Chapeau !

(n°931)

Coup De Coeur

John Powell

J’aurais tellement de coups de cœur à partager sur cette bande-son de Solo: A Star Wars Story… Aujourd’hui petit focus sur Lando’s Closet avec lequel John Powell a soigneusement habillé la scène la plus romantique du film. Analyse:

Pardessus

Lorsqu’un compositeur a sous la main un orchestre symphonique, la romance fait tendre vers les cordes (violons, altos, violoncelles, contrebasses), question de langage musical et de convention ; ce n’est pas une obligation, mais ce groupe d’instruments est pratique tant il peut délivrer des timbres émotifs et peu agressifs même à fort volume. Ici Powell s’en est largement servi et les a appuyé des bois tels alors une flûte, une clarinette, un haubois etc., beaucoup moins puissants intrinsèquement mais pouvant également insuffler beaucoup de douceur. En vrai, pour tous les instruments précités tout dépend des jeux des instrumentistes et sur l’ensemble du morceau les attaques de notes sont toutes délicates, sans exception. Enfin on ne peut omettre de mentionner les timbres voilés des cordes, intimistes, sans éclats fracassants même lors de l’emballement lyrique final, et qui sentent bon les musiques des romances d’antan…

Les dessous

Quand bien même la composition est courte John Powell a jugé bon d’avoir une orchestration très travaillée pour sortir des clichés et pour varier les sonorités. Et les sonorités varient très vite justement, sans que l’on s’en rende vraiment compte, c’est ainsi que l’on change d’instrument ou de groupe d’instruments 12 fois rien que pour la mélodie, avec même une courte apparition d’un cor, cuivre peu utilisé dans ce type d’ambiance. La cerise sur le gâteau vient de la harpe et de son action quelque peu subliminale, car il faut tendre l’oreille pour constater que ses arpèges fluides rajoutent de l’élégance à la partition tout comme une impression de merveilleux. L’amour, une merveille d’émotion.

Lando’s Closet est une pièce à part dans la BO, déjà pour sa teinte très rétro. C’est aussi la seule fois où le thème de la romance entre Han et Qi’ra est autant magnifié. John Powell a ainsi saisi toute l’importance de l’instant et a particulièrement appuyé ce tête-à-tête par l’une des œuvres les plus sublimes de la bande-son.

Didier Bianay

bianaydidier.com

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Trépidhan

(n°925)

Coup De Coeur

John Williams

John Williams a capté l’essence de la vie d’Han par un magnifique thème, à la fois excitant et poétique. Analyse:

L’idée d’aventure…

Dès la première écoute une idée s’impose à l’oreille, celle que The Adventures Of Han porte bien son nom par son caractère haletant et empressé. En fait, lorsque l’on creuse on peine à trouver un quart de temps libre dans la partition de Williams. Les trous rythmiques laissés par des notes prolongées sont systématiquement bouchés par des accompagnements très rapides aux violoncelles ou aux violons, si ce ne sont des réponses variées par cordes, percus, bois ou trompettes. À l’inverse certaines phases n’ont pas besoin de soutien à ce niveau tant elles sont sacrément véloces (ex. 1:14-1:40), le compositeur se contentant souvent de marquer des temps forts pour donner du relief. Afin de rappeler, cette fois-ci, la destinée grandiose du héros, une part très épique se dégage au milieu du morceau (1:40-1:58) où trompettes, trombones et cors s’unissent pour entonner le refrain avec toute l’ampleur que peuvent générer ces puissants instruments lorsqu’ils s’associent. Quelques instants plus tard on retrouve ce même refrain (2:49-3:03) avec plus d’éclat et de vivacité, les trompettes rejouant exclusivement et plus promptement la mélodie ; c’est sans doute cette phase et l’intro qui présagent le plus clairement d’une intrigue agitée, Han ayant un don inné pour les plans à problèmes

