C’est super man !

(n°809)

Musiques De Films Légendaires 

John Williams

Retour sur l’un des thèmes les plus iconiques du Cinéma, le Superman March, et sur son parcours tortueux au regard des adaptations qui ont suivies le film de Richard Donner.

C’est amusant de constater à quoi tient un succès artistique. La musique que vous entendez n’aurait jamais dû existée puisque c’est Jerry Goldsmith qui était prévu pour composer la partition de Superman en 1978. Normal, Donner ayant eu pleine satisfation de Goldsmith sur The Omen il voulut l’embarquer avec lui dans ce nouveau projet, même si le décor était bien différent… Mais voilà conflit de planning oblige Goldsmith a dû décliner et c’est alors John Williams, en pleine bourre a l’époque, avec l’obtention d’un 3ème oscar en début d’année, qui s’est retrouvé sur le projet. En qualité de supersub il a livré un travail impressionnant autour non seulement de ce thème mythique mais aussi d’une grande palette d’autres leïtmotifs qui seront repris par ses successeurs Ken Thorne (Superman 2 et 3) et Alexander Courage (4). On peut alors presque dire que l’aventure s’est s’arrêtée sur le premier volet pour John Williams même s’il a fourni quelques mélodies pour le 4, néanmoins il reste le compositeur ayant laissé la plus profonde empreinte musicale dans l’univers de Superman depuis sa création en 1938.

Après la saga des années 70-80 le Superman March a connu un parcours en zig zag au Cinéma et à la Télévision. Ainsi, absent de Loïs et Clark, timide dans Smallville, il a fait son vrai retour en 2006 sur le film de Brian Singer Superman Returns avant d’être à nouveau remplacé par un thème inédit d’Hans Zimmer sur Man Of Steel et Batman vs Superman. Mais les nostalgiques ont été contents d’apprendre la semaine passée que Danny Elfman l’inclura dans le film Justice League qui sortira tout prochainement. Même 39 ans après, il faut toujours qu’on y revienne. C’est le propre des airs légendaires du 7ème art, ils semblent immortels…

Didier Bianay

bianaydidier.com

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Le coup de… génie

(n°792)

Musiques De Films Légendaires

Bernard Herrmann

Retour sur un des célèbres thèmes de Psychose, lien parfait entre un réalisateur, une scène et un compositeur mythiques.

Vous ne l’avez peut-être jamais chanté sous la douche mais vous l’avez certainement déjà entendu, le grinçant The Murder. Le paradoxe c’est que le passage constitué d’accords répétés est un des arrangements les plus simples qu’ait écrit le talentueux Bernard Herrmann, mais c’est bien celui qui le fit passer à la postérité.

Pourtant cette composition n’aurait jamais dû exister puisqu’Alfred Hitchcock ne voulait pas de musique sur la célèbre scène de la douche, mais c’était sans compter sur l’entêtement d’Herrmann qui outrepassa les instructions avant de persuader le réalisateur. L’autre surprise vient du fait que le compositeur ait fait par extension sa meilleure BO avec un effectif symphonique assez limité. En effet, faute de budget suffisant, son orchestre ne comporta que des cordes dont il exploita le large panel de ressources techniques, la sourdine comprise, ou dont il durcit le rendu sonore par un rapprochement des micros.

Le tandem Hitchcock-Hermann fut fructueux entre 1955 et 1966, oeuvrant sur Sueurs froides, La Mort Aux Trousses, Les Oiseaux, Pas de Printemps pour Marnie ; mais Le Rideau Déchiré marquera sa fin définitive après qu’Hermann ait tenté un trop gros forcing… Réputé tête de mule, Bernard Hermann est avant tout considéré comme faisant partie des tout meilleurs de l’histoire de la Musique de Film avec comme références les BO de Citizen Kane, Taxi Driver, Obsession, Le Jour où la Terre S’arrêta ou encore celle de Tous les Biens de la Terre qui lui rapporta un oscar en 1942. C’est aussi, par ses nombreuses expérimentations musicales et son style d’écriture très dissonant et hypnotique, l’homme qui proposa une rupture avec le Classique au Cinéma, hantant les partitions modernes dans leurs harmonies, leurs constructions et leurs audaces.

Didier Bianay

bianaydidier.com

L’oppressant thème d’X-Files

(n°726)

Musiques De Films Légendaires

mark-snow

Mark Snow

Petit back flip sur le flippant thème d’X-Files qui me faisait autant frissonner que l’image du spectre marchant dans le couloir, quand, enfant je m’apprêtais à découvrir un n-ième épisode de la série créée par Chris Carter. Cette compo de 3:25 on la doit à Mark Snow, un des grands compositeurs de la Télévision qui, même avant le début du projet X-Files, était déjà une valeur sûre dans ce milieu. Plutôt simple en apparence le thème a suscité tant de recherches qu’il symbolise bien le fait que le travail sur des sonorités électroniques n’est pas si aisé que beaucoup le pensent ; en effet, rien que pour la piste principale le compositeur a testé de multiples effets, sonorités acoustiques et électroniques pour enfin opter pour un combo entre le son Whistling Joe et les sifflements de… sa femme. Mais l’autre fait qui illustre aussi toute la subtilité du sound design est que ce même compositeur n’ait jamais réussi à reproduire décemment ce morceau culte à l’aube de la 10ème saison (2015), d’où l’utilisation actuelle du thème originel.

