allemagne de l’entre-deux-guerres où l’inspecteur Gereon Rath et son assistante Charlotte Ripper enquêtent sur la mort d’une star de cinéma. On trouve un peu de tout au niveau des titres, entre chanson vraiment issue des 20’s (Raus mit den Männern), des instrumentaux plus récents au style 20’s (du Bryan Ferry Orchestra) ou encore des chansons originales de Johnny Klimek et Tom Tykwer qui elles aussi nous ramènent 90 ans en arrière. Majoritaire, le score s’approche de la musique de Thriller car leitmotivs, rythmes haletants, cordes dramatiques et notes de piano lapidaires, mystérieuses ou froides sont de sortie avec, en prime, une habileté des compositeurs à infuser naturellement des éléments jazzy à chaque détour de cette entêtante bande-son, créant du liant avec les chansons et l’époque de l’intrigue. Du coup, on en oublierait même les quelques sonorités électroniques qui épousent cette noirceur, cette incertitude et le modernisme affirmé de la réalisation.

Didier Bianay

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4 BO recommandées

(n°1156)

Bandes Originales Recommandées

 
 

On se retrouve le mardi 07 Janvier 2020 pour d’autres actus BO dont un petit compte-rendu sur les compositeurs vainqueurs aux Golden Globes.

En attendant je vous invite à découvrir ma dernière compo « Ron » qui alterne entre gaité, romantisme mélancolie et… angoisse. A +.

Didier Bianay

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2 BO recommandées

(n°1152)

Bandes Originales Recommandées

  

Mr. Robot (Vol.7) – Mac Quayle 

Mac Quayle, Sam Esmail, et Mr Robot, une connivence artistique qui fait mouche depuis 4 ans car c’était déjà pour une composition de la bande-son de la saison 1 que le compositeur avait décroché un Emmy en septembre 2016. Avec le volume 7 qui reprend des compositions des 6 premiers épisodes de la saison 4, Mac Quayle propose à nouveau une BO électronique sombre et mystérieuse un poil lugubre, parfois cristalline. De la vrai musique de Thriller agrémentée d’un impressionnant panel de sonorités électroniques, souvent saturées et d’une certaine rondeur qui laisse à penser qu’il tient là le meilleur volume des 7 sortis jusqu’alors, surtout par l’amélioration de la qualité sonore et un mixage plus atmosphérique. Mac Quayle montre donc qu’il ne s’endort pas sur sa statuette et qu’il reste un grand manitou de l’électro, capable qu’il est de donner une âme à ses sonorités électroniques sans donner l’impression de forcer, mais avec une plus profonde réflexion autour de leurs caractères.

Dr. Stone Original Soundtrack 2 – Tatsuya Katō, Hiroaki Tsutsumi et Yuki Kanesaka 

Un trio de compositeurs chanceux, très chanceux, pour une intrigue ou peu de personnages ont survécu à une apocalypse de pétrification, car grand intérêt à été porté à la musique à en juger par la quantité fournie sur ce volume 2 qui propose près de 2 heures de musique, après les 1h15 du volume 1 pour cette même première saison… Et pas de quoi s’ennuyer puisqu’une grande diversité de sonorités est proposée avec, en plus des instruments de l’orchestre symphonique, une belle collection d’instruments et de percussions issus des quatre coins du monde tout comme des genres musicaux variés, Pop, Jazz, Rap ou même Reggae etc.. L’usage parcimonieux de l’instrumentation représente l’isolement des personnages et est réhaussé par une certaine positivité que met en exergue les arrangements du score et des chansons originales engageantes et inspirantes. À cette partition plutôt lumineuse et poétique, vu le concept, s’ajoutent tout de même de convaincantes séquences épiques ou inquiétantes surtout à la toute fin de la BO, trahissant les nouveaux défis d’un nouveau monde.

Didier Bianay

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2 BO recommandées

(n°1148)

Bandes Originales Recommandées

  

The Song Of Names – Howard Shore

L’histoire d’une amitié entre 2 garçons d’origines juives, que ni la guerre, ni la distance n’ont pu briser. Pour dépeindre Dovidl, le prodigieux violoniste qui disparaît la veille du concert de sa vie et dont l’ami veut retrouver la trace, la bande-son est menée par un autre violoniste virtuose, l’australien Ray Chen et son jeu d’une grande sensibilité. Le concept musical est d’ailleurs dominé par les cordes, et parmi elles émergent beaucoup des altos aussi intéressants par l’effet rétro qu’ils génèrent sur la teinte sonore de la bande-son, que par la voilure de leur timbre qui se prête aux accents moroses ; leurs nombreux accords dissonants renforçant tout autant cette dernière impression. Outre Chen, on croise un autre grand invité sur cette bande-son en la personne de Daniel Mutlu, un chanteur lyrique israélien aux interprétations poignantes qui appuient la triste beauté d’une partition assez noble.