… et de poésie

En Musique de Film c’est le détail mineur qui fait la différence, la petite touche qui va ajuster une compo à une ambiance ou à un personnage. Ici on remarque le choix de Williams d’accorder une place non négligeable aux bois, exercice jamais facile puisque ce groupe d’intruments peu intense peine toujours dans une partition frénétique. Ainsi, rapidement le compositeur les couple aux cors (0:15-0:24 et 0:38-0:57) sans que ces derniers, suffisamment puissants en aient nécessairement besoin (0:25-0:38), l’idée étant d’adoucir pour esquisser une certaine sensibilité. La suggestion est encore rappelée dans le final où ces bois (2:45-2:49 et 3:08-3:12) jouent un motif dérivé avec délicatesse. Enfin, on retrouve la même intention de manière bien plus explicite lorsque les flûtistes jouent avec toujours autant de précaution une mélodie en symbiose avec un célesta (2:25-2:45), l’association de ces instruments s’avérant particulièrement mielleuse et traduisant la part romanesque d’un personnage assez imparfait mais attachant.

On ne peut pas dire que The Adventures Of Han reflète le reste de la BO puisqu’un autre compositeur, en la personne de John Powell, amène une expression différente sur les pistes restantes. Mais une chose est évidente, avec son orchestration savamment agencée, ce thème principal nous montre toutes les nuances des péripéties d’Han, entre bravoure, actions et affections.

Didier Bianay

bianaydidier.com

Première Écoute : La BO de « Solo: A Star Wars Story »

(n°922)

Première Écoute

Pour le 2ème spin-off de la saga Star Wars, John Powell a magistralement réussi sa mission, malgré un contexte de travail qui aurait pu s’avérer inhibant.

L’héritage de John Williams

Que ce soit en écoutant la BO ou en lisant ses interviews, on perçoit que la vrai question existentielle de John Powell aurait pu être d’exister. Il y a d’abord eu ce nouveau thème d’Han Solo que Williams a composé et qui devait servir de socle au compositeur pour tout le reste. Finalement placé en début de bande-son cette magnifique contribution trahissait le passé trépidant d’Han et l’exigence musicale de la production… La barre était placée haut d’emblée mais Powell a avoué à billboard.com que cela ne l’a pas gêné de devoir marcher dans les pas de John Williams ; au contraire il a profité de son héritage à mesure que les aventures d’Han se faisaient de moins en moins personnelles et de plus connectées à la saga. En clair le thème de Star Wars revient de plus en plus souvent et de manière de plus en plus explicite, alors que le furtif air du Millenium Falcon est délicatement introduit sur Is This Seat Taken ou L3 And Millennium Falcon avant d’être greffé à d’autres thèmes sous forme de points d’orgues (Ex: Reminiscence Therapy, Into the Maw, Dice And Roll). On remarque aussi un rapprochement de Powell vers le style d’écriture de Williams, dans la même optique.

La richesse technique de Powell

Mais John Powell a aussi clairement affiché sa personnalité dans cette BO et ce dès la 2ème piste (Meet Han) par une écriture plus lourde, une orchestration plus exacerbée que le thème principal, et ces petites percussions qui reviendront inlassablement dans les moments les plus haletants rappelant son travail pour Dragons 2. Le britannique a aussi montré toute l’étendue de son génie sur Corelia Chase, Train Heist, Marauders Arrive où ses turbulences orchestrales impressionnent par ces cordes surexcitées et ces cuivres vivaces et ronflantes ; il en va de même pour Mine MissionBreak Out, Reminiscence Therapy, Into The Maw, bref, à chaque épreuve il a déployé l’artillerie lourde… On notera aussi la grande respiration que constitue le milieu de l’album. Le Smooth Jazz aliéné de Chiken In The Pot surprend après qu’on ait reconnu le lyrisme planant et lumineux du compositeur sur Flying With Chewie, où il expose par la même occasion le thème inédit de l’amitié entre Han et Chewbaka. La mélodie de la romance entre Han et Qi’ra est particulièrement mise en valeur dans le somptueux Lando’s Closet puis se ternit sur Good Thing You Were Listening et Testing Allegiance, quand les doutes sur Qi’ra s’épaississent. Malheureusement, le motif militarisé de L3 s’avère loin d’être autant discernable que celui d’Enfys Nest, particulièrement accrocheur lorsque des chœurs enfantins l’exaltent sur Marauders Arrive ou encore Savareen Stand Off.