S’il a bien fallu un coup de pouce de son ami et directeur exécutif R.W. Goodwin pour qu’il puisse proposer ses services à la production, cette dernière convaincue par ses auditions n’a plus lâché Mark Snow jusqu’à la saison 10 et l’a aussi appelé pour les spin-off Millenium et Au cœur Du Complot ainsi que pour les films X-Files et X-Files : Régénération. Tout au long de la série Mike Snow a su composer avec les désirs musicaux des producteurs qui voulaient quelque chose de très électro-ambient, mais le compositeur a su négocier quelques œuvres plus musicales. Avec les aventures de Mulder et Scully il a ainsi pu glaner entre 94 et 2002 quelques nominations aux Emmy (6) dont une pour ce thème principal. Toutefois malgré sa grande contribution dans la Télévision américaine avec notamment des habillages musicaux pour les séries Smallville, Ghost Whisperer, Blue Bloods, Snow n’a jamais décroché le moindre Emmy de sa carrière, presque un mystère pour un éminent et avant gardiste compositeur, archi-reconnu par ses pairs. Mais il aura au moins réussi, avec cette musique aux harmonies étranges et mystérieuses, à traumatiser toute une génération…

Didier Bianay

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Impérial

(n°698)

Musiques de Films Légendaires

John+Williams

John Williams

Il fallait y être le 29 avril 1980 au Symphony Hall de Boston pour entendre pour la toute première fois la Marche Impériale, 3 semaines avant la sortie de l’épisode 5 de Star Wars. Composée par John Williams et interprétée ce soir-la par le prestigieux Boston Pops Orchestra, elle est devenue une œuvre mythique au panthéon de la Musique de Film. C’est l’une de ses œuvres qui a rapporté à Williams le plus de reconnaissance et le plus de… droits d’auteur tant elle est rentrée dans la culture populaire et a été reprise d’innombrables fois par des artistes mais surtout par des franchises sportives nord-américaines au début des matches.

Mais en ce qui concerne son utilisation dans la saga, elle s’est faite à reculons forcément puisque le personnage est au cœur de la première trilogie 4, 5, 6 avant l’arrivée des préquels. Et toute la difficulté pour John Williams est venue à la préparation de l’épisode 1 lorsqu’il s’agissait donc de réaliser le thème du jeune et innocent Anakin Skywalker sans se départir du sinistre thème qui illustre son avenir. Il avait alors proposé un antécédent (vidéo ci-dessous) comportant une mélodie un brin instable mais lumineuse ponctuée par une insistance de plus en plus pressante de 4 notes bien explicites, avant que le tout ne meure sur le souffle très discret de qui vous savez… Ultérieurement, pour les épisodes 2 et 3, le compositeur a rendu le thème de plus en plus évident au fur et à mesure qu’Anakin s’assombrissait. Utilisé à plusieurs reprises dans le récent spin-off Rogue One, il a été très peu entendu dans le 7 qui est de loin postérieur à la mort du funeste empereur et a peu de chance d’être à nouveau entendu dans les épisodes 8 et 9 ; mais son empreinte incisive et sombre encore nous hantera…

Didier Bianay

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Dans les annales

(n°673)

Musiques De Films Légendaires

Bruce Springsteen

Bruce Springsteen

Bruce Springsteen a été très loin de capoter avec ce morceau Streets Of Philadelphia qui a fait un carton de part et d’autre de l’Atlantique en 1994. Alors s’il est vrai que le chanteur américain a récolté 1 oscar, 1 Golden Globe, 4 Grammies et une honorable 9ème place au Billboard Hot 100 dans son pays d’origine, c’est surtout en Europe que ce single composé pour le film Philadelphia a imposé sa légende, dominant un temps les charts en Autriche, Belgique, France, Allemagne, Irlande, Italie et en Norvège, sans oublier une place de leader chez le voisin canadien et des places d’honneur dans bien d’autres pays, européens ou non.

Mais Streets Of Philadelphia est plus qu’un tube il est aussi devenu à part entière une figure du Cinéma, vissée au film Philadelphia tout comme à son message. Il faut dire que le chanteur a su si bien capter les désirs du réalisateur Jonathan Demme et le pouls de ce drame inspiré de faits réels traitant du Sida, de l’homosexualité et de l’homophobie ; en effet on retrouve dans cette composition un ensemble d’éléments complices au genre dramatique avec ces tenues de synthé sur des enchaînements d’accords mélancoliques ou encore la voix désabusée et triste de Springsteen alternée aux murmures hantés du refrain. Les paroles non plus ne sont pas en reste, elles qui reprennent poétiquement les thèmes principaux du film de manière touchante, montrant par là à quel point l’humaniste et tolérant Bruce Springsteen épousa cette cause. Un artiste bien choisi pour accompagner le souhait de William Penn qui voulait que ces mêmes qualités aient pour capitale la ville qu’il a fondée, Philadelphie.

Didier Bianay

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So magnificent !

