John Powell de retour pour de bon ?

(n°779)

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John Powell

Une belle surprise, voilà ce que nous avaient offert Lucasfilm et Walt Disney Pictures en annonçant que John Powell serait derrière la musique du prochain spin-off de Star Wars consacré à Han Solo. Prévu pour sortir le 25 mai 2018 le film retracera le parcours d’Han Solo et de Chewbacca avant leur jonction à la rébellion, sans oublier leur rencontre avec Lando Calrissian. Le vétéran Ron Howard – grande figure d’Hollywood à qui on doit Da Vinci Code, Un Homme D’exception, Frost/Nixon, Apollo 13 – est derrière la caméra pour diriger les acteurs Alden Ehrenreich, Woody Harrelson, Emilia Clarke, Donald Glover, Thandie Newton, Phoebe Waller-Bridge et Joonas Suotamo.

Mais cette attribution est-elle vraiment une surprise ? Oui et non. Il est vrai que personne n’a vu arriver Powell avec tout la médiatisation autour de Michael Giacchino et d’Alexandre Desplat, 2 compositeurs ayant un style d’écriture se rapprochant de John Williams et pressentis pour le succéder, le plus tard possible serait le mieux évidemment. Mais dans un autre sens c’est une consécration méritée pour un John Powell dont le travail est très respecté tant parmi ses pairs et la Critique que parmi les aficionados de la Musique de Film ; on se rappelle encore les bandes-son d’Happy Feet, de Volte/Face de Dragons 1 et 2 sans oublier La Mort dans la Peau.

On pensait Powell revenu aux affaires à l’automne 2015 avec la BO de Pan, mais depuis sa partition pour Dragons 2 (2014), le compositeur a été globalement moins dévoué au Cinéma préférant écrire ses oeuvres de concert Requiem Addendum, A Prussian Requiem et The Prize Is Still Mine. Le britannique a expliqué davantage ses choix de carrière dans un interview récent pour denofgeek.com où il avoue avoir suffisament de liberté financière pour s’écarter de la violence exacerbée, ou de la noirceur des partitions d’Horreur, favorisant plutôt les projets plus subtils, plus positifs, ou même empreint d’une certaine joyeuseté. Ce n’est donc pas un hasard s’il nous reviendra plus souvent aux oreilles avec Ferdinand, Pigeon Impossible et bien sûr Dragons 3, soit 3 films d’animation qui lui laisseront aussi pas mal de champ libre musicalement.

Didier Bianay 

bianaydidier.com

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Austin Wintory, Monsieur Musique

(n°769)

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Austin Wintory

S’il y avait 3 mots pour décrire Wintory ce serait musique, musique et musique. Portrait d’un compositeur de 32 ans, déjà auteur de 300 bandes-son, qui ne tarit pas d’efforts pour partager sa passion.

Né le 9 Septembre 1984 à Denver, Austin Wintory commence à composer dès l’âge de 10 ans et cela devient vite une addiction chez lui puisqu’à 16 ans il a déjà le bagage technique lui permettant de diriger et d’écrire pour des orchestres d’étudiants. Les années suivantes il approfondit ses connaissances musicales aux universités de New York et de Californie du Sud.

En 2003 Wintory commence sa carrière par des petits courts métrages qui constitueront la quasi-totalité de sa filmoraphie avant qu’il ne boucle une première partition pour un jeu vidéo, Flow, en 2007. Il décroche d’entrée une nomination aux BAFTA Games Awards. Quelques années plus tard, Austin se fait définitivement un nom dans l’industrie du jeu vidéo en immisçant la musique de Journey aux Grammys 2013, dans la catégorie généraliste Meilleure BO pour média visuel. C’est une première, un exploit lui permettant de se placer comme un compositeur éminent de ce média, d’autant qu’il rafle aussi quelques récompenses aux IFMCA Awards, aux Game Audio Network Guild Awards et aux Interactive Achievement Awards. Ayant une interprétation proche de celle de la musique orientale, la BO de Journey nécessite une grande attention tant elle fait preuve de complexité pour accompagner les pérégrinations du joueur dans un univers désertique. Par sa technique d’écriture ultra foisonnante elle est similaire à la BO d’Abzû qui sortira 4 ans plus tard, et lorsqu’on lui demanda justement sa source d’inspiration pour couvrir ce jeu dédié au monde sous-marin il a confié : « C’est le jeu en lui même. Bien sûr j’ai puisé à partir d’idées externes, de la littérature et de ma propre expérience, mais j’ai essayé de réaliser un score très organiquement lié au jeu pour lequel il était écrit. Matt (Nava) et moi avons eu une longue conversation à propos de ce qu’il voulait exactement raconter avec Abzû, et ce que les métaphores et la narration étaient censées représenter, et je devais juste garder ça à l’esprit durant mon travail de composition ». Limpide, claire, reposante, la bande-son d’Abzû en est presque thérapeutique… Et puis d’autres jeux phares tels Saints Row: Gat Out Of Hell, The Order: 1886, The Banner Saga 2 ou Assassin’s Creed: Syndicate ne doivent être omis lorsque l’on fait référence à la carrière pressée de ce jeune compositeur.

Mais Austin Wintory ce sont aussi des expériences filmiques nombreuses avec pour meilleurs faits d’armes les BO de Grace et de Captain Abu Raed. Il planche actuellement sur le drame Legacy et le prochain thriller de Paul Solet, De Niro, sur lequel on retrouvera les acteurs Adrien Brody, John Malkovich et Antonio Banderas.

Enfin hors du cadre de la Musique à l’Image Wintory compose des œuvres de concerts qu’il dirige aux quatres coins du monde. Il est intervenant régulier dans des écoles et des ateliers de musique et codirige l’association Education Through Music – Los Angeles, le tout dans le but de transmettre au max son savoir, et il a déjà tant à raconter…

Didier Bianay

bianaydidier.com

Les mille sonorités de Rolfe Kent

(n°699)

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Rolfe Kent

Il a donc bien fait de suivre les dires d’un de ses formateurs qui lui avait conseillé de ne pas être trop rigide dans son travail musical par peur que ça ne freine son enthousiasme. Ce conseil est d’autant plus salutaire que Rolfe Kent ne vient pas d’une famille de musiciens et que sa formation en musique a été brève, il n’a donc pas une technique d’écriture tres poussée certes mais compense par sa soif d’instrumentation. Car avec ce multi-instrumentiste on ne sait jamais à quoi s’attendre niveau sonorité tant il sait prendre à contre-pied à chaque virage, à chaque piste, à chaque BO. Un coup d’œil aux photos de son studio à Los Angeles et on devine la curiosité excitée du britannique qui collectionne de multiples instruments venus des 4 coins du monde comme un angklung, un chalemie, un mélodica, et n’hésite pas à en chercher d’autres à chaque nouveau film, créant une discographie très diversifiée et métissée, qui ne tourne point en rond.