Just Mercy – Joel P. West

Autre ambiance, mais tout aussi dramatique, pour le biopic consacré à Bryan Stevenson, un avocat noir qui s’est attaqué aux penchants racistes de la justice américaine au cœur des 80’s. Joel P. West expose les ingrédients phares de la culture musicale afro-américaine par des instrus Jazz, Blues ou un chœur gospel, soutenus de cordes dramatiques ; s’y faufile parfois ce qui s’apparente à de la musique de thriller avec répétitions de motifs mélodiques ou de notes qui procurent une musicalité plus introvertie, moins narrative et souligne la menace et l’appréhension auxquelles font face Stevenson et Ansley devant toute une société hostile. Mais le meilleur est pour la fin où West, sans se départir de son concept, donne un léger twist plus lumineux porté par un chorus plus exalté à partir du magnifique et court morceau Church, une jurisprudence sur laquelle le travail harmonique du compositeur prend des couleurs jusqu’à en devenir surprenant.

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°1145)

Bandes Originales Recommandées

The Mandalorian (Chapter 4) – Ludwig Göransson

Si ce n’est déjà fait, je vous invite à lire l’article sur les 2 BO des 2 premiers épisodes que j’avais recommandées il y a quelques semaines ; car là pour la musique de l’épisode 4 il s’agit d’une extension du concept de départ par une instrumentation plus organique et une humeur parfois très sentimentale. Guitare acoustique et bois sont très audibles dans la première partie de cette courte BO de 21 minutes, pour un épisode dans lequel le chasseur de prime se retrouve dans un village forestier menacé. On notera aussi un peu de spiritualité à travers l’utilisation de bols, de gongs ou l’ajout de chants gutturaux, complétant le panel sonore inédit inhérent à cette aventure.

Didier Bianay

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2 BO recommandées

(n°1130)

Bandes Originales Recommandées

  

The Mandalorian Chapter 1 et Chapter 2 – Ludwig Göransson

Les aventures d’un chasseur de primes galactique, tel est ce que réserve The Mandalorian, Disney mélangeant Star Wars et Western. L’affiche de la série va dans ce sens tout comme la partition de Ludwig Göransson qui a retrouvé en ce spin-off un sacré défi et l’a relevé avec espièglerie. Car il y a effectivement du Morricone dans ces rythmes galopants, cette guitare wave, ce marranzano et ce motif mélodique mystérieux rappelant Le Bon, La Brute et Le Truand. La BO est aussi fortement modulante au niveau de son intensité, alors inutile de régler le volume puisqu’on alterne naturellement entre une musique très intimiste et des séquences plus véhémentes ; le compositeur suédois y confronte également une orchestration symphonique, ponctuée de quelques cuivres pétaradants, à une grande variété de sons organo-électroniques audacieux, brutaux, nerveux, surpenants et dépaysants.

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°1125)

Bandes Originales Recommandées

Watchmen – Trent Reznor et Atticus Ross

Quelque chose de malsain se trame à Tulsa où des suprémacistes blancs intimident tant les policiers que leurs familles et c’est pour souligner au mieux ce contexte troublé et tendu que le tandem oscarisé Reznor/Ross a été appelé. À vrai dire les 2 compositeurs n’ont dégainé que très peu d’instruments acoustiques, par de grosses orchestrations symphoniques sur de courtes compos du style trailer (American Promo Story et Trigger Warning) et quelques interventions souvent mélancoliques au piano. Pour le reste c’est de l’Électro de haute facture, tout d’abord sombre et immersif du fait des habitudes de ce duo à excentrer les basses au maximum ; en parallèle les saturations sur les synthés, les guitares électriques et même les percussions vont crescendo, amplifiant un concept sonore caractériel, sale et morose même si quelques rythmes mordants peuvent, ma foi, faire opiner du chef.

Didier Bianay

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3 BO recommandées

(n°1121)

Bandes Originales Recommandées

  

Mon Chien Stupide – Brad Mehldau

Un père en pleine crise de la cinquantaine qui a envie de tout plaquer, ses enfants, sa femme et qui retrouve du réconfort chez un chien mal élevé. Drôle de point de départ pour une comédie, et pour réadapter le roman éponyme de John Fante, Yvan Attal a de nouveau fait équipe avec le pianiste de Jazz Brad Mehldau, les 2 hommes ayant collaboré sur Ma Femme Est Une Actrice et sur Ils Se Marièrent et Eurent Beaucoup D’Enfants, il y 15 ans et plus. Déjà. Le temps passe si vite… C’est d’ailleurs la thématique de ce film et de la musique qu’on devine en référence avec le for intérieur d’un écrivain sur le déclin. D’une contrebasse un temps moribonde on débouche sur une nostalgie incessante au piano, l’instrument dominant d’une instrumentation modeste, au ton intimiste. Pourtant mélodieuse, la bande-son ne s’illuminera jamais vraiment, trahissant l’insatisfaction, la quête tenace d’une gloire lointaine.