(n°656)

Musiques de Films Légendaires

Elmer Bernstein

Elmer Bernstein

Les 7 Mercenaires d’Antoine Fuqua sont encore au cinéma, alors on en profite pour revenir sur l’indéboulonnable thème initial du maestro Elmer Bernstein composé en 1960.

« So magnificent ! » car cette composition de Bernstein est une réussite avec une splendide mélodie, facilement mémorisable, à laquelle le compositeur en fait voir de toutes les couleurs. D’abord aventureuse avec un orchestre ample et engagé elle prend aussi une teinte verte-blanche-rouge par des arrangements typiques de la musique mexicaine, en référence au lieu où se tient l’intrigue. Mais en quête de modulation elle sait s’adoucir et rosir, adoptant un aspect plutôt romantique pour dépeindre l’amour sous-jacent entre Chico et Petra.

Et puis « So magnificent ! » aussi puisque c’est La musique de Magnificent Seven, l’étendard de toute une saga, d’un concept. Bien qu’il ne soit pas sorti sur support audio tout de suite et qu’il ait fallu pour cela attendre la BO du volet suivant, Le Retour Des Sept (1966), le titre est rapidement devenu populaire étant repris dans la foulée de la sortie du film par le groupe de jazz Al Caiola (1961) et le John Barry Seven (1961). Il s’est rappelé aux bons souvenirs des aficionados sur la série Les 7 Mercenaires diffusée au crépuscule des 90’s ; et quand bien même la bande-son du récent remake (signée James Horner et Simon Franglen) a pris ses distances stylistiquement et mélodiquement, le thème de Bernstein a fait une réapparition de choix au moment des crédits. Comme un passage obligé ou une cerise sur ce gâteau… explosif.

Didier Bianay

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Les misters de l’Ouest

(n°644)

Musiques de Films Légendaires

Richard Markowitz

Richard Markowitz

C’était longtemps resté un mystère, la paternité de cette composition, car Richard Markowitz n’a été crédité sur aucun épisode des 4 saisons des Mystères de L’ouest (1965-69). À l’origine il n’aurait même pas du faire partie du programme car avait été contacté en priorité Dimitri Tiomkin, à l’époque un des ténors de la Musique de Film hollywoodienne. Mais Tiomkin malgré 2 tentatives n’a pas donné satisfaction, les producteurs jugeant ces 2 ébauches musicales sérieuses complètement à l’Ouest par rapport à l’esprit de la série.

Car pour un programme fantaisiste et volontiers anachronique il fallait une musique du même calibre. C’est pourquoi Richard Markowitz a embarqué dans son morceau des flûtes frivoles, une guitare façon James Bond, des trompettes burlesques avant de partir sur un style symphonique typé Western, le tout soutenu en fond par une rythmique un brin militaire soulignant le contexte sécessionniste de l’intrigue. En moins de 90 secondes il a donc su résumer toute la teneur d’un programme qui connaîtra 4 saisons à succès avant de se faire arrêter pour excès de violence. Au fil du temps Richard Markowitz a récupéré les crédits du thème tout en poursuivant une carrière honorable dans la Musique de Film, surtout au tournant des 70’s où il composera pour quelques épisodes des saisons 3 et 4 de la série Mission Impossible.

Sa nomination aux Emmys 1988 pour la musique-thème de The Law and Harry McGraw sera le dernier grand coup de sa carrière. Décédé en 1994 il n’a pas eu connaissance du remake sorti en 1999 ; et bien que la BO de la version de Barry Sonnenfeld n’ait pas incorporé son œuvre, ce thème originel demeure La musique de Wild Wild West, malgré tous les efforts de Will Smith… Mais au nom de mon adolescence je vais quand-même me faire plaisir… :

Didier Bianay

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Au-dessus de tout

(n°636)

Musiques De Films Légendaires

Harold Arlen

Harold Arlen

L’un des monuments du Cinéma ! Élue meilleure chanson originale de tous les temps par la RIAA, la NEA et aussi l’AFI (100 years… 100 song), composée par Harold Arlen, écrite par Yip Harburg et interprétée par la fameuse Judy Garland pour Le Magicien d’Oz, Over The Rainbow a beaucoup d’arguments pour expliquer son succès et sa pérennité. Il y a tout d’abord ses merveilleuses mélodie et harmonie acidulées qui siéent bien à des paroles poétiques, porteuses d’espoir et semblant un peu en décalage avec l’époque où le film est sorti : 1939…