Et pourtant des programmes il en a couvert, plus de 70 à l’heure actuel, parmi lesquelles on peut citer Dexter, et son malicieux thème, In the Air, À Coeur Ouvert, Serial NoceursMonsieur Schmidt, La Revanche d’une BlondeGambit : Arnaque À L’anglaise, et il a de plus récolté 1 Satellite Award, 11 BMI et 5 nominations dont une aux Golden Globes pour la sicilo-jazzy BO de Sideways. Après près de 30 ans de carrière le britannique n’a donc pas perdu de son enthousiasme fascinant, même s’il avait été moins visible depuis la BO asiatiquement inspirée des 108 Rois-Démons. On le retrouvera prochainement sur les bandes-son de Crash Pad ou encore The Philosophy Of Phil dont l’intrigue suit un docteur s’interrogeant sur les raisons du suicide d’un de ces patients. Où cette comédie noire l’a mené musicalement ? Difficile de prévoir l’imprévisible…

Didier Bianay

bianaydidier.com

Lin-Manuel Miranda, le couteau suisse…

(n°680)

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Lin-Manuel Miranda

Lin-Manuel Miranda

… ou plutôt portoricain, car telles sont les origines de ce compositeur dont le nom rappelle quelque chose à ceux qui suivent l’actu BO, puisqu’il est sur la généreuse bande-son de Vaiana, avec Mark Mancina et Opetaia Foa’i. Miranda semble rentrer par la grande porte avec cette grosse production et à vrai dire personne ne l’a vu venir… du moins au Cinéma. En effet, il faut savoir que le natif de New-York est très connu dans le Théâtre américain puisqu’il a eu l’occasion de jouer et/ou composer pour des pièces à succès comme In the Heights, Hamilton, Bring It On the Musical, et y a engrangé la bagatelle de 43 prix pour l’instant dont 1 prix Pulitzer, 2 Grammy Awards et 3 Tony Awards, que ce soit pour ses performances en tant que compositeur ou comédien, ce qui est extrêmement rare ! 

Après quelques petits rôles pour le Cinéma et la Télévision, il semblerait que ce jeune artiste de 36 ans se dirige véritablement vers la musique à l’Image, domaine où il a déjà remporté 1 Primetime Emmy Awards (2014) et connu 1 nomination au Daytime Emmy Awards (2014), et ce, que soit en tant que compositeur ou parolier. Bien qu’il n’ait qu’une série éphémère (The Electric Company) et Vaiana dans son escarcelle son arrivée dans le Cinéma fait entrevoir beaucoup de promesses du fait de sa réussite dans le Théâtre, le but restant le même pour lui : retranscrire en musique les émotions fournies par l’intrigue. Il a d’ailleurs l’exemple parfait d’Alan Menken, ex-compositeur phare de Broadway, qu’il retrouvera sur le film La Petite Sirène, produit par Disney. Mais avant Miranda devra se débattre avec un très gros poisson, écrire des bandes-son et des chansons originales pour les adaptations au Cinéma et en série de The Kingkiller Chronicle. De quoi bien occuper un artiste gourmand qui n’est pas prêt de couper…

Didier Bianay

bianaydidier.com

Christopher Gordon, la perle rare

(n°674)

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Christopher Gordon

Christopher Gordon

Il se fait rare dans la Musique de Film l’anglo-australien Christopher Gordon même si son apport est souvent précieux et salué, témoignent les nombreuses nominations et récompenses (13) qu’il a reçues de par ses BO pour Moby Dick, Mao’s Last DancerMaster and Commander : De l’autre côté du monde,  Salem’s Lot et le documentaire Sydney: A Story of a City. C’est surtout au tournant des années 2000 (de 1998 à 2004) qu’il s’est le plus activé pour la musique à l’Image avant une absence encore plus longue de 2004 à 2009. En fait cela tient de la double carrière assumée de ce compositeur qui fut souvent sollicité pour symboliser en musique de grands événements comme le Centenaire de la fédération australienne (2001), la Coupe du monde de Rugby en Australie (2003), les Jeux du Commonwealth (2006) ou encore une trentaine d’oeuvres de concert qu’il a composées pour divers commanditaires depuis 2000 jusqu’à cette année. Sur ces dernières à regarder de plus près on observe un goût pour la promotion d’instruments rarement solistes comme la harpe, le cor, le trombone et autre tuba ; à vrai dire c’est bien le reflet de Christopher Gordon, un amoureux de l’orchestre symphonique qui sait donner une place à tous les instruments par une orchestration fine, maîtrisée, précise et propre. Cela transparaît bien dans ses BO et témoigne d’un compositeur à la technique d’écriture particulièrement poussée.

A l’écouter on se dit que si l’Australie l’a adopté pourvu qu’il n’abandonne pas le Cinéma, mais c’est peu probable pour ce curieux qui aime en l’aventure cinématographique le fait que les « compétences musicales du compositeur soit étirées vers toutes sortes de directions inattendues ». C’est même pour le Cinéma qu’il compose actuellement et le film Out Of The Shadows, ou l’histoire d’un couple dont l’emménagement se trouve contrarié par des forces surnaturelles. Réalisé par Dee McLachlan, ce film d’horreur débarquera l’année prochaine, 4 ans après la dernière et scintillante bande-son de Gordon pour Perfect Mothers.

Didier Bianay

bianaydidier.com

Hauschka, une question de préparation

(n°661)

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Hauschka (Volker Bertelmann)

Hauschka (Volker Bertelmann)

Aujourd’hui place à un artiste assez étonnant, Hauschka a.k.a Volker Bertelmann, un pianiste allemand au parcours improbable et aux méthodes de travail assez imprévisibles. Vous êtes prévenus…

Pour Volker Bertelmann tout commence à Kreuztal où il naît en 1966. Il grandit non loin de là à Ferndorf dans une famille nombreuse de 6 enfants et se prend d’amour pour le piano dès 9 ans, après avoir assisté à un concert reprenant les oeuvres d’un illustre pianiste d’un autre temps, Chopin. C’est là que le parcours de Bertelmann commence à partir dans toutes les directions ; car tout en étudiant le piano Classique pendant les 10 années suivantes, il s’essaiera au Rock, au Hip-Hop, aux études de médecine, d’économie d’entreprise avant de finalement revenir plus pleinement à la musique. Il finit par sortir son premier album solo en 2004, Substantial, et acquiert son identité musicale définitive en travaillant sur le suivant qui paraîtra l’année d’après, The Prepared Piano. Comme son nom l’indique, ce dernier est entièrement consacré au piano préparé, méthode d’expérimentation sonore dont Hauchska est depuis devenu un des plus grands spécialistes et qui consiste à insérer divers types objets dans les cordes d’un piano afin d’influencer et façonner ces sonorités. C’est dans cette optique artistique que l’allemand mène sa carrière depuis 11 ans ayant sorti entre-temps 12 albums en s’accompagnant d’orchestres et d’artistes tels Samuli Kosminen, Hilary Hahn, Joey Burns ainsi que John Convertino. Enfin, accessoirement Bertelmann pratique aussi la musique électronique avec pour pseudonyme Tonetraeger.

Alors on pourrait se dire que dans sa jeunesse Hauschka s’est fourvoyé en multipliant les expériences, mais en Musique de Film c’est plutôt une bonne chose car la discipline exige une grande polyvalence musicale, et Hauschka il l’a. C’est d’ailleurs pas un hasard si il enfile les programmes depuis 2007 et devient un compositeur de plus en plus suivi. L’identité multiple qu’il s’est forgé lui a d’ailleurs bien servi sur la BO du thriller The Boy (2015) où il s’en est servi pour multiplier les sonorités acoustiques notamment par des notes de piano trafiqué mais aussi par des touches de violons, de violoncelles, et toutes sortes d’objets qui lui sont tombés sous la main, le tout enrobé d’une couverture électronique glauque. Peu mélodique mais grouillant de sonorités intimidantes par leur imprévisibilité, la BO de The Boy fut un pari risqué et assez réussi, pourvu d’une vrai personnalité, sauvage, sombre, étrange et lugubre.

