Le chant de bataille

(n°668)

Coup de Cœur

Rupert Gregson-Williams

Rupert Gregson-Williams

Proche collaborateur de Hans Zimmer, Rupert Gregson-Williams a repris ses conventions, mais a su aussi démontrer une recherche musicologique très subtile pour pimenter une compo assez prenante.

Au cœur de la BO de Tu Ne Tueras Point, la piste Japanese Retake The Ridge est à l’image de celle-ci, entre conventions et subtilités assez bien trouvées. De prime abord Gregson-Williams reprend certes quelques techniques d’écriture chez son mentor et compositeur auquel il ressemble le plus Hans Zimmer. On retrouve ces mêmes façons d’allier percussions et violons autour d’un premier rythme effreiné qui est d’ailleurs le fil rouge d’une bonne partie de ce morceau (de 0:10 à 2:36) et se trouve parfois sous le commandement de cuivres Zimmériens épiques et virils, ou rugissants. Avec peu de mélodie et des arpèges dissonants ultra rapides soulignés par des sonorités électroniques et des choeurs qui se rapprochent des chants gutturaux on est plutôt dans la musique d’ambiance, avec une atmosphère sacrément oppressante et haletante.

Cet effet général est assez réussi mais Gregson-Williams comme à son habitude va chercher des détails assez croustillants dans son instrumentation. En effet, outre l’utilisation des taikos pour souligner de frénétiques violons, ont perçoit quelques mitraillements de percussions dont le symbolisme est évident sur une scène de champs de bataille (de 1:30 à 1:57 ; de 4:00 à la fin). Mais c’est surtout l’utilisation parcimonieuse de l’horagai (ex. à 0:55) qui est particulièrement bien vue et témoigne d’une recherche musicologique assez approfondie quand on sait que cet instrument peu connu en Occident était utilisé par les samouraïs pour signifier des changements de formations de combat. Dans une accalmie orchestrale le compositeur l’a même accompagné d’un trombone (2:53), instrument plus puissant et dont le timbre se rapproche, la combinaison donnant un son homogène, original et terrifiant. Terrifiants le sont aussi ces coups de boutoir orchestraux très brutaux et ces contre-chants affolés des cordes sur la fin qui contredisent la conclusion héroïque des cuivres ; un excellent moyen de mettre en exergue la psychologie contrastée du soldat en pleine bataille, entre courage et peur.

Didier Bianay

bianaydidier.com

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