La Bio : Jerry Goldsmith

Biographies De Compositeurs De Musiques De Films

Jerry Goldsmith

Jerry Goldsmith

Véritable monstre sacré de la Musique de Film, Jerry Goldsmith a considérablement marqué sa discipline en plus d’y avoir laissé des chefs d’œuvre.

Ses débuts

Né à Pasadena le 10 février 1929, Jerry Goldsmith grandit à Los Angeles. Il y apprend le piano dès l’âge de 6 ans et étudie l’art de la composition dès 14 ans. Pendant ses études il reçoit une solide formation de la part de Jacob Gimpel, Mario Castelnuovo Tedesco et surtout de son idole Miklos Ròzsa. Par la suite il intègre la chaine CBS et fait ses armes en composant pour un grand nombre d’émissions, faisant par la même occasion connaissance avec ses futurs fidèles collaborateurs du Cinéma. Rapidement Hollywood lui fait les yeux doux puisque son travail sur la série La Quatrième Dimension est un succès en 1960. Ainsi malgré un premier pas dans le Cinéma en 1957 avec le western L’homme Au Bandeau Noir c’est à partir du film Seuls Sont Les Indomptés (1962) que sa carrière prend un virage cinématographique plus franc.

Un caractère musical remarquable…

Lors de ses 2 premières décennies dans le Cinéma, le style de Jerry Goldsmith est assez dynamique, impulsif voire turbulent tant par sa rythmique que par sa façon de transiger avec les codes de la musique cinématographique de l’époque. C’est ainsi que Goldsmith aime à l’occasion faire des contrepoints et se détacher de l’Image, comme pour le générique de Rambo qui en a surpris plus d’un… Il se constitue aussi comme un avant-gardiste en pratiquant le dodécaphonisme, la musique sérielle, et d’autres innovations musicales décalées initiées par de grands compositeur du Classique du 20ème siècle (Stravinski, Debussy ou encore Ravel). Doté d’une inspiration très prolifique, il s’est aussi beaucoup attelé à la recherche de sonorités toutes plus originales les unes que les autres, détournant l’usage d’instruments classiques, incorporant d’autres plus exotiques quand il n’utilisait pas carrément des objets de la vie courante. À l’aube des 80’s sa soif de nouveautés sonores s’est trouvé étanchée par l’émergence des synthés électroniques. Il en fera toutefois un usage modéré en les incluant dans ses orchestrations symphoniques. C’est aussi à cette époque que son style s’adoucit, et devient plus accessible.

…et bien remarqué

18 nominations aux Oscars en 36 ans, telle est la statistique la plus hallucinante de ce compositeur. Mais il ne soulève l’oscar qu’en 1976 pour sa BO du film La Malédiction et voit dans sa carrière le talent de John Williams lui faire quelque peu de l’ombre. Faisant partie des tous meilleurs à une époque où la Musique de Film était à son apogée, Jerry Goldsmith a été maintes fois sollicité par certains réalisateurs tels Robert Wise (La Canonnière Du Yang-Tse, Star Trek, Le Film), Tom Gries (Les 100 Fusils), Paul Verhoeven (Total Recall, Basic Instinct, Hollow Man), Joe Dante (Gremlins, Small Soldiers) ou encore Franklin J. Schaffner (La Planète Des Singes, Papillon, Ces Garçons Qui Venaient Du Brésil). Dans une filmographie longue de plus de 250 références et s’étalant sur plus de 50 ans on peut rajouter parmi les plus notables, Mulan, La Momie, la saga Poltergeist, Le Lion Et Le Vent ou encore Tora! Tora! Tora!. Sa carrière pour le Petit Écran a aussi bien été récompensée puisqu’il a reçu 4 Emmys notamment pour le thème de Star Trek : Voyager.

Son héritage

Décédé le 21 juillet 2004, Jerry Goldsmith laisse derrière lui un grand héritage, ayant apporté une nouvelle évolution à la Musique de Film comme l’avait fait Max Steiner dans les 30’s. Avec son style vivace il a surtout apporté un souffle nouveau à l’agitation des scénarios des films d’action, de science fiction ou d’horreur, tiens, les mêmes créneaux qu’un de ses confrères de la génération suivante, Marco Beltrami. Ce dernier n’a jamais caché avoir été influencé par Goldsmith et a même déclaré un jour : « Sans Jerry, la Musique de Film serait tout autre. Je pense qu’il a, plus qu’un autre compositeur, bâtit un lien entre les anciennes méthodes de composition hollywoodiennes et les compositeurs modernes ». Et bien sûr le natif de Pasadena a légué des grands classiques musicaux au 7ème Art, des partitions d’exceptions qui le rendent quelque part immortel.

Didier Bianay

La Bio : Howard Shore

Biographies De Compositeurs De Musiques De Films

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Howard Shore

Les musiques des sagas du Seigneur Des Anneaux et du Hobbit c’est lui ! Mais elles ont tendance à faire oublier d’autres facettes plus épicées de la personnalité artistique de Howard Shore. Retour sur la carrière d’un grand monsieur de la Musique de Film.

Ses débuts

Né à Toronto le 18 octobre 1946, Howard Shore commence à étudier la musique à l’âge de 8 ans, puis joue dans des petits groupes durant son adolescence avant de vouloir en faire son métier. Une bonne idée… ; d’autant qu’il s’en va parfaire son talent à la Forest Hill Collegiate Institute avant de poursuivre dans la mythique Berklee College of Music de Boston. À l’aube des 70’s il se consacre à la musique des émissions de son ami d’enfance, Lorne Michaels, dans The Hart & Lorne Terrific Hour puis dans Saturday Night Live. Mais c’est à la fin de cette décennie qu’il va prendre un tournant musical qui va changer sa carrière, en composant pour le film I Miss You, Hugs and Kisses en 1978.

Souvent cantonné à la musique épique…

Si le premier long métrage de sa filmographie n’est pas du tout rentré dans les annales du Cinéma, il en est tout autrement de ceux de la trilogie du Seigneur des Anneaux, et ce sont ses impressionnantes partitions épiques pour cette saga qui vont faire sa renommée. La Critique encense son travail et il reçoit 2 oscars (2002 ; 2004) respectivement pour les BO du premier volet (La Communauté De l’Anneau) et du 3ème volet (Le Retour Du Roi). Il réalise même le grand chelem aux Grammys en remportant le titre de meilleure bande son 3 fois de suite, pour les 3 BO. En tout, ces partitions pour cette saga lui ont rapporté 36 récompenses prestigieuses. Et malgré un désaccord artistique sur King Kong en 2005, son fidèle collaborateur Peter Jackson n’a pas manqué de le rappeler pour la trilogie prequel du Seigneur Des Anneaux, la saga Hobbit. Rentrées dans la culture des cinéphiles, les BO du Seigneur Des Anneaux ont laissé quelques themes mélodiques inoubliables et ont fait de Howard Shore le seigneur de la musique épique, faisant toutefois oublier sa polyvalence.