Bien conseillé par un John Williams qu’il admire, John Powell a aussi bénéficié de beaucoup de temps pour élaborer sa partition, et ces plus de 70 minutes de très haut vol en sont le résultat logique. Technicité, créativité et audace auront donc été les maîtres-mots de celui dont le style a imprimé une nouvelle vision musicale autour de la saga. Une nécessité pour un spin-off.

Didier Bianay

bianaydidier.com

John Powell de retour pour de bon ?

(n°779)

Dossiers

John Powell

Une belle surprise, voilà ce que nous avaient offert Lucasfilm et Walt Disney Pictures en annonçant que John Powell serait derrière la musique du prochain spin-off de Star Wars consacré à Han Solo. Prévu pour sortir le 25 mai 2018 le film retracera le parcours d’Han Solo et de Chewbacca avant leur jonction à la rébellion, sans oublier leur rencontre avec Lando Calrissian. Le vétéran Ron Howard – grande figure d’Hollywood à qui on doit Da Vinci Code, Un Homme D’exception, Frost/Nixon, Apollo 13 – est derrière la caméra pour diriger les acteurs Alden Ehrenreich, Woody Harrelson, Emilia Clarke, Donald Glover, Thandie Newton, Phoebe Waller-Bridge et Joonas Suotamo.

Mais cette attribution est-elle vraiment une surprise ? Oui et non. Il est vrai que personne n’a vu arriver Powell avec tout la médiatisation autour de Michael Giacchino et d’Alexandre Desplat, 2 compositeurs ayant un style d’écriture se rapprochant de John Williams et pressentis pour le succéder, le plus tard possible serait le mieux évidemment. Mais dans un autre sens c’est une consécration méritée pour un John Powell dont le travail est très respecté tant parmi ses pairs et la Critique que parmi les aficionados de la Musique de Film ; on se rappelle encore les bandes-son d’Happy Feet, de Volte/Face de Dragons 1 et 2 sans oublier La Mort dans la Peau.

On pensait Powell revenu aux affaires à l’automne 2015 avec la BO de Pan, mais depuis sa partition pour Dragons 2 (2014), le compositeur a été globalement moins dévoué au Cinéma préférant écrire ses oeuvres de concert Requiem Addendum, A Prussian Requiem et The Prize Is Still Mine. Le britannique a expliqué davantage ses choix de carrière dans un interview récent pour denofgeek.com où il avoue avoir suffisament de liberté financière pour s’écarter de la violence exacerbée, ou de la noirceur des partitions d’Horreur, favorisant plutôt les projets plus subtils, plus positifs, ou même empreint d’une certaine joyeuseté. Ce n’est donc pas un hasard s’il nous reviendra plus souvent aux oreilles avec Ferdinand, Pigeon Impossible et bien sûr Dragons 3, soit 3 films d’animation qui lui laisseront aussi pas mal de champ libre musicalement.

Didier Bianay 

bianaydidier.com

Impérial

(n°698)

Musiques de Films Légendaires

John+Williams

John Williams

Il fallait y être le 29 avril 1980 au Symphony Hall de Boston pour entendre pour la toute première fois la Marche Impériale, 3 semaines avant la sortie de l’épisode 5 de Star Wars. Composée par John Williams et interprétée ce soir-la par le prestigieux Boston Pops Orchestra, elle est devenue une œuvre mythique au panthéon de la Musique de Film. C’est l’une de ses œuvres qui a rapporté à Williams le plus de reconnaissance et le plus de… droits d’auteur tant elle est rentrée dans la culture populaire et a été reprise d’innombrables fois par des artistes mais surtout par des franchises sportives nord-américaines au début des matches.

