L’oppressant thème d’X-Files

(n°726)

Musiques De Films Légendaires

mark-snow

Mark Snow

Petit back flip sur le flippant thème d’X-Files qui me faisait autant frissonner que l’image du spectre marchant dans le couloir, quand, enfant je m’apprêtais à découvrir un n-ième épisode de la série créée par Chris Carter. Cette compo de 3:25 on la doit à Mark Snow, un des grands compositeurs de la Télévision qui, même avant le début du projet X-Files, était déjà une valeur sûre dans ce milieu. Plutôt simple en apparence le thème a suscité tant de recherches qu’il symbolise bien le fait que le travail sur des sonorités électroniques n’est pas si aisé que beaucoup le pensent ; en effet, rien que pour la piste principale le compositeur a testé de multiples effets, sonorités acoustiques et électroniques pour enfin opter pour un combo entre le son Whistling Joe et les sifflements de… sa femme. Mais l’autre fait qui illustre aussi toute la subtilité du sound design est que ce même compositeur n’ait jamais réussi à reproduire décemment ce morceau culte à l’aube de la 10ème saison (2015), d’où l’utilisation actuelle du thème originel.

S’il a bien fallu un coup de pouce de son ami et directeur exécutif R.W. Goodwin pour qu’il puisse proposer ses services à la production, cette dernière convaincue par ses auditions n’a plus lâché Mark Snow jusqu’à la saison 10 et l’a aussi appelé pour les spin-off Millenium et Au cœur Du Complot ainsi que pour les films X-Files et X-Files : Régénération. Tout au long de la série Mike Snow a su composer avec les désirs musicaux des producteurs qui voulaient quelque chose de très électro-ambient, mais le compositeur a su négocier quelques œuvres plus musicales. Avec les aventures de Mulder et Scully il a ainsi pu glaner entre 94 et 2002 quelques nominations aux Emmy (6) dont une pour ce thème principal. Toutefois malgré sa grande contribution dans la Télévision américaine avec notamment des habillages musicaux pour les séries Smallville, Ghost Whisperer, Blue Bloods, Snow n’a jamais décroché le moindre Emmy de sa carrière, presque un mystère pour un éminent et avant gardiste compositeur, archi-reconnu par ses pairs. Mais il aura au moins réussi, avec cette musique aux harmonies étranges et mystérieuses, à traumatiser toute une génération…

Didier Bianay

bianaydidier.com

So magnificent !

(n°656)

Musiques de Films Légendaires

Elmer Bernstein

Elmer Bernstein

Les 7 Mercenaires d’Antoine Fuqua sont encore au cinéma, alors on en profite pour revenir sur l’indéboulonnable thème initial du maestro Elmer Bernstein composé en 1960.

« So magnificent ! » car cette composition de Bernstein est une réussite avec une splendide mélodie, facilement mémorisable, à laquelle le compositeur en fait voir de toutes les couleurs. D’abord aventureuse avec un orchestre ample et engagé elle prend aussi une teinte verte-blanche-rouge par des arrangements typiques de la musique mexicaine, en référence au lieu où se tient l’intrigue. Mais en quête de modulation elle sait s’adoucir et rosir, adoptant un aspect plutôt romantique pour dépeindre l’amour sous-jacent entre Chico et Petra.

Et puis « So magnificent ! » aussi puisque c’est La musique de Magnificent Seven, l’étendard de toute une saga, d’un concept. Bien qu’il ne soit pas sorti sur support audio tout de suite et qu’il ait fallu pour cela attendre la BO du volet suivant, Le Retour Des Sept (1966), le titre est rapidement devenu populaire étant repris dans la foulée de la sortie du film par le groupe de jazz Al Caiola (1961) et le John Barry Seven (1961). Il s’est rappelé aux bons souvenirs des aficionados sur la série Les 7 Mercenaires diffusée au crépuscule des 90’s ; et quand bien même la bande-son du récent remake (signée James Horner et Simon Franglen) a pris ses distances stylistiquement et mélodiquement, le thème de Bernstein a fait une réapparition de choix au moment des crédits. Comme un passage obligé ou une cerise sur ce gâteau… explosif.

Didier Bianay

bianaydidier.com

Les misters de l’Ouest

(n°644)

Musiques de Films Légendaires

Richard Markowitz

Richard Markowitz

C’était longtemps resté un mystère, la paternité de cette composition, car Richard Markowitz n’a été crédité sur aucun épisode des 4 saisons des Mystères de L’ouest (1965-69). À l’origine il n’aurait même pas du faire partie du programme car avait été contacté en priorité Dimitri Tiomkin, à l’époque un des ténors de la Musique de Film hollywoodienne. Mais Tiomkin malgré 2 tentatives n’a pas donné satisfaction, les producteurs jugeant ces 2 ébauches musicales sérieuses complètement à l’Ouest par rapport à l’esprit de la série.