Et même si on précise que les paroles ont en fait été écrites en 1938, il en demeure la toute fin d’une époque d’espoir d’un monde en paix ; du temps de l’inquiétude avant une décennie troublée. Cependant l’avènement ultérieur de la Seconde Guerre Mondiale n’a pas fait tomber ce morceau aux oubliettes, porté qu’il fut par l’armée américaine presque en tant qu’hymne dans ce tragique affrontement international. Ce sont aussi ces mêmes mots d’espoir, un peu naïfs, qui ont inspiré la communauté LGBT au tournant de son histoire dans les années 70, pour ses combats idéologiques comme pour l’élaboration de son emblème, le drapeau arc-en-ciel. Ça vient de là ! Ça vient de cette ballade dont on ne compte plus les reprises faites notamment par Frank Sinatra, Tony Bennett, Doo-wop, Patti LaBelle and the Bluebelles, Jerry Lee Lewis, la version la plus populaire nous venant de l’‎Hawaïen Israel Kamakawiwoʻole en 1993 (vidéo ci-dessous). En tout Over The Rainbow ce sont des millions de singles vendus, un oscar, un mythe entretenu par des reprises à succès et une œuvre qui en a finalement vu de toutes les couleurs car utilisée à toutes les sauces cinématographiques. Mais bon, tout comme le fait que Judy Garland n’ait été sollicitée pratiquement que pour cette chanson toute sa carrière, c’est la rançon du succès…

Didier Bianay

bianaydidier.com

Avec dignité

(n°617)

Musiques De Films Légendaires

John Williams

John Williams

« C’est différent de ce que nous avions fait auparavant. Nous avons tous les deux essayé de changer nos styles (…). John avait besoin de rendre hommage au souvenir que nous tentions de recréer. Ainsi que je ne voulais pas utiliser mais ficelles, c’est ainsi que John ne voulait pas utiliser les siennes ». Tels sont les mots de Steven Spielberg à insidefilm.com concernant son approche et celle du compositeur John Williams pour un film ayant finalement fait date, La Liste De Schindler.

Sur le thème de ce long-métrage tout a été fait pour remémorer dignement en musique cette terrible tragédie humaine. La mélodie se veut triste, l’orchestration intimiste et modeste avec un violon dominant joué par Itzhak Perlman. Et quelle interprétation ! On entendrait presque ce violon pleurer tant le jeu de ce virtuose est émotionel. Peu ostentatoire donc, profond, touchant et méditatif, ce thème de John Williams est l’un des plus mythiques et plus intelligents du Cinéma.

Dans la même lignée, le reste de la BO est très dramatique, avec tendresse comme avec force, possède la même teinte sombre et est tout aussi qualitatif ; et il est logique que cette partition ait remporté des prix prestigieux en 94 et 95 avec 1 Oscar, 1 Grammy, 1 BMI Award et 1 BAFTA, tout en ne passant pas très loin du Golden Globe. De plus l’album fut notamment certifié Disque d’argent au Royaume-Uni et Disque d’or aux USA avec plus de 500 000 copies vendus, de très bons scores pour une musique de film ; normal après tout, l’œuvre en elle-même est exceptionnelle, possédant une telle âme et une telle larme.

Didier Bianay

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La musique de Rocky (2/2)

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Musiques De Films Légendaires

Survivor

Survivor

Après avoir parlé de Gonna Fly Now dans le premier volet, on s’attaque à une autre musique phare de la saga Rocky, le fameux Eye Of The Tiger.

Malgré tout le talent de Bill Conti, Sylvester Stallone avait des envies de changement du moins pour la musique thème du troisième épisode de Rocky (1982). Il aurait juste fallu un « oui » de la part de Queen pour que cette chanson n’existât pas mais les choses ne se sont pas passées comme souhaité pour Stallone qui s’est vu refuser l’emprunt de la chanson Another One Bites The Dust. Tant pis il a fait sans, et comment ! Cela lui a même été bénéfique. En effet Eye Of The Tiger, taillé pour le film par le groupe Survivor, est bien plus engageant, plus percutant rythmiquement et les paroles ne sont pas en reste, transpirant la pêche et la détermination que le héros recherche à chacun de ses combats. Et vous savez ce qui arrive aux chansons qui sont bien foutues, hé bien elles font un carton dans les bacs. Sortie en mai 1982, le titre atteint les sommets ou les places d’honneur aux quatres coins du monde et est classé chanson numéro 2 de l’année 1982 aux USA, tout en ayant une nomination aux Oscars l’année suivante. Preuve qu’elle a mieux survécu que le groupe qui l’a composé elle a dépassé les 4 millions de téléchargements en… février 2015.

Véritable ode au courage et à l’amour du challenge, Eye Of The Tiger inspira bien-sûr beaucoup d’artistes mais aussi les politiciens Mitt Romney, Newt Gingrich et Mike Huckabee qui se sont tous les 3 fait plus ou moins griffer par Survivor pour l’avoir utilisé dans leurs campagnes sans autorisation. Un tel monument, c’est sacré, poing !

Didier Bianay

bianaydidier.com

La musique de Rocky (1/2)

Musiques De Films Légendaires

Bill Conti

Bill Conti

C’est le premier volet consacré aux 2 musiques légendaire issues de la saga Rocky. On commence avec celle qui a accompagné Rocky Balboa dès ses premiers défis, Gonna Fly Now ou Rocky Theme, composée par Bill Conti.