À elle seule cette bande-son montre ce que le malicieux Hauschka peut apporter à la musique d’un film et son extraordinaire ouverture d’esprit grâce à laquelle son travail nous montre mille chemins. Il reviendra prochainement sur un drame de Marius Markevicius Ashes In The Snow pour conclure une année 2016 où il n’avait jamais été autant sollicité, après Exodus Where I Come from Is Disappearing, Lion (avec Dustin O’Halloran), In Dubious Battle, Deutschland. Made by Germany et enfin le court métrage Riding Hood. Des projets très différents les uns des autres, mais depuis nombres d’années le parcours d’Hauschka est déjà prêt, paré à toutes éventualités.

Didier Bianay

bianaydidier.com

Frank Ilfman, le compositeur né

(n°652)

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Frank Ilfman

Frank Ilfman

Ces derniers temps il commence à faire parler de lui bien au-delà de son Israël natal, ce Frank Ilfman. Présentation d’un compositeur pressé et attaché à la tradition de la BO symphonique, dans sa plus noble expression.

Né le 18 Mars 1970, Frank Ilfman a étudié dans sa jeunesse au Jaffa Conservatorium, apprenant à maîtriser le piano et surtout la trombone, cuivre qu’il jouait dans le Tel Aviv Dixieland Band. En ce qui concerne la Musique de Film tout a commencé avec une histoire sans fin précisément celle du film L’Histoire Sans Fin (1984) pour lequel il a assisté, émerveillé, à l’enregistrement de la BO composée par Klaus Doldinger. Ses premiers pas dans la Musique à l’Image il les a fait en compagnie du compositeur Jan Hammer sur The Chancer à… 17 ans, un exemple de précocité dans le métier. À 24 ans il démarra une carrière en solo, majoritairement sur des films israéliens avant de voir, sur les 2 décennies suivantes, sa filmographie grandir et son armoire à trophées se garnir quelque peu grâce à ses partitions pour Noodle et Nemesis Game. Mais c’est surtout depuis 2013 qu’il a franchi carrément un cap avec le film Big Bad Wolves. Inclus en amont du projet, il a eu les mains libres pour partir sur un score sombre, grinçant mais mélodique qui défia les conventions musicales du Thriller moderne et lui valu quelques bonnes mentions, notamment un Saturn Award.

Cette année il s’est encore signalé avec la partition pour le film jeunesse Abulele, dotée d’un style symphonique et bien traditionnel, car elle garde de bout en bout cette teinte 90’s que ce soit dans les passages sautillants, sombres ou haletants ; loin d’être fâcheuse cette généreuse BO comme celles d’antan arrive à sans cesse capter l’attention et témoigne d’un effort et d’un pouvoir créatifs impressionnants chez le désormais israélo-germano-américain.

Et oui, entre Israël, Espagne, Allemagne et USA, Frank Ilfman se sent partout comme chez lui ce qui lui permet aussi de continuer de travailler sur des productions américaines, européennes ou moyen-orientales comme le témoigne les programmes à paraître Emotional Rescue, Down The Deep, Dark Web, Hunted, Robin et Ghost Stories. Et puis, ça vient de tomber, il composera pour le film The Etruscan Smile du tandem Oded Binnun-Mihal Brezis, un drame à l’histoire touchante centré sur les relations familiales et qui semble bien calibré pour ce compositeur assoiffé de lyrisme.

Didier Bianay

bianaydidier.com

Terence Blanchard, jamais à bout de souffle

(n°645)

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Terence Blanchard

Terence Blanchard

Terence Blanchard c’est une des figures de la Musique de Film, bien qu’il ait un profil hybride et qu’il partage sa carrière entre scène Jazz et Cinéma. Présentation d’un compositeur inépuisable qui pèse ses notes et dont les notes pèsent.

L’enfant du Jazz

Terence Blanchard voit le jour le 13 mars 1962 à La Nouvelle-Orléans, berceau du Jazz. C’est donc tout naturellement qu’il étudie dans sa jeunesse ce courant musical à la New Orleans Center for Creative Arts sous les coupes de Roger Dickerson et d’Ellis Marsalis, avant d’apprendre du saxophoniste Paul Jeffrey et du trompettiste Bill Fielder à l’université Rutgers. S’initiant d’abord à la pratique musicale sur le piano c’est avec ses coups de trompettes qu’il ravivera les couleurs du Jazz dans les 80’s en codirigeant le groupe Jazz Messengers. En 1990 il commence une carrière solo qui va s’avérer par la suite très fructueuse, surtout sur ces 16 dernières années où il décroche 4 Grammy awards (catégorie Jazz) en 10 nominations, son premier Grammy datant de 1984 avec Jazz Messengers. Il demeure actuellement une figure de proue du Jazz à l’échelle internationale avec 20 albums à son actif et d’innombrables dates à travers le monde.

Engagé comme compositeur

« Écrire pour un film est plaisant, mais rien ne vaut le fait d’être un Jazzman jouant dans un club, jouant un concert ». Tels étaient les mots de Blanchard au magazine Down Beat en 1994 alors qu’il venait tout juste de commencer une carrière dans le Cinéma et qu’il avait composé notamment pour 2 films de Spike Lee, Jungle Fever et bien sûr Malcolm X. Mais force est de constater qu’il a sérieusement prit goût à la Musique de Films puisque Blanchard a atteint l’année passée la soixantaine de programmes, collaborant avec nombre de réalisateurs différents, mais surtout avec son ami Spike Lee ; on peut citer comme plus notables références Miracle À Santa-AnnaInside Man, Cadillac Records, Talk to Me et La 25ème Heure. C’est d’ailleurs pour ce dernier film qu’il a signé une délicieuse BO et décoché le plus d’éloges de la part de la Critique en remportant un COFCA Award et un Sierra Award, tout en faisant bonne figure avec des nominations aux GrammysWSA et Satellite Awards.

Compositeur engagé

Tout au long de sa carrière sur la scène Jazz ou au Cinéma Terence Blanchard a montré aussi un certain penchant pour l’art engagé en collectionnant les œuvres porteuses de messages forts comme les films Malcolm X (1992), Red Tails (2012), le documentaire Katrina (2006), Les Enfants Invisibles (2005) et ses albums A Tale of God’s Will (A Requiem for Katrina) et Breathless. Malgré tout ce passif enviable le trompettiste tentera une expérience inédite pour lui en composant pour une série, Shots Fired. Il tentera d’accompagner à sa manière une intrigue brûlante croisant meurtres racistes, ségrégation raciale et corruption politique. Sûr, Shots Fired va faire jazzer Blanchard et va aussi faire jaser…

Didier Bianay

bianaydidier.com

Les Danna : la fraternité en musique

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Mychael Danna (à gauche) et Jeff Danna

Mychael (à gauche) et Jeff Danna

Précédemment, dans un récap’ de mai 2015, j’avais mentionné la participation de Mychael Danna au film d’animation, Le Voyage d’Arlo dont la sortie est prévue pour le 2 décembre 2015. Finalement le compositeur a été rejoint par son frère Jeff et les 2 hommes enregistrent la bande son cette semaine. 2 bons compositeurs reconnus par leur pairs mais peu connu du public. Alors voici venu le moment des présentations :

Le plus jeune des deux, Jeff, est peut-être celui qui a le plus gardé son âme d’enfant du haut de ses 51 ans. En tout cas ce sont les programmes pour jeune public qu’il l’ont le plus inspirés avec 3 nominations aux Annie Awards et aux Gemini et un prix Gemini, pour ses participations aux bandes sons de Disney Princess Enchanted Tales: Follow Your Dreams, The Zula Patrol et Miss Spider’s Sunny Patch Friends. Dans un registre moins enfantin il a eu l’honneur de composer pour les films d’horreurs Resident evil – L’apocalypse et Silent Hill. Assez friand de métissage musical il a un sens de la mélodie particulièrement aigu et une écriture musicale fortement sentimentale, à tel point qu’on s’étonnerait de sa modeste popularité dans la Musique de Film.