Car pour un programme fantaisiste et volontiers anachronique il fallait une musique du même calibre. C’est pourquoi Richard Markowitz a embarqué dans son morceau des flûtes frivoles, une guitare façon James Bond, des trompettes burlesques avant de partir sur un style symphonique typé Western, le tout soutenu en fond par une rythmique un brin militaire soulignant le contexte sécessionniste de l’intrigue. En moins de 90 secondes il a donc su résumer toute la teneur d’un programme qui connaîtra 4 saisons à succès avant de se faire arrêter pour excès de violence. Au fil du temps Richard Markowitz a récupéré les crédits du thème tout en poursuivant une carrière honorable dans la Musique de Film, surtout au tournant des 70’s où il composera pour quelques épisodes des saisons 3 et 4 de la série Mission Impossible.

Sa nomination aux Emmys 1988 pour la musique-thème de The Law and Harry McGraw sera le dernier grand coup de sa carrière. Décédé en 1994 il n’a pas eu connaissance du remake sorti en 1999 ; et bien que la BO de la version de Barry Sonnenfeld n’ait pas incorporé son œuvre, ce thème originel demeure La musique de Wild Wild West, malgré tous les efforts de Will Smith… Mais au nom de mon adolescence je vais quand-même me faire plaisir… :

Didier Bianay

bianaydidier.com

Orient oxydant

(n°632)

Coup De Cœur

Trevor Morris

Trevor Morris

Tel un couscous-nuggets, Trevor Morris a trouvé un moyen de réconcilier Orient et Occident, avec la musique-thème de La Chute De Londres. Un thème très différent du reste de la BO dans sa teneur à la fois métissée et orientée. Analyse :

Un métissage efficace

Ça saute aux yeux dès les premières mesures que cette composition joue clairement la carte du métissage, avec son orchestration et son instrumentation équitablement réparties entre influences occidentales et orientales. On retrouve d’abord les cordes qui exécutent la mélodie ou accompagnent le solo oriental de l’interprète, et le dépaysement est assez palpable même si les 2 parties jouent sur des gammes purement occidentales. Du coté des percussions on observe une alliance entre tambours tribaux et orientaux sur un rythme typique des films d’action occidentaux… vous suivez ? Mais l’intérêt de l’œuvre de Trevor Morris va au-delà de ce mélange culturel, quant bien même il est subtilement assorti.

Effusions d’indices

Car placée au début du film, au moment des crédits et autres faits médiatisés initiant le contexte, London Has Fallen est plus qu’une musique qui fait patienter avant le début des choses sérieuses, elle donne déjà des indices sur le film avec les éléments précités. En effet l’extrême brutalité est annoncée par des percussions puissantes et une rythmique très marquée sur les temps forts, écriture qu’affectionne Trevor Morris. De même la provenance du danger est d’entrée avouée lorsqu’une berline se trouve accompagnée sur son trajet par de menaçants motifs aux violoncelles, laissant entendre que l’homme qui y est conduit n’est point un gentleman… Par prolongement le solo vocal plaintif typiquement oriental de l’interprète annonce de quel région du monde cet homme est issu et les conséquences funestes de ces actes ; juste avant que l’on découvre qu’il est le fils et bras droit d’un puissant trafiquant d’armes pakistanais.

Alors on dit que la musique peut spoiler une intrigue…, c’est un peu le cas avec ce main theme qui est à la fois illustratif et malicieusement prémonitoire dans sa conception. Mais prenant, vibrant et assez mélodieux il a un autre mérite non négligeable : celui de nous mettre au parfum d’entrée.

Didier Bianay

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Avec dignité

(n°617)

Musiques De Films Légendaires

John Williams

John Williams

« C’est différent de ce que nous avions fait auparavant. Nous avons tous les deux essayé de changer nos styles (…). John avait besoin de rendre hommage au souvenir que nous tentions de recréer. Ainsi que je ne voulais pas utiliser mais ficelles, c’est ainsi que John ne voulait pas utiliser les siennes ». Tels sont les mots de Steven Spielberg à insidefilm.com concernant son approche et celle du compositeur John Williams pour un film ayant finalement fait date, La Liste De Schindler.

Sur le thème de ce long-métrage tout a été fait pour remémorer dignement en musique cette terrible tragédie humaine. La mélodie se veut triste, l’orchestration intimiste et modeste avec un violon dominant joué par Itzhak Perlman. Et quelle interprétation ! On entendrait presque ce violon pleurer tant le jeu de ce virtuose est émotionel. Peu ostentatoire donc, profond, touchant et méditatif, ce thème de John Williams est l’un des plus mythiques et plus intelligents du Cinéma.

Dans la même lignée, le reste de la BO est très dramatique, avec tendresse comme avec force, possède la même teinte sombre et est tout aussi qualitatif ; et il est logique que cette partition ait remporté des prix prestigieux en 94 et 95 avec 1 Oscar, 1 Grammy, 1 BMI Award et 1 BAFTA, tout en ne passant pas très loin du Golden Globe. De plus l’album fut notamment certifié Disque d’argent au Royaume-Uni et Disque d’or aux USA avec plus de 500 000 copies vendus, de très bons scores pour une musique de film ; normal après tout, l’œuvre en elle-même est exceptionnelle, possédant une telle âme et une telle larme.

Didier Bianay

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La musique de Rocky (2/2)

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Musiques De Films Légendaires

Survivor

Survivor

Après avoir parlé de Gonna Fly Now dans le premier volet, on s’attaque à une autre musique phare de la saga Rocky, le fameux Eye Of The Tiger.