Charlie’s Angels – Artistes variés (Album)

Ça commence en fanfare avec les cuivres énergiques du morceau How It’s Done et son instru funky, avant qu’Ariana Grande ne prenne le relais pour signer 4 chansons originales sur les 8 de l’album, visiblement très inspirée par les nouvelles aventures de la franchise et ces équipes de femmes fortes disséminées de par le monde. Le style de l’album est dans le droit fil de la mentalité de ce reboot avec une musique girly, audacieuse et très moderne, enchaînant des références rétro au Funk, Reggae, House, Hip-Hop, Soul revisitées avec des beats plus actuels et un mixage percutant. Enfin, mention spéciale à Gigamesh qui propose un remix échevelé du classique de Donna Summer, Bad Girls, sans oublier Black Caviar et sa reprise tout aussi dansante du main theme de la série des années 70, un clin d’oeil au passé et une liaison avec le présent qui résume l’optique de cet album plein de spontanéïté.

Why We HateLaura Karpman

Laura Karpman aime mettre la tête là où la majorité des artistes ne mettent les pieds. Ceux qui la connaissent se le voient rappeler dès l’entame de la BO par une collection d’accords enrichis dans les graves, écriture que l’on déconseille aux compositeurs débutants. Mais son doctorat de musique accroché au mur, contrairement à Dr Dre, Karpman sait ce qu’elle fait, et à propos, car cette audace apporte quelques expressions baveuses à une série documentaire menant une réflexion autour de la haine. En 65 minutes d’une bande-son gangrénée d’harmonies sophistiquées, les cordes ne cessent de grincer, souvent grossièrement, quant peuvent nous hérisser certaines vocalises très dissonantes ou exhalations sauvages. En prolongement de mélodies sinistres, la compositrice nous immerge d’un prolifique travail sur l’interprétation, forçant à la maladresse tout un orchestre symphonique et conférant aux instruments des tons si appropriés, car si inappropriés…

Didier Bianay

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3 BO recommandées

(n°1120)

Bandes Originales Recommandées

  

Modern Love – Artistes variées

L’Amour, le sentiment ayant le plus inspiré les artistes des siècles durant et dont Amazon a voulu faire l’éloge en huit intrigues variées, entre humour, drame et tendresse. On retrouve effectivement ses 3 sentiments dans cette BO Pop-Folk de 43 minutes comportant une écrasante majorité de chansons originales, le texan Gary Clark étant l’artiste qui murmure le plus souvent à nos oreilles avec 4 titres dont le contagieux Human Love. De son côté Anne Hathaway flirte avec la comédie musicale sur Bipolar Girl d’un entrain amusant quant Nerina Pallot ou encore le tandem Lora Lynn/Thomass Dydahl nous emporte par leurs voix suaves et leurs compositions nostalgiques (Circus, Days Aren’t Long Enough). On trouve sur l’album peu de noms connus, certes, mais beaucoup de talent chez de jeunes artistes visiblement consciencieux, d’une même génération, sur la même longueur d’onde.

Cecchi Gori, Una Famiglia Italiana – Max Di Carlo

Je ne saurais vous montrer comment se prononce exactement le titre de ce documentaire italien consacré à la dynastie Cecchi Gori, une famille ayant enfanté et developpé ce qui est devenu le plus grand groupe audiovisuel italien. Tout d’abord assez entraînante, limite festive, pour dépeindre l’âge d’or du groupe dans les années 80 et 90, la bande-son prend rapidement une tournure mélancolique. On troque alors la Dance pour l’Électro-symphonique avec l’arrivée de cordes et d’un piano sensible en vue d’une musique obsessionnelle et assombrie, bien que des rythmes marqués et des fonds d’accompagnement trépidants maintiennent un brin de vivacité. En rajoutant une guitare acoustique et une guitare électrique souvent enrichie d’effets sonores, Max Di Carlo propose l’instrumentation-type pour dépeindre émotionalité et modernisme, mais la réhausse d’une orchestration qui l’exploite au mieux et d’arrangements assez parlants.

Un Monde Plus Grand – Valentin Hadjadj

L’intrigue du film est inspirée d’une histoire vraie, celle de Corine Sombrun qui a complètement changé de vie à la suite d’un drame, passant de la rationalité du monde occidental, à l’irrationalité des croyances chamaniques mongoles. La bande-son aussi opère rapidement un revirement après le mélancolique thème romantique qui l’initie, laissant apparaître des instruments qui invoquent exotisme et spiritualité tels une flûte et des bols chantants. On remarque dès lors, au niveau des textures sonores, une teinte plus sombre et voilée, et au niveau de l’écriture, des arrangements plus planants et nombres d’harmonies étranges. Ayant désiré souligner la notion des opposés, la réalisatrice Fabienne Berthaud a vu sa vision amplifiée par cette dualité musicale entre Orient et Occident, d’une certaine sobriété de ton qui révèle une aventure intimiste, un voyage davantage intérieur que géographique.