Mais en ce qui concerne son utilisation dans la saga, elle s’est faite à reculons forcément puisque le personnage est au cœur de la première trilogie 4, 5, 6 avant l’arrivée des préquels. Et toute la difficulté pour John Williams est venue à la préparation de l’épisode 1 lorsqu’il s’agissait donc de réaliser le thème du jeune et innocent Anakin Skywalker sans se départir du sinistre thème qui illustre son avenir. Il avait alors proposé un antécédent (vidéo ci-dessous) comportant une mélodie un brin instable mais lumineuse ponctuée par une insistance de plus en plus pressante de 4 notes bien explicites, avant que le tout ne meure sur le souffle très discret de qui vous savez… Ultérieurement, pour les épisodes 2 et 3, le compositeur a rendu le thème de plus en plus évident au fur et à mesure qu’Anakin s’assombrissait. Utilisé à plusieurs reprises dans le récent spin-off Rogue One, il a été très peu entendu dans le 7 qui est de loin postérieur à la mort du funeste empereur et a peu de chance d’être à nouveau entendu dans les épisodes 8 et 9 ; mais son empreinte incisive et sombre encore nous hantera…

Didier Bianay

bianaydidier.com

Giacchino sur le prochain Jurassic World

(n°692)

News

michael giacchino 2

Michael Giacchino

Michael Giacchino a confirmé dans une récente interview accordée au Hollywood Reporter qu’il composera pour la suite de Jurassic World. Ce prochain opus qui n’a pas encore de titre officiel sera réalisé par J.A. Bayona et comportera évidemment dans son casting Chris Pratt, mais aussi Bryce Dallas Howard, Rafe Spall, Toby Jones ou encore Justice Smith. Il aura bien le temps de se consacrer à cette suite, puisque la sortie est prévue pour l’été 2018.

Comme l’année passée, 2016 a été excitante pour Michael Giacchino avec le film d’animation Zootopie, Star Trek: Sans Limites, Doctor Strange et le remplacement d’Alexandre Desplat sur le dernier spin-off de la saga Star Wars, Rogue One, remplacement idéal car c’est le compositeur qui se rapproche le plus de John Williams, bien qu’il ait un style plus gras. Concernant justement la musique de ce spin-off il a déclaré à time.com son optique : C’est une histoire complètement inédite avec des personnages que l’on avait encore jamais rencontrés. Ils nécessitaient leur propres voix donc il était important que les nouveaux aspects du film et de l’histoire soient traités avec respect, et la même intensité que par le passé » après avoir affirmé « je voulais étendre ce monde ». Le compositeur oscarisé en 2010 (pour la BO de Là-Haut) n’a pas manqué donc de rendre un hommage à la musique de Williams apposant quelques arrangements typiques des partitions de Star Wars, comme ses mitraillements de cuivres, et en utilisant le Rebel Fanfare, les célèbres thèmes de la Force, de Dark Vador et à la toute fin celui de Star Wars. Toutefois, il a procédé de manière intelligente, se connectant au travail de Williams seulement sur des parties de l’intrigue qui rejoignent le plus celle de la saga, pour le reste c’est du Giacchino, du bon Giacchino.

En 2017 il continuera sur sa folle lancée et on l’entendra encore dans des blockbusters événements tels War for the Planet of the Apes et Spider-Man: Homecoming, profitant d’un énième reboot de l’homme araignée. Enfin le principal pour lui sera de ne pas planter…

Didier Bianay

bianaydidier.com

Desplat pour la première fois avec Besson

(n°641)

News

Alexandre Desplat

Alexandre Desplat

Alexandre Desplat sera sur le prochain film de science-fiction de Luc Besson, Valérian et la Cité des Mille Planètes, une adaptation de la BD  Valérian et Laureline de Pierre Christin. L’histoire se situe au 28ème siècle, à une époque où les hommes peuvent voyager dans le temps, et suit 2 agents chargés de surveiller les paradoxes temporels. Autre paradoxe c’est que c’est la première fois que ces 2 monstres du Cinéma français collaborent après tant d’années, comme on dit il y a un début à tout. Il faudra bien attendre jusqu’à juillet 2017 pour voir le résultat de leur collaboration sur un film qui comptera dans ces rangs Dane DeHaan, Cara Delevingne, Clive Owen, Sam Spruell, Rihanna, Ethan Hawke, Herbie Hancock et John Goodman.