Malgré tout le talent de Bill Conti, Sylvester Stallone avait des envies de changement du moins pour la musique thème du troisième épisode de Rocky (1982). Il aurait juste fallu un « oui » de la part de Queen pour que cette chanson n’existât pas mais les choses ne se sont pas passées comme souhaité pour Stallone qui s’est vu refuser l’emprunt de la chanson Another One Bites The Dust. Tant pis il a fait sans, et comment ! Cela lui a même été bénéfique. En effet Eye Of The Tiger, taillé pour le film par le groupe Survivor, est bien plus engageant, plus percutant rythmiquement et les paroles ne sont pas en reste, transpirant la pêche et la détermination que le héros recherche à chacun de ses combats. Et vous savez ce qui arrive aux chansons qui sont bien foutues, hé bien elles font un carton dans les bacs. Sortie en mai 1982, le titre atteint les sommets ou les places d’honneur aux quatres coins du monde et est classé chanson numéro 2 de l’année 1982 aux USA, tout en ayant une nomination aux Oscars l’année suivante. Preuve qu’elle a mieux survécu que le groupe qui l’a composé elle a dépassé les 4 millions de téléchargements en… février 2015.

Véritable ode au courage et à l’amour du challenge, Eye Of The Tiger inspira bien-sûr beaucoup d’artistes mais aussi les politiciens Mitt Romney, Newt Gingrich et Mike Huckabee qui se sont tous les 3 fait plus ou moins griffer par Survivor pour l’avoir utilisé dans leurs campagnes sans autorisation. Un tel monument, c’est sacré, poing !

Didier Bianay

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Toujours avec le choeur

Coup De Cœur

Danny Elfman

Danny Elfman

M-C-N n’existait pas encore lorsque le thème d’Alice fut inventé par Danny Elfman en 2010, et puisque le compositeur a repris la même recette c’est l’heure de faire une analyse du concept auquel il a tant tenu :

Pas besoin d’une glace ça se voit comme le nez au milieu de la figure, le chœur est à nouveau au centre de la partition de la reprise et 2 aspects se dégagent de son utilisation. Essentiellement composé de jeunes garçons et de femmes il contribue à donner une certaine innocence à ce thème principal mais aussi une certaine féérie, les jeunes interprètes insistant mélodiquement sur les aigus avec légèreté.

L’autre ingrédient qu’Elfman a repris ce sont ces cordes haletantes, aidées par des coups de percussions et de cuivres consistants et transperçant l’orchestre. Cette simultanéïté entre légèreté féérique et frénésie galopante pourrait paraître paradoxal, mais mieux orchestré que la partition originelle le parallèle fonctionne davantage, sans accroc, et traduit bien le tempérament du monde imaginé par Lewis Carroll.

Mais Elfman n’allait pas nous laisser en plan avec une simple reprise, c’est pour cela qu’il a mis en plein milieu de sa compo la mélodie de l’enfance d’Alice (2:53 à 3:32) lui donnant une teinte de plus en plus inquiétante et sombre au fil des secondes, assurant là une transition émotionnelle fluide. Vient ensuite mélancoliquement le motif noble de sa future vie de femme de l’ère victorienne (4:44 à 5:14) qui vient agrémenter une reprise plus aboutie que l’original sans reniement, Elfman ayant visé le chœur pour réveiller nos oreilles…

Didier Bianay

bianaydidier.com

La musique de Rocky (1/2)

Musiques De Films Légendaires

Bill Conti

Bill Conti

C’est le premier volet consacré aux 2 musiques légendaire issues de la saga Rocky. On commence avec celle qui a accompagné Rocky Balboa dès ses premiers défis, Gonna Fly Now ou Rocky Theme, composée par Bill Conti.

L’une des musiques de films les plus populaires. Attachée à cette fameuse scène où Rocky court à travers les rues du Philadelphie des années 70, Gonna Fly Now est par essence une composition engageante, punchy, et dans l’air de son temps avec son brin de disco agrémentant de brillants arrangements orchestraux. Le succès ne s’est pas fait attendre avec une première place en juillet 1977, 4 mois après sa sortie, et un classement parmi les 25 meilleurs singles de l’année 1977. La même année il frôle même l’oscar de la meilleure chanson s’inclinant derrière Evergreen mais restant plus inoubliable que le titre de Barbra Streisand. Devenant un hymne au courage, au challenge dans l’imagination populaire, le single a été assigné à certaines franchise sportives de Philadelphie, mais dans nos contrées c’est RTL qui l’a le plus récupéré en en faisant le générique des Grosses Têtes depuis 1977.

