John Powell de retour pour de bon ?

(n°779)

Dossiers

John Powell

Une belle surprise, voilà ce que nous avaient offert Lucasfilm et Walt Disney Pictures en annonçant que John Powell serait derrière la musique du prochain spin-off de Star Wars consacré à Han Solo. Prévu pour sortir le 25 mai 2018 le film retracera le parcours d’Han Solo et de Chewbacca avant leur jonction à la rébellion, sans oublier leur rencontre avec Lando Calrissian. Le vétéran Ron Howard – grande figure d’Hollywood à qui on doit Da Vinci Code, Un Homme D’exception, Frost/Nixon, Apollo 13 – est derrière la caméra pour diriger les acteurs Alden Ehrenreich, Woody Harrelson, Emilia Clarke, Donald Glover, Thandie Newton, Phoebe Waller-Bridge et Joonas Suotamo.

Mais cette attribution est-elle vraiment une surprise ? Oui et non. Il est vrai que personne n’a vu arriver Powell avec tout la médiatisation autour de Michael Giacchino et d’Alexandre Desplat, 2 compositeurs ayant un style d’écriture se rapprochant de John Williams et pressentis pour le succéder, le plus tard possible serait le mieux évidemment. Mais dans un autre sens c’est une consécration méritée pour un John Powell dont le travail est très respecté tant parmi ses pairs et la Critique que parmi les aficionados de la Musique de Film ; on se rappelle encore les bandes-son d’Happy Feet, de Volte/Face de Dragons 1 et 2 sans oublier La Mort dans la Peau.

On pensait Powell revenu aux affaires à l’automne 2015 avec la BO de Pan, mais depuis sa partition pour Dragons 2 (2014), le compositeur a été globalement moins dévoué au Cinéma préférant écrire ses oeuvres de concert Requiem Addendum, A Prussian Requiem et The Prize Is Still Mine. Le britannique a expliqué davantage ses choix de carrière dans un interview récent pour denofgeek.com où il avoue avoir suffisament de liberté financière pour s’écarter de la violence exacerbée, ou de la noirceur des partitions d’Horreur, favorisant plutôt les projets plus subtils, plus positifs, ou même empreint d’une certaine joyeuseté. Ce n’est donc pas un hasard s’il nous reviendra plus souvent aux oreilles avec Ferdinand, Pigeon Impossible et bien sûr Dragons 3, soit 3 films d’animation qui lui laisseront aussi pas mal de champ libre musicalement.

Didier Bianay 

bianaydidier.com

Impérial

(n°698)

Musiques de Films Légendaires

John+Williams

John Williams

Il fallait y être le 29 avril 1980 au Symphony Hall de Boston pour entendre pour la toute première fois la Marche Impériale, 3 semaines avant la sortie de l’épisode 5 de Star Wars. Composée par John Williams et interprétée ce soir-la par le prestigieux Boston Pops Orchestra, elle est devenue une œuvre mythique au panthéon de la Musique de Film. C’est l’une de ses œuvres qui a rapporté à Williams le plus de reconnaissance et le plus de… droits d’auteur tant elle est rentrée dans la culture populaire et a été reprise d’innombrables fois par des artistes mais surtout par des franchises sportives nord-américaines au début des matches.

Mais en ce qui concerne son utilisation dans la saga, elle s’est faite à reculons forcément puisque le personnage est au cœur de la première trilogie 4, 5, 6 avant l’arrivée des préquels. Et toute la difficulté pour John Williams est venue à la préparation de l’épisode 1 lorsqu’il s’agissait donc de réaliser le thème du jeune et innocent Anakin Skywalker sans se départir du sinistre thème qui illustre son avenir. Il avait alors proposé un antécédent (vidéo ci-dessous) comportant une mélodie un brin instable mais lumineuse ponctuée par une insistance de plus en plus pressante de 4 notes bien explicites, avant que le tout ne meure sur le souffle très discret de qui vous savez… Ultérieurement, pour les épisodes 2 et 3, le compositeur a rendu le thème de plus en plus évident au fur et à mesure qu’Anakin s’assombrissait. Utilisé à plusieurs reprises dans le récent spin-off Rogue One, il a été très peu entendu dans le 7 qui est de loin postérieur à la mort du funeste empereur et a peu de chance d’être à nouveau entendu dans les épisodes 8 et 9 ; mais son empreinte incisive et sombre encore nous hantera…