… à tort

Car si Howard Shore est étiqueté à la musique épique, à l’aube des années 2000 ce n’était point le cas, l’annonce de sa participation aux Seigneur Des Anneaux laissant même perplexes les puristes. Il faut dire qu’à l’époque Shore était plutôt réputé pour avoir un style sombre, angoissé et parfois décalé qui a bien collé aux films de Cronenberg tels Chromosome 3, Scanners, Videodrome, La Mouche, Faux-Semblants, Festin Nu, Crash, eXistenZ, Spider, ou encore A History of Violence. Dans l’ensemble il avait aussi acquis une certaine polyvalence en composant pour des drames et des comédies (Philadelphia, Big, Madame Doubtfire, Ed Wood) toujours avec ce style très symphonique et assez poussé. Incontournable depuis, il s’est aussi attelé à 2 gros films de Scorsese Gangs of News York et Aviator, puis s’est essayé aux sonorités électronique dans Twilight 3. Bien que ces sonorités modernes ne sont pas son domaine de prédilection, elles montrent une belle ouverture d’esprit de ce compositeur qui essayent toujours de surprendre malicieusement. Enfin Howard Shore a aussi composé quelques concertos intitulés Ruin and Memory, Mythic Gardens et Fanfare, des oeuvres de concert qui offrent une alternative à ses nombreux show symphonique portant sur les musiques du Seigneur Des Anneaux.

Hé oui, on en revient toujours à cette trilogie qui a fait le bonheur d’Howard Shore mais qui a aussi fait son malheur en éclipsant les autres facettes de son talent qu’il a montrées avec d’autres réalisateurs. La rançon d’un trop grand succès. Moins sollicité que lors de la décennie précédente Howard Shore reste une grande figure de la Musique de Film, collectionnant les prix d’honneur pour sa riche carrière. De justes récompenses car c’est bien l’ensemble de sa carrière qui a été plus que remarquable.

Didier Bianay 

La Bio : Thomas Newman

Thomas Newman

Thomas Newman

Biographies De Compositeurs De Musiques De Films

Fils du grand compositeur Alfred Newman et membre d’une véritable dynastie Hollywoodienne de la Musique de Film, Thomas Newman a prouvé que c’est surtout par son talent qu’il a pu composer sur des grands films tels American Beauty, Les Sentiers de la perdition, The Horse Whisperer ou plus récemment 007 Skyfall.

Une éducation favorable,…

Né le 20 octobre 1955 à Los Angeles, Thomas Newman est le plus jeune fils de Martha Louise Montgomery et du compositeur Alfred Newman. Dans ce contexte familial artistiquement idéal, il reçoit rapidement une éducation musicale en apprenant le violon, dès sa plus tendre enfance. Quelques années plus tard il étudie la composition et l’orchestration à l’University of Southern California puis à Yale University où il décroche un bachelor en Arts, puis un master de musique.

… des débuts professionnels favorables …

C’est justement à Yale que Thomas rencontre l’homme qui par la suite deviendra son mentor, Stephen Sondheim. À la fin des années 70 les 2 hommes composent à New York pour des spectacles se jouant à Broadway, aux antipodes de L.A. et de son industrie cinématographique. Malgré le fait qu’il soit plus intéressé par les représentations théâtrales que par les films, Thomas Newman est doucement intié à la Musiqe de Film par son oncle Lionel Newman, alors directeur musical à la 20th Century Fox. Et c’est sur le premier épisode de The Paper Chase (1979) qu’il s’essaie à cette discipline qu’il ne quittera plus. 4 ans plus tard, John Williams (grand ami de son père et de son oncle) l’invite à travailler sur la scène de la mort de Dark Vador, dans l’épisode VI de Star Wars. Cette collaboration sera déterminante pour lui.

… et surtout un talent favorable !

Mais c’est surtout le talent de Thomas Newman qui lui permet de réaliser une grande carrière dans la musique de Film depuis 1984. Il signe cette année-là sa première BO pour un film, celle de Reckless. Sa carrière décolle par la suite, puis vient cette opportunité pour un premier gros long-métrage, l’excellent Scent of A Woman (1992) de Martin Brest. 3 ans plus tard il fait sensation aux Oscars 95 en étant doublement nominé pour les BO des films Les quatre filles du Docteur March et Les Évadés (1994). Cependant, il repartira de cette soirée bredouille et c’est aussi le début de la malédiction des Oscars pour lui puisqu’ultérieurement les nominations des BO des films Les liens du souvenir (1995), American Beauty (1999), Les Sentiers de la perdition (2002), Nemo (2003), Les Désastreuses Aventures des orphelins Baudelaire (2004), The Good German (2006), Wall-E (2008), Skyfall (2012), et Saving Mr Banks (2013) n’aboutiront pas à l’obtention de la précieuse statuette. Mais son palmarès se trouve actuellement bien garni par 38 récompenses pour presqu’une centaine de BO réalisées, parmi lesquelles je n’oublierai pas de citer celle de The Horse Whisperer (1998).

Reconnue par ses pairs et par la Critique depuis plusieurs décennies, la musique de Thomas Newman est souvent très recherchée, délicate, subtile, mais n’en demeure pas moins hétérogène, avec des styles musicaux variés et une constante recherche d’instruments exotiques ou de sonorités modernes si ce ne sont insolites. Une curiosité qui n’a cessée de grandir depuis que Sam Mendes l’ait poussé dans ses retranchements, lui demandant une BO comportant quelques morceaux abondamment rythmés pour American Beauty. Résultat, cela aboutit à la BO la plus surprenante de la part de Thomas Newman par son coté multiculturel, tribal et avant-gardiste. Conquis Sam Mendes a eu du mal à s’en séparer, faisant appel à lui pour presque chacun de ses film tels Les Sentiers de la perdition, Jarhead (2005), Revolutionary Road (2008) et 007 Skyfall (2012). C’est d’ailleurs pour ce dernier long métrage que Thomas Newman montra toute l’étendue de son talent avec des morceaux orchestraux ambitieux, teintés de sonorités électroniques et exotiques ; 78 minutes d’une BO imprévisible et surprenante, lui valant récemment un Grammy Awards.

