Roque Baños, consonance ibérique et lyrique

(n°1137)

Dossiers

Roque Baños

À l’instar d’un Federico Jusid ou d’un Alberto Iglesias, Roque Baños est un compositeur espagnol émérite désormais en quête de challenges outre-Atlantique.

Né à Jumilla, c’est dans la région qu’il a fait ses premières classes, au Conservatoire Supérieur de Musique de Murcie, avant de poursuivre au Conservatoire Royal de Musique à Madrid. Grâce à des résultats scolaires remarquables et remarqués, il bénéficia d’une subvention de l’État en 1993 pour étudier à la prestigieuse Berklee College de Boston, L’École pour se former à l’art de la Musique à l’Image et d’où sont sortis tant de compositeurs en vue actuellement. Revenu en Espagne, diplôme en poche, il a été initìé au Grand-Écran par un mentor et autre compositeur espagnol, Alberto Iglesias, tout en développant sa propre carrière jusqu’à aujourd’hui.

Il aura donc fait les choses dans l’ordre et de manière progressive, ordre et progrès, mais aucun rapport avec le Brésil. Car c’est en Espagne qu’il a brillé, depuis ses débuts au cœur des années 90. 13 nominations dont 3 prix aux CEC, idem au Goya, 6 nominations dont 3 prix au Spanish Music Awards sans compter d’autres récompenses dans de plus petit festivals nationaux, bref, Roque Baños n’a plus rien à prouver au pays de Cervantes. S’il est connu pour nouer des liens avec le réalisateur Álex de la Iglesia avec qui il a collaboré sur Mort De Rire, Mes Chers Voisins, 800 Balles, Le Crime Farpait, Crimes À Oxford,  Balada Triste, ce sont ses 3 collaborations avec Fede Alvarez et Daniel Monzon qui seront les plus fructueuses, les BO d’Evil Dead, de Don’t Breathe : La Maison des Ténèbres, et d’El Niño lui valant 10 nominations dont 4 attributions.

C’est depuis 2013 qu’il s’exporte en Amérique et compose pour des productions hollywoodiennes, la première étant le film d’horreur précité Evil Dead. Par la suite il a eu l’honneur de travailler avec plusieurs autres réalisateurs américains dont les plus illustres furent Spike Lee (Old Boy) et Ron Howard (Au Cœur de l’Océan). Mais une chose demeure sur l’ensemble de sa carrière et que l’on retrouve qu’importe les genres cinématographiques, c’est cet amour pour la mélodie dont il ne se départit pas, mieux il a la finesse pour produire des compositions lyriques qui transportent tout autant qu’elles nous laissent imaginer la sentimentalité inhérente d’une intrigue même des plus sombres. Plutôt acoustique qu’électronique, sa discographie n’est pas pour autant ennuyeuse car il a ce souci de recherche sur l’instrumentation, sur le son, capable qu’il est de donner à chaque film une teinte musicale bien particulière.

Ayant de plus en plus cette reconnaissance internationale tant convoitée, Roque Baños poursuit donc sur sa lancée, entre Madrid et Los Angeles. Ses 2 projets en cours l’illustrent d’ailleurs, puisqu’il vient de terminer la BO du thriller américain Larry et qu’on l’entendra bientôt sur Adú, une production espagnole qui sortira en janvier prochain.

Didier Bianay

bianaydidier.com

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