Didier Bianay

bianaydidier.com

Giacchino sur le prochain Jurassic World

(n°692)

News

michael giacchino 2

Michael Giacchino

Michael Giacchino a confirmé dans une récente interview accordée au Hollywood Reporter qu’il composera pour la suite de Jurassic World. Ce prochain opus qui n’a pas encore de titre officiel sera réalisé par J.A. Bayona et comportera évidemment dans son casting Chris Pratt, mais aussi Bryce Dallas Howard, Rafe Spall, Toby Jones ou encore Justice Smith. Il aura bien le temps de se consacrer à cette suite, puisque la sortie est prévue pour l’été 2018.

Comme l’année passée, 2016 a été excitante pour Michael Giacchino avec le film d’animation Zootopie, Star Trek: Sans Limites, Doctor Strange et le remplacement d’Alexandre Desplat sur le dernier spin-off de la saga Star Wars, Rogue One, remplacement idéal car c’est le compositeur qui se rapproche le plus de John Williams, bien qu’il ait un style plus gras. Concernant justement la musique de ce spin-off il a déclaré à time.com son optique : C’est une histoire complètement inédite avec des personnages que l’on avait encore jamais rencontrés. Ils nécessitaient leur propres voix donc il était important que les nouveaux aspects du film et de l’histoire soient traités avec respect, et la même intensité que par le passé » après avoir affirmé « je voulais étendre ce monde ». Le compositeur oscarisé en 2010 (pour la BO de Là-Haut) n’a pas manqué donc de rendre un hommage à la musique de Williams apposant quelques arrangements typiques des partitions de Star Wars, comme ses mitraillements de cuivres, et en utilisant le Rebel Fanfare, les célèbres thèmes de la Force, de Dark Vador et à la toute fin celui de Star Wars. Toutefois, il a procédé de manière intelligente, se connectant au travail de Williams seulement sur des parties de l’intrigue qui rejoignent le plus celle de la saga, pour le reste c’est du Giacchino, du bon Giacchino.

En 2017 il continuera sur sa folle lancée et on l’entendra encore dans des blockbusters événements tels War for the Planet of the Apes et Spider-Man: Homecoming, profitant d’un énième reboot de l’homme araignée. Enfin le principal pour lui sera de ne pas planter…

Didier Bianay

bianaydidier.com

Desplat pour la première fois avec Besson

(n°641)

News

Alexandre Desplat

Alexandre Desplat

Alexandre Desplat sera sur le prochain film de science-fiction de Luc Besson, Valérian et la Cité des Mille Planètes, une adaptation de la BD  Valérian et Laureline de Pierre Christin. L’histoire se situe au 28ème siècle, à une époque où les hommes peuvent voyager dans le temps, et suit 2 agents chargés de surveiller les paradoxes temporels. Autre paradoxe c’est que c’est la première fois que ces 2 monstres du Cinéma français collaborent après tant d’années, comme on dit il y a un début à tout. Il faudra bien attendre jusqu’à juillet 2017 pour voir le résultat de leur collaboration sur un film qui comptera dans ces rangs Dane DeHaan, Cara Delevingne, Clive Owen, Sam Spruell, Rihanna, Ethan Hawke, Herbie Hancock et John Goodman.