La carrière de Thomas Newman prouve qu’il fait honneur à la famille Newman qui s’avère être une véritable dynastie musicale à Hollywood, puisqu’outre Alfred et Lionel Newman, ses proches parents David Newman, Emil Newman, Randy Newman, Joey Newman se sont tous fait des … prénoms dans la Musique de Film. Toutefois, Thomas Newman est aussi un compositeur qui a su s’émanciper de ses relations familiales (et de ses facilités) par un travail acharné aboutissant sur un style musical réputé appliqué, sophistiqué, diversifié, ne tournant pas autour du pot mais semblant tourner autour du monde.

Didier Bianay

reydarts.fr

La Bio : Marco Beltrami

Marco Beltrami

Marco Beltrami

Biographies De Compositeurs De Musiques De Films

Connu de par ses bandes originales pour la saga Scream ainsi que pour les films Démineur,  Terminator 3: La guerre des machines, I, Robot et Hellboy, Marco Beltrami a aussi montré qu’il peut exceller hors des styles Horreur et Action avec les BO de 3h10 pour Yuma et Soul Surfer, toutes deux acclamées par une Critique qui l’oublie cependant un peu trop souvent.

Formations et débuts

Né le 7 octobre 1966 à Long Island (New York), Marco Beltrami fréquente l’université Brown de Providence (Rhode Island) avant de poursuivre à la Yale School of Music de New Haven (Connecticut). Désireux de devenir un compositeur pour le Cinéma, il quitte logiquement le Connecticut pour la place forte du Cinéma américain… Los Angeles, plus précisément dans le quartier de Venice. Là il rencontre Luigi Nono avec qui il collabore en sudio pendant quelques temps. C’est aussi à L.A. qu’il fait connaissance avec le légendaire Jerry Goldsmith qui parachève sa formation.

Ses matières préférées

Beltrami passe donc de longues années à étudier et ce caractère studieux lui est profitable par la suite. En effet le succès arrive rapidement, en 1996, après seulement 2 ans de carrière. Et c’est sur le film Scream (1996) qu’il se fait un nom avec une partition originale, renversant les clichés de la musique d’Horreur. C’est d’ailleurs dans les créneaux Horreur/Fantastique qu’il consolide sa réputation et sa filmographie le prouve avec de célèbres références du genre tels les autres films de la saga Scream (1997, 2000, 2011) tous réalisés par Wes Craven, ces 2 hommes formant un de ces duos célèbres d’Hollywood. On les retrouve aussi en 2005 sur Maléfice. L’année suivante c’est sur le film La Malédiction que Beltrami rend hommage à son mentor et ami Jerry Goldsmith, décédé 2 années auparavant, en reprenant la musique thème de la première version de The Omen (1976). Resident Evil (2002), Blade (2002) font aussi partie intégrante de la collection des films d’Horreur mis en musique par Marco Beltrami.

Mais au delà de la musique d’Horreur, Beltrami est aussi le maître du genre Thriller/Action avec les BO de films célèbres comme Mimic (1997), Terminator 3: La guerre des machines (2003), I, Robot (2004), Hellboy (2004), xXx: State of the Union (2005), Red Eye (2005), Underworld: Evolution (2006), Live Free or Die Hard (2007), Don’t Be Afraid of the Dark (2010). Cependant c’est avec son travail sur Démineur (2008) qu’il obtient sa seconde nomination aux Oscars.

Ré-orientation conseillée ?

1 an avant cette seconde nomination Beltrami est finaliste pour la première fois de sa carrière aux Oscars 2008 grâce à la partition de 3h10 pour Yuma un … western. Cette BO surprenante de fraîcheur et assez réussie le ferait presque passer pour un élève du grand Morricone. Celle du film Soul Surfer se fait aussi remarquer par la Critique. Pour ce drame biographique, il compose une bande originale où il mélange occasionnellement et habilement le style occidental et hawaïen, un mariage réussi et honoré par un Satellite Award en 2011. Plus récemment il réalise un travail très poussé et remarquable sur The Wolverine (2013) où il fait des emprunts à la musique japonaise traditionnelle. Des travaux étonnants donc, qui laissent à penser que Beltrami semble s’épanouir aussi dans des ambiances aux antipodes de la musique d’Horreur ou d’Action, bien que ces styles lui ont valu l’écrasante majorité de ses récompenses.

Un talent sous-noté

Concernant ses récentes œuvres, les BO de The Wolverine et Warm Bodies (2013) font partie des 114 en lice pour la course aux Oscars, celle de Snowpiecer ayant étonnamment été recalée. Reste à savoir si elles lui permettront enfin de mettre la main sur la statuette d’or. Mais outre les Oscars ou la confiance que lui accordent nombre de réalisateurs de renom, Marco Beltrami est un compositeur qui demeure tout de même sous-estimé. Son style est certes peu flashy, avec des compositions sombres et assez intimistes, mais il demeure expressif, contagieux, revêtant un aspect soigné, très travaillé et recélant souvent de subtiles originalités, tant dans les jeux des instruments que dans leurs sonorités. Mais force est de constater que cette discographie majoritairement sombre lui fait sans doute de l’ombre dans le monde du Cinéma, faisant un peu oublier à quel point Beltrami peut étonner, même lorsqu’il s’aventure hors de ses genres musicaux fétiches.

Didier Bianay

reydarts.fr

La Bio : Alexandre Desplat

Alexandre Desplat

Alexandre Desplat

Biographies De Compositeurs de Musiques De Films

Auteur de célèbres bandes originales pour les films The Queen, The Ghost Writer, De Battre Mon Cœur S’est Arrêté, et plus récemment pour De Rouille et D’os et Argo, Alexandre Desplat est un compositeur français très respecté et reconnu en Europe et aux USA. Un succès logique pour un homme qui possède tant l’Oreille du compositeur que l’Oeil du réalisateur.

Jeunesse et débuts

Né le 23 Août 1961 à Paris, d’une mère grecque et d’un père français, Alexandre Desplat a toujours baigné dans une triple culture, ses parents s’étant rencontrés aux USA. Depuis l’adolescence il montre un goût très prononcé pour le 7ème Art et aussi pour la musique qu’il pratique en apprenant le piano, la trompette et la flûte traversière. C’est aussi à cette époque de sa vie qu’il devient un cinévore insatiable, disséquant une grande quantité de films ainsi que leurs bandes originales, domaine dans lequel ses maîtres sont Delerue, Jarre, Rota, Herrmann, Williams ou Goldsmith. Et c’est dans leurs sillages qu’il décide de se lancer dans la Musique de Film avec pour premier projet la BO de Ki Lo Sa (1985), un long métrage signé Robert Guédiguian. Cependant sa carrière prend vraiment un envol significatif en 1991, année à partir de laquelle les sollicitations s’enchainent. Il réalise d’ailleurs 50 BO dans les années 90, toutes des productions européennes pour Petit ou Grand Écran.