L’une des musiques de films les plus populaires. Attachée à cette fameuse scène où Rocky court à travers les rues du Philadelphie des années 70, Gonna Fly Now est par essence une composition engageante, punchy, et dans l’air de son temps avec son brin de disco agrémentant de brillants arrangements orchestraux. Le succès ne s’est pas fait attendre avec une première place en juillet 1977, 4 mois après sa sortie, et un classement parmi les 25 meilleurs singles de l’année 1977. La même année il frôle même l’oscar de la meilleure chanson s’inclinant derrière Evergreen mais restant plus inoubliable que le titre de Barbra Streisand. Devenant un hymne au courage, au challenge dans l’imagination populaire, le single a été assigné à certaines franchise sportives de Philadelphie, mais dans nos contrées c’est RTL qui l’a le plus récupéré en en faisant le générique des Grosses Têtes depuis 1977.

Auteur d’une excellente partition pour le film, Bill Conti sera rappelé ultérieurement sur Rocky 2, 3, 5 avant de revenir il y a 10 ans sur le 6ème volet. Certifié disque d’or grâce aux plus d’un million d’exemplaires vendus aux USA, Gonna Fly Now a fait décoller la carrière du compositeur et est demeuré indéboulonnable dans la saga quand bien même Ludwig Göransson lui succéda sur la BO de Creed ; normal le morceau est 58ème au classement AFI’s 100 Years… 100 Songs, un bon étalon…

Didier Bianay

bianaydidier.com

Plus que Sellecktionnable

Musiques de Films Légendaires

Mike Post

Mike Post

Il arrive qu’un compositeur doive suivre son instinct, une fulgurance instantanée, sans se poser trop de questions. C’est ce que Mike Post a sous-entendu lorsqu’il a répondu à la question sur l’écriture de ce thème dans une interview de Stephen J. Abramson : « Vraiment facile à faire puisque je connaissait la personne si bien, j’ai fréquenté Tom Selleck à l’école primaire (grammar school) et au lycée (high school), nous sommes amis de très longue date, c’était facile à trouver ».

Le thème de Magnum, le thème de Magnum… Bon il faut rappeler qu’un autre air le précéda et que ce thème originel (de Ian Freebairn-Smith) n’avait pas grand chose à voir avec celui-ci, versant de plus dans le Jazz. C’est petit à petit que cette compo de Mike Post s’est imposée dans la série en étant incorporée dans l’action ou les génériques de fin (épisodes 8 à 11) avant de devenir le thème principal de la série à partir de l’épisode 12. Sa version rallongée que l’on entend ci-dessus a connu une belle incursion dans le Billboard Hot 100 en atteignant la 25ème place en mai 1982. Elle a ultérieurement été rajoutée à l’anthologie de ce compositeur phare du Petit Écran, Television Theme Songs.

On peut vraiment dire que ce fut un choix judicieux que de partir sur cette nouvelle direction musicale, tout d’abord parce que ce fut un succès, mais aussi cela servit à se calquer sur les styles musicaux des séries d’Action de l’époque, permettant à Magnum de ne pas paraître quelque peu désuet. Et si l’action se déroule à Hawaï comme Hawaï Police D’état, on reste loin aussi de la musique locale avec ce riff de guitare funky et efficace et, une basse et des percus viriles. Pourvue entièrement d’une instrumentation très 80’s couronnée par des synthés lumineux, la très percutante composition de Post marque les esprits et dépeint bien l’instinct aventureux de Thomas Magnum. Habitué à composer à la volée c’est donc notamment avec Magnum que Post a vraiment le mieux libérer la bête…

Didier Bianay

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Ça n’a pas de prix !

Musiques de Films Légendaires

Ennio Morricone

Ennio Morricone

Son oscar pour la partition des 8 Salopards et son étoile récemment apposée sur Hollywood Blvd nous ont bien rappelé cette année que Morricone reste une légende vivante et un maître de la musique de western. Et parmi les plus célebres airs qu’il a donné au genre on retrouve cette compo intitulée Et Pour Quelques Dollars De Plus (traduction) de la BO du film éponyme.

Morricone et son ami réalisateur Sergio Leone ont sur ce film travaillé en amont du tournage afin d’inspirer le jeu des acteurs. Sur cette excellente bande-son on retrouve le style très prolifique d’Ennio Morricone où chaque piste apporte un univers ce qui n’empêche pas l’ensemble de rester cohérent. Le long-métrage étant au cœur de la « trilogie du dollar », où on compte Pour Une Poignée de Dollars et Le Bon, la Brute et le Truand, sa musique fait un peu le trait d’union entre les 2 autres BO. La bande-son est aussi réputée pour inclure des phases diégétiques (semblant issues des personnages ou des objets du film) dont la plus célèbre est le récurrent thème de la montre qui parfois se mélange à l’orchestre d’une manière intempestive. Selon les explications du compositeur : « La musique que produit l’horloge transfert vos pensées vers un ailleurs. Le personnage lui-même s’échappe à travers la montre, mais dans une situation différente, à chaque fois qu’elle apparaît »

Mais ce qui nous permet bien de nous échapper vers le Far West ce sont ces sifflements lumineux, cette guitare évasive, ces percussions galopantes et une exploitation assez dépouillée ou sauvage des chœurs qui font partie intégrante de ce morceau et qui ont fait les lettres de noblesses d’Ennio Morricone dans le Western, genre qu’il a malgré tout délaissé à partir de 1981 pour y revenir finalement sur les 8 Salopards.

