2 BO recommandées

(n°718)

Bandes Originales Recommandées

  

Gold – Daniel Pemberton

Ça ressemble parfois à de l’U.N.C.L.E mais c’est pas de l’U.N.C.L.E. En effet ces fréquents rythmes funky accompagnés de flûte de pan exotiques et turbulentes peuvent faire penser au travail du compositeur sur le film d’espionnage rétro sorti en 2015, mais trouvent mieux leur place dans Gold où l’intrigue mouvementée se déroule en partie dans la jungle indonésienne. Toutefois la BO de ce drame est surtout accaparée par un usage musical et très créatif de fins sons métalliques et de sons de cloches (en référence au Stock Exchange Bell) qui, selon les dires du compositeur, furent le tronc de sa réflexion et son symbole du capitalisme new-yorkais. Et c’est le même son de cloche pour les pistes plus posées, et tout aussi efficaces, qu’elles soient planantes, nostalgiques, rêveuses ou inquiétantes, avec pour résultat 49 minutes de cohérence musicale. Un bon investissement…

Le Cœur En Braille – Philippe Jakko

Dès le départ le ton est donné. Le thème de Marie, fait irruption en même temps que la protagoniste au début du film, et tout comme le thème de sa relation avec Victor il a un naturel plutôt sautillant, innocent, joyeux et plein de vie. Ils sont le symbole d’une BO qui se veut dédramatisante et opposent un peu de gaîté et de romance à de touchantes compositions lyriques, bien que l’état de l’adolescente n’ira qu’en s’empirant. Auteur d’interprétations délicates au piano et accompagné par l’orchestre philarmonique de Bruxelles, dont l’effectif a été réduit à 35 pour une sonorité plus intimiste, Philippe Jakko était dans sa zone de confort, à cheval entre le Classique et le Baroque. L’écriture de la partition est donc rigoureuse, maîtrisée, avec en fil rouge le son du violoncelle, l’instrument au centre de la vie de la jeune fille.

Didier Bianay

bianaydidier.com

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Pemberton, sans complexe

(n°631)

News

Daniel Pemberton

Daniel Pemberton

C’est la semaine passée que Daniel Pemberton a enregistré la bande son de Gold. Le drame sera mené par le talentueux Matthew McConaughey qui sera accompagné de Bryce Dallas Howard, Edgar Ramirez, Corey Stoll, Toby Kebbell, Bruce Greenwood et Stacy Keach ; tout ce petit monde sous la houlette du réalisateur Stephen Gaghan. Gold fait suivre les péripéties d’un groupe d’hommes à la recherche d’or dans la jungle indonésienne. La sortie du film est prévue pour Noël 2016.

Ce matin je me disais qu’il fallait bien que je fasse un premier article sur Daniel Pemberton qui, ces derniers temps, s’installe bien dans les hautes sphères de la Musique de Film, toujours avec son style musical engageant, mélodieux et décomplexé. Il a d’ailleurs bien lâché sa personnalité sur le rocambolesque Code U.N.C.L.E avec une partition opulente, vivante et à l’orchestration foisonnante, flûte exotique et clavecin s’y incrustant même en toute impunité, bref une BO groovy au style 60’s aussi excitante qu’imprévisible. Évidemment pour le film Steve Jobs le britannique s’est montré plus mesuré, programmant un concept électronique ou électro symphonique très créatif, presque amusant et plus étonnant que celui de John Debney sur jOBS . Je me suis attardée sur ces 2 BO parce qu’elles sont ses 2 œuvres majeures de l’année passée, celles qui lui ont valu nominations et prix dans des cérémonies prestigieuses tels les Golden Globes, les HMMA et les IFMCA, après avoir été élu découverte de l’année aux WSA en 2014.

Enfin le mot « découverte » est un peu exagéré voyons, car ce véritable surdoué a commencé le métier en 1994, à 17 ans, sur la série Planète Insolite et a ensuite composé pour des dizaines de programmes pour la Télévision dont Hell’s Kitchen et Peep Show. Mais c’est en 2013 avec le Counselor de Ridley Scott qu’il a, c’est vrai, franchi un tout autre palier au Cinéma.

Pour la suite de ses aventures à lui, Pemberton retrouvera le réalisateur Guy Ritchie (Code U.N.C.L.E) sur King Arthur: Legend of the Sword, un film à paraître au printemps 2017. Avant il sera audible sur une adaptation de Nicole Garcia du roman de Milena Agus, Mal de pierres ; une production française qui semble taillée pour son amour de la mélodie, nul doute qu’il y pétillera encore.

Didier Bianay

bianaydidier.com