Auteur d’une excellente partition pour le film, Bill Conti sera rappelé ultérieurement sur Rocky 2, 3, 5 avant de revenir il y a 10 ans sur le 6ème volet. Certifié disque d’or grâce aux plus d’un million d’exemplaires vendus aux USA, Gonna Fly Now a fait décoller la carrière du compositeur et est demeuré indéboulonnable dans la saga quand bien même Ludwig Göransson lui succéda sur la BO de Creed ; normal le morceau est 58ème au classement AFI’s 100 Years… 100 Songs, un bon étalon…

Didier Bianay

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Plus que Sellecktionnable

Musiques de Films Légendaires

Mike Post

Mike Post

Il arrive qu’un compositeur doive suivre son instinct, une fulgurance instantanée, sans se poser trop de questions. C’est ce que Mike Post a sous-entendu lorsqu’il a répondu à la question sur l’écriture de ce thème dans une interview de Stephen J. Abramson : « Vraiment facile à faire puisque je connaissait la personne si bien, j’ai fréquenté Tom Selleck à l’école primaire (grammar school) et au lycée (high school), nous sommes amis de très longue date, c’était facile à trouver ».

Le thème de Magnum, le thème de Magnum… Bon il faut rappeler qu’un autre air le précéda et que ce thème originel (de Ian Freebairn-Smith) n’avait pas grand chose à voir avec celui-ci, versant de plus dans le Jazz. C’est petit à petit que cette compo de Mike Post s’est imposée dans la série en étant incorporée dans l’action ou les génériques de fin (épisodes 8 à 11) avant de devenir le thème principal de la série à partir de l’épisode 12. Sa version rallongée que l’on entend ci-dessus a connu une belle incursion dans le Billboard Hot 100 en atteignant la 25ème place en mai 1982. Elle a ultérieurement été rajoutée à l’anthologie de ce compositeur phare du Petit Écran, Television Theme Songs.

On peut vraiment dire que ce fut un choix judicieux que de partir sur cette nouvelle direction musicale, tout d’abord parce que ce fut un succès, mais aussi cela servit à se calquer sur les styles musicaux des séries d’Action de l’époque, permettant à Magnum de ne pas paraître quelque peu désuet. Et si l’action se déroule à Hawaï comme Hawaï Police D’état, on reste loin aussi de la musique locale avec ce riff de guitare funky et efficace et, une basse et des percus viriles. Pourvue entièrement d’une instrumentation très 80’s couronnée par des synthés lumineux, la très percutante composition de Post marque les esprits et dépeint bien l’instinct aventureux de Thomas Magnum. Habitué à composer à la volée c’est donc notamment avec Magnum que Post a vraiment le mieux libérer la bête…

Didier Bianay

bianaydidier.com

Le ton juste

Coup De Cœur

Alexandre Desplat

Alexandre Desplat

Lors de la première du film à Londres Alexandre Desplat a avoué pour le site heyuguys.com qu’il cherchait depuis quelques temps à composer sur un genre musical qui a émergé dans les années 20, le Jazz symphonique. Et pour lui le film Florence Foster Jenkins a résonné comme une aubaine.

Il faut dire que le Jazz symphonique se prête bien au film pour 3 raisons. Tout d’abord il connut une immense ascension à l’époque où performait ce fantasque personnage, il possède une certaine classe qui sied bien aux ambiances mondaines dans lesquelles a baigné cette richissime « cantatrice » et sa facette symphonique lui donne un impact cinématographique. Héritier du Jazz, il est bien plus qu’une superposition du Jazz et de la Symphonie mais un amalgame des 2 qui va jusque dans l’orchestration ; et Alexandre Desplat l’a bien retranscrit en donnant le premier rôle tantôt à des instruments propres à la Symphonie (cors, flûte) ou à ceux propres au Jazz (trompettes en sourdine, saxophone, clarinette), tout en reprenant les incontournables improvisations de ce dernier.

Placée en tête de la bande-son cette composition intitulée symboliquement Florence Foster Jenkins donne le ton juste, mais donne aussi celui du reste de la BO qui alterne entre Symphonie, Classique, Jazz ou Jazz symphonique. Seules choses que l’on ne perçoit pas dans ce titre instrumental ce sont évidemment les performances vocales volontairement fausses de Meryl Streep qui rendent le personnage pathétique et si attachant. Et le natif de Paris semble s’y être bien attaché pour lui donner ce thème, ma foi, fort élégant.

Didier Bianay

bianaydidier.com

Inarrêtable

Musiques De Films Légendaires

Morton Stevens (1929-1991)

Morton Stevens (1929-1991)

On est loin d’une musique rêveuse avec ukulélé hein ?!. Non là il s’agissait de dépeindre l’ambiance d’une série policière où l’action était reine, Hawaï Police d’État, un succès télévisuel sur lequel a surfé son acteur principal Jack Lord. Et ce fameux thème on le doit à Morton Stevens, un grand compositeur décédé en 1991 ayant eu l’occasion de briller plus que les films et séries pour lesquels il a travaillé… hormis l’immense Hawaii 5-0 qui a perduré sur 12 saisons, de 1968 à 1980. Durant cette période il récolte 2 Emmys pour des morceaux de la bande-son mais le thème en lui-même ne reçut pas de prix et a plutôt pris sa revanche dans la culture populaire où il est demeuré un air culte, faisant même dans les années 70 les joies des dancefloors.

