Monstrueuse simplicité

(n°729)

Coup De Cœur

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Henry Jackman

Cette compo intitulée Project Monarch, d’Henry Jackman, a l’air tellement simple et dans l’air du temps, mais elle réserve en elle quelques subtilités qui l’a font sortir du bois. Analyse :

Je parlais d’air du temps dans l’intro, c’est vrai que la recette de la musique épique moderne on commence à la connaître : des cuivres lourdes et grasses pour exprimer une ample menace, des violons haletants pour donner du dynamisme et une poignée d’angoisse, des percussions tribales ou autre pour donner des impulsions palpables, régulières, sombres, sans oublier une mélodie assez simple. Là Henry Jackman n’a pas dérogé à la règle et a même procuré à la mélodie une amplitude sonore particulièrement intimidante, juste en faisant cors et trombones jouer à l’unisson.

Mais il y a d’autres subtilités que l’on trouve tout d’abord en écoutant les cordes, certes imperturbables jusqu’au pont (de 0:47 à 1:07) où les trompettes s’envolent lumineusement. Et c’est aussi à ce moment que violons, altos, violoncelles sortent de leurs routines, se séparent rythmiquement, exécutant en parallèle des phrases musicales plus sensibles aux variations d’accords jouissifs ; le dynamisme est doublé et mine de rien le morceau s’emballe sans que le tempo change. Les violons deviennent dès lors moins répétitifs, plus expressifs voire dramatiques lorsqu’ils poussent des notes déchirantes dans les aigus, bien aidés par des cuivres graves qui… leur donnent la place aux moments adéquats.

C’est d’ailleurs la force de cette compo qui affiche une orchestration compartimentée, lisible, mais où des arrangements simples sont si bien emboîtés que le but est atteint pour afficher une férocité et une turbulence permanentes nous plaçant face à quelque chose d’intense et de big… Enfin les douces ponctuations, de flûte, de cor anglais et de guitare en pédale trémolo surprennent l’oreille et enrichissent la palette de sonorités.

Project Monarch est un bel exemple de ce qu’Henry Jackman peut élaborer pour faire preuve d’originalité lorsque les réalisateurs lui demandent de singer des codes musicaux déjà bien usités. Le compositeur a aussi montré par sa science de l’orchestration qu’il pouvait faire un max d’effet avec peu d’éléments et un schéma simple, sans faire un étalage d’arrangements phénoménaux. Et c’est bien moins facile qu’il n’y parait, car le peu doit être au bon endroit au bon moment, contrairement aux protagonistes du film…

Didier Bianay

bianaydidier.com

Dernières sorties BO (03/03/17)

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Kong: Skull IslandHenry Jackman

Watertower Music (3 Mars 2017)

LoganMarco Beltrami

Lakeshore Records (3 Mars 2017)

Miss SloaneMax Richter

Europacorp (3 Mars 2017)

Bitter HarvestBenjamin Wallfisch

Varese Sarabande (3 Mars 2017)

El Guardián InvisibleFernando Velázquez

Quartet Records (3 Mars 2017)

Jawbone – Paul Weller

Parlophone Uk (3 Mars 2017)

Viceroy’s House – A.R. Rahman

Filmtrax (3 Mars 2017)

Rocambolesque – Manuel Bleton

La Sélection Du Patron (27 Février 2017)

Source : cinezik.org

Plus de news sur les nouvelles parutions ici

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Henry Jackman sur « Kong: Skull Island »

(n°640)

News

Henry Jackman

Henry Jackman

Ce sera un des films qui marqueront l’entame de la prochaine saison des blockbusters, Kong: Skull Island, de Jordan Vogt-Roberts. Question musique le compositeur vient d’être désigné et il s’agit d’Henry Jackman qui accompagnera une intrigue où un groupe d’explorateurs parcourt une île déserte du Pacifique, avant de se rendre compte qu’elle s’avère être le repaire de King Kong… Tom Hiddleston, Samuel L. Jackson, Brie Larson, John Goodman et John C. Reilly sont à l’affiche de ce long métrage qui paraîtra en mars 2017.

Après Captain America : Civil War c’est donc un retour pour Henry Jackman sur le format Cinéma, car il s’est ces dernières semaines plus signalé avec le jeu vidéo Uncharted 4 pour lequel il vient de sortir la BO. À écouter cette dernière je me rappelle que la musique de jeu de vidéo à bien changé depuis mon enfance… Une vrai teinte cinématographique prévaut depuis quelques années et Uncharted 4 ne déroge pas à cette nouvelle règle en étant équipé lui-aussi d’une bande-son digne d’un film. Jackman est allé dans ce sens face au magazine musictimes.com : « Les jeux vidéo disposent de temps et d’un budget pour que tu puisses enregistrer un orchestre convenablement, ce n’est pas si différent que de faire la musique pour un film« , avant d’expliquer les conditions de travail pour ce jeu : « Le réalisateur (Neil Druckmann), je pense a été une très intéressante force créative (…) alors travailler avec lui a été un vrai plaisir. Ce que j’ai vraiment apprécié – et c’est différent d’un film où c’est super intense et où tu travailles comme un forcené pendant 3 ou 4 mois – sur un jeu vidéo le travail est plus espacé, sur une plus longue période« . Tantôt haletante, tantôt mystérieuse, tantôt tribale, pour ce jeu d’aventure la partition du britannique ne se départ jamais de son style sombre et peu rassurant. Jackman y fait du Jackman en ressortant à l’occasion ces bruits de tuyau qu’il avait utilisé pour Captain Phillips, mais surtout en ces phases nerveuses, agitées et si musclées qui le caractérisent tant et donnent un aspect entrainant et musical à la bande-son. Habitué à ajouter de l’impact aux films d’aventure il n’a donc pas été dépaysé par Uncharted 4 et ça se perçoit tout au long de ces 70 minutes de musique qui, ma foi, donne bien envie de plonger dans les dernières aventures de Nathan Drake.

En ce qui concerne le reste de son actu on rappelle qu’avant Kong: Skull Island le compositeur paraîtra sur les BO de Jack Reacher: Never Go Back et de Birth Of A Nation, ce dernier sortant en France le 11 janvier 2017.

Didier Bianay

bianaydidier.com