Il y a pas bien longtemps, dans cette même galaxie je parlais d’Alexandre Desplat et disait que l’année 2016 allait être bien remplie pour lui. Et force est de constater que le français enchaîne à vitesse supraluminique. Après Seul Dans Berlin, Florence Foster Jenkins, Les Habitants, Marseille, Comme Des Bêtes, L’odyssée il est revenu dans l’actu BO avec Une Vie Entre Deux Océans. Lyrique, tendre, dramatique, quasiment symphonique et assez agréable à écouter la dernière mouture du compositeur s’avère dans le droit fil de son style, ses fans ont apprécié. Par contre ce qui a sans doute moins ravi ces derniers ce fut son départ assez médiatisé du spin-off de Star WarsRogue One, au profit de Michael Giacchino, pour certains un simple problème temporel, pour d’autres un désaccord artistique obscur ; seul lui le sait, et son entourage aussi mais il n’a dit mot.

Mais bon, bien que ce soit une bonne source de regrets ce n’est point un drame car cela fait évidemment partie de la vie de compositeur et Desplat n’a pas le temps de gamberger tant il est occupé ; car en parallèle du projet de Luc Besson il doit aussi composer pour Espèces Menacées. Le parisien vient aussi d’être inclus dans 2 autres projets en développement, D’après Une Histoire Vraie et un film dont le nom n’a pas encore été révélé signé de Wes Anderson, le réalisateur qui avait bien inspiré Desplat avec son Grand Budapest Hotel. À priori il ne devrait pas y avoir d’annulation.

Didier Bianay

bianaydidier.com

Le générique Star

Musiques De Films Légendaires

 

John Williams

John Williams

Inoubliable ! Avec une première partie facile à mémoriser et assez explosive, la musique thème du film Star Wars a sa place au Panthéon du 7ème Art, tout comme la B.O. oscarisée dont elle est extraite. Composée par John Williams pour l’épisode IV de Star Wars, en 1977, elle est même audible au début et à la fin de chaque film de la saga.

La naissance de cette musique thème se réfère aussi à la seconde jeunesse du Fox Fanfare, voulue par George Lucas… Quel est le rapport me direz-vous ?… Et bien c’est que le sens aigu du détail présent chez John Williams le poussera même à composer le générique de Star Wars dans la même tonalité (Sib mineur) que le Fox Fanfare, dans le but que la fin de ce dernier semble aller de paire avec le début du générique de Star Wars. C’est aussi à ce moment qu’a lieu un déploiement orchestral (jusqu’à 0:07) qui crée une tension judicieuse, comme une préparation parfaite pour une phase mythique, mélodique et très entêtante (de 0:07 à 1:10) qui a marquée plusieurs générations de cinéphiles. La suite est plus contrastée avec des petits motifs aux ambiances très différentes, tantôt calmes, tantôt plus ou moins percutantes, avant une conclusion qui procure le pressentiment qu’à une aventure grandiose on assistera.

Didier Bianay

 

La Bio : John Williams

John Williams

John Williams

Biographies De Compositeurs De Musiques De Films

Né le 8 février 1932 à New York, John Williams est un compositeur, chef d’orchestre et pianiste. Avec un palmarès impressionnant et une longue liste de musiques de films ayant fait le tour du monde, on peu dire qu’il fait partie des légendes du Cinéma. Parmi ses œuvres les plus connues figurent celles pour Les dents de la mer, les sagas Star Wars et Indiana Jones, Superman, E.T. l’extra-terrestre, la saga Jurassic Park et les trois premiers volets de la série Harry Potter. Rien que ça…

Un talent précoce

John Williams commence à apprendre le piano à l’âge de 7 ans, le trombone, le tuba et la trompette. À 15 ans il mène un groupe de Jazz et à 19 ans crée une première sonate pour piano. Il poursuit ses études de piano à l’UCLA puis au Los Angeles City College. Il étudie l’orchestration avec Robert van Eps, Mario Castelnuovo-Tedesco, puis Rosina Lhevinne à Julliard School (New York). C’est cette dernière qui l’encourage à davantage se consacrer à l’écriture plutôt que de se contenter de vivre sur ces cachets de pianiste. Il revient donc à Los Angeles dans l’optique de commencer à composer pour l’image.

