Actu BO – Ça s’est passé cette semaine…

(n°979)

Le Récap’

21/09 Nathan Barr était en tête de la rubique Dernières Sorties avec la BO de La Prophétie De L’horloge. On rappelle aussi la parution de la bande-son de la saison 2 de Guyane, composée par Thomas Couzinier et Frédéric Kooshmanian.

Projets confirmés cette semaine (Compositeurfilm ou série réalisateur ou créateur)

Lesley BarberAdventures of a MathematicianThorsten Klein

John DebneyIsn’t It RomanticTodd Strauss-Schulson

Deadmau5 Polar Jonas Akerlund 

Federico Jusid Watership DownNoam Murro

Jeremy Zuckerman Avatar: The Last Airbender Michael Dante DiMartino et Bryan Konietzko

Lorne Balfe 6 UndergroundMichael Bay

Trent Reznor et Atticus RossWatchmenDamon Lindelof

Grimes (chanson thème), Dan Mangan et Ryan CarlsonHilda Luke Pearson

Didier Bianay

bianaydidier.com

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Federico Jusid, Prince au Sud, déshérité à l’Ouest ?

(n°812)

Dossiers

Federico Jusid

Aujourd’hui on découvre un jeune compositeur de 44 ans dont l’immense talent est indéniable et pour lequel les demandes affluent des 4 coins du monde, inégalement…

Federico Jusid est né à Buenos Aires administrativement, et dans le Cinéma artistiquement, d’un père réalisateur et d’une mère actrice. Il commence le piano dès l’âge de 7 ans et éprouve rapidement une passion pour la musique à l’Image ; et fiez-vous à sa tête d’ex premier de la classe il est bardé de diplômes de musique après avoir étudié à Buenos Aires, New York, Bruxelles et Boston. Ce goût du voyage Jusid l’entretien depuis de nombreuses années alors qu’il enchaîne les dates en Amérique, en Asie et en Europe, en solo ou en tant que pianiste pour le Sonore Ensemble dirigé par Luis Aguirre.

Même pour le 7ème Art Jusid a la bougeotte. Résidant tantôt à Madrid, tantôt à Los Angeles, il est sans cesse entre 2 mondes cinématographiques, entre le latin et l’occidental. Bien plus enclin au dramatisme et à l’exacerbation de l’émotion, c’est le Cinéma latin qui réussit le mieux à un Federico Jusid au style mélodique et sentimental savant ; en effet de nombreuses nominations et récompenses pour les BO d’El Secreto de sus OjosIsabelBetibú, et plus récemment Neruda, lui sont parvenues mais l’écrasante majorité via des cérémonies méridionales. Malheureusement, malgré ses 25 ans d’expérience et plus de 80 programmes il peine encore à s’imposer à Hollywood où les films dont il a hérités jusqu’à maintenant n’affichent ni le succès (Misconduct), ni les ambitions musicales (Kidnap) des productions latines qu’il a jadis couvertes, mettant peu en valeur ce courtisan de la mélodie qui se donne sans doute de l’air lorsqu’il compose des œuvres de concerts ou de Théâtre. Mais même au sortir d’une année 2017 hyper chargée, avec 13 programmes au compteur, le compositeur argentin n’était pas contre un petit film du réalisateur américain Dan Fogelman, intitulé Life Itself ; surtout que c’est un drame croisant différents destins au fil des décennies, des rues de new-yorkaises aux terres espagnoles. Tiens, tiens, ça doit lui rappeler quelque chose…

Didier Bianay

bianaydidier.com

Dernières sorties BO (18/08/17)

Hitman & BodyguardAtli Örvarsson

The Hitman’s Bodyguard – Milan Records (18 Août 2017)

Kidnap – Federico Jusid

Kidnap – Filmtrax (12 Août 2017)

Seven Sisters – Christian Wibe

What Happened To Monday? – Varese Sarabande (18 Août 2017)

Logan LuckyDavid Holmes

Milan Records (18 Août 2017)

Source : cinezik.org

Plus de news sur les nouvelles parutions ici

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Première Écoute : La BO de « Exodus : Gods And Kings »

Première Écoute

exodus pics soundtrackSi Exodus : Gods And Kings semble s’être noyé dans une mer, rouge de critiques négatives, sa BO a été sauvée des eaux. Détails : 

Des orchestrations pharaoniques

79 minutes de musique et point de désert musical. Cette BO très riche, recèle même des morceaux particulièrement complexes et vifs, dans le style épique. Ce style étant le point faible d’Alberto Iglesias, le compositeur espagnol s’est vu entouré de Harry Gregson-Williams et de Federico Jusid qui y sont plus à l’aise, tandis qu’Alberto Iglesias a plutôt travaillé les sonorités et les ambiances plus lyriques voire intimistes. Les 2 complices d’Iglesias ont fait parler la poudre surtout Harry Gregson-Williams qui signe les 2 morceaux les plus épiques et les plus denses musicalement, (Hittites Battle et Tsunami). De son côté Federico Jusid a aussi fait valoir son sens de l’exaltation musicale avec The Coronation, Ramses Retaliates, Ramses’ Orders, Lamb’s Blood et The Chariots. Des compositions additionnelles impressionantes qui vont dans le sens du côté spectaculaire et grandiose que Ridley Scott aime donner à ses films, Exodus : Gods and Kings n’y échappant pas. Mais pour la touche émotive, majoritaire dans le film, Ridley Scott a bien fait de recruter Iglesias, un compositeur au style musical hautement émotif et captivant. Et c’est par lui que la BO prend une identité plus qu’intéressante.

De l’émotion s’il vous plaies !

« …ce qui se prépare nous dépasse tous les deux ». J’ai retenu un bout de phrase de ce film pour ce qui suit. En effet, les tourments psychologiques que connaissent Moïse et Ramses sont bien perceptibles dans la BO car Alberto Iglesias a fait la part belle à des instruments solistes typiques du Moyen-Orient (duduk, kamânche, flûte ney) qui placent des solos exprimant isolement mental et méditation, lorsque certains solistes vocaux ne se mettent pas littérallement à gémir. Ces types d’interventions sont très courants dans la bande-son et on les retrouve notamment sur les pistes Alone In The Desert, Exodus, Moses And Nun, Animal Death, Ramses Own Plague, Journey To The Village et les très sombres Into the Water et Sword Into Water. Le compositeur tenait tant à ses solistes qu’il a même triché au mixage de The Chariots, faisant un kamânche submerger un orchestre nerveux… Mais outre ce travail typé sur les solistes Alberto Iglesias nous réserve aussi des passages lyriques orchestraux sublimes sur Returning To Memphis, Goodbyes, The Ten Commandments, tout en faisant émerger le thème héroïque de Moïse et le thème menaçant de Ramses à partir du milieu de la BO, comme pour démarquer clairement les 2 protagonistes désormais ennemis. Enfin, il ne faut pas oublier ses quelques clins d’œil à la musique de péplums des années 50 (Leaving Memphis), des clins d’oeil qui n’ont aucun mal à se fondre dans cette BO qui sonne tout de même contemporain finalement, avec un mélange inégal de percussions orientales et de percussions tribales modernes, et un mastering un peu trop propre, mais bon…

Avec la BO de Exodus : Gods and Kings, Iglesias et ses 2 serviteurs livrent un travail complet, à travers sa forte teinte moyen-orientale, ses magnifiques arrangements orchestraux épiques ou lyriques et une exploitation très émotionnelle des solistes, procurant la sensation d’un équilibre musical judicieux et juteux.

Didier Bianay

reydarts.fr