Cette version instrumentale a en outre fait oublier 2 autres versions avec paroles (oui, oui !) intitulées You Can Come With Me et You Can Count On Me et a été reprise pour le compte du reboot de la série en 2010. Il est intéressant de noter à la fois que la version plus courte de Brian Tyler lui a redonné une seconde jeunesse en bénéficiant de techniques de mixages plus modernes et que le compositeur n’a pas daigné changer grand chose aux arrangements du refrain, par respect. Et le fait que les héritiers de Morton Stevens et la puissante CBS se disputent les droits du morceau avec virulence devant les tribunaux, depuis l’année dernière, ajoute à l’impression que cette musique-thème est considérée comme précieuse. Mais comment pouvait-il en être autrement avec sa mélodie si efficace, si marquante et sa rythmique si houleuse qui donnent vraiment envie de se déhancher comme une danseuse hawaïenne ; enfin pour qui le peut…

Didier Bianay

bianaydidier.com

10/10

ribbon-blackCoup de Coeur

Bear McCreary

Bear McCreary

Avec le film 10 Cloverfield Lane Bear McCreary rentre dans la cour des grands, se lançant pour la première fois dans les productions cinématographiques à gros budget. Et en guise de thème principal il sort une composition parfaitement efficace pour le contexte du film et ce grâce à 10 éléments :

  1. On commence par les plus évidents, les cordes haletantes qui sont un classique de la musique d’Action et qui sous-entendent le rythme élevé attendu sur certaines parties de l’intrigue
  2. Les cris strident de ses mêmes cordes aussi, qui en deviennent inquiétantes jouées en dissonances
  3. L’emploi du glockenspiel et du vibraphone qui ajoutent une atmosphère mystérieuse et irréelle au morceau
  4. À partir d’ici on parle cuivres avec l’emploi des cuivres graves. Bien en évidence elle font souvent sentir une menace pesante. Mais dans l’ensemble McCreary les utilise de manière assez musicale et ne les cantonne point à un rôle quasi percussif
  5. Des mitraillements de trompettes qui font penser à du John Williams et qui apportent dynamisme, légerté et élégance à chaque apparition
  6. Des passages lyriques assez agréables et offrant des alternatives émotionnelles sur la partition. C’est là que le natif de Fort Lauderdale montre une capacité à avoir une belle écriture, profitant pour mettre en exergue des instruments à faibles sonorités comme les bois, les harpe etc.
  7. Peu évident à distinguer mais les notes appuyées et graves du piano contribuent à une certaine noirceur mordante que les seules contrebasses ne suffiraient pas à donner
  8. La mise en action dès l’entame du morceau d’un instrument turque le yayli tambur captant l’attention de l’auditeur avant que le film commence. Il conclut aussi le morceau avec une réverbe donnant l’impression d’une solitude éloignée et plaintive
  9. L’utilisation du Blaster Beam qui fut si cher à Jerry Goldsmith dans Star Trek, Le Film et que l’on retrouve en plein milieu de ce thème (2:56 à 3:13)
  10. Le rôle de soutien des percussions. Elles apportent du rythme et occasionnellement marquent les temps forts. Vu la générosité de l’orchestration McCreary les a intelligemment mises en retrait pour ne pas alourdir ni les graves ni l’ensemble de l’œuvre.

Avec ce premier thème de grand film le compositeur a donc montré son potentiel, sa maîtrise et aussi son caractère studieux. Friand de sonorités originales comme à son habitude, on peut de même noter qu’il a su mélanger le vintage et le moderne, naturellement, ce qui ne pouvait pas déplaire au nostalgique J.J. Abrams, le producteur d’un film dont l’effet de surprise est désormais admis.

Mention très bien M. McCreary Bear

Didier Bianay

bianaydidier.com

Ça a marché

Musiques de Films Légendaires

Vangelis

Vangelis

Ça a marché, alors qu’eux couraient au ralenti. Chariot Of Fire a été le carton single de l’année 1981, faisant preuve d’endurance dans le Billboard Hot 100 américain où il a atteint la place de leader après 5 mois de présence ! Et que dire de sa longévité de 64 semaines dans les charts australiens à part que ça tient du mythe. À vrai dire c’est aux 4 coins du monde que le disque s’est diffusé et Vangelis devint et resta jusqu’à présent l’artiste grec ayant reçu le plus de lauriers à l’échelle internationale.

Et dire que ce titre a failli ne jamais exister… et qu’il a fallu toute la détermination de Vangelis pour persuader le réalisateur Hugh Hudson de remplacer le morceau l’Enfant par une nouvelle composition originale, afin d’accompagner une scène devenue culte. On retrouve dans ce morceau instrumental le vrai style de Vangelis, à cheval entre style symphonique et électronique, et ce même si l’action du film se passait dans les années 20. Au magazine American Film il a étayé sa piste artistique : « Je ne voulais pas faire de musique d’époque. J’ai essayé de composer une bande son qui soit contemporaine et tout de même compatible avec l’époque du film. Mais je ne voulais pas partir sur un son complètement électronique ». Cette gymnastique a été une prise de risque à une époque où les sonorités électroniques en étaient à leurs échauffements et où le tout-symphonique pétait la forme, fièrement représenté par John Williams. Ce dernier, bien qu’ayant placé la barre haute avec la partition des Aventuriers de L’arche Perdue, a été devancé par celle de Chariots Of Fire qui remporta l’oscar en 1982.

