Korzeniowski n’a rien oublié

Coup De Cœur

korzeniowski

Abel Korzeniowski

Voilà mon coup de cœur du moment : Forbidden Love. Cette musique composée par Abel Korzeniowski est issue de la bande originale du film Roméo et Juliette, dont j’ai fait l’éloge récemment.

Une composition élégante qui sent bon le romantisme et la tendresse, avec un emploi subtile des instruments, c’est ce que propose ici Abel Korzeniowski. Et pour faire forte impression, il réalise une partition avec une instrumentation qui accapare une large plage de fréquences, allant d’un piano qui se promènent frivolement dans les aigus aux trombones qui soutiennent sobrement l’harmonie dans les graves. Entre les deux extrêmes on trouve les cordes avec des violoncelles qui font bien souvent bande à part en accompagnant ou réalisant un contrechant qui vient, timidement et occasionnellement, rivaliser avec la mélodie. Ce contrechant d’ailleurs n’est autre que ce que réalise les violons de 0:31 à 1:00.

Mais outre l’aspect mélodique il y aussi le style de jeu majoritairement très tendres de la part des instrumentistes, à l’exemple des violonistes qui reprennent le refrain avec des attaques de notes lentes et progressives. Et pour couronner le tout et ajouter ce côté féérique, le compositeur polonais incruste fréquemment des glissandos de harpe plus que discrets, tandis que les roulements de tambours articulent et relancent régulièrement la mélodie.

Ainsi, Abel Korzeniowski n’oublie ni de reprendre les codes fondamentaux attribués à la musique de film romantique, ni d’éviter les clichés, par une mélodie, des harmonies et une instrumentation très travaillées, à l’image des autres compositions de la BO.

Didier Bianay

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Première Écoute : La BO de Roméo et Juliette

romeojuliettePremière Écoute

Pour cette adaptation moderne de Roméo et Juliette, Abel Korzeniowski réalise l’une des plus belles B.O. de l’année. Un enchantement !

Illusions et désillusions

Du romantisme lyrique dans toute sa splendeur, saupoudré de féérie  c’est ce que Abel Korzeniowski nous propose tout d’abord sur la bande originale de Roméo et Juliette. Les jeux du piano sont subtiles, tendres, mélancoliques tandis que les cordes sont capables de magnifiques envolées lyriques. Laissez-vous séduire par la valse légère et profonde de The Cheek of Night,  tout comme ces clins d’oeil à la musique classique sur Trooping With Crows, Queen Mab, et Come, Gentle Night. Et comment rester insensible aux charmes de First KissJuliet’s Dream mais aussi aux pièces les plus réussies et les plus entêtantes tels Forbidden Love et A Thousand Times Good Night, la deuxième étant une version développée de la première.

Si l’amour nous donne des ailes Wedding Vows et Eternal Love font carrément planer avec une grande place accordée à la soprano, aux chœurs et à la harpe, trois éléments qui font des apparitions brèves dans le reste de la BO et qui y ajoutent ce côté féérique ; comme une manière très visible de présenter l’amour comme un conte de fée. Toutefois les caractères moins frivoles de Fortune’s Fool, From Ancient Grudge ou même sombres de Tempt Not A Desperate Man, The Death Is My Heir, et The Crypt nous rappellent que Romeo et Juliette reste avant tout une romance tragique.

Abel Korzeniowski a livré une excellente BO avec une impressionnante collection de très jolies pièces, dans un style romantique bien maîtrisé et non répétitif, se permettant même d’adopter parfois des arrangements propres à la musique classique. Mais Korzeniowski sait aussi nous plonger dans des ambiances plus poignantes en maintenant le cap, avec des compositions de bonnes factures. Cela ne serait pas étonnant de voir cette bande originale commencer l’année prochaine avec une nomination aux Oscar 2014.

Didier Bianay