Des débuts professionnels prometteurs

C’est à la fin des années 50 qu’il commence à composer pour des séries ou des films. À 24 ans il est embauché à la Columbia en tant qu’arrangeur avant de travailler pour la Twentieth Century Fox. C’est là qu’il rencontre d’autres grands compositeurs comme Alfred Newman, Lionel Newman ou Franz Waxman. Son premier projet d’envergure est son travail de composition sur Comment voler un million de dollars (1966). C’est aussi le point de départ pour des projets inoubliables. À cette époque il commence à obtenir des récompenses de prestige comme les 2 Emmys qu’il décroche pour avoir accompagné Heidi (1968) et Jane Eyre (1970). Niveau Oscar il lui faut attendre jusqu’à 1971 (Un violon sur le toit) pour brandir la statuette d’or, soit à 39 ans.

2 rencontres déterminantes

Une première rencontre va être déterminante pour John Williams, c’est celle avec le réalisateur Steven Spielberg. Ce dernier fait appel à ces sercices pour son premier film, le Thriller Sugarland Express (1974). Mais c’est la seconde collaboration entre les 2 hommes qui marquera le Cinéma et leurs carrières respectives : Les dents de la mer (1975). Le travail sur la bande originale de ce film vaut à John Williams un 2ème Oscar. Cependant les deux ne s’arrêtent pas là, puisque par la suite, ils collaborent sur d’énormes succès cinématographiques : Rencontres du troisième type (1977), Les Aventuriers de l’arche perdue (1981), E.T. l’extra-terrestre (1982), Indiana Jones et la Dernière Croisade (1989) ;  Jurassic Park (1993) et Le Monde perdu : Jurassic Park (1997). D’autres œuvres du duo Spielberg-Willliams ont connu un peu moins de succès mais restent tout de même des classiques : Il faut sauver le soldat Ryan (1998), A.I. Intelligence artificielle (2001), Minority Report (2002) et Arrête-moi si tu peux (2002). Toutefois, il collabore avec d’autres compositeurs pour la BO de La liste de Schindler (1993). Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal (2008), Les Aventures de Tintin : Le Secret de La Licorne (2011), Cheval de guerre (2011) sont les dernières collaborations entre les 2 hommes. L’autre rencontre avec Georges Lucas va être porteuse de grands succès cinématographiques et musicaux avec Star Wars (1977), Superman (1978) ;L’Empire contre-attaque (1980), Le Retour du Jedi (1983), la Menace fantôme (1999), L’Attaque des clones, (2002), La Revanche des Sith, (2005).

Une passion récompensée

4 Golden Globes, 6 Saturn Awards, 4 Oscars pour la meilleure musique de film et 1 Oscar pour la meilleure partition de chansons et adaptation musicale garnissent l’armoire de trophées de John Williams. Mais mis à part les trophées, il est aussi récompensé par le respect et la reconnaissance des professionnels du Cinéma, reconnaissance symbolisée par ces 49 nominations aux Oscars en 55 ans de carrière cinématographique ! Toutefois, John Williams ce n’est pas qu’un compositeur de musiques de films. A l’instar de Ennio Morricone, c’est aussi un compositeur de musiques classiques. C’est d’ailleurs surtout dans les années 60 qu’il a beaucoup composé dans ce style qu’il n’a jamais délaissé malgré ces innombrables bandes originales qu’il a du réaliser pour le Cinéma. Véritable passionné de musique et bête de travail, il avouait récemment au journal l’Express n’avoir toujours pas cesser de travailler malgré ses 81 ans. Il composera d’ailleurs la BO de Star Wars VII, dont la sortie est prévue pour 2015.

Ainsi, par son talent et sa carrière exceptionnels, John Williams est un ténor d’Hollywood; un homme né pour la musique et qui a réussi à se faire un nom… parmi tant de John Williams…

Didier Bianay