Quant à Mychael Danna, c’est le plus primé des 2, avec 23 récompenses prestigieuses en près de 3 décennies de carrière. Parmi celles-ci on peut citer bien sûr l’Oscar et le Golden Globe obtenus en 2013 pour la BO de L’Odyssée De Pi. Réputé pour sa grande qualité de réflexion sur le scénario, Mychael Danna veut toujours selon ses dires « ajouter une dimension et un aperçu inattendus qui enrichissent la vision du réalisateur ». Et question réalisateurs des grands noms lui ont fait confiance en commençant par citer son ami Atom Egoyan, mais aussi en ajoutant Bennett Miller, Terry Gilliam, Mira Nair ou encore Billy Ray. Marié à une indienne, Mychael Danna a toujours aimé, comme son frère, le métissage des cultures et est connu pour souvent coupler des sonorités exotiques à des sonorités occidentales, qu’elles soient symphoniques ou électroniques.

Pour leur dernière collaboration en date c’est justement un mariage sonore électro/moyen-orientale que les frères Danna ont proposé pour la 1ère saison de Tyrant. Un travail grâce auquel ils défendront doublement leurs chances aux prochains Emmys Awards, dans les catégories meilleure composition pour une série et meilleur thème. A vrai dire même s’ils ne forment pas un duo de compositeurs régulier comme les Newton Brothers, Mychael et Jeff ont déjà fait beaucoup de jolis coups ensemble sur les BO de Cold Comfort, The Matthew Shepard Story, The Imaginarium Of Doctor Parnassus, et plus récemment Camelot. Mais c’est avec les 2 albums aux fortes influences celtes, A Celtic Tale et A celtic Romance, qu’ils ont plus fait parler d’eux, les classant dans le top 10 du Billboard US. Et ce succès est mérité tant ces BO imaginaires bénéficient d’un travail de recherche profond et précis sur l’harmonie et l’instrumentation celtiques, avec en prime un côté orchestral et électronique amplifiant l’ensemble. Alors ce n’est pas dit qu’on aura droit à un quelconque métissage sur le très préhistorique Voyage d’Arlo, cependant une chose est sûre, l’alchimie des talents des frères Danna est assez percutante et peut leur faire atteindre des sommets.

Didier Bianay

Star Wars Rogue One : 4 raisons pour lesquelles Desplat est un bon choix

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Star-Wars-logo 2

Cela n’a échappé à aucun cinéphile ces derniers jours : John Williams ne sera pas aux commandes de la BO de Star Wars Rogue One et se voit remplacé par Alexandre Desplat pour ce spin-off. Un spin-off késako ? Un spin-off est un film ou une série dérivée qui reprend les personnages d’une série originale mais dans un univers différent. Un exemple récent, la série Chicago Police Department qui se focalise sur certains personnages de Chicago Fire. Si aucun synopsis n’a été révélé, il semblerait que Rogue One développera l’histoire d’un des pilotes connu de la saga. Concernant le casting on est pas loin, pour l’heure, du vide intersidéral puisque seul Felicity Jones est confirmée, outre bien sûr Alexandre Desplat. Mais alors pourquoi ce remplacement par Desplat ? Voici 4 raisons qui prouvent que c’est un choix judicieux.

L’après John Williams est inévitable

Le compositeur attitré de Star Wars a 83 ans et lève logiquement le pied concernant sa filmographie, ayant tendance à s’éloigner du Cinéma et de ses délais infernaux. Il a pris son temps et du plaisir à composer pour La Voleuse de Livres, un projet qui lui tenait à cœur, puis s’est engagé pour le très attendu Star Wars VII qui sortira cet été. Il compose pour St James Place qui paraîtra cet automne et la rumeur l’annonce sur Indiana Jones 5 (2016). Mais John Williams est surtout proche d’une retraite bien méritée et le gros bébé de Georges Lucas ne va pas s’arrêter de grandir ces prochaines années, parole de la Walt Disney Company désormais propriétaire de Lucasfilm. Alors il faut remplacer le maître, et en douceur, avec un spin-off qui va initier le remplaçant à l’univers Star Wars.

Alexandre Desplat

Alexandre Desplat

L’expérience de Desplat…

Très bien installé dans l’industrie cinématographique hollywoodienne, Desplat a eu l’occasion de travailler sur des grosses productions américaines parmi lesquelles figurent Twilight: Tentation, Zero Dark ThirtyL’Étrange Histoire de Benjamin Button, Harry Potter et les reliques de la mort (1ère partie).  Mais lorsqu’on se dépayse avec les BO d’Argo, de Godzilla et du Grand Budapest Hotel on a la certitude que Desplat peut s’attaquer à n’importe quel horizon musical sans partir dans le décor. Son talent pour la musique à l’image a été maintes fois salué, le natif de Paris en est actuellement à 67 récompenses dont 1 oscar récemment.  Une grande expérience et un talent reconnu… il faut aux moins ça pour s’attaquer à du Star Wars, car on ne prend pas le premier venu…

… son style hybride…

Desplat c’est le compositeur de la réconciliation. Celle entre le style old school, orchestral, mélodique, gargantuesque et complexe dont John Williams est l’empereur et le style new school, plus minimaliste, plus musclé, plus électronique et plus sombre façon Brian Tyler. Et cela est assez frappant dans sa discographie où il est capable de confronter les 2 styles avec une aisance qui plaît les afficionados des 2 camps. Mais c’est bien le style mélodieux qui est de plus en plus recherché par les réalisateurs outre-Atlantique, et pas que pour des films romantiques… Si les producteurs recherchent un compositeur sachant proposer une grande partition orchestrale avec une bonne touche de modernité, Desplat est sans doute le compositeur qui peut offrir le meilleur compromis.

… et sa complicité avec Gareth Edwards

Cela est tres important pour une bande son de qualité. L’alchimie qui existe entre certains réalisateurs et certains compositeurs est un phénomène avéré, les deux s’inspirant mutuellement. Ayant collaboré ensemble sur Godzilla on y sent un Desplat assez libéré, symphonique et gourmant, qui ne s’est pas senti obliger d’imprimer un style moderne a ce reboot, mais qui a plutôt privilégié le style orchestral et une technique plus acoustique pour certains effets qu’il aurait été si simple de faire avec du sound design (gémissements de violons, clameurs des chœurs etc.). Gareth Edwards lui laissant une grande liberté et étant souvent friand de ses nouvelles idées, nul doute que Desplat continuera de proposer de belles choses avec ce réalisateur comme il se plaît bien avec l’univers de Wes Anderson.