Il y a pas bien longtemps, dans cette même galaxie je parlais d’Alexandre Desplat et disait que l’année 2016 allait être bien remplie pour lui. Et force est de constater que le français enchaîne à vitesse supraluminique. Après Seul Dans Berlin, Florence Foster Jenkins, Les Habitants, Marseille, Comme Des Bêtes, L’odyssée il est revenu dans l’actu BO avec Une Vie Entre Deux Océans. Lyrique, tendre, dramatique, quasiment symphonique et assez agréable à écouter la dernière mouture du compositeur s’avère dans le droit fil de son style, ses fans ont apprécié. Par contre ce qui a sans doute moins ravi ces derniers ce fut son départ assez médiatisé du spin-off de Star WarsRogue One, au profit de Michael Giacchino, pour certains un simple problème temporel, pour d’autres un désaccord artistique obscur ; seul lui le sait, et son entourage aussi mais il n’a dit mot.

Mais bon, bien que ce soit une bonne source de regrets ce n’est point un drame car cela fait évidemment partie de la vie de compositeur et Desplat n’a pas le temps de gamberger tant il est occupé ; car en parallèle du projet de Luc Besson il doit aussi composer pour Espèces Menacées. Le parisien vient aussi d’être inclus dans 2 autres projets en développement, D’après Une Histoire Vraie et un film dont le nom n’a pas encore été révélé signé de Wes Anderson, le réalisateur qui avait bien inspiré Desplat avec son Grand Budapest Hotel. À priori il ne devrait pas y avoir d’annulation.

Didier Bianay

bianaydidier.com

Le générique Star

Musiques De Films Légendaires

 

John Williams

John Williams

Inoubliable ! Avec une première partie facile à mémoriser et assez explosive, la musique thème du film Star Wars a sa place au Panthéon du 7ème Art, tout comme la B.O. oscarisée dont elle est extraite. Composée par John Williams pour l’épisode IV de Star Wars, en 1977, elle est même audible au début et à la fin de chaque film de la saga.

La naissance de cette musique thème se réfère aussi à la seconde jeunesse du Fox Fanfare, voulue par George Lucas… Quel est le rapport me direz-vous ?… Et bien c’est que le sens aigu du détail présent chez John Williams le poussera même à composer le générique de Star Wars dans la même tonalité (Sib mineur) que le Fox Fanfare, dans le but que la fin de ce dernier semble aller de paire avec le début du générique de Star Wars. C’est aussi à ce moment qu’a lieu un déploiement orchestral (jusqu’à 0:07) qui crée une tension judicieuse, comme une préparation parfaite pour une phase mythique, mélodique et très entêtante (de 0:07 à 1:10) qui a marquée plusieurs générations de cinéphiles. La suite est plus contrastée avec des petits motifs aux ambiances très différentes, tantôt calmes, tantôt plus ou moins percutantes, avant une conclusion qui procure le pressentiment qu’à une aventure grandiose on assistera.

Didier Bianay

 

La Bio : John Williams

John Williams

John Williams

Biographies De Compositeurs De Musiques De Films

Né le 8 février 1932 à New York, John Williams est un compositeur, chef d’orchestre et pianiste. Avec un palmarès impressionnant et une longue liste de musiques de films ayant fait le tour du monde, on peu dire qu’il fait partie des légendes du Cinéma. Parmi ses œuvres les plus connues figurent celles pour Les dents de la mer, les sagas Star Wars et Indiana Jones, Superman, E.T. l’extra-terrestre, la saga Jurassic Park et les trois premiers volets de la série Harry Potter. Rien que ça…

Un talent précoce

John Williams commence à apprendre le piano à l’âge de 7 ans, le trombone, le tuba et la trompette. À 15 ans il mène un groupe de Jazz et à 19 ans crée une première sonate pour piano. Il poursuit ses études de piano à l’UCLA puis au Los Angeles City College. Il étudie l’orchestration avec Robert van Eps, Mario Castelnuovo-Tedesco, puis Rosina Lhevinne à Julliard School (New York). C’est cette dernière qui l’encourage à davantage se consacrer à l’écriture plutôt que de se contenter de vivre sur ces cachets de pianiste. Il revient donc à Los Angeles dans l’optique de commencer à composer pour l’image.