Son introduction appelé Titles, puis pour des raisons pragmatiques Chariots Of Fire, atteint le stade de la légende et fut réutilisé dans de nombreux programmes télé et films, parfois à titre parodique, la parodie étant quelque part preuve de célébrité, n’est-ce pas ? Le single a même été remis récemment au goût du jour grâce aux JO de Londres pendant lesquels il était joué, entre autres, aux remises de médailles. C’est pour le coup d’envoi de cette même olympiade que le London Symphony Orchestra nous a gratifié d’une prestation comique avec un certain Mr Bean dans le rôle de l’empêcheur de tourner en rond…

Didier Bianay

bianaydidier.com

Le thème ensorcelant d’Harry Potter

Musiques De Films Légendaires

John Williams

John Williams

Assez récent, le thème d’Harry Potter est devenu un incontournable pour les amateurs de musiques de films et par extension pour les fans de Cinéma.

Oui ces temps-ci je parle beaucoup de John Williams, mais que voulez-vous, c’est la loi des séries. Bon là il s’agit d’un film, que dis-je toute une saga, celle d’Harry Potter, ses 8 volets et son Hedwig’s Theme qui est de surcroît le thème principal. Un poil de féérie, des harmonies parfois étranges et mystérieuses, du lyrisme, de la malice et des coups de boutoirs épiques…, cette musique-thème non seulement se fond dans le reste de la BO mais résume à elle seule le contenu émotionnel des aventures de cet apprenti sorcier né de l’imagination de J.K. Rowling, pendant que son train se faisait attendre.

Mais s’il y a un qui n’a jamais un train de retard c’est bien Williams qui, en 2002, s’est donné une double chance de décrocher l’oscar en ajoutant et à la BO d’Harry Potter 1 celle plus tourmentée et un poil plus moderne d’A.I. Intelligence Artificielle, montrant sa capacité à s’adapter à 2 mondes totalement différents. Malheureusement pour lui il repartira bredouille, devancé par l’exceptionnelle partition d’Howard Shore pour Le Seigneur des Anneaux 1. Il fallait au moins ça pour battre le grand manitou ce soir-là…

Cette juteuse BO qui a particulièrement envoûté les charts canadiens et britanniques reste un modèle-type de ce que peut fournir la créativité fertile de John Williams et a influencé le reste de la saga avec une kyrielle de thèmes pour les principaux personnages, leitmotifs qui ont perduré sur les volets suivants quand bien même Williams s’est arrêté au 3ème chapitre. Car il était impensable pour ses successeurs, Patrick Doyle, Nicholas Hooper et Alexandre Desplat, de faire disparaître des airs déjà devenus cultes pour toute une jeune génération…

Didier Bianay

bianaydidier.com

Le thème qui n’est jamais tombé… dans l’oubli

Musiques de Films Légendaires

David Rose (1910-1990)

David Rose (1910-1990)

La chaine 6ter a fait son œuvre… en rappelant aux bons souvenirs de beaucoup, moi y compris, cette ancienne série et son thème inoubliable. Tiens, c’est l’occasion de présenter David Rose qui fut pendant plusieurs décennies l’un des compositeurs phares d’Hollywood.

Né à Londres en 1910, David Rose a grandi à Chicago, où il a fait ses classes musicales. C’est aussi à Chicago qu’il a commencé sa carrière en tant que pianiste, compositeur et arrangeur pour la Radio NBC. En 1938 il pose ses valises à Los Angeles et commence à travailler pour des films tout en côtoyant des stars de la chanson tels Dorothy Lamour, Don Ameche, Jeanette MacDonald et Martha Raye. Réputé pour avoir composé les singles à succès Holiday For Strings, Poinciana et surtout The Stripper, il s’impose aussi comme une valeur sûre dans l’industrie du Cinéma avec 2 nominations aux Oscars en 1945 et 46. Compositeur finalement plus attiré par la Télévision, il décroche un premier Emmy en 1959 puis un deuxième avec la série Bonanza 12 ans plus tard. C’est sur cette série qu’il gagne la confiance d’un certain Michael Landon qui pensera souvent à lui par la suite, jusqu’à l’ultime saison des Routes du Paradis (1989), en passant bien sûr par La Petite Maison dans la Prairie.

Les aventures de la famille Ingalls c’est sans doute ce qui a le mieux inspiré David Rose. Il y consacre 9 ans de sa vie (de 74 à 83) et compose pour plus de 200 épisodes. Durant ces années il reçoit 2 nominations et 2 prix aux Emmys Awards pour des compositions de la bande son… mais pas pour le thème. Et c’est pourtant, sans doute, la composition de sa vie, la plus populaire, celle qui gambade encore quelque part dans les têtes de millions de personnes…

Didier Bianay

Problème de taille ?

Coup De Cœur

Christophe Beck

Christophe Beck

La taille compte-t-elle ? Alors je ne vais pas parler de X mais plutôt de la musique thème XXL que Christophe Beck a imaginé pour Ant-Man. Surprenante ? Pas tant que ça. Détails :

L’approche du compositeur est tout d’abord humoristique, car l’introduction timide et fluette ne laisse en rien présager de l’énormité sonore qui arrive derrière. Et dès que sont assenés les premiers coups de boutoirs de l’orchestre on se demande alors : Pourquoi une ambiance aussi massive pour un si petit héros ? 2 explications à cela.

