World Soundtrack Awards 2018 : Les artistes nominés (2)

(n°975)

News

Après les catégories principales présentées il y a quelques semaines voici, de la part des organisateurs, une nouvelle salve de nominations pour les prochains WSA. Des catégories qui ne manqueront pas d’intéresser les béophiles les plus curieux.

Découverte de l’année

Laurent Eyquem : pour Nostalgia
Hildur Guðnadóttir : pour Sicario : La Guerre des Cartels
Valentin Hadjadj : pour Girl
Tamar-kali : pour Mudbound
Amelia Warner : pour Mary Shelley

Choix du public

Kings – Nick Cave et Warren Ellis
La Route Sauvage – James Edward Barker
Nostalgia – Laurent Eyquem
L’Envol De Ploé – Atli Örvarsson
Solo: A Star Wars Story – John Powell

Meilleure BO pour une production belge

Valentin Hadjadj : Girl
Raf Keunen : Le Fidèle
Rutger Reinders : Zagros

Prix SABAM du meilleur jeune compositeur

Bruno Ferreira
Stefan French
Logan Nelson

On rappel que les lauréats seront annoncés le mercredi 17 Octobre 2018, lors de cette cérémonie des WSA qui fait partie intégrante du Festival du Film de Gand.

Didier Bianay

bianaydidier.com

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Chapeau !

(n°931)

Coup De Coeur

John Powell

J’aurais tellement de coups de cœur à partager sur cette bande-son de Solo: A Star Wars Story… Aujourd’hui petit focus sur Lando’s Closet avec lequel John Powell a soigneusement habillé la scène la plus romantique du film. Analyse:

Pardessus

Lorsqu’un compositeur a sous la main un orchestre symphonique, la romance fait tendre vers les cordes (violons, altos, violoncelles, contrebasses), question de langage musical et de convention ; ce n’est pas une obligation, mais ce groupe d’instruments est pratique tant il peut délivrer des timbres émotifs et peu agressifs même à fort volume. Ici Powell s’en est largement servi et les a appuyé des bois tels alors une flûte, une clarinette, un haubois etc., beaucoup moins puissants intrinsèquement mais pouvant également insuffler beaucoup de douceur. En vrai, pour tous les instruments précités tout dépend des jeux des instrumentistes et sur l’ensemble du morceau les attaques de notes sont toutes délicates, sans exception. Enfin on ne peut omettre de mentionner les timbres voilés des cordes, intimistes, sans éclats fracassants même lors de l’emballement lyrique final, et qui sentent bon les musiques des romances d’antan…

Les dessous

Quand bien même la composition est courte John Powell a jugé bon d’avoir une orchestration très travaillée pour sortir des clichés et pour varier les sonorités. Et les sonorités varient très vite justement, sans que l’on s’en rende vraiment compte, c’est ainsi que l’on change d’instrument ou de groupe d’instruments 12 fois rien que pour la mélodie, avec même une courte apparition d’un cor, cuivre peu utilisé dans ce type d’ambiance. La cerise sur le gâteau vient de la harpe et de son action quelque peu subliminale, car il faut tendre l’oreille pour constater que ses arpèges fluides rajoutent de l’élégance à la partition tout comme une impression de merveilleux. L’amour, une merveille d’émotion.

Lando’s Closet est une pièce à part dans la BO, déjà pour sa teinte très rétro. C’est aussi la seule fois où le thème de la romance entre Han et Qi’ra est autant magnifié. John Powell a ainsi saisi toute l’importance de l’instant et a particulièrement appuyé ce tête-à-tête par l’une des œuvres les plus sublimes de la bande-son.

Didier Bianay

bianaydidier.com

Trépidhan

(n°925)

Coup De Coeur

John Williams

John Williams a capté l’essence de la vie d’Han par un magnifique thème, à la fois excitant et poétique. Analyse:

L’idée d’aventure…

Dès la première écoute une idée s’impose à l’oreille, celle que The Adventures Of Han porte bien son nom par son caractère haletant et empressé. En fait, lorsque l’on creuse on peine à trouver un quart de temps libre dans la partition de Williams. Les trous rythmiques laissés par des notes prolongées sont systématiquement bouchés par des accompagnements très rapides aux violoncelles ou aux violons, si ce ne sont des réponses variées par cordes, percus, bois ou trompettes. À l’inverse certaines phases n’ont pas besoin de soutien à ce niveau tant elles sont sacrément véloces (ex. 1:14-1:40), le compositeur se contentant souvent de marquer des temps forts pour donner du relief. Afin de rappeler, cette fois-ci, la destinée grandiose du héros, une part très épique se dégage au milieu du morceau (1:40-1:58) où trompettes, trombones et cors s’unissent pour entonner le refrain avec toute l’ampleur que peuvent générer ces puissants instruments lorsqu’ils s’associent. Quelques instants plus tard on retrouve ce même refrain (2:49-3:03) avec plus d’éclat et de vivacité, les trompettes rejouant exclusivement et plus promptement la mélodie ; c’est sans doute cette phase et l’intro qui présagent le plus clairement d’une intrigue agitée, Han ayant un don inné pour les plans à problèmes

… et de poésie

En Musique de Film c’est le détail mineur qui fait la différence, la petite touche qui va ajuster une compo à une ambiance ou à un personnage. Ici on remarque le choix de Williams d’accorder une place non négligeable aux bois, exercice jamais facile puisque ce groupe d’intruments peu intense peine toujours dans une partition frénétique. Ainsi, rapidement le compositeur les couple aux cors (0:15-0:24 et 0:38-0:57) sans que ces derniers, suffisamment puissants en aient nécessairement besoin (0:25-0:38), l’idée étant d’adoucir pour esquisser une certaine sensibilité. La suggestion est encore rappelée dans le final où ces bois (2:45-2:49 et 3:08-3:12) jouent un motif dérivé avec délicatesse. Enfin, on retrouve la même intention de manière bien plus explicite lorsque les flûtistes jouent avec toujours autant de précaution une mélodie en symbiose avec un célesta (2:25-2:45), l’association de ces instruments s’avérant particulièrement mielleuse et traduisant la part romanesque d’un personnage assez imparfait mais attachant.

