World Soundtrack Awards 2017 : Le compte-rendu

(n°818)

News

Grand rendez-vous annuel de la Musique de Film, les World Soundtrack Awards ont livré leurs verdicts hier soir à la clôture du Festival du Film de Gand. Dans la plus grosse catégorie, Compositeur de l’année (Cinéma), c’est Jóhann Jóhannsson qui l’emporte avec la partition de Premier Contact, partition qui c’est vrai semble venir d’un autre monde… L’islandais ne s’attendait même peut-être plus à battre Justin Hurwitz tant la bande-son de La La Land avait fait une razzia l’hiver dernier. Hurwitz a tout de même pu se consoler avec la chanson City Of Stars élue Chanson de l’année, joie qu’il a partagé avec les talentueux paroliers Justin Paul et Benj Pasek. Sur le Petit Écran Rupert Gregson-Williams a été nommé compositeur de l’année pour la BO angoissée de la série The Crown.

Fier représentant de la nouvelle vague, Nicholas Britell, a brillé dans la catégorie Découverte de l’année grâce à son score pour Moonlight. En ce qui concerne le Choix du public c’est l’indien A.R. Rahman et sa bande-son pour Le Dernier Vice-Roi des Indes qui obtinrent le plus de voix à l’échelle internationale. On doit à ce taulier, rapellons-le, la musique de Slumdog Millionnaire, doublement oscarisée en 2009. Autre grand taulier de la profession, David Shire a été récompensé par un Lifetime Achievement Awards pour l’ensemble de ses œuvres.

Les autres récompenses :

Meilleure BO pour une production belge : Neve Jef (Sprakeloos)

Prix Sabam du meilleur jeune compositeur : Gavin Brivik

Outre la remise des prix le public a eu droit à un concert incluant les participations des orchestres Philarmonique et Jazz de Bruxelles, de Joe Kramer, de David Shire et de Terence Blanchard, invité spécial de cette édition célébrant le Jazz dans la Musique de Film.

Didier Bianay

bianaydidier.com

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Oscars 2017 : Hurwitz fait le doublé

(n°725)

News

Une logique respectée

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Justin Hurwitz

Il n’y avait pas vraiment match dans cette catégorie meilleure BO tellement la partition de La La Land était un épouvantail pour les concurrents Mica Levi, Dustin O’Halloran, Hauschka, Nicholas Britell et surtout Thomas Newman qui concourrait encore pour un premier oscar après 13 nominations. Attention, je ne dis pas que le récent lauréat des Golden Globes est immensément plus doué que ces adversaires du soir ; en effet il faut aussi voir le contexte et le fait que ceux-ci aient été beaucoup plus sollicités ces dernières années qu’Hurwitz qui a eu la chance de pouvoir se concentrer sur la bande-son de cette comédie musicale depuis 2014. Et, ma foi, il a pleinement profité de ce laps de temps de 2 ans et demi pour envoyer au réalisateur Damien Chazelle la bagatelle impressionnante de 1900 démos au piano, pour orchestrer tous les morceaux note par note, bref pour grandement réfléchir, recommencer et peaufiner son travail. Et ça se sent dans cette BO où chaque piste est une perle entêtante, et dont le couronnement était quasi obligatoire…

Justin vs Justin

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Justin Paul (à gauche), Benj Pasek (à droite) et Justin Hurwitz

Par contre plus indécise était la section chanson originale où les 2 chansons de Justin Hurwitz, Audition et surtout City Of Stars, devaient principalement affronter le mastodonte des ondes Can’t Stop The Feeling !. Car cette compo de Justin Timberlake a été tout juste le tube de l’été, collectionnant les places de n°1, les places d’honneur et les certifications de platine aux quatre coins du monde, atteignant presque, à l’heure actuelle, les 400 millions de vues sur Youtube etc. etc., et ayant remporté 2 semaines auparavant 1 Grammy devant City Of Stars. Mais l’Academy a sans doute préféré le côté plus cinématographique de City Of Stars dont les paroles collent plus à l’intrigue de La La Land que celles de Can’t Stop The Feeling ! à l’intrigue de Trolls. Justin Hurwitz a ainsi pu savourer cette récompense avec les excellents paroliers que sont Benj Pasek et Justin Paul dans une soirée qui restera à jamais gravée dans leurs mémoires ; car on n’oublie pas ces moments, et ce qu’ils engendrent comme sentiments irréprimables…

Didier Bianay

bianaydidier.com

5 étoiles !

(n°710)

Coup de Cœur

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Emma Stone et Ryan Gosling

Il y a tant de choses à dire sur la chanson City Of Stars. Je ne partirai pas sur un décorticage de l’orchestration, plutôt simple, mais sur toutes les subtilités qui l’entourent. Analyse :

C’est en vrai tout un travail d’équipe. Tout d’abord les 2 célèbres acteurs que sont Emma Stone et Ryan Gosling nous livrent des interprétations assez émotionnelles et non-parfaites vocalement ; des imperfections qui donnent du naturel à la scène concernée et qui sont parfaitement assumées selon les dires du compositeur Justin Hurwitz à variety.com : « Ryan et Emma ont interprété City Of Stars en live, c’était leur premier duo. Vous captez le rire et toutes sortes d’autres nuances quand vous enregistrez les voix de cette manière (…), des choses que vous n’obtenez pas lorsque vous enregistrez dans un studio. »

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Benj Pasek (à gauche) Justin Paul (au milieu) et Justin Hurwitz

Mais avant cela au tout début était la mélodie et la partition en elle-même qui a aussi quelques subtilités, car si la mélodie est en mineur, propice à la mélancolie, l’accompagnement derrière force quelques accords en majeur plus propices à la positivité, une manière pour le compositeur de dépeindre les hauts et les bas que peuvent connaître les artistes à Los Angeles, trame principale de La La Land. Justin Hurwitz n’avait pas de paroles en tête lorsqu’il a composé l’instru mais avait l’idée d’un ton d’espoir et de mélancolie à la fois, préférant humblement laisser l’écriture des paroles à un spécialiste.

Mais perfectionnistes que sont Hurwitz et le réalisateur Damien Chazelle, les 2 hommes  se sont entretenus avec « un tas de paroliers » avant de valider le duo Benj Pasek et Justin Paul, fraîchement acclamés par la Critique pour leur travail sur la comédie musicale Dear Evan Hansen. Pour City Of Stars ils ont été dans le bon ton dès la première phrase et outre des propos mélancoliques c’est surtout le placement de certains mots optimistes qui est intelligent tant sur des accords majeurs (ex. 0:11 à 0:18) que lorsque le morceau s’emballe sur un pont qui apporte une variation lumineuse et un brin de dynamisme à l’ensemble.

Après avoir décroché 6 prix ces derniers mois, dont 1 Golden Globes, City Of Stars est désormais engagée dans la course aux oscars ; mais les chances de se faire troller par la supernova Can’t Stop The Feeling demeurent non négligeables. Reste plus pour ces 5 stars à croire en leur bonne étoile…

Didier Bianay

bianaydidier.com