Un français qui rêve américain

Les partitions d’Alexandre Desplat commencent à trouver des oreilles captives outre-Atlantique, au début des années 2000. En effet, ses excellentes compositions sur les films britanniques La Jeune Fille à la Perle (2003) et La Naissance (2004) lui ouvrent les portes d’Hollywood où il confirme avec Syriana (2005). S’ensuit alors des réalisations de BO pour de grands films américains comme, La saga Twilight: Tentation (2009) ou Zero Dark Thirty (2012). Il loupe même de peu la consécration avec les BO de The Queen (2006), L’étrange Histoire de Benjamin Button (2008), Fantastic Mr Fox (2009) et Argo (2012) qui lui valent 4 nominations aux Oscars. Malgré ces succès aux USA, le compositeur français n’oublie pas le cinéma européen et y accomplit des coups de maître avec 3 Césars pour les BO de The Ghost Writer (2011), De Rouille et D’os (2013) et du De Battre Mon Cœur S’est Arrêté (2006) de Jacques Audiard. C’est aussi pour ce dernier qu’il réalise aussi les bandes originales des fameux Sur Mes Lèvres (2001) et Un Prophète (2009). Entre Europe et Usa, entre Cannes et Hollywood, Alexandre Desplat ne cesse d’être sollicité ces dernières années, avec 29 projets réalisés depuis 2010. Pour 2014 il est attendu sur 5 longs métrages dont 2 superproductions américaines : The Monuments Men de Georges Clooney et Godzilla de Gareth Edwards

Une vision artistique hybride et bien entourée

Il est souvent délicat pour un compositeur et un réalisateur de trouver un terrain d’entente, de par les divergences de leur sensibilité artistique (le réalisateur n’ayant pas forcément une Oreille musicale, et le compositeur n’ayant pas une sensibilité dramaturgique très développée). Or, le succès d’Alexandre Desplat s’explique aussi par une aptitude rare à penser à la fois comme un réalisateur et comme un compositeur. Cette passion pour la réalisation cinématographique, qu’il entretient depuis son adolescence, l’aide à comprendre et à combler très efficacement les besoins des réalisateurs car ses méthodes visent à analyser les scènes pour y ajouter une musique qui décrit, tant la scène que d’autres paramètres invisibles à l’écran tels la psychologie des personnages, leurs émotions intériorisées et le contexte scénographique. Outre cette faculté, Desplat peut aussi compter sur un entourage très musical. Sa conjointe Dominique Lemonnier, violoniste chevronnée, constitue pour lui une formidable complice artistique. Elle crée en 1996 le Traffic Quintet, un ensemble de 5 cordes (2 violons, 1 alto, 1 violoncelle, 1 contrebasse) pour interpréter, à l’origine, les partitions de son mari pour le film Un héros très discret de Jacques Audiard. Ce quintet (encore en activité) a pour Desplat une forte valeur sentimentale puisqu’il se compose de 5 de ces proches ; une complicité et une proximité artistique qui s’avèrent très inspiratrices pour lui.

Bien qu’il court encore après un premier Oscar, Alexandre Desplat est un compositeur archi-reconnu dans le monde du Cinéma avec 150 BO, 57 nominations et 39 récompenses. C’est le parcours réussi d’un enfant de Paris passionné de Cinéma, doté d’une grande créativité et d’une intelligence musicale qui ont séduit nombre de réalisateurs de part et d’autre de l’Atlantique.

Didier Bianay

La Bio : James Horner

James Horner

James Horner

Biographies De Compositeurs De Musiques De Films

Avec à son actif des BO mythiques comme celles de Braveheart, du Masque de Zorro, d’Avatar ou de Titanic, James Horner est un très grand nom de la Musique de Film malgré les controverses auquel il est malheureusement associé.

Formations et débuts

James Horner est né à Los Angeles, le 14 Août 1953, d’immigrés autrichiens. Il commence à pratiquer le piano dès l’âge de 5 ans et grandit à Londres où il étudie au Royal College of Music. Il passe aussi par la Verde Valley High School, puis l’University of Southern California, avant de boucler sa formation avec l’obtention d’un Master à l’UCLA. Après plusieurs compositions pour l’American Film Institute il se lance dans la Musique de Film.

Souvent adulé par la critique…

Et c’est avec le film The Watcher qu’il réalise sa première bande originale en 1978. Cependant il commence vraiment à se bâtir une renommée à la suite de son travail sur le film Star Trek 2 : la colère de Khan (1982) avant de confirmer son essor en 1983 avec 3 bonnes BO sur les films Brainstorm, La Foire des ténèbres et Krull. C’est alors qu’il est repéré par James Cameron avec lequel il entame une longue et célèbre collaboration avec Aliens – le retour (1986). Depuis son travail sur Glory, en 1989, il adopte un style plus raffiné, basé sur une utilisation subtile des instruments qu’il inclut dans ses partitions. Un léger virage artistique qui lui rapporte gros puisqu’il devient un compositeur de musiques de films incontournable à Hollywood et a l’occasion de travailler sur des films à gros budgets comme L’affaire Pélican (1993), Braveheart (1995), Casper (1995), Jumanji (1995), Apollo 13 (1995), Le Masque de Zorro (1998) ou Deep Impact (1998). Mais la consécration vient du mythique Titanic pour lequel il réalise une bande originale d’anthologie qui lui vaut 2 oscars (Meilleure bande originale et Meilleure chanson avec My Heart Will Go On) et qui sera vendue à plus de 30 millions d’exemplaires dans le monde. Les années 2000 sont certes moins dorées avec Un homme d’exception (2001) , Troie (2004) , La Légende de Zorro (2005),  parmi une filmographie légèrement moins dense que lors de la décennie précédente. Qu’importe, il les conclut en beauté avec une nomination aux Oscars 2010 pour la BO du nouveau chef d’œuvre de James Cameron, Avatar (2009).