On ne peut pas dire que The Adventures Of Han reflète le reste de la BO puisqu’un autre compositeur, en la personne de John Powell, amène une expression différente sur les pistes restantes. Mais une chose est évidente, avec son orchestration savamment agencée, ce thème principal nous montre toutes les nuances des péripéties d’Han, entre bravoure, actions et affections.

Didier Bianay

bianaydidier.com

Première Écoute : La BO de « Solo: A Star Wars Story »

(n°922)

Première Écoute

Pour le 2ème spin-off de la saga Star Wars, John Powell a magistralement réussi sa mission, malgré un contexte de travail qui aurait pu s’avérer inhibant.

L’héritage de John Williams

Que ce soit en écoutant la BO ou en lisant ses interviews, on perçoit que la vrai question existentielle de John Powell aurait pu être d’exister. Il y a d’abord eu ce nouveau thème d’Han Solo que Williams a composé et qui devait servir de socle au compositeur pour tout le reste. Finalement placé en début de bande-son cette magnifique contribution trahissait le passé trépidant d’Han et l’exigence musicale de la production… La barre était placée haut d’emblée mais Powell a avoué à billboard.com que cela ne l’a pas gêné de devoir marcher dans les pas de John Williams ; au contraire il a profité de son héritage à mesure que les aventures d’Han se faisaient de moins en moins personnelles et de plus connectées à la saga. En clair le thème de Star Wars revient de plus en plus souvent et de manière de plus en plus explicite, alors que le furtif air du Millenium Falcon est délicatement introduit sur Is This Seat Taken ou L3 And Millennium Falcon avant d’être greffé à d’autres thèmes sous forme de points d’orgues (Ex: Reminiscence Therapy, Into the Maw, Dice And Roll). On remarque aussi un rapprochement de Powell vers le style d’écriture de Williams, dans la même optique.

La richesse technique de Powell

Mais John Powell a aussi clairement affiché sa personnalité dans cette BO et ce dès la 2ème piste (Meet Han) par une écriture plus lourde, une orchestration plus exacerbée que le thème principal, et ces petites percussions qui reviendront inlassablement dans les moments les plus haletants rappelant son travail pour Dragons 2. Le britannique a aussi montré toute l’étendue de son génie sur Corelia Chase, Train Heist, Marauders Arrive où ses turbulences orchestrales impressionnent par ces cordes surexcitées et ces cuivres vivaces et ronflantes ; il en va de même pour Mine MissionBreak Out, Reminiscence Therapy, Into The Maw, bref, à chaque épreuve il a déployé l’artillerie lourde… On notera aussi la grande respiration que constitue le milieu de l’album. Le Smooth Jazz aliéné de Chiken In The Pot surprend après qu’on ait reconnu le lyrisme planant et lumineux du compositeur sur Flying With Chewie, où il expose par la même occasion le thème inédit de l’amitié entre Han et Chewbaka. La mélodie de la romance entre Han et Qi’ra est particulièrement mise en valeur dans le somptueux Lando’s Closet puis se ternit sur Good Thing You Were Listening et Testing Allegiance, quand les doutes sur Qi’ra s’épaississent. Malheureusement, le motif militarisé de L3 s’avère loin d’être autant discernable que celui d’Enfys Nest, particulièrement accrocheur lorsque des chœurs enfantins l’exaltent sur Marauders Arrive ou encore Savareen Stand Off.

Bien conseillé par un John Williams qu’il admire, John Powell a aussi bénéficié de beaucoup de temps pour élaborer sa partition, et ces plus de 70 minutes de très haut vol en sont le résultat logique. Technicité, créativité et audace auront donc été les maîtres-mots de celui dont le style a imprimé une nouvelle vision musicale autour de la saga. Une nécessité pour un spin-off.

Didier Bianay

bianaydidier.com

Dernières sorties BO (25/05/18)

Solo: A Star Wars StoryJohn Powell, John Williams (Thème)

Walt Disney Records (25 Mai 2018)

Mutafukaz – Guillaume Houzé, The Toxic Avenger Band

– 22d Music (23 Mai 2018)

BreathHarry Gregson-Williams

Filmtrax (25 Mai 2018)

Je Vais Mieux – Quentin Sirjacq

– Europacorp (25 Mai 2018)

Mary Shelley – Amelia Warner

Universal Music Classics/Decca Gold (25 Mai 2018)

Loro 1 & 2 – Lele Marchitelli (Album)

Indigo Film Srl (25 Mai 2018)

Legion (Saison 2) – Jeff Russo

Lakeshore Records (25 Mai 2018)

Cobra Kai – Zach Robinson et Leo Birenberg

La-La Land Records / Madison Gate Records (22 Mai 2018) – CD

The Gospel According To André – Ian Hultquist

Little Twig Records (25 Mai 2018) – Digital

Source : cinezik.org et underscores.fr

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