Alors j’espère que j’aurais rassuré les plus sceptiques avec ces 4 raisons. En tout cas il faudra forcément un successeur à John Williams et je ne parle pas que de Star Wars VIII mais du bon paquet de spin-offs et autres épisodes d’ores et déjà annoncés et dont les musiques seront très attendues par les oreilles exigeantes des nombreux fans de la saga. Et vu son vécu, ses qualités et son sens du challenge, Desplat se trouve être un compositeur taillé pour Rogue One.

Roger

Didier Bianay

Primetime Emmys 2013 / Les Compositeurs Gagnants

La 65ème cérémonie des Primetime Emmy Awards a livré son verdict. Et parmi les compositeurs de séries TV, John Lunn (Downton Abbey) et Bear McCreary (Da Vinci’s Demons) ont été récompensés respectivement dans les catégories Meilleure composition musicale pour une série TV et Meilleure musique thème pour une série TV.

Bear McCreary

Bear McCreary

Le dépucelage de Bear McCreary

Avec cette seconde nomination d’affilée, Bear McCreary (34 ans) a fini par recevoir son premier Primetime Emmy Award pour sa musique thème de Da Vinci’s Demons. Et cela n’est pas étonnant tant cette musique l’est justement. Avec un style musical emprunté de La Renaissance sur fond de percussions discrètes et modernes, et une ligne mélodique symétrique, (la deuxième phase du morceau est un inversement de la première et de la dernière), cette musique thème constituait un travail de composition audacieux. Ajoutez-y ces arrangements on ne peut plus sublimes et vous obtenez la Meilleure musique thème pour une série TV pour cette édition 2013.

« Je me dois de partager cet Award avec le créateur de la série S. Goyer. Quand je lui ai joué ma première démo du thème principal, il m’a donné le meilleur avis qu’un producteur puisse donner. Il m’a dit que la musique était trop courte. Le thème était si prenant, il voulait en entendre plus. Il a donc recoupé son premier épisode et a presque doublé la durée de la séquence vidéo du générique, me donnant l’opportunité de développer mes idées. »

D’ailleurs, cette séquence vidéo a aussi reçu le prix du meilleur montage vidéo pour un générique.

John Lunn

John Lunn

John Lunn sauve Downtown Abbey

La série Downton Abbey est la grande perdante de la soirée avec 12 nominations pour seulement 1 récompense (Meilleure composition musicale pour une série TV). Cette dernière est venue de John Lunn son compositeur attitré depuis la première saison. John Lunn garde donc sa couronne, lui qui était le tenant du titre de cette catégorie, pour le compte de la même série. Une formalité ? Pas pour ce vétéran qui fut même surpris d’avoir doubler la mise : « Je ne l’attendais vraiment pas, ce fut une si bonne surprise ! » Oui, il faut aussi avouer que John Lunn n’est pas très bavard… et plutôt discret. C’est que ce compositeur de 57 ans, d’origine écossaise préfère parler avec des notes plutôt qu’avec des mots. Peut-on s’attendre à une nouvelle nomination l’année prochaine ? Ce n’est pas improbable tant il semble inspiré par cette série So British…

Didier Bianay

 

65ème cérémonie des Primetime Emmy Awards (11/11)

Dossiers

Sean Callery (Elementary)

Sean Callery

Sean Callery

Nominé dans la catégorie Meilleure musique thème pour une série TV.

Le compositeur attitré de la série 24, est né à Hartford (Connecticut), en 1964. Lors de ses jeunes années, à Bristol (Rhodes Island), il commence à se mettre au piano et apprend la musique classique. Il apprend aussi de lui-même le trombone, le tuba et d’autres genres musicaux. À 23 ans il obtient un diplôme de piano, à la fin de ses études au Conservatoire de Nouvelle-Angleterre. Très curieux en ce qui concerne la musique, il s’intéresse aux nouvelles technologies naissantes conscient des nouvelles sonorités qu’elles peuvent apporter. Son travail sur les nouvelles technologies de l’époque influence rapidement certains de ces ainés tels Alan Silvestri, James Newton Howard, Herbie Hancock, Mark Snow, alors qu’il vient tous juste d’emménager à Los Angeles en 1987; et par ces travaux il développe des compétences qui lui vaudront uns première nomination aux Primetime Emmys 93 en tant que sound designer de la série Star Trek : Deep Space Nine. Bien qu’il avait déjà participé pour la première fois à la bande originale de A Mom for Christmas en 1990, c’est en 1996 que Snow lui présente l’homme qui va changer sa vie : Joel Surnow. Une longue collaboration commence entre les 2 hommes tout d’abord avec les 5 saisons de la série La Femme Nikita (1997-2001), puis sur la célèbre série 24 (depuis 2001). Entre-temps Sean Callery compose pour d’autres séries à succès comme Treasure HuntersBones, Medium ou Homeland et la mini-série The Kennedys.

The Hollywood Reporter : Avez-vous un genre préféré pour lequel vous aimeriez travailler ?

Sean Callery : J’aurais aimé écrire une comédie musicale. … J’ai brièvement été un pianiste de répétition pour Francis Coppola, qui a écrit une comédie musical sur le film Gidget. … C’était une écriture et une expérience préparatoire si unique dans le sens que tout était en harmonie.

The Hollywood Reporter : Une musique thème donne le ton d’une série. Quelle est votre source d’inspiration ?

Sean Callery : Avec Scherlock Holmes, il y a une notion de précision, d’élégance – Son cerveau sollicite plusieurs de ses parties en même temps, pensant à plusieurs choses à la fois. Quand j’étais un pianiste de musique classique au College, ce qui m’a amené à opérer au plus près de cette capacité était la musique baroque, quand je jouais la musique de Bach. … Et cela n’a pas choqué qu’il ait joué du violon.

The Hollywood Reporter : Quelle est votre musique thème préférée à la télévision ?

Sean Callery : Considérez Hawaii Five-0, The Twilight Zone, Route 66. Mais en ce qui concerne des musiques thème tout simplement magiques pensez à The Beverly Hillbillies – il y en a trop ! Je suis toujours content des musiques qui y sont associées. Elle ressemble aux chansons folk.

Source : Hollywood Reporter (http://www.hollywoodreporter.com/)

Sean Callery c’est 8 récompenses tout au long de sa carrière, dont 5 ASCAP Award (« 24″, 2003 et 2006 / Medium, 2006 et 2009 / Bones, 2009 et 2012 / Most Performed Themes and Underscores, 2012 / Elementary 2012); et 3 Primetime Emmys avec la série « 24 » (2003, 2006 et 2010). Sean Callery est donc un habitué de la compétition qui espère décrocher un 4ème Primetime Emmy Award avec la musique-thème sophistiquée d’Elementary.

Voilà qui clôt notre série d’articles sur la présentation des forces en présence, en lutte pour décrocher les Primetime Emmys 2013 de la Meilleure composition musicale pour une série TV et de la Meilleure musique thème pour une série TV.

Les verdicts seront prononcés lors de la cérémonie des Primetime Emmy Awards 2013 qui se tiendra le dimanche 22 septembre, à Los Angeles.

Didier Bianay

65ème cérémonie des Primetime Emmy Awards (10/11)

Dossiers

Bear McCreary (Da Vinci’s Demons)

Bear McCreary

Bear McCreary

Nominé dans la catégorie Meilleure musique thème pour une série TV.