Actuellement l’italien travaille encore sur tout autre chose, un documentaire français (Voyage Of Time) sur la naissance et la mort de l’univers ; un tout autre univers… mais Morricone par sa faute bénie ne pourra jamais nous faire oublier celui de Sergio Leone…

Didier Bianay

bianaydidier.com

Inarrêtable

Musiques De Films Légendaires

Morton Stevens (1929-1991)

Morton Stevens (1929-1991)

On est loin d’une musique rêveuse avec ukulélé hein ?!. Non là il s’agissait de dépeindre l’ambiance d’une série policière où l’action était reine, Hawaï Police d’État, un succès télévisuel sur lequel a surfé son acteur principal Jack Lord. Et ce fameux thème on le doit à Morton Stevens, un grand compositeur décédé en 1991 ayant eu l’occasion de briller plus que les films et séries pour lesquels il a travaillé… hormis l’immense Hawaii 5-0 qui a perduré sur 12 saisons, de 1968 à 1980. Durant cette période il récolte 2 Emmys pour des morceaux de la bande-son mais le thème en lui-même ne reçut pas de prix et a plutôt pris sa revanche dans la culture populaire où il est demeuré un air culte, faisant même dans les années 70 les joies des dancefloors.

Cette version instrumentale a en outre fait oublier 2 autres versions avec paroles (oui, oui !) intitulées You Can Come With Me et You Can Count On Me et a été reprise pour le compte du reboot de la série en 2010. Il est intéressant de noter à la fois que la version plus courte de Brian Tyler lui a redonné une seconde jeunesse en bénéficiant de techniques de mixages plus modernes et que le compositeur n’a pas daigné changer grand chose aux arrangements du refrain, par respect. Et le fait que les héritiers de Morton Stevens et la puissante CBS se disputent les droits du morceau avec virulence devant les tribunaux, depuis l’année dernière, ajoute à l’impression que cette musique-thème est considérée comme précieuse. Mais comment pouvait-il en être autrement avec sa mélodie si efficace, si marquante et sa rythmique si houleuse qui donnent vraiment envie de se déhancher comme une danseuse hawaïenne ; enfin pour qui le peut…

Didier Bianay

bianaydidier.com

Éternel tel un diamant rose

Musiques de Films Légendaires

Henry Mancini (1924 - 1994)

Henry Mancini (1924 – 1994)

Aaah le thème mmmalicieux de la panthère rose qui est bien-sûr archi-populaire et qui est l’oeuvre du compositeur américain Henry Mancini. Composé en 1963 pour le film La Panthère Rose (1963) il a pendant des décennies été incontournable et innamovible comme tout bon thème de saga qui se respecte. C’est ainsi qu’il a été réutilisé sur la série qui a suivi ainsi que sur les films La Malédiction de la Panthère Rose (1978), L’Héritier de la Panthère Rose (1983), Le Fils de la Panthère Rose (1993) et les reboots La Panthere Rose 1 (2006) et 2 (2009). On observe une évolution du thème pour ces différents programmes afin de répondre parfois à des attentes stylistiques de l’époque. Pour Le Fils de la Panthère Rose a été tentée une version accapella qui demeure unique. Le single original quant à lui a reçu 3 grammys en 1964 après avoir atteint le top 10 au U.S. Billboard adult contemporary chart.

Concernant son monstrueux compositeur… sa carrière aussi a été bien rose lui qui a récolté en plus de 40 ans 4 oscars et 20 grammys et 1 golden globe. Il est aussi réputé comme le premier à avoir inclu des éléments de Jazz dans la musique de film symphonique ainsi que comme un compositeur de musiques populaires à succès, ayant travaillé pour des grands artistes de sa génération et je citerais parmi les plus connu Paul Anka, Frank Sinatra, Tony Bennett, The Lennon Sisters, Andy Williams ou encore Perry Como. Pour en revenir au Cinéma, Mancini avait ces habitudes avec le réalisateur Blake Edwards pour qui il a composé 30 bandes-son en 35 ans dont celle de La Panthère Rose. Décédé d’un cancer du pancréas en 1994, il a été honoré d’un grammy d’honneur l’année suivante et demeure pour les amateurs de Musique de Film l’un des plus grands spécialistes du genre ainsi qu’un travailleur infatigable, logiquement récompensé après tout. 

Merci Mancini.

Didier Bianay

bianaydidier.com

Ça a marché

Musiques de Films Légendaires

Vangelis

Vangelis

Ça a marché, alors qu’eux couraient au ralenti. Chariot Of Fire a été le carton single de l’année 1981, faisant preuve d’endurance dans le Billboard Hot 100 américain où il a atteint la place de leader après 5 mois de présence ! Et que dire de sa longévité de 64 semaines dans les charts australiens à part que ça tient du mythe. À vrai dire c’est aux 4 coins du monde que le disque s’est diffusé et Vangelis devint et resta jusqu’à présent l’artiste grec ayant reçu le plus de lauriers à l’échelle internationale.