Des débuts professionnels prometteurs

C’est à la fin des années 50 qu’il commence à composer pour des séries ou des films. À 24 ans il est embauché à la Columbia en tant qu’arrangeur avant de travailler pour la Twentieth Century Fox. C’est là qu’il rencontre d’autres grands compositeurs comme Alfred Newman, Lionel Newman ou Franz Waxman. Son premier projet d’envergure est son travail de composition sur Comment voler un million de dollars (1966). C’est aussi le point de départ pour des projets inoubliables. À cette époque il commence à obtenir des récompenses de prestige comme les 2 Emmys qu’il décroche pour avoir accompagné Heidi (1968) et Jane Eyre (1970). Niveau Oscar il lui faut attendre jusqu’à 1971 (Un violon sur le toit) pour brandir la statuette d’or, soit à 39 ans.

2 rencontres déterminantes

Une première rencontre va être déterminante pour John Williams, c’est celle avec le réalisateur Steven Spielberg. Ce dernier fait appel à ces sercices pour son premier film, le Thriller Sugarland Express (1974). Mais c’est la seconde collaboration entre les 2 hommes qui marquera le Cinéma et leurs carrières respectives : Les dents de la mer (1975). Le travail sur la bande originale de ce film vaut à John Williams un 2ème Oscar. Cependant les deux ne s’arrêtent pas là, puisque par la suite, ils collaborent sur d’énormes succès cinématographiques : Rencontres du troisième type (1977), Les Aventuriers de l’arche perdue (1981), E.T. l’extra-terrestre (1982), Indiana Jones et la Dernière Croisade (1989) ;  Jurassic Park (1993) et Le Monde perdu : Jurassic Park (1997). D’autres œuvres du duo Spielberg-Willliams ont connu un peu moins de succès mais restent tout de même des classiques : Il faut sauver le soldat Ryan (1998), A.I. Intelligence artificielle (2001), Minority Report (2002) et Arrête-moi si tu peux (2002). Toutefois, il collabore avec d’autres compositeurs pour la BO de La liste de Schindler (1993). Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal (2008), Les Aventures de Tintin : Le Secret de La Licorne (2011), Cheval de guerre (2011) sont les dernières collaborations entre les 2 hommes. L’autre rencontre avec Georges Lucas va être porteuse de grands succès cinématographiques et musicaux avec Star Wars (1977), Superman (1978) ;L’Empire contre-attaque (1980), Le Retour du Jedi (1983), la Menace fantôme (1999), L’Attaque des clones, (2002), La Revanche des Sith, (2005).

Une passion récompensée

4 Golden Globes, 6 Saturn Awards, 4 Oscars pour la meilleure musique de film et 1 Oscar pour la meilleure partition de chansons et adaptation musicale garnissent l’armoire de trophées de John Williams. Mais mis à part les trophées, il est aussi récompensé par le respect et la reconnaissance des professionnels du Cinéma, reconnaissance symbolisée par ces 49 nominations aux Oscars en 55 ans de carrière cinématographique ! Toutefois, John Williams ce n’est pas qu’un compositeur de musiques de films. A l’instar de Ennio Morricone, c’est aussi un compositeur de musiques classiques. C’est d’ailleurs surtout dans les années 60 qu’il a beaucoup composé dans ce style qu’il n’a jamais délaissé malgré ces innombrables bandes originales qu’il a du réaliser pour le Cinéma. Véritable passionné de musique et bête de travail, il avouait récemment au journal l’Express n’avoir toujours pas cesser de travailler malgré ses 81 ans. Il composera d’ailleurs la BO de Star Wars VII, dont la sortie est prévue pour 2015.

Ainsi, par son talent et sa carrière exceptionnels, John Williams est un ténor d’Hollywood; un homme né pour la musique et qui a réussi à se faire un nom… parmi tant de John Williams…

Didier Bianay