Didier Bianay

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BO recommandée

(n°1112)

Bandes Originales Recommandées


Donne-Moi Des Ailes – Armand Amar

Le film est déjà un franc succès en salle et sa BO parue dans la foulée en est la cerise sur le gâteau. Planante et très lumineuse, la musique d’Armand Amar cadre parfaitement avec cette intrigue où un scientifique et son fils tente de sauver une espèce d’oies en voie de disparition grâce à un ULM. Le compositeur était accompagné de quelques acolytes tels Mathieu Coupat, Laurent Coubier et Hugo Gonzalez Pioli autour d’un même concept sonore où dominent des cordes lentes, aériennes, ou encore un piano, un accordéon et des bois d’une douceur nostalgique, le tout relevé d’arrangements à la guitare acoustique. Bien qu’elle soit rarement exploitée à plein régime, l’instrumentation orchestrale s’avère assez variée, Armand Amar ayant pu s’en contenter, mais l’ajout d’arrangements vocaux mixtes par l’intermédiaire de chœurs ou de solistes a approfondi sa partition en y ajoutant un supplément d’âme et de tendresse. Parmi ces voix émerge celle d’Anne Sophie Versnaeyen, plus amplement employée sur You Are Not Alone, une inspirante chanson originale qui n’en oublie l’essence sonore et mélodique de la bande-son ; et il en va un peu de même de ce twist hypnotique vers la musique de Thriller moderne qui accompagne les situations plus problématiques de ce feel good movie. À moins que ce soit un road movie…

Didier Bianay

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1 BO recommandée

(n°1090)

Bandes Originales Recommandées

Les Hirondelles De Kaboul – Alexis Rault

La 2ème collaboration entre la réalisatrice Zabou Breitman et le compositeur Alexis Rault après Paris, etc. mais ici c’est pas Paris, c’est Kaboul, précisément le Kaboul des années 90, où le fanatisme des talibans s’imposait jusqu’à en interdire la musique. C’était déjà le premier défi du compositeur, de son aveu à Radio Festival, à savoir symboliser le silence par la musique, d’où un score très épuré sur le début. De la lenteur et des grincements du quatuor à cordes naît aussi cette impression de désolation, de dureté et de noirceur qui est repris par une instrumentation très variée parmi laquelle la flûte alto, des murmures féminins ou une mandoline procurent cette nécessaire sensation de dépaysement. La musique prend de l’ampleur à mesure que le cadre du film s’universalise, et trouve son apogée dans le court titre Holm, d’Emel Mathlouti, l’aboutissement d’un concept sonore subtil et captivant.

Didier Bianay

2 BO recommandées

(n°1087)

Bandes Originales Recommandées

  

Les Baronnes – Bryce Dessner

La reprise du titre The Chain (Fletwood Mac) placée en tête de la BO et signée The Highwomen, semble aux antipodes du reste, pourtant elle ne l’est point, car outre l’interprétation déterminée des 4 chanteuses on y trouve cette même percussivité et ces mêmes coups de guitares Folk-Rock plus tempérés. Ainsi, sur fond de violons et de synthés souvent discrets, Bryce Dessner s’est tout d’abord appuyé sur un set de percussions sourd et qui résonne comme les pulsations haletantes de 3 femmes s’étant plongées dans le grand banditisme à la place de leurs mafieux de maris ; ce groupe d’instruments trouve sa contrepartie dans des mélodies posées à la guitare électronique, que l’on attendrait pas pour un univers si violent, et qui soulignent le sentimentalisme latent des héroïnes tout autant que cette bande-son fait écho à leur for intérieur.

Remember Me – Pascal Gaigne

Pour cette romance du troisième âge, Pascal Gaigne a opté pour une instrumentation purement symphonique et une orchestration très variée où beaucoup d’instruments se font entendre au premier plan à un moment ou à un autre, un piano aux résonnances douces se percevant le plus souvent ainsi que les cordes et la harpe. Les pizzicati et notes marquées propres aux accents comiques vont de paire avec l’utilisation copieuse du vibraphone, donnant un aspect positif à cette intrigue qui tourne pourtant autour d’une maladie grave, l’incurable Alzheimer. D’ailleurs, c’est à partir du coeur de la bande-son qu’est ressentie une réalité moins réjouissante, quand l’écriture des arrangements et les interprétations des instrumentistes se font plus mélancoliques et redonnent à d’excellents thèmes un nouveau souffle, une autre couleur.

Didier Bianay