… et souvent allumé par les critiques

James Horner est aussi un homme en proie à de nombreuses polémiques, car il a pris la mauvaise habitude de se plagier lui-même et même d’autres compositeurs. S’il est vrai que les compositeurs vont chercher l’inspiration dans d’autres œuvres, James Horner a tendance à aller plus loin que les autres, ce qui lui a valu de nombreuses critiques dans le monde de la Musique de Film et parmi le public. Et parmi les polémiques la plus célèbre se surnomme le Danger Motif, 4 notes souvent jouées dans nombres de ces compositions lorsqu’il s’agit de décrire le danger. Là où ses détracteurs y voient un auto-plagiat impardonnable, ses partisans y voient une signature de James Horner et on peut logiquement penché pour la seconde hypothèse tant ce Danger Motif est clairement exposé, ce que ne ferait pas un compositeur souhaitant couvrir un motif recyclé. Arnaques, caprices ou idées de génie ? James Horner ne cesse d’alimenter la polémique mais n’en est pas privé de grands projets pour autant, lui qui a récemment eu le privilège de composer la bande originale de L’extraordinaire Spider-Man (2012) de Marc Webb, sans compter que la rumeur l’annonce sur les deux prochains volets d’Avatar de son ami James Cameron.

Un génie.

Mais James Horner est tout de même une légende de la Musique de Film et un compositeur de talent plus que reconnu (42 récompenses et 43 nominations). La subtilité qu’il apporte à ses partitions et l’utilisation singulière qu’il fait de certains instruments (Ex : un Sakuashi japonais, sur la BO celtique de Braveheart) apporte constamment des sons et des effets musicaux intéressants. Un véritable génie qui s’est déjà essayé sur des styles bien différents de ses origines, et qui a déjà prouvé que cela ne le gênait nullement. James Horner s’est finalement un homme de paradoxes, entre félicitations et critiques, entre une filmographie impressionnante et quelques notes de musique problématiques.

Didier Bianay

La Bio : Hans Zimmer

Hans Zimmer

Hans Zimmer

Biographies De Compositeurs De Musiques De Films

Avec des BO célèbres sur Le Roi Lion, Le Prince d’Égypte, Gladiator, Mission Impossible 2, Pirates des Caraïbes, toutes au sein d’une filmographie impressionnante, Hans Zimmer est déjà un mythe dans la Musique de Film. Une remarquable réussite pour ce compositeur de musiques de films aux débuts atypiques, qui a su saisir sa chance et donner des opportunités à d’autres. Une personnalité logiquement respectée mais parfois controversée.

Débuts et formations

Né le 12 septembre 1957 à Francfort (Allemagne), Hans Zimmer commence sa formation à la ? School avant de poursuivre à la ? University, C’est après qu’il commence sa carrière professionnelle… Stop ! Reprenons.

Débuts atypiques en Europe…

Né le 12 septembre 1957, à Francfort (Allemagne), Hans Zimmer a eu un parcours atypique durant sa jeunesse. N’ayant fréquenté aucune école de musique, ni aucune université, il apprend la musique de manière purement autodidacte. Elle est pour lui un refuge à la suite de la mort de son père lors de sa petite enfance. Ses débuts sont atypiques, lorsque l’on sait que ses confrères ont pour la plupart eu une formation musicale dès leurs enfances. À 14 ans, en 1971, il s’installe en Angleterre.

Il y commence sa carrière professionnelle en écrivant des jingles pour le Studio Air Edel, puis intègre le groupe des Buggles, qui a signé le tube Video Killed the Radio Star (1979), faisant même une apparition dans le clip de cette chanson. C’est aussi à cette époque qu’il commence à s’intéresser au sonorités électroniques et il est le premier à les intégrer dans des arrangements orchestraux. Il fait connaissance avec Stanley Myers et devient par la suite son assistant. Hans Zimmer commence sa carrière dans la Musique de Film en 1982 en collaborant avec Myers sur la bande originale de Travail Au Noir puis le duo remet ça sur Eureka (1983), Le Succès à tout prix (1984) My Beautiful Laundrette (1985). Un monde à Part (1988) constitue le premier film sur lequel Hans Zimmer travaille seul. Il reconnait volontiers qu’il n’aurait jamais pu trouver de tels opportunités en Allemagne où son manque de cursus scolaires dans la musique était perçu comme un handicap. Zimmer troque donc le retour en terre natale pour le Rêve Américain.

… et succès mythiques aux USA

À l’aube des années 90 Hans Zimmer réalise une entrée fracassante aux USA. Tout d’abord il connait son premier grand succès en terres américaines avec la bande originale du Film Rain Main (1988) de Barry Levinson. De plus en plus sollicité, il se donne le choix de travailler sur des styles de films divers et variés : l’Action avec Black Rain de Ridley Scott (1989), le Thiller avec Fenêtre sur Pacifique (1990) ou le Drame sur Thelma et Louise (1991). Mais c’est un dessin animé, Le Roi Lion, qui le propulsera sur les sommets avec un premier Oscar en 1995 et une bande originale qui s’est vendue à 15 millions d’exemplaires dans le monde. Jusqu’à maintenant c’est l’unique Oscar qu’il ait reçu malgré les célèbres BO qu’il a réalisées dans la foulée sur Pour le pire et pour le meilleur (1997), Le Prince d’Égypte (1999), Gladiator (2000), ces dernières lui ayant aussi valu des nominations aux Oscars. Hans Zimmer c’est aussi les bandes originales de grands films comme Le pacificateur (1997), Mission: Impossible 2 (2000), Hannibal (2001), Pearl Harbor (2001), Le dernier samouraï (2003), Madagascar (2005), Batman Begins (2005 ), Da Vinci Code (2006), Pirates des Caraïbes – Le coffre du mort (2006), Pirates des Caraïbes : Jusqu’au bout du monde (2007), Batman: The Dark Knight (2008), Kung Fu Panda (2008) et plus récemment L’ascension du chevalier noir (2012) The Lone Ranger, (2013) ou encore Man of Steel (2013) ; les meilleurs projets d’une filmographie riche, par laquelle il totalise tout de même 75 récompenses.

Hans Zimmer, le tuteur…

La confiance que Barry Levinson lui a donnée sur son film Rain Man fait réféchir Hans Zimmer sur une manière de rendre la pareille à d’autres compositeurs de la nouvelle vague. C’est pourquoi, peu après son arrivée à L.A., il se lance dans un projet ambitieux: Le studio Média Ventures, un studio aux équipements de qualité où Hans Zimmer veut donner aux jeunes compositeurs (d’origines européennes surtout) l’opportunité de travailler sur des projets d’envergures pour ainsi avoir plus de chance de percer dans la Musique de Film. Le studio est donc fondé en 1989 avec son ami Jay Rifkin. Nick Glennie-Smith, John Van Tongeren ou Mark Mancina font partie des premiers acolytes avec qui il commence l’aventure de cette corporation, qui devient Remote Control en 2003 à la suite d’une grave querelle avec Jay Rifkin. Un changement de nom et un renouvellement d’effectif car, à l’époque, Nick Glennie-Smith, Harry Gregson-Williams, Mark Mancina, Jeff Rona ou Justin Caine Burnett prennent leurs distances avec la tutelle de Zimmer et laissent la place à une nouvelle génération dignement représentée par des compositeurs talentueux tels Klaus Badelt, Ramin Djawadi, Steve Jablonsky , Trevor Morris, ou Clay Duncan.