Né le 17 février 1979 à Fort Lauderdale (Floride), McCreary est un enfant de la Musique de Film. Immergé très tôt dans ce domaine en étant formé par le compositeur Elmer Bernstein, cet accordéoniste autodidacte achève sa formation à la Thornton School of Music (Los Angeles). Abonnés aux courts métrages durant ces premières années professionnelles, il compose aussi pour les jeux vidéos. Cependant, il ne compte seulement qu’un film dans son escarcelle, concernant le grand écran (Europa Report, 2013). En revanche ses compositions pour séries télévisées (Marvel’s Agents of S.H.I.E.L.D., The Walking Dead, Terminator: The Sarah Connor ChroniclesEureka, Caprica, Trauma, The Cape) sont plus nombreuses et ne passent généralement pas inaperçues. Ça été le cas pour la bande originale de Battlestar Galactica, acclamé par la critique, Io9.com allant même jusqu’à le classer parmi les 10 meilleurs compositeurs de films de Science Fiction de tous les temps. Véritable surdoué de la Musique de Film, McCreary est un homme de défi, lui qui a dirigé le plus imposant orchestre de l’histoire de la musique pour Télévision, pour le compte de la série Human Target. Depuis 3 ans, les propositions de réalisateurs de séries ne cessent d’affluer et McCreary est véritablement l’étoile montante de la nouvelle génération. C’est son travail sur Da Vinci’s Demons qui fait l’objet d’une nomination cette année. Il s’est récemment confié brièvement au Hollywood Reporter.

The Hollywood Reporter : Une musique thème donne le ton d’une série. Quelle est votre source d’inspiration ?

Bear McCreary : L’une des choses qui m’a toujours fasciné est l’écriture en mirroir (de De Vinci). Il est réputé pour avoir été capable d’écrire à l’endroit comme à l’envers, et il écrivait des deux mains. … J’ai pensé, « si il pouvait écrire comme ça, peut-être que je peux écrire une composition de la même manière ». Donc je l’ai conçu et écrit le thème comme un palindrome : Vous jouez cette musique à l’envers, et c’est la même chose. C’était un énorme défi parce que j’ai écrit un thème que j’avais vraiment aimé, et j’ai pensé qu’il pouvait fonctionner – mais quand je l’ai joué à l’envers, c’était épouvantable. Ensuite j’ai composé une version inversée qui sonnait bien, mais lorsque je l’ai mis à l’endroit, c’était épouvantable ! Donc j’ai vraiment du repenser entièrement mon approche.

The Hollywood Reporter : Lorsqu’arrive des passages d’époques, à quel point basez-vous votre composition sur le style musical de la période en question ?

Bear McCreary : J’ai passé beaucoup de temps à faire des recherches sur la musique de l’époque de la Renaissance. … Lorenzo De Medicis est un personnage en vue dans la série, et dans la vraie vie, a fait la notoriété de beaucoup de musiques du compositeur nommé Henricus Isaac. Isaac composa un thème pour la famille de Medicis, un petit motif de 6 notes, et j’ai utilisé ce motif en tant que le thème De Médicis. Si vous pouviez construire une machine à remonter le temps qui puisse ramener Lorenzo de Médicis ici pour regarder sa série, il serait ragaillardi parce qu’il se dirait « Oh, c’est mon thème ».

Source : Hollywood Reporter (http://www.hollywoodreporter.com/)

L’amoire à trophée de Bear McCreary n’a que 2 récompenses, 2 Ascap Award (Eureka, 2009 / The Walking Dead, 2013). Mais Bear McCreary est encore jeune, du haut de ses 34 ans, et montre une précocité et une maturité musicales rares pour cet âge. Il est le fleuron de la jeune génération de compositeurs Hollywoodiens et a sans doute encore de belles années devant lui vu son acharnement au travail et son talent. Bear McCreary est un nom (pas facile) à retenir.

Didier Bianay

65ème cérémonie des Primetime Emmy Awards (9/11)

Dossiers

Brian Keane (Copper)

Brian Keane

Brian Keane

Nominé dans la catégorie Meilleure musique thème pour une série TV.

Brian Keane est né le 18 janvier 1953 à Philadelphie. Il est issu d’une famille très portée sur la musique puisque sa mère était compositrice, son père ténor à ses heures perdues, alors que son frère et sa sœur sont musiciens. Brian intègre un groupe de Rock’N’Roll alors qu’il n’est qu’au sixth grade (6ème en France). Il a eu pour mentor le pianiste de Jazz John Mehegan puis Karel Husa. Il finit sa formation à l’université Cornell. Puis débute pour lui une carrière professionnelle exceptionnelle. En effet dans les 70’s, Brian Keane est un guitariste et compositeur de renom qui joue et travaille avec les plus grandes vedettes du jazz. À cette époque il est plutôt reconnu comme musicien de live ou de studio. Une rencontre avec les réalisateurs Jim Burroughs et Suzanne change sa vie d’artiste. Et c’est avec eux qu’il fait ses premiers pas dans la musique pour l’image en composant la bande son de leurs reportages Against Wind and Tide: A Cuban Odyssey (1981); d’ailleurs la filmographie de Brian Keane est essentiellement constituée de travaux pour reportages. Pistol Pete: The Life and Times of Pete Maravich est synonyme de première récompense pour lui en 2001. Cette carrière dans la musique pour l’image, très axée sur les reportages, s’explique par le fait que Keane travaille dans un studio isolé dans le Connecticut, loin de l’effervescence audiovisuelle de Los Angeles, place forte de l’industrie du Film. Celà semble être un choix délibéré pour Brian Keane qui demeure près de ces amis tout en étant sollicité depuis 2 décennies pour des grands reportages tels que Do You Believe in Miracles (2001), Nine Innings From Ground Zero (2004), The Blood of Yingzhou District (2006). Ses compositions sont souvent reprises par des grands orchestres symphoniques, c’est dire la qualité de ses travaux. Cette année, aux Primetime Emmy Awards 2013, il représente non pas un reportage mais une série TV :Copper.

The Hollywood Reporter : Quand vous composez pour un nouvel épisode, par quoi commencez-vous ?

Brian Keane : Je regarde le film la première fois, et sur un bloc-note j’écrit l’essence de ce qu’il a besoin, ensuite je confirme celà avec le réalisateur. Comme je le regarde pour la première fois, c’est comme un spectateur le verra.

The Hollywood Reporter : N’avez-vous jamais connu la hantise de la page blanche ?

Brian Keane : J’ai eu, une fois, la hantise de la page blanche dans les premiers jours d’un nouveau projet. Et je pense que la manière dont je peux me sortir de là est probablement par peur et adrénaline.

Source : Hollywood Reporter (http://www.hollywoodreporter.com/)

Brian Keane fait figure de taulier parmi ses concurrents avec près de 50 ans d’expérience professionnelle. Il a connu 20 nominations pour 7 awards remportés : 4 Sport Emmys pour Pistol Pete: The Life and Times of Pete Maravich (2001), Picture Perfect: The Stories Behind the Greatest Photos in Sports (2002), The Curse of the Bambino (2003), Nine Innings from Ground Zero (2004); 3 Primetime Emmys Pistol Pete: The Life and Times of Pete Maravich (2001) (TV), Picture Perfect: The Stories Behind the Greatest Photos in Sports (2002), The Curse of the Bambino (2003).