Et dire que ce titre a failli ne jamais exister… et qu’il a fallu toute la détermination de Vangelis pour persuader le réalisateur Hugh Hudson de remplacer le morceau l’Enfant par une nouvelle composition originale, afin d’accompagner une scène devenue culte. On retrouve dans ce morceau instrumental le vrai style de Vangelis, à cheval entre style symphonique et électronique, et ce même si l’action du film se passait dans les années 20. Au magazine American Film il a étayé sa piste artistique : « Je ne voulais pas faire de musique d’époque. J’ai essayé de composer une bande son qui soit contemporaine et tout de même compatible avec l’époque du film. Mais je ne voulais pas partir sur un son complètement électronique ». Cette gymnastique a été une prise de risque à une époque où les sonorités électroniques en étaient à leurs échauffements et où le tout-symphonique pétait la forme, fièrement représenté par John Williams. Ce dernier, bien qu’ayant placé la barre haute avec la partition des Aventuriers de L’arche Perdue, a été devancé par celle de Chariots Of Fire qui remporta l’oscar en 1982.

Son introduction appelé Titles, puis pour des raisons pragmatiques Chariots Of Fire, atteint le stade de la légende et fut réutilisé dans de nombreux programmes télé et films, parfois à titre parodique, la parodie étant quelque part preuve de célébrité, n’est-ce pas ? Le single a même été remis récemment au goût du jour grâce aux JO de Londres pendant lesquels il était joué, entre autres, aux remises de médailles. C’est pour le coup d’envoi de cette même olympiade que le London Symphony Orchestra nous a gratifié d’une prestation comique avec un certain Mr Bean dans le rôle de l’empêcheur de tourner en rond…

Didier Bianay

bianaydidier.com

Under The Sea, profond succès

Musiques De Films Légendaires

Alan Menken

Alan Menken

Aaah le merveilleux monde de La Petite Sirène où parler et chanter sous l’eau ne pose aucun problème. Aujourd’hui on s’attarde sur la fameuse chanson Under The Sea, interprétée ici par Samuel E. Wright (par Henri Salvador dans la version française). Cette composition au style Calypso saupoudré de touches Swing a remporté un véritable succès en étant récompensée par un oscar en 1990 et un grammy en 1991. La musique on la doit au légendaire Alan Menken tandis que les paroles ont été l’œuvre de Howard Ashman qui s’est visiblement inspiré de celles de The Beautiful Briny. Même 26 ans après, la chanson reste ancrée dans la culture populaire en partie grâce à une exploitation massive de Disney qui l’a réenregistré à l’échelle internationale en 1998, puis a incorporé d’autres versions dans ses RPG Kingdom Hearts 1 et 2 et la comédie musicale du même nom en 2007 ; sans parler des nombreuses rééditions de la BO…

Justement, la BO dont est issue Under The Sea a, elle aussi, été récompensée d’un oscar. Mais plus qu’une bande-son à succès elle a marqué un tournant musical chez Disney. Beaucoup de connaisseurs sont d’accord pour dire que Menken et ses acolytes ont apporté « Broadway à Disney ». Dans l’ensemble ce dessin animé marque aussi le début de la Renaissance de Disney et Menken sera même surnommé Disney Renaissance Man, lui qui collectionnera les éloges les années suivantes sur Aladdin, La Belle Et La Bête, Pocahontas ou encore Le Bossu De Notre Dame, dans une période faste pour Disney allant jusqu’en 1997. Tant de grandes réussites pour ce compositeur… mais actuellement c’est toujours la BO de La Petite Sirène qui reste son plus gros coup commercial, certifiée 6 fois disque de platine aux USA en 2007 et louée en 2010 par le site Rhapsody comme la plus grande BO de Disney. De quoi conserver la notoriété de Menken sans tache. Merci Ariel.

Didier Bianay

bianaydidier.com

Le thème ensorcelant d’Harry Potter

Musiques De Films Légendaires

John Williams

John Williams

Assez récent, le thème d’Harry Potter est devenu un incontournable pour les amateurs de musiques de films et par extension pour les fans de Cinéma.

Oui ces temps-ci je parle beaucoup de John Williams, mais que voulez-vous, c’est la loi des séries. Bon là il s’agit d’un film, que dis-je toute une saga, celle d’Harry Potter, ses 8 volets et son Hedwig’s Theme qui est de surcroît le thème principal. Un poil de féérie, des harmonies parfois étranges et mystérieuses, du lyrisme, de la malice et des coups de boutoirs épiques…, cette musique-thème non seulement se fond dans le reste de la BO mais résume à elle seule le contenu émotionnel des aventures de cet apprenti sorcier né de l’imagination de J.K. Rowling, pendant que son train se faisait attendre.