… controversé

Hans Zimmer est à la Musique de Film ce que Cristiano Ronaldo est au Football : un immense talent controversé, aimé, détesté, ou qu’on aime détester. Est-ce la place de plus en plus importante que prend sa corporation dans la Musique de Film hollywoodienne qui fait grincer des dents ? Peut-être. Car Media Venture et surtout Remote Control lui permettent de décrocher des gros projets qu’il partage avec ses compositeurs associés. Une situation qui crée des tentations et quelques polémiques dues au fait qu’Hans Zimmer est crédité de partitions qu’il n’a pas totalement écrite, tels que celles du Millenium (1992) ou de The Whole Wide World (1996), dont il a surtout supervisé les réalisations. Hans Zimmer a reconnu que c’était plus facile de vendre une composition estampillée à son nom plutôt qu’au nom d’un compositeur quasi inconnu aux yeux du public. Mais il n’a pas recommencer depuis… D’autres mauvaises langues lui reprochent des bandes originales trop « boom boom », faisant référence à son style hautement percussif, oubliant sa capacité à signer des partitions beaucoup plus lyriques ou poétiques. La controverse : une des rançons du succès ? Sans doute…

Toutefois, Hans Zimmer est tout de même très respecté par la profession. Les grands projets que nombre de réalisateurs continuent de lui proposer lui permettent de poursuivre sa route dans les pas de ses illustres ainés tels Ennio Morriconne ou John Williams. Le 24 octobre, il recevra un Honorary Key Art Award récompensant l’ensemble de sa carrière. Et quelle carrière !

Didier Bianay

La Bio : Rachel Portman

Rachel Portman

Rachel Portman

Biographies De Compositeurs De Musiques De Films

Rachel Portman est la première compositrice à avoir remporté un Oscar en 1997. En plus de 30 ans, elle a su se faire une place dans le domaine de la Musique de Film, un domaine où les femmes sont encore trop peu nombreuses.

Ses débuts

Née le 11 Décembre 1960 à Haslemere (West Sussex, Angleterre), Rachel Portman est une compositrice de musiques de films, en activité depuis 1982. Elle commence à composer à 14 ans et fait son éducation musicale à la Charterhouse School puis à l’université d’Oxford. C’est dans cette prestigieuse université qu’elle commence à composer pour des cinéates étudiants et des productions de théâtres. Elle se consacre ensuite à composer pour la Télévision avec, à ses débuts, des travaux pour des films de la Channel 4 ou de la BBC tels que Four Days In July (1985), la série Storyteller (1988) ou Oranges Are Not the Only Fruit (1989).

Cinéma et consécrations

A partir de 1993 elle se consacre plus pleinement à la réalisation de bandes originales destinées au Grand Écran et c’est 4 ans plus tard qu’elle connait la consécration en devenant la première compositrice à remporter un Oscar en 1997 avec la BO du film Emma. C’est pour l’instant l’unique Oscar qu’elle a reçut lors de sa carrière. Ce qui ne veut pas dire qu’elle se trouve presque bredouille puisqu’elle en est à 6 distinctions : 1 BMI Film Music Award ( The Vow, 2012), 1 Georges Delerue Prize (Ratcatcher, 1999), 1 PFCS Award (The Legend of Bagger Vance, 2000), 1 SDFCS Award (Never Let Me Go, 2010) et enfin 1 Richard Kirk Career Achievement Award (2010), récompensant l’ensemble de sa carrière tout comme sa nomination en tant que Chevalier de l’Ordre de l’Empire Britannique.

The Cider House Rules (1999) et Chocolat (2000) sont aussi parmi les films qui ont fait sa renommée, en y ajoutant les films pour lesquels elle a reçu des récompenses. Plus récemment elle a composé les bandes originales de Never Let Me Go (2010) et n’a pas hésité à prendre des risques sur Snow Flower and the Secret Fan (2011) avec une bande originale très reposante aux accents d’Asie.

Compositrice dans un monde d’hommes

La Musique a toujours été fâchée avec les femmes. Au Moyen-Âge et à La Renaissance elles ne rencontraient pas beaucoup d’oreilles attentives à leurs travail. Au fil des siècles les choses ont plus ou moins évoluées, dépendamment des domaines. Car même à l’heure actuelle, les compositrices de musiques de films ont beaucoup à envier aux compositrices-interprètes. Si ces dernières sont à égalité avec les hommes, du fait d’une médiatisation équitable, on en est encore loin lorsqu’il s’agit de la musique pour le Petit ou Grand Écran. Toutefois cela n’a pas empêché Rachel Portman de susciter la confiance de réalisateurs célèbres comme Roman Polanski (Oliver Twist), Norman Jewison (Only You), Jonathan Demme (Beloved, Truth About Charlie, Manchurian Candidate) ou encore Robert Redford (Legend of Bagger Vance). Avec 3 décennies au service de la Musique de Film pour la Télévision et le Cinéma et une filmographie dense, Rachel Portman peut se vanter d’avoir fait sa place dans un monde encore trop masculin. De quoi donner plus confiance à d’autres compositrices, pour qui elle constitue la meilleure des ambassadrices.

Didier Bianay

La Bio : John Williams

John Williams

John Williams

Biographies De Compositeurs De Musiques De Films

Né le 8 février 1932 à New York, John Williams est un compositeur, chef d’orchestre et pianiste. Avec un palmarès impressionnant et une longue liste de musiques de films ayant fait le tour du monde, on peu dire qu’il fait partie des légendes du Cinéma. Parmi ses œuvres les plus connues figurent celles pour Les dents de la mer, les sagas Star Wars et Indiana Jones, Superman, E.T. l’extra-terrestre, la saga Jurassic Park et les trois premiers volets de la série Harry Potter. Rien que ça…

Un talent précoce

John Williams commence à apprendre le piano à l’âge de 7 ans, le trombone, le tuba et la trompette. À 15 ans il mène un groupe de Jazz et à 19 ans crée une première sonate pour piano. Il poursuit ses études de piano à l’UCLA puis au Los Angeles City College. Il étudie l’orchestration avec Robert van Eps, Mario Castelnuovo-Tedesco, puis Rosina Lhevinne à Julliard School (New York). C’est cette dernière qui l’encourage à davantage se consacrer à l’écriture plutôt que de se contenter de vivre sur ces cachets de pianiste. Il revient donc à Los Angeles dans l’optique de commencer à composer pour l’image.

