Orpheli… nah !

(n°1174)

Coup de Coeur

Pour expliquer sa démarche musicale, le compositeur Takahiro Obata nous a gratifié de ses commentaires sur chaque morceau des 3 volumes de l’excellente BO de The Promised Neverland. Et qui mieux que lui pouvait en parler, surtout de cette emballante compo qui est intitulée The Promised Neverland Theme 1 et qui donne le rythme de l’intrigue.

La vision du compositeur et mes commentaires :

« Cette musique englobe l’atmosphère du monde décrite dans The Promised Neverland ! Si je devais nommer les thèmes qui ont été utilisés (et leurs timing) cela irait comme suit :

  • L’image de l’introduction de Neverland, intro #1 (31 premières secondes) »

L’entame est très ressemblante au début du morceau Introduction (vol.1) qui dépeint le contexte avant que les orphelins ne découvrent le terrible secret qui les poussera à fuir. Les notes de synthé et piano sont aigües, lumineuses. L’interprétation fluide et lente du pianiste ainsi que les légères touches de windchimes confèrent une atmosphère paisible et reposante.

  • « L’introduction où intervient le rythme du monde de l’animation (0:31 – 1:08) »

C’est à ce moment que le morceau laisse entrevoir progressivement son rythme et son caractère aventureux et intense. Tous les instruments qui seront mis en valeur plus tard y jouent en simultanée, tels le piano, les cordes, la guitare, la voix féminine, le tout porté par la basse et les premiers sursauts et déchaînement de batterie, cela avant que la « mélodie A » (1:08 – 1:42) ne soit calmement et simplement formulée, afin d’être bien identifiable.

  • « L’image de se faire battre et de se relever chaque jour (1:43 – 2:18) – Mélodie B »

Cette « mélodie B » est divisible en 2 phases mélodiques. Sur une partition on observerait aisément que le « dessin » que font les notes n’est pas le même. En effet la première phase (1:43 – 1:59) est composée de motifs mélodiques autant montants que descendants. L’ensemble de cette phase 1 est joué de manière fébrile aux violons et reste cloué dans les bas-médiums à tel point que la note finale est à peine plus haute que la première. Se dégage alors le sentiment d’être à la peine, de tourner en rond. En revanche la deuxième phase mélodique, dans son ensemble, est beaucoup plus montante (1:59 – 2:18). Les cordes et un cor anglais s’envolent vers les aigus et sont renforcés progressivement par des bois, symbolisant cette relève, ce gain en positivité et en vigueur.

  • « L’image des enfants qui se dressent contre la société des démons, la partie culminante (2:19 – 2:54) »

C’est effectivement une partie culminante en terme d’intensité. La batteur bat le rythme avec beaucoup de frénésie, multipliant les coups de cymbales. La basse, les cordes, le piano, les bois, une bonne partie de l’orchestre est de sortie, donnant une séquence très dense. On retrouve ultérieurement la même mélodie vindicative et la même intensité, avec un rythme de la batterie différent mais toujours aussi haletant et énergique, et un ajout plus prononcé des cuivres (4:28 – 5:20). Les interlude (2:57 – 3:28) et conclusion (5:21 – 5:57) que mentionnent Obata sont faits pour prolonger la vivacité de ces points culminants, remplaçant les mélodies par des solos à la voix, au violon, à la guitare, etc.

  • « La chute de la mélodie de Isabella’s Lullaby (3:30 – 4:27) »

L’oeil de ce cyclone musical, un instant de calme et de douceur. Ici donc le compositeur a repris la berceuse d’Isabella, celle que les orphelins appellent la Maman. Le personnage est matérialisé par cette voix féminine qu’on entend dans une grande partie du morceau et qui prend tout son sens à ce moment de l’oeuvre. Les ingrédients classiques d’une berceuse ont été utilisés, car outre cette voix de femme réconfortante, on retrouve l’utilisation d’un célesta, le tout accompagné de délicieux arpèges de harpe. Les cordes s’ajoutent, donnent de l’ampleur sentimentale à la berceuse et du liant avec le grand déballage qui arrive. Cette séquence limpide, sans noirceur apparente, nous montre à quel point la Maman est douée pour cacher son jeu, car elle n’est point aussi protectrice et douce qu’elle ne voudrait le faire croire…

Didier Bianay

source : ici

bianaydidier.com

4 BO recommandées

(n°1156)

Bandes Originales Recommandées

 
 

On se retrouve le mardi 07 Janvier 2020 pour d’autres actus BO dont un petit compte-rendu sur les compositeurs vainqueurs aux Golden Globes.

En attendant je vous invite à découvrir ma dernière compo « Ron » qui alterne entre gaité, romantisme mélancolie et… angoisse. A +.

Didier Bianay

bianaydidier.com