Desplat sur « Comme Des Bêtes 2 »

(n°964)

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Alexandre Desplat

Alexandre Desplat rempile pour Comme Des Bêtes 2 et retrouve le même duo de réalisateurs Renaud/Cheney, 2 ans après le premier volet. Les acteurs Kevin Hart, Eric Stonestreet, Jenny Slate, Ellie Kemper, Lake Bell, Hannibal Buress, Bobby Moynihan et Dana Carvey reprendront leurs rôles respectifs. S’ajouteront Harrison Ford, Patton Oswalt, Tiffany Hadish, Nick Kroll et Pete Holmes. Comme Des Bêtes 2 sortira en Juin 2019.

On peut aisément dire que les meilleures partitions de Desplats de ces 24 derniers mois ne sont pour l’instant pas à aller chercher dans la franchise Comme Des Bêtes. Car il y a cette délicieuse BO de La Forme de L’Eau oscarisée en début d’année et dont le franc succès auprès de la Critique a rapporté au français 18 prix pour l’instant, en attendant les Grammys. Moins médiatisée, on pourrait aussi mentionner celle de Isle Of Dog, où une instrumentation niponne est utilisée de manière bancale et dépouillée ; pourtant on y discerne une certain fil conducteur haletant et sombre simplement mis en évidence par des percussions incessantes et cycliques et un chœur quasi guttural. Une partition efficace et dépaysante, exactement à l’opposé du lyrisme édulcoré de la bande-son de La Forme de L’Eau, et un poil comique…

En attendant ce que donnera le score de Comme Des Bêtes 2, le compositeur se fera entendre dans Operation Finale et Kursk, 2 films qui sortiront ces prochaines semaines. Il vient aussi de boucler sa collaboration avec Jacques Audiard pour Les Frères Sisters, un western à l’humour noir en salle dès le 19 septembre 2018.

Didier Bianay

bianaydidier.com

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Oscars 2018 : Desplat et les Lopez passent la seconde

(n°892)

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Desplat, évidemment

Le français Alexandre Desplat remporte son 2ème oscar pour la BO de La Forme de L’eau devançant Jonny Greenwood (Phantom Thread), Hans Zimmer (Dunkerque), John Williams (Star Wars 8 : Les Derniers Jedi) et Carter Burwell (Trois Billboards : Les Panneaux de la Vengeance) ; on pourrait dire « juste une confirmation » tant on l’avait senti venir, après que cette bande-son romantique ait décroché il y a quelques semaines un Golden Globes et un BAFTA. À force l’essentiel a été dit sur ce site concernant cette BO à part que statistiquement elle a rapporté au parisien plus de récompenses (16) que celle de Grand Budapest Hotel (10), en attendant d’autres cérémonies, et non des moindres, telles les WSA ou Grammy 2018 où il pourrait difficilement passer à côté d’une nomination. Durant son speech, mieux rôdé que lors des BAFTA, il n’a pas manqué de chaudement remercier ses proches et ses collaborateurs et surtout Guillermo Del Toro pour avoir laisser sa musique autant s’exprimer dans cette romance. En coulisse il a aussi souligner la grande ouverture d’esprit du réalisateur face à ses suggestions, un contexte de travail décisif car c’est bien ces quelques sifflements, cet accordéon sud-américain et globalement cette texture sonore douce qui ont permis au score d’imprimer son originalité poétique.

Les Lopez dans une autre dimension

Ils s’étaient fait connaître il y a 4 ans avec leur premier oscar pour la chanson de La Reine des Neiges Let It Go (Libérée, Délivrée), mais ici la performance est davantage à saluer puisque leur titre Remember Me (Coco) s’inspire du folklore musical mexicain auquel il n’étaient pas du tout familier ; et ce n’est qu’après un travail approfondi avec des spécialistes du genre et une plongée dans la fête du Jour des morts que le couple a découvert la grande richesse musicale à exploiter (vulture.com). Remember Me, interprété par le duo Miguel et Natalia Lafourcade, a aussi pour eux une résonance personnelle et familiale puisque cette mélancolique chanson se réfère à la mère du compositeur décédée l’année passée et pour laquelle Robert Lopez a dédié la statuette dorée. Dans ce concours de la meilleure chanson originale, le suspens fut néanmoins entier grâce à la présence d’un autre duo en pleine bourre ces temps-ci, Pasek-Paul, lauréat du dernier Golden Globes avec le titre This Is Me. Avec ce 2ème succès, la parolière et le compositeur prouvent non seulement qu’il sont capables de se diversifier culturellement… mais aussi qu’Hollywood leur réussi autant que Broadway.

Didier Bianay

bianaydidier.com

BAFTA 2018 : Desplat continue sa moisson

(n°886)

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Le français Alexandre Desplat a remporté un BAFTA hier soir pour la BO de La Forme de L’eau devant Dario Marianelli (Les Heures Sombres), Hans Zimmer (Dunkerque), Jonny Greenwood (Phantom Thread), et le duo Benjamin Wallfisch/Hans Zimmer (Blade Runner 2049). C’est le 3ème BAFTA qu’il obtient dans sa carrière en 14 ans et 8 nominations après 2 récompenses pour les partitions du Discours D’un Roi (2011) et de Grand Budapest Hotel (2015). Dans la foulée de l’obtention d’un Golden Globe, quelques semaines auparavant, il devient indéniablement le grand favori des prochains Oscar.