Brian Keane c’est donc l’histoire d’un grand compositeur pour reportages qui aurait certainement pu être une terreur d’Hollywood, mais qui a brillé sans la capitale du Cinéma. Un luxe…

Didier Bianay

65ème cérémonie des Primetime Emmy Awards (8/11)

Dossiers

Robert Duncan (Last Resort)

Robert Duncan

Robert Duncan

Nominé pour la catégorie Meilleure composition musicale pour une série TV.

Musicinews s’invite sur Cinézik.fr !

Retrouvez l’article ici : http://www.cinezik.org/compositeurs/index.php?compo=Duncan

Didier Bianay

65ème cérémonie des Primetime Emmy Awards (7/11)

Dossiers

Nathan Barr (The Americans et Hemlock Grove)

Nathan Barr

Nathan Barr

Doublement nominé dans la catégorie Meilleure musique thème pour une série TV.

Né le 9 février 1973, et fils de musiciens professionnels, l’américain Nathan Barr commence à étudier la musique à l’âge de 4 ans à … Tokyo. Plus tard, il fréquente le Skidmore College de Saratoga Springs (État de New York). C’est aussi pendant ses jeunes années qu’il participe à une tournée en Italie et en Suisse avec le Juilliard Cello Ensemble, lors de l’été 1993. Nathan Barr c’est aussi un profil atypique, lui qui aime collectionner des instruments inédit et étranges (Un harmonica en verre, une trompette en os de fémur humain, des cornemuses faites à partir de ventre de porcs…) et qui joue la quasi-totalité des instruments présents dans ses compositions. Un profil qui n’a pas échappé à l’œil du célèbre Hans Zimmer qui le prend sous son aile dès 1996, année où Nathan Barr emménage à Los Angeles. Fréquenter étroitement Hans Zimmer lui permet de participer à des films de gros calibres comme Pour le Pire et Pour le Meilleur (1997) et Le Prince d’Égypte (1998). The Last Exorcism (2010) est le seul film d’envergure pour lequel il a composé toute une bande originale. Bien qu’il est la plupart du temps composé pour le cinéma depuis 1996, c’est surtout ses travaux sur des séries TV qui feront sa renommée; tout d’abord avec True Blood (2008-2013) puis plus récemment sur The Americans et Hemlock Grove. Ces 2 dernières lui valent 2 nominations dans la même catégorie. C’est dire si Nathan Barr aime se démarquer. Mais comme les 9 autres candidats en lice, qui sont et seront présentés dans ce blog, il s’est laissé aller au jeu des questions complices du Hollywood Reporter.

The Hollywood Reporter : Quand vous composez pour un nouvel épisode, par quoi commencez-vous ?

Nathan Barr : J’ai une très grande collection de toutes sortes d’instruments du monde entier, dans mon studio, donc pour moi le processus est vraiment de m’assoir et commencer en prenant un de ces instruments et improviser… J’ai beaucoup d’orgues différents, et j’ai une trompette en os humain. J’ai beaucoup d’instruments uniques.

The Hollywood Reporter : Quelle est votre musique thème préférée à la télévision ?

Nathan Barr : L’Incroyable Hulk. La série TV originelle avait ce thème au piano, vraiment obsédant.

Source : Hollywood Reporter (http://www.hollywoodreporter.com/)

Avec 5 récompenses engrangées durant sa carrière à savoir 1 Chainsaw Award (Cabin Fever, 2002), 1 Hollywood Media in Music Award (True Blood, 2009), 3  BMI Award (The Dukes of Hazzard 2006 / True Blood, 2009 / True Blood Season 2, 2010), Nathan Barr a l’occasion de faire coup double lors la soirée du 22 septembre 2013. C’est tout le mal que l’on souhaite à ce phénomène au profil atypique qui compose depuis son ancien… garage.

Didier Bianay

65ème cérémonie des Primetime Emmy Awards (6/11)

Dossier

Charlie Mole (Mr Selfridge)

Charlie Mole

Charlie Mole

Nominé pour la catégorie Meilleure composition musicale pour une série TV

Le compositeur franco-britanique Charlie Mole a fréquenté l’université d’Oxford, où il a terminé son cursus musical. Il commence ensuite une carrière professionnelle en tant que parolier et arrangeur chez Warner-Chappell, un label très réputé à travers le monde. En tant que parolier-arrangeur, il eu l’occasion de travaillé avec de grandes vedettes de la musique tels que Lenny Kravitz, Savage Garden ou Kylie Minogue. Il reste chez Warner-Chappell 10 ans avant de se tourner vers la Musique de Film. Ainsi, depuis 1989, il compose pour des films ou des documentaires. Ses meilleurs succès au cinéma sont : Othello (1995), An Ideal Husband (1999), St. Trinian’s (2007) ou Dorian Gray (2009). Concernant le petit écran on peut l’entendre dans la mini-série Le Journal d’Anne Frank (2008), le documentaire North America (2013) et évidemment dans Mr Selfridge, série qu’il représente pour cette cérémonie des Primetime Emmy Awards 2013.

The Hollywood Reporter : Lorsqu’arrive des passages d’époques, à quel point basez-vous votre composition sur le style musical de la période en question ?

Charlie Mole : C’est toujours un équilibre difficile à atteindre lorsqu’il s’agit de satisfaire tant les puristes que la production. Le premier épisode (Mr Selfridge) se passe en 1909, et la musique de cette époque – il y a une ou deux bonnes chansons qui ont passé l’épreuve du temps, mais généralement c’est un truc assez morne. Ils (les membres de la production) voulaient cette ambiance typique de Chicago… Il y a actuellement une ou deux personnes qui ont écrit pour se plaindre.

The Hollywood Reporter : Quelle musique aimez-vous écouter lors de vos temps libres ?

Charlie Mole : Earth, Wind & Fire et The Doobie Brothers. Pour moi ce genre de musique ne peut être amélioré.

Source : Hollywood Reporter (http://www.hollywoodreporter.com/)

Après avoir prouvé ses compétences dans le domaine de la Musique, Charlie Mole continue son ascension dans la Musique de Film. Avec aucune récompense ni nomination antérieures, dans ce domaine, il est le moins capé de tous les candidats en lice pour la catégorie Meilleure composition musicale pour une série TV. Toutefois, c’est loin d’être perdu d’avance tant sa composition pour Mr Selfridge est remarquable et confirme bien la grande polyvalence de son talent.

Didier Bianay

65ème cérémonie des Primetime Emmy Awards (5/11)

Dossiers

Jeff Beal (House Of Cards)

Jeff Beal

Jeff Beal

Nominé pour les catégories Meilleure composition musicale pour une série TV et Meilleure musique thème pour une série TV.

Né le 20 juin 1963 à Hayward, Jeff Beal est un compositeur américain de musiques de films (TV et Cinéma). Il est souvent considéré comme un artiste de jazz et un compositeur polyvalent. Sa musique incorpore souvent une synthèse d’improvisations et de parties écrites.