Premièrement, il faut compenser. Pourquoi je dis cela ? Parce qu’il y a une dimension culturelle sur l’image que l’on se fait d’un super-héros ; grand, fort, avec des capacités physiques hors du commun etc. Bref pour Ant-Man, l’un des héros Marvel les moins connus, on a plutôt pensé à une musique qui n’insisterait pas davantage sur sa petite taille pour ne pas le décrédibiliser… C’est pourquoi Christophe Beck réalise un contrepoint à l’image par ce thème féroce, pour compenser, et aussi pour renforcer l’impression que le spectateur perçoit du héros. Ce procédé audiovisuel, cher à Desplat, reste tout de même assez rare dans le Cinéma.

Ensuite, le compositeur veut aussi par cette musique décrire la force intérieur d’Ant-Man, qui doit s’armer de courage pour sauver le monde et sa famille. Parfois brutal mais toujours héroïque, ce personnage méritait bien l’agitation d’un orchestre. Beck soulignent alors ses caractéristiques en laissant dominer des instruments puissants tels les trompettes, les trombones, les cors, les tubas, et les cymbales, et ce, sur un orchestre très fourmi fourni. Il va même jusqu’à renforcer l’impact de son orchestration sur les refrains en mettant tous les instruments sur la même rythmique, effet garanti…

Non Christophe Beck ne s’est pas trompé en réservant ce thème a l’homme-fourmi, il a plutôt vu juste. Avec un orchestre massif et brutal il a correctement souligné à quel point ce super-héros n’est pas du genre à se faire tout petit face aux défis…

Didier Bianay

Renversant !

Musiques De Films Légendaires

Danny Elfman

Danny Elfman

Batman par-ci, Batman par-là, j’entends souvent parler de Batman ces temps-ci, la faute au jeu Arkham Knight et au très attendu Batman vs Superman. Alors… je m’y mets aussi avec ce thème mythique, celui de Danny Elfman pour le Batman de Tim Burton (1989), ou la composition qui a révélé les aptitudes d’Elfman au grand jour.

Concernant ce film, Batman et Elman se sont bien battus. Le premier contre le Joker et le second en tant que joker, puisqu’Elfman n’était pas le compositeur voulu par le producteur du long métrage, Jon Peters, n’ayant à cette époque que des comédies à son actif contrairement au tant désiré John Williams. Et le contexte eut été moins désagréable si ses acolytes ne lui auraient pas fait savoir d’entrée… Mais comme une compo vaut plus que mille mots, c’est en jouant le futur thème du film qu’il plaça Peters définitivement parmi ses alliés, une performance acoustique voulue par Burton qui se comporta dès lors comme un super héraut des talents d’Elfman.

Car c’est aussi ce même Burton qui se battit ensuite pour que cette BO sorte dans le commerce, chose qui était très rare à l’époque. Reconnue comme l’une des meilleures compositions de Danny Elfman, cette musique thème de Batman décrocha un Grammy en 1990 avant de rentrer dans la légende. Le compositeur prendra au fur et à mesure une nouvelle dimension au tournant des 90’s, le second volet Batman : Le Défi ne se révélant que le début d’une longue liste de blockbusters décrochés par la suite.

Didier Bianay

Une bise romantique

Musiques De Films Légendaires

Max Steiner

Max Steiner

Taillez-vous une moustache Old Hollywood, enfilez votre plus beau costume et prenez votre Scarlett dans vos bras. Aujourd’hui on parle d’un monument de la Musique de Film, le thème d’Autant En Emporte Le Vent.

Composé par Max Steiner ce qui s’appelle aussi le Tara’s Theme est devenu le symbole du film, et une légende. Normal après tout, puisque son compositeur est aussi une légende de la musique, lui qu’on surnomme « le père de la Musique de Film ». En effet c’est bien Steiner qui, à l’aube des 30’s, est un fervent défenseur de l’écriture musical pour film, y percevant le potentiel psychologique et scénique, quand nombre de producteurs y sont réticents. La suite de sa carrière lui donnera raison, car il sera très courtisé pour la qualité et la précision de son travail et deviendra l’un des plus grands compositeurs du Cinéma, récoltant 3 Oscars pour les BO du Mouchard (1935), d’Une femme cherche son destin (1942) et de Depuis ton départ (1944).

En ce qui concerne la bande son d’Autant En Emporte Le Vent rien n’a été simple. En 1939 alors qu’il doit travailler sur beaucoup d’autres films, Max Steiner ne dispose que de 3 mois pour faire ce qui sera la plus longue bande son jamais composée (près de 3h de musique). Et malgré l’insistance de Selznick, le producteur, d’utiliser des musiques classiques préexistantes pour respecter les délais et le budget, le compositeur tiendra sa bande son entièrement inédite, non sans l’aide de fortifiants…

Bien qu’il ne gagna pas l’Oscar de la meilleure bande originale en 1940, battu par la BO du Magicien d’Oz d’Herbert Stothart, l’AFI classera sa partition comme la seconde meilleure de tous les temps en 2005, après celle de Star Wars. À sa mort en 1971, il aura laissé un bel héritage dans le Cinéma, héritage dont fait partie cette magnifique composition, sentimentale et inoubliable.

