Oscars 2017 : Hurwitz fait le doublé

(n°725)

News

Une logique respectée

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Justin Hurwitz

Il n’y avait pas vraiment match dans cette catégorie meilleure BO tellement la partition de La La Land était un épouvantail pour les concurrents Mica Levi, Dustin O’Halloran, Hauschka, Nicholas Britell et surtout Thomas Newman qui concourrait encore pour un premier oscar après 13 nominations. Attention, je ne dis pas que le récent lauréat des Golden Globes est immensément plus doué que ces adversaires du soir ; en effet il faut aussi voir le contexte et le fait que ceux-ci aient été beaucoup plus sollicités ces dernières années qu’Hurwitz qui a eu la chance de pouvoir se concentrer sur la bande-son de cette comédie musicale depuis 2014. Et, ma foi, il a pleinement profité de ce laps de temps de 2 ans et demi pour envoyer au réalisateur Damien Chazelle la bagatelle impressionnante de 1900 démos au piano, pour orchestrer tous les morceaux note par note, bref pour grandement réfléchir, recommencer et peaufiner son travail. Et ça se sent dans cette BO où chaque piste est une perle entêtante, et dont le couronnement était quasi obligatoire…

Justin vs Justin

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Justin Paul (à gauche), Benj Pasek (à droite) et Justin Hurwitz

Par contre plus indécise était la section chanson originale où les 2 chansons de Justin Hurwitz, Audition et surtout City Of Stars, devaient principalement affronter le mastodonte des ondes Can’t Stop The Feeling !. Car cette compo de Justin Timberlake a été tout juste le tube de l’été, collectionnant les places de n°1, les places d’honneur et les certifications de platine aux quatre coins du monde, atteignant presque, à l’heure actuelle, les 400 millions de vues sur Youtube etc. etc., et ayant remporté 2 semaines auparavant 1 Grammy devant City Of Stars. Mais l’Academy a sans doute préféré le côté plus cinématographique de City Of Stars dont les paroles collent plus à l’intrigue de La La Land que celles de Can’t Stop The Feeling ! à l’intrigue de Trolls. Justin Hurwitz a ainsi pu savourer cette récompense avec les excellents paroliers que sont Benj Pasek et Justin Paul dans une soirée qui restera à jamais gravée dans leurs mémoires ; car on n’oublie pas ces moments, et ce qu’ils engendrent comme sentiments irréprimables…

Didier Bianay

bianaydidier.com

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89ème cérémonie des Oscars : les compositeurs nominés

(n°709)

News

C’est la 14ème nomination de Thomas Newman qui tentera encore d’attraper son premier oscar ; le compositeur de la BO de Passengers fera même office de gardien du temple vis-a-vis de ses concurrents qui connaissent tous leur première nomination. Justin Hurwitz en pleine bourre sera au centre de l’attention lui qui est nominé pour 1 BO et 2 chansons originales.

Meilleure BO

Jackie – Mica Levi

side_oscarLa La Land – Justin Hurwitz

Lion – Dustin O’Halloran et Hauschka

Moonlight – Nicholas Britell

Passengers – Thomas Newman

Meilleure chanson originale

Audition (La La Land), musique par Justin Hurwitz, paroles par Benj Pasek et Justin Paul

Can’t Stop The Feeling (Les Trolls), musique et paroles par Max Martin, Shellback et Justin Timberlake

City Of Stars (La La Land), musique par Justin Hurwitz, paroles par Benj Pasek et Justin Paul

The Empty Chair (Jim: The James Foley Story), musique et paroles par J. Ralph et Sting

How Far I’ll Go (Vaiana), musique et paroles par Lin-Manuel Miranda

La cérémonie aura lieu le dimanche 26 février 2017 au Dolby Theatre (Los Angeles).

Didier Bianay

bianaydidier.com

4 BO recommandées

(n°694)

Bandes Originales Recommandées

        

La La Land Justin Hurwitz et artistes variés

La La Land par-ci, La La Land par-là, ah là là… ce film est en train de faire un malheur en enchaînant nominations et prix et il en va de même avec sa musique composée par celui à qui on doit la BO de Whiplash, Justin Hurwitz. Pour cette histoire d’un couple d’artistes modestes rêvant de gloire à Hollywood, lui et les producteurs ont opté pour un jazz teinté de swing et d’un peu de symphonie, rejoignant occasionnellement le style Broadway et exprimant une ambiance assez dynamique, enjouée, parfois poétique. Les chansons sont contagieuses et sont majoritairement chantées par Emma Stone et/ou Ryan Gosling qui font un travail d’interprétation sentimental et naïf, et dont les quelques imperfections vocales se fonderaient bien au film, évitant « l’effet playlist ».

Les Figures De L’ombre Artistes variés

Pharrell Williams s’est pris d’amour pour la Musique de Film et on l’a bien perçu ces dernières années. Là il revient avec un travail assez conséquent puisqu’il a pourvu une superbe collection de chansons originales, étant rejoint par les taulières du R’N’B Mary J. Blige et Alicia Keys, ainsi que Lalah Hathaway, Kim Burrell et la jeune Janelle Monáe qui tient un des rôles principaux dans ce biopic. En 33 minutes on découvre un album soul très blacky et décomplexé, musicalement fier, presqu’exhubérant. Une manière de souligner que de la fierté il en fallait bien à ces 3 femmes noires afin de se faire entendre et d’aider la première mission spatiale réussie, dans l’Amérique des années 60… Cet album vient donc en complément de la BO d’Hans Zimmer et de Benjamin Wallfisch, prévue le mois prochain ; un complément sacrément groovy !

Rappel

Rogue One : A Star Wars Story – Michael Giacchino (Giacchino sur le prochain Jurassic World)

« Le compositeur oscarisé en 2010 (pour la BO de Là-Haut) n’a pas manqué donc de rendre un hommage à la musique de Williams apposant quelques arrangements typiques des partitions de Star Wars, comme ses mitraillements de cuivres, et en utilisant le Rebel Fanfare, les célèbres thèmes de la Force, de Dark Vador et à la toute fin celui de Star Wars. Toutefois, il a procédé de manière intelligente, se connectant au travail de Williams seulement sur des parties de l’intrigue qui rejoignent le plus celle de la saga, pour le reste c’est du Giacchino, du bon Giacchino. »

Jour Polaire – Nathaniel Méchaly (On reverra Méchaly sur See You Tomorrow)

« Pour ce thriller se déroulant dans une commune suédoise du cercle polaire, Nathaniel Méchaly est majoritairement partit sur une ambiance planante, inquiétante, peu sombre et plutôt moderne avec une large instrumentation où des instruments acoustiques côtoient un généreux panel de sonorités électroniques finement travaillées. On retrouve aussi sur cette BO de 65 minutes une petite collection de savoureuses chansons originales, certaines lorgnant vers la culture musicale locale avec interprètes et techniques de chant nordiques. Le tout donne une bande-son étonnamment soignée et prolifique pour un format série et pourrait bien valoir une invitation au compositeur pour une hypothétique saison 2. »

Didier Bianay

bianaydidier.com