En coulisse Desplat a rappelé la place centrale de l’amour dans le film et comment il a pu garder un fil conducteur dans la composition de la bande-son : « Vous devez toujours garder à l’esprit que le film est une romance, c’est tout ce que vous devez vous rappeler. Maintenez l’amour et le penchant pour l’amour, l’amour impossible, au cœur de la bande-son ». En cette même occasion le parisien a aussi admis son inquiétude de se répéter : « Je serai fichu si je refaisait un autre La Jeune Fille à la Perle, ou un autre Discours D’un Roi. Vous devez toujours changer » a-t-il déclaré, conscient de son actif fourni, dépassant les 170 programmes scorés.

Mais déjà, actuellement, Alexandre Desplat pense à une toute autre ambiance puisqu’il se replonge dans la tragédie du Koursk (Kursk), avant de s’attaquer au drame Opération Finale abordant la traque du haut fonctionnaire nazi Adolf Eichmann. Enfin, il essaiera aussi de trouver un nouveau ton à la suite du film d’animation Comme Des Bêtes dont il avait composé la BO il y a près de 2 ans.

Didier Bianay

bianaydidier.com

3 BO recommandées

(n°868)

Bandes Originales Recommandées

     

Travelers – Adam Lastiwka

Le prolifique Adam Lastiwka a voulu faire quelque chose de futuriste, et c’est réussi. Prolifique, le canadien l’a été aussi sur les sonorités électroniques de cette bande-son qui en grouille littéralement. Mais pour dépeindre en musique les aventures de voyageurs temporels salvateurs Lastiwka garde tout de même un concept en surbrillance, l’emploi massif de la distortion même sur des instruments acoustiques, à tel point que ces derniers passeraient pour des synthés. Cela n’empêche pas au compositeur de mettre de la lisibilité dans son orchestration, posant des sonorités limpides pour contrebalancer des basses fréquences volontairement embrouillées et point contemporaines. Mais plus qu’un excellent sound design la BO de Travelers conserve une musicalité, discrète mais appréciable, quant certains morceaux par leurs rythmes haletants, affirmés ou non, nous maintiennent dans l’urgence ; car pour ces time travelers s’immiscer discrètement dans l’entourage d’un hôte demeure un combat de tous les instants.

Si Tu Voyais Son Cœur – Gabriel Yared

Cette BO symbolise quelque part le mal qui ronge le Cinéma français ces derniers temps, la musique originale y trouve de moins en moins sa place. Pourtant la réalisatrice Joan Chemla tenait en la personne de Gabriel Yared un excellent compositeur. Propulsé dans un projet taillé pour lui le franco-libanais a rappelé sur cette bande-son symphonique qu’il est un orchestrateur hors pair, tant l’orchestration de sa partition est limpide et pleine d’élégance. Un vrai régal qui est quelque peu modernisé par le choix d’une réverbe longue ajoutant une certaine intimité à la profondeur d’une flûte, à la fragilité du piano, et une certaine chaleur au mini-orchestre quand il se déploie mélancoliquement. Malheureusement, la BO est très courte, comptez 18 minutes, sur un film d’1 h 26… Dommage car la plume de Yared avait de quoi porter ce drame sentimental, psychologique, basé sur la rédemption, et jouer davantage avec la couleur de son contexte sombre.

Rappel

La Forme de L’eau – Alexandre Desplat (Golden Globes 2018 : les bonnes habitudes de Desplat, Pasek et Paul)

« …le français a réussi à se détacher en marquant les esprits par sa bande originale acidulée, nous emportant dans une féérie et un romantisme à toute épreuve… « Ce film traite de l’amour. Rien d’autre. Amour. Partage. Humanisme et respect. La musique devait transmettre cela », s’est-il exprimé après cette 75ème édition. C’est dans cette optique que ce flûtiste de formation a donné beaucoup de champ à différents timbres de bois, naturellement sensibles, sans même proposer un son imposant dans les scènes les plus brutales, l’absence de trompettes aidant. Ainsi l’idée de l’eau était autant présente à travers les mouvements incessants de la caméra que dans la puissance limitée d’un orchestre semblant constamment immergé, selon les dires du compositeur à billboard.com. »

Didier Bianay

bianaydidier.com

Hollywood Music in Media Awards 2017 : Les vainqueurs

(n°840)

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Voici les lauréats des principales catégories de cette cérémonie qui s’est tenue au Avalon (Hollywood) :

hmmaBande Originale : Film

Oneohtrix Point Never (aka Daniel Lopatin) – Good Time

Bande Originale : Film Sci-Fi/Fantastique

Alexandre Desplat – La Forme de L’eau

Bande Originale : Film d’animation

Michael Giacchino – Coco

Bande Originale : Documentaire

Philip Glass – Jane

Chanson Originale : Film

“Stand Up For Something” (Marshall) – Andra Day, feat. Common

Chanson Originale : Film d’animation

“Confident” (Ballerina) – Demi Lovato

Bande Originale : Minisérie/Séries TV

Laura Karpman et Raphael Saadiq – Underground

Musique thème : Minisérie/Séries TV

Nick Urata et Daniel Handler – Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire

Didier Bianay

bianaydidier.com