Mais s’il y a un qui n’a jamais un train de retard c’est bien Williams qui, en 2002, s’est donné une double chance de décrocher l’oscar en ajoutant et à la BO d’Harry Potter 1 celle plus tourmentée et un poil plus moderne d’A.I. Intelligence Artificielle, montrant sa capacité à s’adapter à 2 mondes totalement différents. Malheureusement pour lui il repartira bredouille, devancé par l’exceptionnelle partition d’Howard Shore pour Le Seigneur des Anneaux 1. Il fallait au moins ça pour battre le grand manitou ce soir-là…

Cette juteuse BO qui a particulièrement envoûté les charts canadiens et britanniques reste un modèle-type de ce que peut fournir la créativité fertile de John Williams et a influencé le reste de la saga avec une kyrielle de thèmes pour les principaux personnages, leitmotifs qui ont perduré sur les volets suivants quand bien même Williams s’est arrêté au 3ème chapitre. Car il était impensable pour ses successeurs, Patrick Doyle, Nicholas Hooper et Alexandre Desplat, de faire disparaître des airs déjà devenus cultes pour toute une jeune génération…

Didier Bianay

bianaydidier.com

Le thème qui n’est jamais tombé… dans l’oubli

Musiques de Films Légendaires

David Rose (1910-1990)

David Rose (1910-1990)

La chaine 6ter a fait son œuvre… en rappelant aux bons souvenirs de beaucoup, moi y compris, cette ancienne série et son thème inoubliable. Tiens, c’est l’occasion de présenter David Rose qui fut pendant plusieurs décennies l’un des compositeurs phares d’Hollywood.

Né à Londres en 1910, David Rose a grandi à Chicago, où il a fait ses classes musicales. C’est aussi à Chicago qu’il a commencé sa carrière en tant que pianiste, compositeur et arrangeur pour la Radio NBC. En 1938 il pose ses valises à Los Angeles et commence à travailler pour des films tout en côtoyant des stars de la chanson tels Dorothy Lamour, Don Ameche, Jeanette MacDonald et Martha Raye. Réputé pour avoir composé les singles à succès Holiday For Strings, Poinciana et surtout The Stripper, il s’impose aussi comme une valeur sûre dans l’industrie du Cinéma avec 2 nominations aux Oscars en 1945 et 46. Compositeur finalement plus attiré par la Télévision, il décroche un premier Emmy en 1959 puis un deuxième avec la série Bonanza 12 ans plus tard. C’est sur cette série qu’il gagne la confiance d’un certain Michael Landon qui pensera souvent à lui par la suite, jusqu’à l’ultime saison des Routes du Paradis (1989), en passant bien sûr par La Petite Maison dans la Prairie.

Les aventures de la famille Ingalls c’est sans doute ce qui a le mieux inspiré David Rose. Il y consacre 9 ans de sa vie (de 74 à 83) et compose pour plus de 200 épisodes. Durant ces années il reçoit 2 nominations et 2 prix aux Emmys Awards pour des compositions de la bande son… mais pas pour le thème. Et c’est pourtant, sans doute, la composition de sa vie, la plus populaire, celle qui gambade encore quelque part dans les têtes de millions de personnes…

Didier Bianay

Le James Bond Theme : une institution, un héritage

Musiques De Films Légendaires

John Barry

John Barry

On sait peu de choses sur la famille de James Bond mais on sait que la musique qui le représente à 2 papas, 2 compositeurs qui ont mis de leurs personnalités pour un thème qui est devenu un passage obligé pour tous leurs successeurs dans la saga.

Composé en 1962 pour le compte du film James Bond 007 contre Dr No, le James Bond Theme est un sorte de patchwork subtilement arrangé par un John Barry qui emboîta ses idées à celles de Monty Norman. Décryptage point par point de 4 éléments musicaux que l’on y trouve et qui sont passés à la postérité :

– Tout d’abord l’enchaînement chromatique qui sert d’accompagnement (du début à 0:40 ; et de 1:16 à 1:33) est un emprunt à la chanson Nightmare (Artie Shaw). Il est devenu par la suite un des codes de la musique de film d’espionnage en décrivant mystère et tension.

Monty Norman

Monty Norman

– À ces deux précédents attributs sont ajouté le côté sombre de la guitare rock, instrument réclamé par John Barry à son guitariste Vic Flick reprenant un leitmotiv de Norman. Ce dernier n’est autre chose qu’un recyclage de Good Sign, Bad Sign que ce même Norman avait composé pour une comédie avortée en 1961. Il est amusant de constater que ce leitmotiv, principalement attribué au personnage James Bond, apparaît à 0:07…

– Vient ensuite une mélodie symbolisant l’action (de 0:40 à 1:13) et qui vient lancer cette compo avec une rythmique jazz-swing, un style musical familier aux James Bond car apprécié pour son dynamisme et son élégance et offrant une touche de modernité aux bandes sons symphoniques.

– Et puis on oublie pas ce qui accompagne la séquence du Gun Barrel, un coup de boutoir en 9èmes mineures incisif et classe (de 1:13 à 1:16), qui est une signature interpelant et plongeant le spectateur une fois pour toute dans l’univers de l’agent 007 à chaque film.

Le James Bond Theme est vraiment devenu un monument de la Musique de Film. Repris constamment dans la saga depuis des décennies, il est indissociable de ce personnage légendaire et, par extension, a influencé musicalement le film d’espionnage pendant des décennies. Mais le seul bémol vient aussi des 2 hommes qui se sont disputés 2 fois au tribunal la paternité du morceau. Pourtant, ce James Bond Theme a bel et bien fait leur bonheur à tous les deux, car si Monty Norman a toujours conservé ses loyalties faramineux, Barry s’est de son coté durablement installé dans la franchise les années qui ont suivies sa composition. Alors messieurs… What else ?!

Didier Bianay