Didier Bianay

Historique et Sacré

Musiques De Films Légendaires

John Williams

John Williams

Un des thèmes les plus célèbres du 7ème Art signé Monsieur John Williams ! C’est de cela que je vais vous parler avec la musique thème des Aventuriers de l’Arche perdue.

Surnommée le Raiders March, cette composition est en fait une combinaison de 2 thèmes qui s’emboitent par des arrangements musicaux brillants, représentant tous les 2 l’intrépide Indiana Jones lors de ses actes héroïques. « Ma première tâche sur Les Aventuriers de l’Arche perdue a été de créer un thème reconnaissable pour le personnage d’Indiana Jones (…) Je me rappelle avoir joué pour Steven (Spielberg) une paire d’options au piano. Il les a apprécié et m’a suggéré : « Pourquoi tu ne les utiliserais pas toutes les 2″. Ces 2 musiques sont devenues motif principal et pont de ce que l’on appelle le Raiders March » a déclaré le compositeur à empireonline.com.

Pour une BO assez diversifiée musicalement John Williams décroche en 1982 un Saturn Award et un Grammy. Mais dans la course aux Oscars elle est devancée par celle des Chariots de Feu composé par Vangelis. Un véritable choc des titans musical…

Emmené par des cuivres tranchantes, ce thème a logiquement été reconduit pour les autres volets de la saga Indiana Jones. Cette dernière a vu ses partitions connaitre plusieurs rééditions (en 1995, 2003 et 2008), à grands renforts de traitements audio modernes. Un lifting sonore pour des œuvres qui vieillissent bien, le Raiders March semblant même éternel.

Didier Bianay

reydarts.fr

Primetime Emmys 2014 : Silvestri fait coup double

News

Alan+Silvestri+Creative+Arts+Emmy+Awards

Alan Silvestri

Alan Silvestri a remporté 2 Emmy Awards dans les catégories meilleure musique thème et meilleure composition musicale pour une série TV, le tout grâce à son énorme travail sur le docu-série Cosmos : A SpaceTime Odyssey.

2h47 de musique en 4 volumes, c’est ce que Silvestri propose dans ce documentaire en 13 parties consacré à l’espace, suite de Cosmos: A Personal Voyage diffusée dans les 80’s ; une émission qui avait tant marqué l’enfance de Seth McFarlane qu’il s’est proposé principal producteur de cette suite, appuyant fortement le projet depuis 2009.

Le style musical proposé par Alan Silvestri se retrouve dans les propos de la veuve de Carl Sagan, Annie Druyan. Dans une entrevue avec Skepticality elle affirme que le programme « doit bien faire la balance entre la part de scepticisme et d’émerveillement ». C’est bien dans cet esprit qu’Alan Silvestri a composé une bande son au style rétro, assez 80’s, très loin de la recherche de modernité qu’on a pu deviner sur la BO de Red 2. Une manière de faire un clin d’œil à l’émission originale par laquelle Silvestri a fait du Silvestri, proposant une BO dominée par le style symphonique où se glisse à l’occasion quelques sonorités électro bien senties.

« La beauté et la magnificence de la science sont vraiment émotionnelles, et je n’ai pas eu d’appréhension à partir dans ce crédo avec la musique » affirme Alan Silvestri. En effet se dégage une forte teinte émotive de cette BO non minimaliste mais très riche. Un miracle de la part de Silvestri qui a du faire une partition gigantesque en 6 semaines chrono. Fort heureusement il est tombé sur un McFarlane qui est un amoureux de la musique qu’il qualifie de « sincère », faisant confiance et laissant une large liberté artistique au compositeur : « Si vous engagez un compositeur et que vous faites confiance à ce compositeur, il ou elle doit être traité comme un acteur. Il s’agit de la personne que vous avez engagé, de la performance qu’il va livrer – vous pouvez donner quelques directives, mais pinailler sur chaque détail rendra le compositeur dingue, comme cela rendrait un acteur dingue ».

En fait la seule composition où Alan Silvestri s’est vu donner des directives précises c’est le thème principal ; et elles sont surtout venues d’Annie Druyan qui a fortement privilégié l’introspection à l’expressivité qu’avait à l’origine instauré Silvestri : « elle voulait quelques questions, non pas toutes les réponses. On est passé de l’extraversion à une pièce introvertie ». Ne voulant pas se baser sur quelque chose d' »inventé », de son propre aveu, mais sur un motif simple et mémorisable, on rencontre ce que Silvestri appelle personnellement le « thème de Carl » après l’intro (0:46). Enchaînant les quintes justes, ce merveilleux motif mélodique revient souvent par la suite dans le reste de la bande son. Enfin je n’oublie pas de mentionner le passage en suspens, interrogatif, auquel Annie Druyan tenait tant (de 1:22 à la fin) et qui vient conclure un thème qui oscille entre émerveillement et mystère.

Si ces 2 Emmys viennent récompenser cette musique thème et une partie de la BO figurant sur le premier épisode, on peut dire que c’est tout le travail de Silvestri qui mérite d’être salué, tant pour la quantité que pour la qualité.

Didier Bianay

reydarts.fr