Dès son plus jeune âge, Jeff Beal commence par apprendre la trompette au Third Grade (CE2 en France). Sa grand-mère était une pianiste qui a aussi œuvré pour le Cinéma en accompagnant au piano des films muets. Beal compose sa première œuvre pour le Oakland Youth Symphony Orchestra alors qu’il étudie au Castro Valley High School. Le conducteur de cette orchestre, un certain Kent Nagano, fait Jeff combiner régulièrement son amour pour l’impro Jazz avec sa passion pour l’accompagnement orchestral. Et ce sont ces expériences qui modèleront le style de Jeff Beal. Après ses études à la Castro Valley High School il emménage à Rochester (État de New York) pour finir sa formation à Eastman School of Music. Son Bachelor de Musique en poche il enregistre son premier album Liberation à New York. Après une carrière musicale métissée entre le Jazz et la musique orchestrale, Jeff Beal décide de se lancer dans la musique de film vers la fin des 80’s, et s’attaque directement au grand écran avec Cheap Shots en 1988. Pollock est le premier grand film pour lequel il compose en 2000, on lui doit aussi la BO et la musique thème de la fameuse série Monk.

The Hollywood Reporter : Qu’elle a été pour vous la scène la plus difficile à accompagner musicalement ?

C’est une scène où le vice président se glisse dans le Bureau Ovale, s’assoie au bureau du Président et vole un stylo. L’acteur a fait un si bon travail sur cette scène. C’est sombre et comique, mais aussi triste et tragique-vous savez qu’il ne s’assoiera jamais sur cette chaise. Il y avait cette superbe combinaison de tons dramatiques qui m’a donné du fil à retordre et m’a embarrassé. J’ai fait un solo au piano du thème principal, très simple, et ça m’a plu de suite.

The Hollywood Reporter : Une musique thème donne le ton d’une série. Quelle est votre source d’inspiration ?

Nous pensions que nous avions besoin d’un « appel aux armes ». Pour un des croquis musicaux j’étais en train d’imaginer que cela soit grandiose et héroïque mais avec un style contemporain et sombre, évidemment. C’était l’idée de départ, ce riff de basse et cette musique, qui est devenue le thème principal par la suite. Cela pourrait être une marche post-moderne ou quelque chose comme ça.

Source : Hollywood Reporter (http://www.hollywoodreporter.com/)

Jeff Beal a déjà reçu 3 récompenses majeures : un Sport Emmy Award pour le générique de l’émission de sport Peggy and Dorothy (2003), un Emmy Awards pour la musique thème de Monk (2003) et un dernier Emmy Awards pour une participation dans la mini-série Nightmares & Dreamscapes Battleground (2007).

Didier Bianay

65ème cérémonie des Primetime Emmy Awards (4/11)

Dossiers

David Schwartz (Arrested Development)

David Schwartz

David Schwartz

Nominé pour la catégorie Meilleure composition musicale pour une série TV

David Schwartz a fait la School of Visual Arts de New York avant de finir ses études à Berklee, une prestigieuse université de musique de Boston. Il a su maitriser différents styles musicaux et les interpréter avec John Hall, Manhattan Transfer, the Boston Civic Symphony, the Glenn Miller Band, Howard Johnson ou encore John Sebastian.

Il commence à composer pour les films et la télévision à partir de 1990. La même année il commence à composer pour la série Northern Exposure. La musique thème de cette dernière lui vaudra une nomination au Grammys en 1992. Il a aussi réalisé la bande originale des 7 saisons de Northern Exposure. Bien qu’il ait énormément composé pour des films et surtout des séries TV, il n’a pas encore composé pour le cinéma, tout comme John Lunn son adversaire d’un soir, celui du Primetime Emmy Awards 2013.

The Hollywood Reporter : Qu’elle a été pour vous la scène la plus difficile à accompagner musicalement ?

David Schwartz : Nous étions dehors sur une jetée et il y a un groupe de mariachis dans laquelle je joue un des mariachis furieux. Nous avons essayé ce truc et l’avons accompagné avec du Rock, et ensuite Mitch et moi avons eu l’idée – en même temps – que, non, nous allons revenir sur un thème au ukulele pour introduire cette série.

The Hollywood Reporter : Avez-vous un genre préféré pour lequel vous aimeriez travailler ?

David Schwartz : Si c’est un bon drame, c’est ce que je préfère. Si c’est une bonne comédie, c’est ce que je préfère. Duke Ellington a dit qu’il n’y a que 2 types de musique – la bonne et la mauvaise – et c’est comme ça que je considère les choses

Source : Hollywood Reporter (http://www.hollywoodreporter.com/)

David Shwartz a déjà à son palmarès 6 BMI TV Music Award (Northern Exposure, 1992-93-94 / Leap of Faith, 2001 / Rules of Engagement, 2006-07). Il est un concurrent miraculé dans cette course pour la Meilleure composition musicale pour une série TV, lui qui représente une série-comédie en diffusion depuis mai 2013. Toutefois Arrested Development n’est pas inédite, puisque les 3 premières saisons, diffusées de 2003 à 2006, ont été suivi de 7 ans d’interruption.

Cette série n’a donc jamais aussi bien porté son nom…

Didier Bianay

65ème cérémonie des Primetime Emmy Awards (3/11)

Dossiers

Trevor Morris (Borgia)

Trevor Morris

Trevor Morris

Nominé pour la catégorie Meilleure composition musicale pour une série TV

Né le 25 mai 1970 à London (Canada), Trevor Morris est un compositeur de musique de film en activité depuis 1997. Sa scolarité au St. Mary’s School est exemplaire, à tel point qu’à 13 ans, il est désigné pour composer une œuvre pour la visite du Pape Jean Paul II; composition qu’il interprètera avec ses camarades lors de la remise des diplômes. Quelques années plus tard Il étudie le mixage et la production à la prestigieuse Université Fanshawe’s (London, Canada). Il commence d’ailleurs sa carrière comme technicien du son à Toronto, passant de studios en studios. Mais se rappelant de ses premiers amours pour la Musique, il se remet à composer puis part s’installer à Los Angeles en 1999. Actuellement il travaille au Remote Control Production, un studio de musique de film dirigé par Hans Zimmer avec qui il collabore régulièrement depuis plus de 10 ans.

Il s’est entretenu brièvement avec le Hollywood Reporter :

The Hollywood Reporter : N’avez-vous jamais connu la hantise de la page blanche ?

Morris : Je ne crois pas en la hantise de la page blanche. La raison est que, dans la composition pour la Télévision ou pour un film, toutes les idées dont vous avez besoin, toute l’inspiration, est sur l’écran. Ce n’est pas comme écrire une chanson, quand tu te trouve dans une chambre sombre à te demander sur quoi tu va bien pouvoir écrire… Il y a des bons et des mauvais jours, mais je n’ai jamais été en panne d’idées avec une série aussi géniale que Borgia.

The Hollywood Reporter : Quelle musique aimez-vous écouter lors de vos temps libres ?

Morris : J’ai grandi en étant pressé, étant un gars de Toronto. Si je travaille en dehors ou dans la voiture, j’écoute habituellement quelque chose du même style que Linkin Park, par contre la nuit quand je cuisine c’est plutôt du Jazz du style Miles Davis.

Source : Hollywood Reporter (http://www.hollywoodreporter.com/)

Trevor Morris a remporté 2 Primetime Emmy Awards (Les Tudors, 2007 / Borgia 2011) et 2 GEMINI Awards (Les Tudors, 2007 et 2011). Il a composé à maintes reprises pour le Cinéma, le plus souvent des musiques additionnelles de bande originale. Sa meilleure œuvre pour le grand écran se trouve être la bande originale de La Colline A Des Yeux 2 (2007). Plus Récemment, il a réalisé la BO de La Chute De La Maison Blanche (2013).

Didier Bianay