Des débuts professionnels prometteurs

C’est à la fin des années 50 qu’il commence à composer pour des séries ou des films. À 24 ans il est embauché à la Columbia en tant qu’arrangeur avant de travailler pour la Twentieth Century Fox. C’est là qu’il rencontre d’autres grands compositeurs comme Alfred Newman, Lionel Newman ou Franz Waxman. Son premier projet d’envergure est son travail de composition sur Comment voler un million de dollars (1966). C’est aussi le point de départ pour des projets inoubliables. À cette époque il commence à obtenir des récompenses de prestige comme les 2 Emmys qu’il décroche pour avoir accompagné Heidi (1968) et Jane Eyre (1970). Niveau Oscar il lui faut attendre jusqu’à 1971 (Un violon sur le toit) pour brandir la statuette d’or, soit à 39 ans.

2 rencontres déterminantes

Une première rencontre va être déterminante pour John Williams, c’est celle avec le réalisateur Steven Spielberg. Ce dernier fait appel à ces sercices pour son premier film, le Thriller Sugarland Express (1974). Mais c’est la seconde collaboration entre les 2 hommes qui marquera le Cinéma et leurs carrières respectives : Les dents de la mer (1975). Le travail sur la bande originale de ce film vaut à John Williams un 2ème Oscar. Cependant les deux ne s’arrêtent pas là, puisque par la suite, ils collaborent sur d’énormes succès cinématographiques : Rencontres du troisième type (1977), Les Aventuriers de l’arche perdue (1981), E.T. l’extra-terrestre (1982), Indiana Jones et la Dernière Croisade (1989) ;  Jurassic Park (1993) et Le Monde perdu : Jurassic Park (1997). D’autres œuvres du duo Spielberg-Willliams ont connu un peu moins de succès mais restent tout de même des classiques : Il faut sauver le soldat Ryan (1998), A.I. Intelligence artificielle (2001), Minority Report (2002) et Arrête-moi si tu peux (2002). Toutefois, il collabore avec d’autres compositeurs pour la BO de La liste de Schindler (1993). Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal (2008), Les Aventures de Tintin : Le Secret de La Licorne (2011), Cheval de guerre (2011) sont les dernières collaborations entre les 2 hommes. L’autre rencontre avec Georges Lucas va être porteuse de grands succès cinématographiques et musicaux avec Star Wars (1977), Superman (1978) ;L’Empire contre-attaque (1980), Le Retour du Jedi (1983), la Menace fantôme (1999), L’Attaque des clones, (2002), La Revanche des Sith, (2005).

Une passion récompensée

4 Golden Globes, 6 Saturn Awards, 4 Oscars pour la meilleure musique de film et 1 Oscar pour la meilleure partition de chansons et adaptation musicale garnissent l’armoire de trophées de John Williams. Mais mis à part les trophées, il est aussi récompensé par le respect et la reconnaissance des professionnels du Cinéma, reconnaissance symbolisée par ces 49 nominations aux Oscars en 55 ans de carrière cinématographique ! Toutefois, John Williams ce n’est pas qu’un compositeur de musiques de films. A l’instar de Ennio Morricone, c’est aussi un compositeur de musiques classiques. C’est d’ailleurs surtout dans les années 60 qu’il a beaucoup composé dans ce style qu’il n’a jamais délaissé malgré ces innombrables bandes originales qu’il a du réaliser pour le Cinéma. Véritable passionné de musique et bête de travail, il avouait récemment au journal l’Express n’avoir toujours pas cesser de travailler malgré ses 81 ans. Il composera d’ailleurs la BO de Star Wars VII, dont la sortie est prévue pour 2015.

Ainsi, par son talent et sa carrière exceptionnels, John Williams est un ténor d’Hollywood; un homme né pour la musique et qui a réussi à se faire un nom… parmi tant de John Williams…

Didier Bianay

La Bio : James Newton Howard

Biographies De Compositeurs De Musiques De Films

James Newton Howard

James Newton Howard

Né le 9 juin 1951 à Los Angeles, James Newton Howard a déjà participé à des projets majeurs, bien que ce nom soit peu connu du grand public. Retour sur la carrière d’un des plus grands compositeurs de musiques de films.

Sa formation et ses débuts

Commençant à étudier la musique très jeune, James Newton Howard est passé par l’académie Thacher à Ojai (Californie), puis à l’université de Californie du sud mais n’y restera qu’une année. À cette époque il est spécialisé pour le piano, et bien qu’il veuille délaissé cet instrument, il est repéré par Elton John, avec qui il collabore comme claviériste et arrangeur dès la fin des années 70. On lui doit d’ailleurs les arrangements pour orchestre sur Don’t Go Breaking My Heart et Sorry Seems To Be The Hardest Word. Il suit Graham Nash par la suite et démarre une carrière consacrée à la musique de film en 1985.

Beaucoup d’opportunités saisies…

James Newton Howard commence vraiment à s’attaquer à des gros projets en signant le générique de la série Urgences (1994), puis celui de The Sentinel (1996). En 1995, il participe à l’écriture de la bande originale de Waterworld avec Artie Kane et Mark Isham, puis signe la musique thème de Pic de Dante (1997). 1999 marque le début d’une longue collaboration avec M. Night Shyamalan, pour qui il composera ses meilleures bandes originales : Incassable (1999), La Jeune Fille de l’eau (2006) et Le Dernier Maître de l’air(2010). Concernant ce dernier, la BO aura plus de succès que le film lui-même… Outre ses travaux pour M. Night Shyamalan il compose la bande originale de King Kong (2005) et travaille avec Hans Zimmer sur celle de Batman Begins (2005), idem pour The Dark Knight (2008). Actuellement il est vraiment dans une période charnière de sa carrière avec 5 BO réalisées récemment pour des films à gros budgets (Hunger Games, Blanche-Neige et le Chasseur, Jason Bourne : L’Héritage en 2012, After Earth, Hunger Games : L’Embrasement en 2013)

… et souvent gâchées ?

James Newton Howard c’est 5 récompenses pour ses travaux sur Gideon’s Crossing (Emmy Awards; 2001), The Dark Knight : Le Chevalier noir (Saturn Award et Gammy Awards; 2009), La Guerre selon Charlie Wilson (World Soundtrack Awards, 2008), sans oublier le Prix Frederick Loewe pour la composition de musiques de film décroché en 2008. Mais James Newton Howard c’est surtout un nombre impressionnant de nominations (27) depuis plus de 20 ans avec entres autres 4 nominations pour les Golden Globes ou encore 8 pour le compte des Oscars depuis 1992. Les critiques ne sont pas tendres avec lui, elles qui l’accusent de bâcler le travail de ses bandes originales bien que son immense talent soit incontestable.

Cependant James Newton Howard est un compositeur respecté par ses pairs qui le sollicite de plus en plus fréquemment pour des projets d’envergure. Des projets qui sonnent comme des occasions de décrocher ce premier Oscar qui le fuit depuis 21 ans. Oui, on peut dire qu’il a encore de belles années devant lui, du haut de ses 62 ans.

La Bio : Ennio Morricone

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Ennio Morricone est un compositeur de musique Italien qui est devenu en plus d’un demi-siècle une véritable légende vivante du Cinéma, et ce à l’échelle mondiale. Il est l’auteur de célèbres bandes originales tels que celle de Le Bon, La Brute et Le Truand ou Pour Une poignée de dollars.

Pour une poignée de dollars ?

Né le 10 novembre 1928 à Rome, il commence sa formation musicale, chez Goffredo Petrassi à l’Académie Sainte-Cécile de Rome où il obtient un diplôme de trompette en 1946. 8 ans plus tard, il obtient un diplôme de composition, d’instrumentation et de direction artistique ce qui ne l’a pas empêché de commencer à composer des musiques classiques ou expérimentales un an plus tôt en 1953. C’est justement cette année-là qu’il fait ses premières preuves en composant pour des émissions radiophoniques. S’essayant à la musique classique d’entrée, mais sans succès probant il se tourne vers des domaines musicaux plus populaires, se constituant arrangeur pour la Télévision ou pour des artistes à la fin des années 50.

Un succès Brutal, Bon et Tonitruand

Mais c’est à partir de 1960 que sa carrière va considérablement décollée. Son nom ce faisant de plus en plus grand vu ses précédentes réalisations, il commence à susciter l’intérêt de réalisateurs tels que Luciano Salce et fera ses premiers pas dans la Musique de Film pour le film Il federale. À cette époque, il commence à collaborer avec son ancien camarade de classe Sergio Leone. S’ensuivra 4 succès tant cinématographiques que musicaux avec Pour une poignée de dollars (1964), Le Bon, La Brute et Le Truand (1966), Il était une fois dans l’Ouest (1968) et Il était une fois la révolution (1971). D’autres bandes originales connaitront aussi un succès bien que moindre comme celles pour les films Le Clan des Siciliens (1969), 1900 (1976), Les Moissons du ciel (1978), Le Pré (1979), Il était une fois en Amérique (1984), ou encore Mission (1986), pour lequel il est nommé aux Oscars. Ses quelques incursions dans la Chanson, durant ces décennies fastes, seront souvent couronnées de succès. Niveau récompenses il reçut un BAFTA de la meilleure musique de film en 1987, plusieurs Nastri D’argento, cinq nominations aux Oscars, trois Golden Globes, un Grammy Award et un Lion d’or du Festival de Venise, sans oublier l’Oscar qu’il reçut en 2007 pour l’ensemble de son œuvre.

Succès absolu et « Musique Absolue »

Ennio Morriconne est cependant moins connu pour ce qu’il baptisa sa « musique absolue » car pas enchainée à un scénario. Et cette carrière très tournée vers la musique de concert et orchestral il l’a mené en parallèle de celle de compositeur pour le Cinéma. En effet, en 1965 il intègre le groupe d’improvisation et de composition avant-gardiste Nuova Consonanza, et réalisera tout au long de sa carrière un nombre considérables de musiques de chambres. À partir du début des années 2000 il délaisse de plus en plus le Cinéma pour renouer avec ses origines et la direction orchestrale. Il continue cependant à donner un nouveau souffle symphonique à ses anciens succès et réalise une tournée mondiale en 2003. En 2007 il fera 2 concerts de Gala, une pour la prise de fonction du nouveau secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, et l’autre en l’honneur de Jean Paul II à Cracovie.

Ces dernières années Ennio Morricone continue sur des projets de moindres ampleurs pour des téléfilms et courts métrages italiens. Mais avec une filmographie impressionnante composée de plus de 500 films et plus de 70 millions de disques vendus, Ennio Morricone reste et restera un grand nom de la Musique, une Légende à la créativité intarissable.

Bio de Ramin Djawadi

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Tiens je parlais de Ramin Djawadi et de son œuvre Gipsy Danger issue de la BO du film Pacific Rim. Alors dans la continuité de cette article, faisons plus connaissance avec ce compositeur.

Un départ Canon

Ramin Djawadi est un compositeur de musique de film (jusque-là vous me suivez) d’origine Iranienne, né à Duisbourg (Allemagne) en 1974.

En 1998, tout de suite après avoir décroché son diplôme au Berklee College (Boston), il est repéré et recruté au Remote Control Production (Santa Monica) de Hans Zimmer.  Il y assistera Hans Zimmer et Klaus Badelt, apportera sa pierre à l’édifice pour quelques BO de films renommés comme Pirates des Caraïbes (2003) et Batman Begins (2005)  mais fera valoir son talent en signant la musique du film Blade : Trinity (2004), tout seul comme un grand. 3 ans plus tard il sera nominé pour le World Soundtrack Award pour la BO de Mr Brooks. L’année suivante, il est dans la course aux Grammy de la musique de film pour la Bande originale du film Iron Man (2008). Ramin Djawadi se distingue avec les BO de Clash of the Titans (2010) et Fright Night (2011), avant de signer une bande annonce remarquable pour Pacific Rim de Guillermo Del Toro (2013).

Du petit écran au très petit écran

Véritable touche à tout il compose pour des séries à Succès comme Prison Break (2005-2009). Sa large palette d’influences musicales, en partie dûe à son métissage, a convaincu les créateurs de Game of Thrones (2011) de lui donner les clés de la BO de cette série qui connait un grand succès actuellement. C’est qu’ils avaient apprécié son travail sur les bandes originales des jeux vidéo tels que Shift 2: Unleashed (2011) et Medal of Honor (2010). Il remet ça avec la suite : Medal of Honor: Warfighter (2012).

Ramin Djawadi est un jeune compositeur talentueux qui a déjà réalisé des projets de grandes envergures au cinéma. Très ambitieux, il n’hésite pas à prendre des risques en s’attaquant à des projets très diversifiés pour différents formats. Une chose est sûre, on a  pas fini d’entendre parler de lui…